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Premier ministre 03/03/2016

 

 

Déclarations du Premier ministre Alexis Tsipras à l’issue de son 

entretien avec le Président du Conseil Européen Donald Tusk

 

Athènes – 3 mars 2016

 

 

Nous recevons aujourd’hui à Athènes le Président du Conseil Européen Donald Tusk, deux semaines se sont écoulées depuis sa dernière visite, et malheureusement l’Union Européenne se montre encore plus faible pour gérer la crise des réfugiés. Et bien sûr, cela signifie qu’elle montre une incapacité à gérer les problèmes communs et un avenir commun. Des actions unilatérales sans coordination préalable qui sont en totale contradiction avec les conclusions du Conseil Européen ainsi que notre accord en marge du Conseil, ont conduit à une réduction drastique des flux sur la route des Balkans entraînant de très graves conséquences tant pour les réfugiés que pour la Grèce.

Ces actions sont venues s’ajouter au refus – ostentatoire et provocant très souvent – de nombreux états-membres de l’UE de participer au processus de réinstallation, à savoir la voie juridique pour le transfert des réfugiés demandeurs d’asile en provenance de zones de guerre vers les pays de l’UE.

Nous avons, donc, discuté aujourd’hui avec le Président Tusk de la nécessité que nous respections tous au moins notre principe fondamental : Le respect des accords et des décisions du Conseil Européen.

Dans ce contexte, j’ai eu l’occasion de rappeler nos positions en vue du Conseil Européen extraordinaire qui se tiendra lundi prochain :

 

Premièrement : La Grèce, au sujet de la crise des réfugiés, supporte déjà un poids disproportionné à ses forces. Notre réaction, cependant, a été immédiate et ne concerne pas seulement nos obligations vis-à-vis de l’UE. Cela concerne, principalement, notre devoir vis-à-vis de nos valeurs et vis-à-vis de notre culture. C’est ainsi que nous avons été éduqués. Et voilà notre culture quand des personnes affaiblies, pourchassées et qui ont besoin d’aide se trouvent dans notre pays. Notre culture nous impose de protéger ces personnes et de ne pas exercer d’actes de violence à leur égard. Il s’avère, malheureusement, que la culture de certains autres au sein de l’UE soit différente. Par conséquent, la Grèce et le gouvernement grec feront tout leur possible afin que personne dans le besoin ne reste sans aide.

 

Deuxièmement : Nous nous attendons à ce que l’UE reconnaisse explicitement que la Grèce ne peut supporter toute cette charge seule. La Grèce est membre d’une Union, dont le principe fondateur principal, expressément prévu dans le Traité de Lisbonne, est la solidarité entre les états-membres. Ce qui signifie un partage équitable des charges et des responsabilités. La Grèce, va donc exiger que le Traité européen soit respecté par tous et que des sanctions à l’encontre de ceux qui ne le feront pas soient prises. Puisque sous la responsabilité de tiers, les flux ont été considérablement réduits à la frontière à Idomeni, il faut que la réinstallation des réfugiés soit mise en œuvre immédiatement dans des conditions décentes. Pour réussir cette répartition équitable, nous exigerons une accélération immédiate du processus de la réinstallation à partir de la Grèce mais aussi directement depuis la Turquie des réfugiés éligibles au droit d’asile vers les pays de l’UE. Dans le même temps, nous considérons comme indispensable la mise en œuvre d’une politique cohérente de la part de l’UE pour le retour des migrants en situation irrégulière dans leur pays d’origine. La Grèce, je le répète, ne laissera personne sans secours. Des installations décentes d’hébergement temporaire seront créées. Nous ne laisserons pas la Grèce ni aucun autre pays se transformer en entrepôt d’âmes. La Grèce ne prendra en charge, comme résidents permanents, ni plus ni moins que le chiffre qui lui incombe conformément au pourcentage de sa population dans l’UE des 28.

Troisièmement : Afin d’être en mesure de faire face à ce défi énorme, la Grèce a besoin autant d’argent pour la construction des infrastructures nécessaires et le recrutement de personnel indispensable que d’aide humanitaire en nature et en équipement. Il faut s’assurer que l’aide et les fonds soient distribués rapidement pour répondre aux besoins engendrés par les flux, sur la base de l’évaluation des besoins faite par les autorités grecques en collaboration, bien entendu, avec la Commission Européenne.

 

Quatrièmement : Nous demandons, clairement, que cessent et soient explicitement rejetées les actions unilatérales en Europe et les logiques d’exclusion des états-membres des discussions qui les concernent. Nous pourrons continuer seulement dans un respect mutuel. Et les actions telles celles que nous avons connues ces derniers jours sont des actions inacceptables et doivent être déplorées par tous.

La Grèce remplit strictement ses obligations et ses engagements en tant que membre actif de cette Union. Nous avons terminé les hotspots dans les îles. Nous identifions chaque réfugié ou migrant qui pénètre dans notre pays.

Nous accomplissons des centaines de réadmission de migrants clandestins en Turquie ou des retours volontaires de personnes dans leurs pays d’origine.

Et à des rythmes soutenus nous construisons des centres de réinstallation et d’hébergement provisoire qui dépassent encore les engagements que nous avons pris lors de réunions conjointes ou de Sommets.

Nous fournissons et nous fournirons tous les efforts pour mettre en œuvre le Traité de Schengen qui constitue un pilier central de l’Europe.

Dans le même temps, cependant, contrairement à d’autres, nous défendons et nous défendrons le Droit Européen. Et bien entendu la Convention de Genève qui fait partie intégrante du Droit Européen.

Par conséquent, nous ne mettons pas en danger et il est exclu que nous mettions en danger la vie d’hommes, de femmes, d’enfants et de nouveaux-nés en les repoussant à la mer.

En collaboration avec les forces de FRONTEX, dans le cadre de l’opération « POSEIDON-RABIT », nous surveillons les frontières maritimes européennes sur la base des règles européennes. Nous attendons avec impatience la transformation de FRONTEX en une véritable corps de Garde-côtes européen, toujours bien sûr dans le respect des droits souverains des états comme de ceux de la Grèce.

Nous attendons principalement une diminution immédiate des flux en provenance des côtes turques grâce à la mise en œuvre du programme d’action UE-Turquie, grâce à la coopération des forces de l’OTAN en Égée avec les Autorités turques et la mise en place, comme je l’ai dit auparavant, d’un processus fiable de réinstallation des réfugiés de la Turquie vers l’Europe.

Je considère que nous sommes à un moment extrêmement critique pour l’avenir de l’Europe et pour la Grèce naturellement. Un moment historique qui exige unité et décisions audacieuses en Europe mais aussi en Grèce.

Une grande partie de cet effort dépasse les frontières de l’UE.

Il exige un effort cohérent de l’UE pour soutenir le cessez-le-feu en Syrie et pour lutter efficacement contre le terrorisme en visant la paix et la réconciliation dans la région.

Il exige, également, l’intensification de la coopération avec la Turquie pour la réduction des flux de réfugiés. Et donc je compte positivement sur le Sommet extraordinaire du 7 mars à Bruxelles avec la Turquie. Je pense que cela sera l’occasion de mettre en évidence les pas que nous avons accomplis mais aussi de voir les mesures que la Turquie doit prendre pour parvenir à des réductions substantielles des flux.

Le 8 mars, le lendemain du Sommet, je me rendrais à Smyrne pour le 4ème Conseil de Coopération à Haut Niveau avec la Turquie. Au-delà d’accords dans différents domaines économiques, probablement au centre de nos discussions se trouvera un accord important pour l’établissement de procédures accélérées de réadmission fondées aussi sur les progrès enregistrés dans l’application de notre Protocole bilatéral. Par conséquent, l’objectif principal de notre rencontre portera sur l’effort conjoint pour résoudre la crise des réfugiés.

J’ai la ferme conviction, je pense même que c’est une conviction commune, dans les moments difficiles et cruciaux que nous vivons, nous devons conserver la voie diplomatique ouverte et exploiter toutes les possibilités de coopération.

La crise que nous affrontons est une crise qui dépasse les capacités d’un pays. C’est une crise internationale qui met en danger la cohésion de l’UE, son mode de fonctionnement et de prise de décisions. Je pense que nous devons faire face tous ensemble à ces grands défis. Ce qui signifie plus de solidarité, plus de coopération et bien sûr un strict respect des règles et éventuellement des conséquences pour ceux ne les respectent pas. Sinon, je crains qu’au-delà de la crise des réfugiés, nous ayons à affronter une crise de cohésion au sein de l’UE que nous devons éviter pour notre avenir commun.

 

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Dernière modification : 03/03/2016