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Katrougalos - Kathimerini

 

 

Extraits de l’interview du ministre du Travail M. Katrougalos accordée au journal Kathimerini

10 janvier 2016

Nous respecterons nos engagements des mémorandums

« Pour nous les retraites principales sont notre « ligne rouge » absolue » souligne M. Katrougalos. « Nous ne sacrifierons pas non plus les complémentaires. Nous entrons dans la négociation avec une proposition pour les sauver et nous ne sommes pas là pour perdre la bataille ».

De discrimination en faveur des plus faibles, est caractérisée la réforme de l’assurance par le ministre du Travail Giorgos Katrougalos qui analyse pour le journal Kathimerini son concept et ses principes de base, il admet qu’elle conduit à des réductions des nouvelles retraites mais pas énormes. Il précise que l’option de redistribution est une différence idéologique fondamentale d’avec les créanciers et analyse les points de friction.

Votre engagement à ne pas réduire les retraites principales est-il valide ?

Catégoriquement et non négociable, oui.

Même après 2018 ?

Bien sûr. Prenons les choses dans l’ordre. Le recalcul de millions de retraites n’est pas simple. Cela exige du temps. Pour cette raison, dans le projet nous disons que cela sera réalisé jusqu’à la fin du programme d’ajustement, en 2018, et s’appliquera comme une différence personnelle.

Pourquoi est-ce nécessaire, puisque vous garantissez que les retraites ne seront pas réduites même après 2018 ?

Le sens de la différence personnelle est qu’elle reste garantie pour son bénéficiaire et diminue à mesure que les pensions de la même catégorie augmentent. Par conséquent, quand cette différence personnelle arrivera à zéro, alors ces retraités bénéficieront des augmentations comme les autres. En effet, quand on atteindra ce niveau d’équilibre, pour la première fois en Grèce nous aurons des retraites à une vitesse. Ce qui n’a jamais existé par le passé. De plus, nous aurons tous les retraités avec des règles uniformes.

Qu’est ce qui va changer ?

Le recalcul génèrera t-il de grandes différences personnelles ?

Non. Au contraire. Avec les modèles que nous avons testés, il semble qu’à la Caisse d’Assurances Sociales il n’y aura que des changements nuls et en plus sur les faibles revenus nous aurons de petites augmentations. Pour cette raison là, nous avons prévu que si avec le recalcul le retraité sort gagnant, le « gain » ne sera pas versé avant 2018.

Il n’y aura pas de réductions ?

Il y aura quelques écarts dans les revenus moyens et élevés. Dans certaines Caisses, comme la Caisse des Professions Libérales, peut-être plus grandes, parce qu’ici une somme mensuelle de 220 euros avait été octroyée sans aucun paiement de cotisations. Des écarts pourront être attendus aussi dans les Caisses dites « nobles ». Avec le mécanisme de différence personnelle, cependant, les retraites ne seront pas diminuées.

Votre absolu engagement pour les retraites principales ne semble pas aussi inébranlable pour les retraites complémentaires. Ai-je tort ?

Pour nous la ligne rouge absolue est fixée aux retraites principales. Nous n’allons cependant pas sacrifier les complémentaires. Nous entrons dans la négociation avec une proposition pour les sauver et nous n’entrons pas dans la bataille pour la perdre.

Comment seront calculées les retraites complémentaires ?

Pour 2014, nous gardons le système tel qu’il existe, un régime à cotisations prédéfinies. Pour les années précédentes, nous appliquons un taux de remplacement de 0,45% pour 40 ans d’assurance. Nous nous dirigeons aussi pour les complémentaires vers un recalcul plus équitable, en tenant compte des déficits de la Caisse Unifiée de l’Assurance Complémentaire.

Comment allez-vous couvrir les futurs déficits ?

Nous allons essayer de le régler et à l’avenir nous devons, à mon avis, repenser la structure même des retraites complémentaires.

Aurons-nous une diminution pour les bénéficiaires de l’Allocation de Solidarité Sociale des Retraités ?

Je dois être clair sur une chose. Nos engagements dans les mémorandums, même s’ils ne nous plaisent pas, nous allons les respecter. Parce que c’est notre signature. Simplement nous essayons de neutraliser les conséquences négatives avec nos propres mesures équivalentes respectives. Là réside la différence de notre proposition politique : sans réforme nous aurions seulement les maux du mémorandum. Avec la réforme nous essayons de les neutraliser. Ainsi, nous supprimons d’un côté l’Allocation de Solidarité Sociale des Retraités de l’autre, nous la remplaçons par la retraite nationale, qui constitue un outil plus équitable et plus complet de lutte contre la pauvreté des personnes âgées. De plus, nous rétablissons aussi l’allocation pour les personnes âgées non assurées, une couche sociale particulièrement vulnérable.

Le système permet-il le « luxe » de dividendes élevés et du capital ?

Non. Pour cette raison, nous sommes amenés à des réductions, principalement pour les dividendes. Pour le capital, nous tendons à quelque chose de mieux. Dans la pratique, nous visons à ce que les bénéficiaires ne perçoivent pas moins que ce qu’ils ont versé, calculé avec le taux de la Banque de Grèce.

Comment allons-nous atteindre l’objectif d’ajustement budgétaire, à savoir des réductions des dépenses de l’ordre de 1% du PIB ?

La plupart des mesures sont déjà inscrites dans le budget. Il y a une différence de 600 millions d’euros.

Comment va-t-elle être couverte ?

Nous proposons une augmentation des cotisations patronales de 1%, soit une économie d’environ 375 millions d’euros, et des cotisations salariales de 0,5%, avec une économie de 150-170 millions d’euros. Au total, nous sommes proches des 550 millions d’euros.

S’ils ne l’acceptent pas ?

Le mémorandum ne leur donne pas le droit de demander l’adaptation uniquement en réduisant les retraites si nous remplissons autrement les objectifs quantitatifs. En outre, 11 coupes ont été faites avec l’argument que, désormais, le système serait viable. Comment convaincre les gens que la douzième fera la différence ?

Les déficits des Caisses

Avec l’ajustement budgétaire de 2016, les déficits des Caisses seront-ils nuls ?

Même si nous n’avions pas les mémorandums, nous aurions quand même dû procéder à une limitation de la dépense publique. Et ceci parce que le déficit de caisse en 2015 n’était pas de 1% comme nous l’avions prévu. Il aurait atteint 1,8% du PIB. Ceci signifie que malgré l’ajustement que nous réalisons, nous aurons un déficit si l’économie ne repart pas et si on ne diminue pas le chômage. Dans tous les cas, l’ajustement budgétaire est nécessaire, sans pour autant suffire. C’est pour cette raison que nous nous dirigeons vers une réforme globale.

L’axe central de la réforme que vous proposez est la retraite nationale avec 15 ans. Les institutions demandent des critères de revenus de 20 ans. Êtes-vous prêt à reculer sur certains points de sorte à conclure l’accord ?

La clause des 15 ans est non négociable. De même que les critères de revenus. Dès lors, nous verrons ce que nous pouvons faire sur les nuances. Je ne veux rien dire pour l’instant. Il y aura négociation, sans recul sur les deux précédents points, qui ont déjà une teinte similaire aux lignes rouges par rapport à la baisse des retraites principales.

Sur les contributives, les nouveaux pourcentages et le nouveau mode de calcul conduisent, selon les estimations de spécialistes, à des réductions des retraites jusqu’à 30%...

Ceci est inexact. Et même pour les revenus en dessous de 1.200 euros mensuels éligibles à la retraite, avec 20 ans d’assurance ou moins, notre modèle donne de meilleurs résultats que ceux de la loi Loverdos-Koutroumanis, comme elle aurait été élaborée avec les baisses qui suivaient. Pour les revenus, à partir de maintenant, il y a des petits mais pas d’énormes changements. En fait, à un certain point ils s’équilibrent. C'est-à-dire, pour un revenu de 2.000 euros et 35 ans d’assurances, l’ancien modèle donne 1.235 euros tandis que le nôtre correspond à une retraite de 1.234 euros. Comme je l’ai mentionné, cependant, notre proposition est partiale du point de vue des classes, elle est conçue pour protéger davantage les faibles revenus et ceux qui, contre leur volonté, se sont retrouvés exclus du marché du travail. Ainsi, par exemple, pour les faibles revenus le pourcentage de remplacement est de l’ordre de 80 à 90%, tandis que pour les hauts revenus il est de l’ordre de 50 à 60%.

Retraite nationale et redistribution

La redistribution par le bas que vous envisagez, n’ouvre t-elle pas la porte à une augmentation du travail « au noir » ?

Il est très facile de prouver que ce n’est pas le cas. L’ancien modèle commence avec le même taux 0,8% pour les premières années pour atteindre 1,5%. Au lieu de cela, notre modèle favorise avec un taux de 2% les années matures d’assurance. Ainsi, il incite à travailler, pour ceux qui ont cette possibilité naturellement et ne sont pas au chômage. La redistribution se fait principalement par le biais de la retraite nationale. Le bonus est alloué aux faibles revenus. Autrement dit, notre système pour les revenus moyens prévoit un taux de remplacement légèrement plus faible, tandis que pour les nombreuses années d’assurance il redevient meilleur.

Comment allez-vous parer à la demande récurrente des créanciers pour une interférence plus étroite entre les cotisations et les prestations ?

Les créanciers auraient voulu une plus petite retraite nationale et l’autre partie étroitement rémunérante. Je leur ai dit que, dans la mesure où le rapport de rémunération s’améliore par le biais des mêmes règles de prestations et de cotisations, nous atteignons l’objectif qu’ils veulent. Nous, cependant, nous ne voulons pas que l’assurance sociale soit comme la privée, nous ne voulons pas qu’il y ait une véritable interférence cotisations-prestations. Ceci est l’une de nos différences politico-idéologiques fondamentales.

Ils vous accusent d’aspirer à créer un système moderne, en conservant dans les astuces de l’assurance sociale des éléments de prévoyance. Que répondez-vous ?

La retraite nationale n’est pas une prévoyance. C’est un mécanisme de redistribution. Nous pourrions n’avoir aucune cotisation d’assurance. Que nous disions que l’état s’engage à financer l’assurance en fonction de la fiscalité.

Qu’est ce que la retraite des personnes âgées non assurées ?

Ceci relève de la prévoyance, c’est vrai. Et pour vous devancer, afin de ne pas créer une assurance dissuasive, nous institutionnalisons des critères de ressources et nous déterminons qu’il ne peut être supérieur à 90% de la retraite nationale. Elle est cependant indépendante de l’assurance sociale.

Votre plan prévoit-il une baisse des pensions d’invalidité ?

Nous allons dialoguer avec la Confédération Nationale des Personnes Handicapées afin d’aborder dans son ensemble la question de l’invalidité.

Une Caisse, pas un costume pour tout le monde

Dans le cadre des unifications, l’unification administrative est plus difficile et plus longue que la fonctionnelle ?

Je ne doute pas que, dans les premiers temps, nous rencontrerons des difficultés, des grains de sable dans de nombreux engrenages, mais finalement nous réussirons et l’unification aboutira à une baisse importante des coûts de fonctionnement.

Peut-être que 3 Caisses auraient été une meilleure solution ?

Dans le mémorandum, non seulement les partis politiques au gouvernement mais aussi les partis qui aujourd’hui critiquent ont voté pour une Caisse. Et je ne suis pas prêt, devant les nombreuses batailles que je vais livrer, à en donner une nouvelle pour qu’il y ait 3 et non 1 Caisse. Les questions graves sont ailleurs. D’ailleurs, si la Caisse n’est pas unifiée, on ne peut pas mettre en place une unification fonctionnelle qui est notre objectif principal.

Est-il possible que les règles pour toutes les catégories professionnelles soient unifiées ?

Non, les instances sont unifiées et elles doivent demeurer inchangées. Pour cela, il est prévu que le pourcentage des cotisations pour les salariés, les professions libérales et les agriculteurs soit unifié, à 20% des revenus, pour les derniers la catégorie d’assurance minimum démarre plus bas parce que leur revenu moyen est le plus bas de toutes les autres catégories. Pour les questions de maladie comme risque assuré, également, il y a aura des différenciations. Par conséquent nous ne disons pas un costume pour tous.

L’augmentation des cotisations des professions libérales et des agriculteurs, ne craignez-vous pas qu’elle conduise à un effondrement des recettes de la nouvelle Caisse et à une augmentation de l’évasion des cotisations ?

Nous abordons les choses selon le cas, en étudiant ce qu’il se passe en réalité. Par exemple, les travailleurs avec reçus sont dans la catégorie professions libérales. Nous les considérons comme salariés. Autrement dit, des 20% de cotisations, les 13,3% seront payés par leurs employeurs. Je dialogue directement avec l’Ordre des Avocats et autres organismes de professions libérales afin d’éviter des incidences négatives.

L’augmentation pour les professions libérales n’est-elle pas trop importante ?

Nous avons besoin de cotisations à un niveau où nous pourrons payer les retraites. Nous visons à ce que le système d’assurance et le système fiscal soient communicants. A partir de 2017 les cotisations et les taxes seront perçues par un moyen commun. Si nous arrivons au point de faire déclarer les revenus réels, luttant ainsi contre l’évasion des cotisations et l’évasion fiscale, nous baisserons les cotisations.


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Dernière modification : 22/01/2016