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J-02/10/2017

 

 

02 octobre 2017

Magazine Challenges

La Grèce a accueilli 30 millions de touristes, du jamais vu! Entretien avec la ministre Elena Kountoura

INTERVIEW Alors que l'économie grecque voit le bout du tunnel et que la croissance repart, le tourisme bat tous les records. Le gouvernement d'Alexis Tsipras mène une politique volontaire. Entretien Exclusif avec la ministre Elena Kountoura.

Nouvelle année florissante pour le tourisme grec. Le pays a accueilli 30 millions de visiteurs, du jamais vu. Après les records de 2015 et 2016. Parmi les raisons du succès, la politique volontariste menée par le gouvernement Tsipras. Entretien exclusif avec sa ministre Elena Kountoura.

Cette année, le tourisme a battu des records en Grèce. Combien de visiteurs votre pays aura-t-il accueilli fin 2017 ?

Nous allons atteindre les 30 millions. Du jamais vu ! Nous avions avons déjà enregistré un record de 26 millions de visiteurs en 2015 et de 28 millions en 2016. Certaines destinations comme Athènes, Rodes, Santorin, Thessalonique…  ont enregistré des taux d'occupation proche de 100% cet été. Autre exploit : le tourisme croît de 7% par an, le double de la moyenne mondiale.

A part la désaffection pour les pays du Maghreb, par peur du terrorisme, comment  expliquez-vous le succès de la saison grecque ?

La politique que nous menons au sein du gouvernement d'Alexis Tsipras. Nous avons élaboré une stratégie en plusieurs points, que nous déployons depuis deux ans. Premier point de notre action, nous avons décidé d'allonger la saison touristique, pour qu'elle commence en avril et qu'elle se termine en novembre. Pour ce faire, nous avons signé des accords avec les tours opérateurs et les compagnies aériennes –régulières, charters et low-cost- pour augmenter l'offre. Ainsi des packages sur mesures et plus variés ont été élaborés. On ne propose pas les mêmes prestations à un groupe de touristes chinois qu'à des particuliers français. De plus, de nouvelles lignes aériennes ont été ouvertes.

Avez-vous des exemples ?

Oui, pour la France, la liaison entre Toulouse et Kalamata ou les liaisons entre la Crète et Lyon, Marseille ou Strasbourg. Cet automne, nous allons inaugurer le premier vol direct Athènes Pékin. Il est proposé par Air China. En Russie, on peut désormais rejoindre Saint Pétersbourg et Kalamata sans changement. Et désormais trois compagnies américaines assurent des vols non-stop avec la Grèce. Au total, 150 nouvelles liaisons aériennes directes ont été ouvertes, ce qui représente plus d'un million de sièges supplémentaires pour 2017.

Une de vos actions porte sur la promotion du tourisme thématique. Vos prédécesseurs ne s'y étaient-ils pas déjà attelés ?

Si, mais nous avons prolongé et diversifié leur politique, avec par exemple le tourisme religieux ou le tourisme de bien-être. Nous voulons faire de la Grèce une destination touristique 365 jours par an, et montrer qu'il n'y a pas que la culture et le balnéaire, même si nos 100 îles et les 16 000 kilomètres de littoral restent un atout majeur. Peu de touristes étrangers savent que nous disposons aussi de 700 sources thermales naturelles ou que l'on peut skier en Grèce. Nous tâchons de faire la promotion de nouvelles régions et de nouvelles activités.

Quel poids le tourisme a-t-il dans l'économie du pays ?

Un poids majeur. Sa contribution au PIB dépasse les 20% du PIB et il induit près d'un million d'emplois directs et indirects. Et comme notre économie sort enfin la tête de l'eau, les investissements dans le tourisme sont repartis. Entre 2016 et aujourd'hui, 267 projets de construction ou de rénovation d'hôtels 4 et 5 étoiles ont été présentés pour approbation à notre ministère. 20% d'entre eux étaient menés par des investisseurs étrangers. La confiance est de retour !

Et vos ambitions continuent d'être grandes. Quelles sont vos projections ?

35 millions de touristes en 2020.

Ne craignez-vous pas que la massification porte préjudice à la qualité ?

C'est un problème dont nous sommes très conscient et auquel nous prêtons une attention extrême. Nous ferons cohabiter sans problème le tourisme de qualité avec un tourisme plus grand public. J'en suis convaincue

Propos recueillis par Sabine Syfuss-Arnaud

Magazine Tour mag

Grèce : "quand le tourisme pèse 20% du PIB, on le prend au sérieux !"

Entretien avec Elena Kountoura, ministre grecque du tourisme

Les 2 et 3 octobre 2017 à Paris, Elena Kountoura, ministre grecque du tourisme, présidera une réunion de travail sous l'égide de l'OCDE sur le thème du tourisme environnemental et durable. C'est une première, sur laquelle la ministre appose un symbole : celui d'une image de sérieux sur l'industrie touristique de son pays.

TourMaG.com - Comment s'est passée la saison été pour la Grèce ?

Elena Kountoura :
Cette année, nous allons aligner les records. Pour les marchés traditionnels que sont l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et l'Italie, la progression des touristes venus en Grèce s'établit à +15%.

Le marché français devrait nous apporter autour de 2 millions de visiteurs alors qu'ils n'étaient que 1,6 million l'année dernière.

Mais les touristes en provenance de nouveaux marchés comme la Chine, l'Inde, le Moyen-Orient ainsi que les Russes et les Américains contribuent aussi au record.

Cette année, la Grèce passera le cap des 30 millions de touristes. Ils n'étaient que 28 millions, croisiéristes compris, en 2016.

En fait, nous récoltons les fruits d'une stratégie de développement en cinq points, mise en oeuvre en 2015.

TourMaG.com - Quels sont ces axes de développement ?

E.K. :
Jusqu'alors, le gouvernement avait sa propre idée de développement du tourisme et chaque région avait la sienne.

Nous avons mis tous nos efforts en commun. Le premier objectif était d'allonger la saison touristique : au lieu d'aller d'avril à octobre, nous avons basé l'offre de mars à novembre.

Pour l'accompagner, nous avons concocté des produits à thème : sport, gastronomie, culture, religion, tourisme rural... autant d'activités qui ne nécessitent pas nécessairement du balnéaire.

Parallèlement, nous tenons à faire découvrir de nouvelles régions grecques, notamment sur le continent. Celles qui peuvent mêler bord de mer et ski en montagne, par exemple.

Cet hiver, nous expérimentons même la Crète toute l'année avec la compagnie Aegean Airlines, qui va assurer des vols au départs de plusieurs villes européennes et les hôteliers tentés par l'aventure. L'objectif est d'apporter 60 000 touristes supplémentaires.

Nous mettons aussi en avant les citybreaks à Athènes et Thessalonique. D'ailleurs, les hôtels d'Athènes affichent des taux de remplissage autour de 90%.

TourMaG.com - Dans ces conditions, Athènes connait-elle le phénomène de "tourismophobie", comme d'autres villes telles Venise ou Barcelone ?

E.K. :
Pas du tout. Les Grecs ont conscience de l'importance du tourisme dans l'économie grecque, qui représente 20% du PIB du pays et fait travailler plus d'un million de personnes.

D'ailleurs, nous avons un plan d'investissement ambitieux dans l'hôtellerie. En 2015, nous comptabilisions une dizaine de projets de modernisation ou de construction d'hôtels. En 2016, il y en a eu 162, dont 60 nouveaux établissements 4 et 5 étoiles, et cette année il y en a encore 80 pour l'ensemble de la Grèce.

Les résultats sont là et la concrétisation de la stratégie décidée en 2015 permet d'améliorer l'image de sérieux du pays.

Depuis cette année, nous adhérons aussi à l'OMT pour participer à la réflexion globale sur l'industrie.

Dans quelques jours, je vais présider une séance de travail avec une vingtaine de ministres du tourisme dans le cadre de l'OCDE. C'est comme cela que nous prouvons que la Grèce prend le tourisme au sérieux.

Geneviève Bieganowski 

Magazine L'Echo touristique

Grèce : "Le tourisme pèsera bientôt 22% du PIB"

La Grèce s’apprête à battre cette année encore un nouveau record de fréquentation en accueillant 30 millions de touristes. Nous avons rencontré sur l’IFTM la ministre du Tourisme grecque, Elena Kountoura, qui détaille sa stratégie pour une croissance durable de l’activité touristique.

Elena Kountoura : D’ici la fin 2017, nous espérons atteindre les 30 millions. Si l’on considère qu’il y a dans notre pays 10,5 millions d’habitants, c’est vraiment un grand succès.

La crise économique est désormais derrière vous ?

Oui la crise est derrière nous, et le tourisme est un secteur qui peut vraiment soutenir l’économie grecque. Il représente 20% de notre PIB et un million d’emploi directs et indirects. C’est donc une priorité pour notre gouvernement. Nous essayons, puisque le tourisme unit les gens, de faire un pont vers d’autres secteurs qui se développent en Grèce, comme l’énergie, les exportations l’agriculture… C’est très important car de cette façon nous allons valoriser nos produits touristiques. (…)

Vous êtes ministre du Tourisme en 2015. Depuis votre arrivée au pouvoir, quelles ont été vos priorités pour développer le secteur ?

Nous avons voulu aller plus loin pour notre tourisme, en définissant une nouvelle stratégie, qui repose sur cinq piliers. Notre premier objectif est de prolonger la saison touristique d’été. Nous avons également décidé de faire la promotion de destinations grecques, qui pour certaines ne sont pas connues, et de développer certaines thématiques, comme le tourisme religieux, gastronomique, le MICE, le thermalisme, le sport… tout en continuant à mettre l’accent sur le tourisme culturel, pour lequel nous sommes déjà très connus. Dès 2015, nous avons aussi commencé à positionner Athènes et Thessalonique, les deux plus grandes villes de Grèce, comme destinations de city-break. Il y a eu une belle progression en 2016. Notre but, notre vision, c’est de positionner la Grèce comme une destination où l’on peut voyager 365 jours par an.

Parallèlement, la Grèce s'est ouverte à de nouveaux marchés...

Tout à fait. Nous avons ouvert la Chine, le Moyen Orient, la Corée du Sud, par exemple, tout en renforçant les marchés traditionnels, comme la France, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, les pays scandinaves, la Russie et les Etats-Unis. Le cinquième pilier de notre stratégie est enfin d’attirer le plus possible les investisseurs. Parce que nous voulons développer notre tourisme de façon durable. Bien sûr, nous voulons voir les arrivées et les recettes augmenter, mais en maintenant la qualité d’offre et de service. Pour cela nous avons besoin de développer nos infrastructures, nos hôtels par exemple.

Votre but, à travers cette stratégie, c’est aussi d’éviter les phénomènes de surfréquentation auxquels certaines destinations sont exposées ?

Absolument. Nous avons réalisé des études pour être certains que nous avions les capacités correspondant aux arrivées et de ne pas rencontrer ces problèmes. C’est aussi pour cette raison qu’il est très important pour nous de promouvoir l’allongement de la saison, et de faire en sorte que tout le monde ne se trouve pas au même endroit, au même moment. Nous avons mené beaucoup de négociations avec de grands tour-opérateurs, des agences de voyages, et bien sûr des compagnies aériennes pour faire en sorte que la saison d’été débute fin mars, et se termine fin novembre. Le fait d’ouvrir de nouveaux marchés nous permet aussi d’éviter ce type de problème, car tous les touristes n’ont pas les mêmes habitudes de voyage, et ne recherchent pas la même chose. Les touristes de Chine, du Moyen-Orient ou des Etats-Unis par exemple, voyagent toute l’année. Certains, comme les Chinois, ne sont pas très attirés par la plage, mais adorent découvrir les monuments de notre civilisation, la gastronomie, le shopping ou l’entertainement. Cela contribue aussi à éviter la surfréquentation. Tout cela nous a aidés à battre un nouveau record l’an dernier. En dépit des difficultés que nous avons rencontrées, nous avions déjà battu un record de fréquentation en 2015, avec 26 millions de touristes. En 2016, nous en avons reçu deux millions de plus, soit 28 millions (croisières incluses, ndlr).

Quelles sont vos actions auprès des professionnels ?

Nous travaillons avec tout le monde (...). Pour nous, c’est extrêmement important d’être très présents. Nous organisons des famtrips, des webinars, des événements (...). Je crois aussi que l’image de la Grèce à l’international a beaucoup changé. Nous avons notamment été élus membres du Conseil exécutif de l’OMT. Cela devrait nous permettre de peser davantage sur les décisions dans les années à venir. Parallèlement, nous assurons aussi la présidence de la Réunion sur les politiques du tourisme pour une croissance durable et inclusive, organisée par l’OCDE qui a lieu les 2 et 3 octobre. Développer nos positions et notre influence sur le plan international fait partie de nos objectifs. (...)

Quels sont vos grands chantiers pour 2018 ?

Notre stratégie a été conçue pour une période de quatre ans. Notre but c’est de développer, d’évaluer. (…) Mais notre objectif, c’est d’avoir plus de 35 millions de touristes à l’horizon 2020 et augmenter de deux points la part du tourisme dans le PIB pour atteindre les 22%. (...) En 2018, nous allons aussi essayer de renforcer les capacités. En 2016, nous avons reçu plus de 162 demandes de permis de construire pour des hôtels 4 et 5 étoiles. En 2017, sur les sept premiers mois, il y en a plus de 80. (...) Notre ambition est aussi de travailler la qualité de l’offre. Nous travaillons notamment sur les infrastructures : les ports, les aéroports, les routes… L’aéroport de Paros peut par exemple recevoir de plus gros avions depuis l’an dernier. 14 aéroports ont été privatisés, en 2018 ils seront rénovés aux standards du marché. Plusieurs lois viennent également d’entrer en vigueur pour simplifier la bureaucratie et la vie des entreprises. Nous avons notamment développé un système électronique qui permet à un hôtel, par exemple, de déclarer son activité en ligne et avoir tous les documents nécessaires pour débuter son activité, sans perdre de temps. (…) Ce type d’innovation est très important pour nous.

Émilie Vignon 

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Dernière modification : lundi 02 octobre 2017