Accueil Actualités Communiqués Politique Etrangère Evénements culturels La Grèce en France Grèce Xenios Médias Olympisme Contactez-nous

J-17/03/2017

 

 

17 mars 2017

Journal Le Monde (daté du 18/03/2017)

Journal Le Figaro

Journal Le Figaro

Colis piégé au FMI : un groupuscule grec pourrait être à l'origine de l'attaque

Apparu en 2008, le groupe «la Conspiration des cellules de feu» fédèrerait des franges radicalisées de la jeunesse grecque, face à la grave crise sociale et économique que connaît le pays. Il avait mis l'Europe en état d'alerte, fin 2010, avec une série d'envois de colis piégés, notamment aux dirigeants européens.

Jeudi, en fin de matinée, une assistante de direction, travaillant pour le secrétariat du représentant en France du Fonds monétaire international (FMI), a été blessée par l'explosion d'un courrier piégé alors qu'elle ouvrait une enveloppe arrivée par La Poste. La «Conspiration des cellules de feu», qui a revendiqué l'envoi d'un colis piégé au ministère allemand des Finances mercredi, pourrait également être l'instigateur de celui de ce jeudi.

Le groupe apparu en 2008 s'inscrit dans la mouvance anarchiste et d'extrême gauche toujours active en Grèce. Après des troubles urbains provoqués par la mort d'un adolescent tué par la police, des attentats signés par la Conspiration avaient notamment visé la résidence d'un procureur en février 2009, le tribunal de Salonique (Nord), en mai de la même année, le domicile de l'ex-ministre de l'Ordre public en juillet, puis le Parlement en janvier 2010.

Fin 2010, le groupe avait mis l'Europe en état d'alerte avec une série d'envois de colis piégés, notamment aux dirigeants européens Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, ou à José Manuel Barroso, le président à l'époque de la Commission européenne. Ces colis n'avaient pas fait de victimes. La Conspiration avait également envoyé des colis piégés à d'autres institutions et ambassades européennes, mais la plupart avaient pu être interceptés à l'aéroport d'Athènes. Ils contenaient généralement des livres évidés et remplis d'une poudre provenant de pétards. Le groupe affirmait alors collaborer avec les anarchistes italiens de la FAI (Fédération Anarchique Informelle), également connus pour l'envoi de colis piégés en Italie depuis les années 2000.

Le groupe affirmait collaborer avec les anarchistes italiens connus pour l'envoi de colis piégés en Italie depuis les années 2000.

En 2011, plusieurs de ses membres ont été arrêtés dont une dizaine de très jeunes gens, et ont été condamnés pour «participation à une organisation criminelle» à de lourdes peines de prison. Le groupe a cependant annoncé «son retour» en 2014 et a depuis signé des actions sporadiques, sans faire de victimes, dont une attaque contre les locaux du parti socialiste grec Pasok, alors au pouvoir dans un gouvernement de coalition.

La police estimait à l'époque que la Conspiration fédérait des franges radicalisées de la jeunesse grecque, face à la grave crise sociale et économique vécue par le pays. Avant leurs attaques cette semaine, le dernier acte en date de la Conspiration était, en octobre 2016, un attentat à l'engin explosif contre le domicile athénien d'une magistrate du parquet.

Le dernier acte en date de la Conspiration était en octobre 2016 un attentat à l'engin explosif contre le domicile athénien d'une magistrate du parquet.

La mouvance anarchiste est toujours active en Grèce mais elle s'illustre avec des actions beaucoup moins violentes que les groupes d'extrême gauche de guérilla urbaine actifs pendant plusieurs décennies après la dictature des colonels (1967-1974), comme celui du 17-Novembre démantelé en 2000. La situation politico-sociale est moins tendue en Grèce ces dernières années par rapport aux grandes manifestations de 2010-2012. Mais le pays reste en crise, confronté aux mesures d'austérité exigées par les créanciers alors que des différences d'appréciation macro-économiques entre le FMI et le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble bloquent le versement d'une nouvelle tranche d'aide.

Juliette Mickiewicz

Magazine Le Point

Colis piégés : qui se cache derrière la Conspiration des cellules de feu ?

Soupçonné d'être à l'origine de l'envoi du colis piégé au FMI, ce groupe anarchiste grec a revendiqué celui qui a été expédié au ministère allemand des Finances.

La Conspiration des cellules de feu, groupe anarchiste grec, a revendiqué jeudi matin l'envoi d'un colis piégé au ministère allemand des Finances. Le paquet qui comportait un livre où était caché un explosif avait été envoyé sous le nom d'un homme politique conservateur, Adonis Georgiadis, issu de l'extrême droite et honni par la gauche grecque. Le colis parisien qui a blessé au visage une assistante du directeur du FMI a lui aussi été expédié sous le nom d'un porte-parole du parti de droite Nouvelle Démocratie, d'après le ministre adjoint chargé de la Protection du citoyen grec. La même méthode a donc été utilisée, ce qui conduit les enquêteurs vers la piste de la Conspiration des cellules de feu. Selon une source policière grecque citée par l'AFP, ce groupe serait également « vraisemblablement à l'origine » de l'envoi du colis qui a explosé jeudi au siège du FMI à Paris.

Les motivations semblent également similaires. Dans la revendication de l'attaque contre le ministère des Finances allemand publiée sur le site alternatif Indymedia, le groupe affirme avoir agi dans le cadre d'un plan Nemesis (justice en grec). « Nous continuons avec passion et conviction notre combat contre les institutions, les lieux et les visages du pouvoir », explique-t-il dans son communiqué. L'Allemagne et le FMI sont jugés responsables par une grande partie de la population grecque des mesures d'austérité qui s'abattent sur le pays depuis six ans.

« La crise économique et sociale a revigoré le mouvement anarchiste grec. La défiance envers les politiques et l'État grandit, les institutions internationales qui imposent au pays la rigueur sont de plus en plus méprisées par la population. Avec l'attaque à Paris, l'organisation ne visait pas la France, mais bien le FMI, représentant les créanciers maudits », explique Vassilis Lambropoulos, journaliste à To Vima et spécialiste des questions liées à la mouvance anarchiste. Ces dernières années, plusieurs groupuscules anarchistes ont éclos. En avril 2014, la Banque de Grèce avait été la cible de la Lutte révolutionnaire. En novembre 2016, une attaque à la grenade contre l'ambassade de France à Athènes avait également été revendiquée par l'Organisation d'autodéfense révolutionnaire.

Plus de 250 attaques

La Conspiration des cellules de feu est née en janvier 2008, avant même que l'assassinat d'un adolescent par des policiers dans le quartier anarchiste d'Exarcheia à Athènes ne suscite une révolte urbaine sans précédent. L'organisation avait alors perpétré une vague d'attentats en Grèce contre des banques et des concessionnaires de voitures de luxe. Le 3 novembre 2010, quatorze colis piégés avaient été envoyés à plusieurs ambassades en Grèce, mais aussi à Angela Merkel, au président français Nicolas Sarkozy et au Premier ministre italien Silvio Berlusconi. En 2011, une dizaine de membres du groupe avaient été emprisonnés. Mais, en 2014, la Conspiration des cellules de feu annonce son grand retour. De nouvelles recrues opèrent désormais, elles ont réussi à tisser des liens dans la prison de Korydallos avec d'anciens membres.

Cette organisation est responsable depuis sa création de plus de 250 attaques contre diverses institutions et des magistrats. C'est l'une des plus dangereuses actuellement en Grèce, même si, « contrairement au groupe du 17-Novembre qui a tué 23 personnes entre 1973 et 2002, elle n'a jamais fait de victimes graves », souligne Vassilis Lambropoulos. Avec de telles actions à l'international, la Conspiration des cellules de feu vise à montrer sa force de frappe. Grâce aux contacts noués un peu partout en Europe et en Amérique latine, elle collabore notamment avec les anarchistes italiens de la FAI (Fédération anarchiste informelle).

Après les derniers événements, la presse grecque s'interroge sur la manière dont des colis avec des explosifs, censés être passés sous les rayons X, peuvent avoir quitté le territoire grec à partir de l'aéroport d'Athènes... La Banque centrale européenne aurait renforcé sa sécurité, commente le journal de centre droit Kathimerini. Comme en 2010, les journaux grecs évoquent aussi la possibilité que d'autres colis piégés soient envoyés à d'autres institutions ou représentations internationales.

Marina Rafenberg

Journal Le Parisien

page précédente

 

Envoyez un courrier électronique à grinfoamb.paris@wanadoo.fr pour toute question 

ou remarque concernant ce site Web 

Copyright ©Ambassade de Grèce - Bureau de Presse et de Communication, Paris, 1999

Conception : Georges Bounas - Réalisation : Marie Schoina

Dernière modification : 17/03/2017