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J-07/09/2017

 

 

07 septembre 2017

Journal Le Monde

« La France a toujours été aux côtés de la Grèce »

A l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron à Athènes, jeudi et vendredi, l’un des ministres grecs les plus proches d’Alexis Tsipras, Nikos Pappas, estime que son pays est en phase de normalisation.

En visite à Athènes, jeudi 7 et vendredi 8 septembre, Emmanuel Macron, devait réaffirmer le soutien de la France à la Grèce. Un voyage officiel de deux jours très attendu par les Grecs, qui souhaitent aujourd’hui convaincre leurs partenaires européens qu’ils sont désormais sur la voie d’une sortie de crise. Le président français prononcera aussi un discours sur la démocratie et l’Europe depuis la colline de la Pnyx, le symbole de la démocratie antique athénienne puisque c’était – au cœur de la capitale – le siège de l’Ecclésia, l’assemblée de citoyens qui votait les lois.

Nikos Pappas, ministre de la politique numérique, des télécommunications et de l’information, est l’un des bras droits du premier ministre grec, Alexis Tsipras. Il s’exprime sur ce que les Grecs attendent de cette visite.

Il y a quelques mois, Barack Obama était venu faire ses adieux au monde et son éloge de la démocratie depuis Athènes. Aujourd’hui, c’est Emmanuel Macron qui vient présenter sa vision d’une refondation européenne depuis la Pnyx… La Grèce est populaire quand il s’agit de parler démocratie...

La Grèce n’est pas qu’un symbole. La Grèce est importante pour l’Europe à cause de sa situation géostratégique. Il y a de la substance derrière cette visite. D’abord, la France a toujours été à nos côtés. Au moment crucial, c’est bien grâce à elle que notre survie dans la zone euro a été assurée lors de la turbulente période de 2015.

Aujourd’hui, il y a une certaine tendance en Europe à dire que tout va bien politiquement et institutionnellement, mais ce n’est pas le cas. Il y a un véritable problème de représentation démocratique et l’on doit pouvoir parler de ces problèmes. On doit développer des mécanismes pour éviter de futures crises. Nous pensons qu’Emmanuel Macron veut porter ces idées au niveau européen. Nous soutenons cette démarche.

Vous êtes d’un gouvernement de gauche alors qu’Emmanuel Macron a un agenda économique plutôt libéral pour la France. Qu’espèrez-vous vraiment comme changement de dynamique au niveau européen, en particulier au sujet de l’austérité qui vous est imposée depuis plus de sept ans ?

Il faut séparer les deux choses. Je ne veux pas commenter les politiques que chacun mène en interne dans son pays. L’agenda sur le fonctionnement européen est une autre question. L’Europe change en ce moment. Nous devons décider si cela va prendre la forme de plus de démocratie, plus de transparence des institutions ou la forme de changements promus par la droite qui mènent à plus de nationalisme et de protectionisme. Nous devons rendre le projet européen de nouveau attractif pour les peuples européens et nous avons besoin de plus de convergence. Nous avons besoin de courage pour aller vers un fédéralisme de progrès. La zone euro a besoin d’un budget commun et de mécanismes pour réduire les écarts de développement entre ses pays membres.

La Grèce peut-elle avoir une voix dans ce processus ?

Bien sur que la Grèce a une voix ! Auriez-vous pu imaginer il y a encore deux ans que le sommet des pays du sud de l’Europe qui s’est tenu à Athènes en septembre 2016 pouvait partir d’une initiative d’Alexis Tsipras ? Depuis un an, nous avons reçu le président russe, le président américain, le pape, etc. Nous menons une diplomatie d’ouverture. La Chine est un partenaire. Les Etats-Unis sont un partenaire, mais l’Union européenne est notre maison et nous sommes un membre loyal de cette Union.

Attendez-vous de nouvelles annonces d’Emmanuel Macron sur la renégociation de votre dette publique ?

Nous avons obtenu des choses lors de l’Eurogroupe de juin et la position de la France, qui soutient ces mesures, nous satisfait sur ces points. Nous avons obtenu une extension des maturités de la dette grecque (un étalement des paiements) de quinze ans supplémentaires et surtout, la clause de croissance qui change la logique de remboursement de la dette. Désormais, nous devons renouer avec la croissance et ensuite, nous servons la dette. Avant, la logique c’était : quel que soit le niveau de croissance on doit servir la dette, même au détriment de l’emploi.

Vous soutenez que la Grèce est en phase de normalisation. Et pourtant le parti conservateur d’opposition appelle chaque jour à des élections anticipées et vos partenaires européens ont encore du mal à croire à la stabilité politique…

Je ne suis évidemment pas d’accord. Je crois que Tsipras est le premier premier ministre depuis le début de la crise qui va aller au bout de son mandat en 2019. Ce qui est pour moi un clair signal que le pays se normalise. Si la croissance atteint bien plus de 1,5 % du PIB cette année , il y a de grandes chances que Tsipras soit le premier ministre qui aura réussi à créer plus de 400 000 emplois d’ici à la fin de son mandat. Et alors les gens seront placés devant un choix : soit retourner vers le néolibéralisme extrême, soit rester sur la voie de la normalisation avec un réel volet social. La visite du président Macron est pour nous un signal de confiance fort.

Propos recueillis par Adéa Guillot (Athènes, correspondance)

Journal Le Parisien

Journal Libération

Journal Libération

Journal Les Echos

Journal Les Echos

Journal Les Echos

Journal Les Echos

Magazine Challenges

En visite à Athènes, Macron veut relancer l’Europe et accompagner la Grèce

En visite officielle de deux jours en Grèce, le Président de la République entend à la fois soutenir la Grèce, qui voit le bout du tunnel, et relancer l’Europe. Une quarantaine de chefs d’entreprises français l’accompagnent. Il doit faire un grand discours fondateur ce soir en face de l'Acropole

Après Périclès, Saint Paul, André Malraux et Jean-Paul II, Emmanuel Macron ! A l'occasion de sa première visite officielle à Athènes, qui se déroulera aujourd'hui et demain, les 7 et 8 septembre, le président de la République devrait prononcer un grand discours à la Pnyx, colline sise en face de l'Acropole.

Dans ce lieu symbole –dans l'antiquité il était le siège de l'assemblée des citoyens -, dans ce pays symbole –la Grèce à la fois berceau de notre civilisation et épicentre de la crise entre 2009 et 2015-, le chef de l'Etat appellera à une " refondation " de l'Europe. Car, il l'a répété tout au long de la campagne présidentielle, et la semaine dernière lors de la conférence des ambassadeurs, la " relance " du projet communautaire est une de ses priorités.  

Message de confiance

Accompagné de deux ministres –Bruno Le Maire, chargé de l'Economie et Nathalie Loiseau de l'Europe-, d'une quarantaine de chefs d'entreprises, petites et grandes, le chef de l'Etat entend adresser " un message de confiance à la Grèce ", pointe l'un de ses conseillers. Une sorte de main tendue à Athènes, dans l'esprit de celle que François Hollande avait offerte en novembre 2015 (" je suis ici pour aider ", avait-il lancé). A l'Elysée, on explique qu'aujourd'hui, il s'agit " d'accompagner la sortie de crise ".

Ministre grec des affaires européennes, Georges Katrougalos y est d'autant plus attaché, observe-t-il, qu'une " relation spéciale et stratégique unit la France et la Grèce. Elle est forte, insiste-t-il, elle transcende les personnes. " On l'a vu avec les couples Giscard d'Estaing et Caramanlis, Mitterrand et Papandreou. Aujourd'hui, c'est le premier ministre d'extrême gauche Alexis Tsipras, 43 ans, qui reçoit Emmanuel Macron, 39 ans. Les deux hommes se connaissent. Depuis le printemps, ils se sont croisés plusieurs fois.

Eurogroupe social

Ex-député européen, Georges Katrougalos milite depuis des années pour " une démocratisation de la gouvernance économique européenne " et pour la mise en place d'un " eurogroupe social ". Pourfendeur de l'austérité, il salue la volonté de Paris de booster l'Europe. De passage à Paris, le 5 septembre, il assurait à Challenges " s'engager pleinement aux côtés de la France pour travailler à une reforme de la zone euro et de sa gouvernance ".

La question est encore plus cruciale à l'heure où la Grèce commence à renouer avec la croissance. " Le Grexit a quitté la table des négociations ", assure le ministre, même si quelques hommes politiques allemands très influents, dont le libéral Alexandre Graf Lambsdorff, vice président du Parlement européen, l'ont encore évoqué au printemps... Athènes veut aller de l'avant et Paris avec !

Retour à la normalité

" La France tient à accompagner la Grèce dans sa phase de reprise ", renchérit l'Elysée. Le ministre Katrougalos parle, lui, d'un " retour à la normalité ". Même si la population souffre toujours des interminables mesures d'économies –il y a eu plus de dix ponctions sur les retraites en sept ans-, il détaille ce qu'il appelle " des indices positifs: la croissance est légèrement positive ce trimestre, la Grèce est sortie de la procédure de déficit excessif de l'Union européenne, le contrôle des change a été allégé, les quatre grandes banques ont pour la première fois fait du profit ". En juin, l'eurogroupe a en partie allégé la monumentale dette (180% du pib), en allongeant les maturités –le délai de remboursement. Début août, le pays a fait un retour sur le marché obligataire –le premier depuis trois ans-, et, en août prochain, il devrait sortir de son programme d'aide et se débarrasser –définitivement après 8 ans !- de la tutelle de ses créanciers. Ceux-ci sont d'ailleurs devenus moins raides qu'avant. Un dirigeant de la Troïka confiait cet été à Challenges : " nous ne nous attendons pas à une croissance spectaculaire pour les années à venir, mais ce sera une croissance, certes modeste, mais régulière. Nous ne sommes plus aussi exigeants avec la Grèce. "

Président de la chambre de commerce internationale en Grèce, l'armateur Nicos Vernicos confirme l'espérance retrouvée. " Les mauvais jours sont derrière nous, assure-t-il, nous avons atteint le fond, ça ne peut qu'aller mieux ! " A Athènes, l'heure est donc résolument à l'optimisme, et tant pis si Carrefour, la Société générale et le Crédit agricole ont dû, pendant la crise, quitter la Grèce en catastrophe en y laissant des plumes. Nicos Vernicos adresse aux business men de la délégation présidentielle –dont ceux de Engie, Vinci, Alstom, Suez…- un message vibrant : " il y a des opportunités pour ceux qui vont prendre le risque d'investir maintenant. "

Carte de visite oubliée sur une table basse

Lorsque Challenges a rencontré le ministre des affaires européennes, le 5 septembre, à l'ambassade de Grèce à Paris, une carte de visite avait été oubliée sur une table basse : celle d'un responsable de CMA CGM. Le spécialiste du transport maritime marseillais qui a monté, avec un homologue allemand, un consortium pour gérer le port de Thessalonique, le 2è de Grèce. Histoire de faire oublier un fiasco: la prise de contrôle du port du Pirée par des capitaux chinois. Symbole du réveil de l'Europe, le projet franco-allemand devait être ficelé pour la visite d'Emmanuel Macron. Mais des problèmes de bureaucratie l'ont retardé…

Pas de quoi gâcher la fête, apparemment. Le programme des deux jours de visite comprend aussi des rencontres politiques –avec le Premier ministre, le Président de la république, le chef de l'opposition-, mais aussi entretiens culturels pour Brigitte Macron, elle aussi du voyage. Et objet de curiosité de la presse grecque.

La part la plus miraculeuse de la civilisation

Evoquant la Pnyx, le très francophile Nicos Vernicos observe : " En général la Grèce rend les chefs d'Etat français lyriques ". On se souvient de François Mitterrand en 1993 : " Je reviens à Athènes comme on revient à la vraie source, celle dont chaque citoyen du monde garde la soif et la saveur incomparables ".  Ou encore : " La part la plus miraculeuse de la civilisation qui vit le jour ici tient à la permanence de son message. Son passé ne cesse pas d'éclairer le présent de telle sorte que l'émerveillement qu'elle procure ne résulte pas de cette étrangeté mais au contraire du sentiment de proximité qu'elle inspire "...

Avec la barre placée aussi haut, nul doute que les plumes élyséennes auront été inspirées et auront préparé de belles envolées pour le président Macron. Nul doute, aussi, que les équipes techniques vont mettre en scène de belles images. L'intervention a tout pour être photogénique. Elle a lieu ce soir vers 19h30, à l'heure du coucher de soleil. Et parfaitement calibrée pour une diffusion pendant les journaux télévisés.

Sabine Syfuss-Arnaud, envoyée spéciale à Athènes

Magazine Paris-Match

Macron en Grèce : un discours devant le Parthénon pour Jupiter

En visite en Grèce pour deux jours à partir de jeudi, Emmanuel Macron va miser sur les symboles.

«Le problème majeur de notre temps, c’est de concilier la justice sociale et la liberté.» Ce pourrait être du Macron, mais la phrase date d’un autre temps. Elle a été prononcée en 1959 par André Malraux, lors de l’inauguration d’un spectacle de sons et lumières sur l’Acropole à Athènes. Le ministre de la culture du général de Gaulle avait alors choisi de prononcer son discours depuis la Pnyx, où se réunissait dans l’Antiquité l’Assemblée des citoyens pour écouter les orateurs Thémistocle, Périclès ou Démosthène. Cinquante-huit ans plus tard, Emmanuel Macron a choisi cette colline surplombée par le Parthénon pour prononcer, en plein air, ce jeudi 7 septembre en fin d’après-midi, un discours consacré à la «refondation démocratique» de l’Europe, indique-t-on à l’Elysée. A ses côtés se trouvera son hôte, le premier ministre Alexis Tsipras, de trois ans son aîné, issu de Syriza, le parti de gauche radicale.

Cette visite d’Etat en Grèce, une étape observée précédemment par François Hollande, Nicolas Sarkozy et François Mitterrand lorsqu’ils étaient à l’Elysée, durera deux jours. Outre les entretiens avec le président de la République Prokópis Pavlópoulos, le premier ministre, et le chef du parti d’opposition Nea Demokratia, Kyriakos Mitsotakis, l’agenda prévoit un passage à l’école française d’Athènes et une table ronde avec des patrons grecs et français à la fondation Stavros Niarchos. Le président de la République, qui sera accompagné du ministre de l'Economie Bruno Le Maire, a intensifié ses déplacements depuis la rentrée. Il aura rencontré douze chefs d’Etat européens en quinze jours, mais c’est la première fois qu’il embarque avec lui une délégation de chefs d’entreprises.

Quarante patrons accompagnent le président

Ces quarante dirigeants sont issus de PME (Biocodex, Graine de Pastel…), de start-up (KissKissBankBank, Xooloo, Yellow Korner…) ou de groupes du CAC 40 (Total, Engie, Sanofi, Vinci, BPCE…). «Nous envoyons un message de confiance. La France a été là pendant la crise, et elle reste présente pendant la reprise», souligne-t-on à l'Elysée. Si la France représente 10% des investissements directs étrangers en Grèce, elle n’a pas joué de rôle majeur dernièrement. Le port d’Athènes a été cédé à une entreprise chinoise, la gestion de 14 aéroports à une allemande. Seul le port de Thessalonique, deuxième ville du pays, a été confié en avril dernier à un consortium où figure CMA-CGM. 

Après des années de crise, l’horizon s’éclaircit pour l’économie grecque, qui devrait enregistrer une croissance de 2% cette année et qui a effectué en juillet son retour sur les marchés financiers. Emmanuel Macron connaît le dossier par cœur. Il a suivi de près les psychodrames européens depuis l’Elysée quand il était secrétaire général adjoint, puis depuis Bercy, nouant ainsi des relations avec Yanis Varoufakis. L’éphémère ministre grec des Finances et tenant de la gauche radicale européenne a même appelé à voter en faveur du candidat d’En Marche. Candidat à la présidentielle, il défendait une restructuration de la dette concertée et un maintien de la Grèce dans la zone euro. Aujourd’hui, le sort du pays, dont la dette atteint 180% de son PIB, est loin d’être réglé. L’accord sur le financement obtenu après d’âpres négociations entre pays européens en juin dernier prévoit un calendrier jusqu’en août 2018. 

Anne-Sophie Lechevallier

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Dernière modification : jeudi 07 septembre 2017