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J-05/09/2017

 

 

05 septembre 2017

Journal Le Figaro

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Magazine Le Point

Grèce : Macron veut reconstruire une Europe démocratique

Féru de symboles, le président Macron prononcera un discours refondateur de la démocratie européenne lors de son voyage à Athènes, les 7 et 8 septembre.

Il aurait pu se rendre, comme le veut la tradition, à la Voulí, le Parlement grec. Mais c'est en plein air, devant un parterre de jeunes Grecs, sur la Pnyx, la colline qui était sous l'Antiquité le siège de l'Ecclésia (l'Assemblée du peuple citoyen, NDLR), qu'Emmanuel Macron prononcera un long discours égrenant ses propositions pour refonder démocratiquement nos institutions européennes. Les 6 et 7 septembre, le président français rencontrera Alexis Tsipras, le Premier ministre, Prokopis Pavlópoulos, le président grec, mais également Kyriàkos Mitsotàkis, le chef de l'opposition (de droite) qui, lors des visites d'État, possède un statut protocolaire.

Emmanuel Macron embarque à sa suite une quarantaine de chefs d'entreprise (Total, Alstom, Vinci, Sanofi, L'Oréal, Suez Environnement, etc.) qui ont maintenu leur présence en Grèce en dépit des difficultés. Des start-up seront également du voyage (KissKissBankBank, YellowKorner...), car le numérique en Grèce présente des opportunités d'investissement. Actuellement, 10 % des investissements étrangers en Grèce sont d'origine française. Le retour de la Grèce sur les marchés cet été, la reprise timide de la croissance grecque (+ 0,4 % au 1er trimestre 2017), le léger recul du chômage (passé de 24,9 à 23,3 % au premier trimestre 2017) laissent entrevoir le bout du tunnel. La France considère qu'en août 2018, quand le programme de redressement sera parvenu à échéance, l'Europe devra accompagner la Grèce en concédant des allègements de sa dette.

Zone euro : une divergence avec Schäuble

S'agissant de la relance de l'Europe, le discours du président français, actuellement peaufiné par Sylvain Fort, sa plume, s'adressera tout autant aux États membres de l'Union européenne qu'au peuple grec, qui depuis la crise de 2008 endure de lourds sacrifices pour réarmer son État déficient, engager des réformes structurelles et mettre en œuvre un lourd programme de privatisations afin d'éponger une partie de sa dette. Emmanuel Macron, comme de nombreux officiels bruxellois qui partagent son opinion, ne peut se satisfaire d'un fonctionnement opaque de la zone euro, sans contrôle démocratique, sans pilotage efficace et sans moyen d'éviter à l'avenir les crises qui ne manqueront pas de surgir. Emmanuel Macron l'a redit dans son grand entretien au Point , il propose à nos partenaires européens de doter la zone euro d'un parlement, d'un ministre des Finances de la zone euro et d'un budget qui permette à la fois de stabiliser les économies et d'investir.

On sait que, sur ce point, les vues exprimées par Wolfgang Schäuble ne vont pas tout à fait dans le même sens. Le puissant ministre allemand des Finances souhaiterait, au contraire, retirer à la Commission de Bruxelles la régulation économique et financière de la zone euro, pour la confier à un organe plus administratif – une sorte de fonds monétaire européen –, qui se contenterait d'appliquer implacablement les règles du pacte de stabilité. Un point de débat entre la France et l'Allemagne qui sera peut-être évoqué lors des rencontres franco-allemandes d'Évian, vendredi 8 septembre. La chancelière Angela Merkel aura sans doute du mal à convaincre Emmanuel Macron que, depuis dix ans, l'Europe a moins souffert d'une absence de contrôle démocratique que d'une absence de férule administrative...

Protéger la souveraineté européenne

La relance de l'Europe passe aussi, selon Macron, par une défense plus sourcilleuse des intérêts stratégiques européens dans les secteurs-clés de l'énergie, du numérique ou des télécommunications. Là aussi, le président français fera des propositions très précises à la Commission de Bruxelles afin que celle-ci prenne des initiatives. Le président Macron a, par exemple, déploré que la Grèce soit obligée de vendre le port du Pirée aux intérêts chinois. Vu l'urgence de la situation d'alors, il n'était sans doute pas possible de faire autrement. La vente en cours du port de Thessalonique – deuxième port grec – à un consortium franco-allemand répond davantage à ses vœux d'une Europe qui protège ses infrastructures. « Il ne s'agit pas non plus de fermer la porte aux investisseurs extracommunautaires, explique-t-on à l'Élysée, mais de protéger des secteurs de souveraineté, de s'assurer d'une certaine réciprocité et d'un contrôle de l'usage des aides d'État par les puissances étrangères. »

Pour refonder l'Europe, Emmanuel Macron préconise de changer de méthode. Fini, les congrès ou conclaves de quelques semaines qui aboutiraient à un traité soumis ici à la ratification parlementaire et là à un référendum. « Le président Macron propose que s'engage un long dialogue démocratique sous la forme d'une convention démocratique qui durera plusieurs mois », précise son entourage. La Pnyx, d'où il prononcera son discours, symbolise cette volonté de refonder la délibération à partir du lieu où elle a été inventée

Emmanuel Baretta

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Dernière modification : mardi 05 septembre 2017