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Finances 10/01/2016

 

 

Déclarations du ministre des Finances grec M. Euclide Tsakalotos 

à l’issue de son entretien avec son homologue français M. Michel Sapin

 

Paris – 10 janvier 2016

Merci M. le ministre, merci Michel. Merci de votre invitation merci également des mots extrêmement gentils que vous avez eus à l’égard du gouvernement grec et à mon propre égard. Je suis ravi d’être de retour ici en France et je souhaite adresser mes remerciements aux journalistes français, grecs et autres s’il y a d’autres nationalités représentées ici. Merci d’être parmi nous ici ce soir.

Je pense que la raison pour laquelle nous sommes ici, c’est tout d’abord parce que la situation s’est véritablement améliorée. Cela est dû aux efforts consentis par le gouvernement grec mais aussi aux efforts consentis par nos amis en France, le Président de la République François Hollande, Michel Sapin mais aussi nombre des collaborateurs de Michel Sapin qui nous ont apporté leur aide, leur assistance, leurs conseils et qui continuent de le faire à nombre d’égard y inclut pour ce qui est du nouveau fonds qui, très bientôt, devrait être mis sur pied.

Je pense que la réunion que nous venons juste d’avoir a été très utile, j’ai essayé d’expliquer à Michel quelle est la feuille de route du gouvernement grec qui a commencé avec une recapitalisation des banques, recapitalisation qui s’est bien mieux passée que nous aurions pu le prévoir. Moi j’étais assez préoccupé au mois de septembre mais finalement les choses se sont très bien passées, sur les 25 milliards d’euros maximum qui étaient alloués aux banques finalement nous n’avons utilisé qu’entre 5 et 6 milliards d’euros, je pense donc que c’est un véritable succès pour la Grèce mais c’est un succès aussi pour l’Europe dans son ensemble. Deuxième aspect, deuxième étape dans cette feuille de route, il s’agit de la finalisation de la première révision et je pense que la perspective est bien plus optimiste aujourd’hui d’une part car nous avons conclu avec succès le premier et le deuxième milestone mais également parce que nous avons mené à bien un nombre très important de réformes. J’ai proposé à Michel une brève introduction concernant les réformes que nous avons mis en œuvre et une annexe également à cette présentation qui dresse la liste de toutes les réformes. Et je pense que si vous abordez les choses de manière équitable sans préjugés et bien vous serez forcément impressionnés par le nombre de réformes, je pense donc que la Grèce a beaucoup œuvré pour récupérer sa crédibilité et cela nous octroie la confiance nécessaire afin de discuter sur un pied d’égalité avec nos partenaires. Michel l’a dit, il est nécessaire que nous échangions, que nous dialoguions, que nous nous comprenions les uns les autres, en effet il y a eu certains malentendus, il y a des raisons derrière ces malentendus, il y aura des malentendus autour de certaines de nos priorités mais je pense qu’il est important que nous échangions ensemble et que nous abordions ces questions avec les bons arguments, c’est très important pour notre feuille de route que cette première revue soit conclue le plus rapidement possible c’est seulement ainsi que nous serons en mesure d’engager une discussion autour de la dette et ensuite, je pense que les investisseurs et les agents économiques mais aussi les citoyens pourront véritablement croire que la Grèce a changé, ils croiront que c’est un pays où vous êtes en mesure d’investir à long terme, c’est un pays auquel vous pouvez accorder votre confiance, c’est un pays qui joue son rôle à part entière dans la famille européenne. Nous souhaitons absolument que lorsque les institutions reviendront en Grèce dans plus ou moins une semaine, nous souhaitons absolument conclure cette première revue le plus rapidement possible. Bien entendu un certain nombre de questions doivent encore être résolues mais je pense qu’il n’y a aucune raison de ne pas les résoudre si ces questions sont expliquées, sont discutées, et qu’il y ait finalement un véritable échange que c’est donnant-donnant.

Vous le savez nous avons engagé une réforme très importante de nos retraites à moyen terme, réforme qui va permettre d’avoir une gestion saine et durable du système des retraites, pour nous c’est tout le problème. Il y a une deuxième problématique qui porte plus sur le court terme, nous avons promis de dégager 1% du PIB c'est-à-dire environ 1,8 milliards d’euros qui doivent donc être épargnés et destinés au système des retraites, nous avons été en mesure de récolter la majorité de cette somme, néanmoins nous avons encore besoin d’un peu de marge de manœuvre pour nous assurer que les retraites ne soient pas réduites cette année pour deux raisons, la première nous avons eu 11 ou 12 réductions consécutives du taux des retraites et la deuxième parce que les retraites tant que l’économie ne retrouvera pas le chemin de la croissance et bien les retraites jouent un rôle multiple en Grèce. En effet une grand-mère qui perçoit une retraite de 500 euros et bien ces 500 euros ne sont pas seulement utilisés par cette grand-mère peut-être qu’elle en reverse une partie à son fils qui est au chômage ou à sa petite fille de 17 ans qui essaie de suivre une formation afin de pouvoir entrer à l’université puis il y a d’autres questions.

Il y a également des questions d’allocation chômage, des questions autour de la sécurité sociale donc il faut vraiment que nous nous penchions sur ces différentes questions mais si nous n’avons pas une réforme immédiate nous devons absolument comprendre la situation sociale extrêmement différente dans laquelle nombre de personnes sont empêtrées.

Il y a également des questions d’ordre budgétaire que nous devons bien entendu aborder mais je vous le disais nous sommes proches de la première revue et je me réjouis à la perspective de conclure, de terminer cette première revue, d’engager les discussions autour de la dette.

Nous avons abordé nombre d’autres questions avec le ministre M. Michel Sapin qui n’ont pas forcément trait à la Grèce mais à des questions plus européennes autour des retraites, autour de l’investissement.

Nous avons abordé la question de la crise des réfugiés pour ce qui est des implications économiques et également pour ce qui est de l’impact social et budgétaire de la crise des réfugiés sur notre économie, c’est le cas pour d’autres économies notamment l’Italie mais nous avons également parlé de la dimension politique, il est absolument essentiel de souligner la solidarité dont font preuve les grecs à l’égard des réfugiés, la solidarité dont les européens ont fait preuve à l’égard de la Grèce, nous voyons qu’il y a une universalisation de cette solidarité, l’Europe c’est avant une Europe de la solidarité et je pense que les grecs ont fait preuve d’une véritable solidarité suite aux atrocités et aux attentats terroristes qui ont frappé Paris il y a seulement quelques semaines et je pense qu’une des choses sur laquelle Michel et moi sommes d’accord, et bien, c’est que cette solidarité elle est universelle en Europe. L’Europe elle nous inspire car il s’agit d’une Europe de la solidarité où tout à chacun se plie aux règles mais où tout à chacun essaie également de faire de son mieux pour son propre pays mais aussi pour le bien commun de l’Europe. Et je pense que cette situation est en pleine évolution en Europe et étant donné que nous avons pu observer de manière concrète l’importance de cette solidarité, et bien, une fois de plus c’est quelque chose que je dis souvent à mes étudiants, vous savez c’est une chose d’entendre un cours à propos de quelque chose, c’est autre chose de voir ces choses s’appliquer dans la pratique. Je pense que plus nous utilisons la solidarité, plus nous utilisons la coopération, plus nous faisons appel à de bons arguments, des arguments utiles et bien dans ce cas-là nous améliorons la solidarité et la coopération. Alors Michel je me réjouis à la perspective de poursuivre notre relation, je vous en suis très reconnaissant c’est très précieux pour moi que nous ayons la possibilité de nous rencontrer personnellement mais c’est important également pour mon pays, j’espère que nous pourrons poursuivre nos travaux cette année, j’espère que 2016 sera meilleure que 2015. Je n’ai pas fixé la barre très haut étant donné les difficultés que la Grèce a rencontré en 2015 mais j’espère que 2016 sera quelque peu meilleure. Je vous remercie.

 

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Dernière modification : 13/01/2016