Accueil Actualités Communiqués Politique Etrangère Evénements culturels La Grèce en France Grèce Xenios Médias Olympisme Contactez-nous

Premier ministre 04/11/2015

 

 

Déclarations du Premier ministre Alexis Tsipras lors de la manifestation pour la première réinstallation de réfugiés depuis la Grèce vers le Luxembourg

 

Athènes, 4 novembre 2015

 

Je souhaite la bienvenue aux distingués invités et amis de la Grèce. Aujourd’hui, nous inaugurons un processus très important. Aujourd’hui commence ici, à l’aéroport « Eleftheros Venizelos » le processus de relocalisation, de réinstallation des réfugiés qui sont arrivés en Grèce en provenance de Syrie et d’Irak. La plupart d’entre eux sont venus au péril de leur vie en mer Egée, par le feu et le fer, en passant des moments difficiles. Et, aujourd’hui, ils ont la possibilité de réaliser un voyage dans l’espoir d’une vie meilleure. Nous avons donc aujourd’hui l’occasion, moi, M. Asselborn, ministre des Affaires étrangères et de la Politique d’immigration du Luxembourg, que je tiens à remercier tout particulièrement parce que ces 30 premiers réfugiés vont dans son pays et seront hébergés là, je pense dans d’excellentes conditions, M. Martin Schulz, Président du Parlement Européen, qui nous fait l’honneur d’assister aujourd’hui au lancement officiel du processus de réinstallation et le Commissaire de la Grèce M. Dimitris Avramopoulos et Yannis Mouzalas, ministre-adjoint pour la Politique d’immigration, nous avons donc aujourd’hui la chance et ressentons de la joie, nous cinq, de dire au revoir aux 30 premiers réfugiés en provenance de Syrie et d’Irak, qui auront la chance de voir leurs rêves devenir réalité.

Bien sûr, nous avons pleinement conscience que ce n’est qu’un début. Que 30 en regard des milliers qui ont quitté leurs foyers, ont fui la guerre en Syrie et en Irak cherchant une vie meilleure, c’est une goutte d’eau dans l’océan. Nous voulons, cependant, nous visons, que cette goutte devienne ruisseau et que ce ruisseau devienne une rivière d’humanité, de solidarité et de responsabilité partagée, et une partie de notre responsabilité commune. Parce que tels sont les principes sur lesquels l’Union Européenne s’est construite, qui lutte aujourd’hui avec difficultés et retards contre une crise mondiale, un problème mondial, un problème qui nous dépasse.

Je tiens à m’adresser en particulier à ces hommes, à qui nous avons dit au revoir, et je veux dire moi personnellement, j’imagine que, nous tous, nous nous sentons heureux d’avoir échangé des vœux, d’avoir vu un vrai sourire sur le visage des enfants, qui, il y a encore quelques jours, portait les stigmates de l’angoisse. C’était l’angoisse pour leur propre vie et la peur du lendemain. Nous ressentons, donc, un réchauffement de notre âme d’avoir vu sourire ces enfants. Mais en même temps, aussi, la grande responsabilité que ces sourires se multiplient dans un proche avenir et que cesse ce sacrifice humain, qui fait honte à la culture européenne dans la mer Égée. Que notre mer cesse de rejeter des hommes ainsi que notre propre culture. C’est notre responsabilité commune et nous devons travailler durement afin que cela devienne réalité et que cesse ce drame. Ces hommes devront reconstruire leurs vies à partir de zéro. Ils le feront avec l’espoir d’un lendemain meilleur pour eux et leurs enfants.

Je veux insister particulièrement sur le fait que toutes les familles avec lesquelles j’ai pu discuter, ont remercié à travers le Premier ministre grec, la Grèce. Pas le gouvernement. Le peuple grec. Un peuple qui sait ce qu’est l’exil. Et pour cela, malgré les conditions économiques extrêmement difficiles et adverses, parce que, ne l’oublions pas, la Grèce est déjà un pays qui souffre d’une crise humanitaire, parce qu’une grande partie de la population, à cause des programmes adoptés ces dernières années, vit dans la pauvreté, vit dans des conditions très difficiles. Cependant, le peuple grec a ouvert ses bras à ces personnes et plus particulièrement les habitants des îles qui ont chaleureusement ouvert leurs bras.

Aujourd’hui nous avons choisi de parler, de faire ces déclarations, devant cette photographie plutôt qu’un slogan. Certains disent qu’une image vaut mille paroles. Cette image vaut vraiment des milliers de mots. Mais je dirais un seul mot : Humanité. Cette image reflète le vrai, le bon visage de l’Europe. C’est dans cette Europe que nous voulons vivre. Pas dans l’Europe qui dresse des murs, pas dans l’Europe qui installe des barbelés, pas dans l’Europe des stéréotypes conservateurs. Je veux croire que, indépendamment de l’angle idéologique sous lequel tout à chacun observe le projet de l’unification européenne, nous avons un point commun : notre foi dans le projet européen. Et cette foi est née quand le mur est tombé dans la patrie de Martin, à Berlin. Si nous commençons à ériger de nouveau des murs entre les peuples, alors cet espoir et ce projet né alors, s’éteindront. Et nous avons la responsabilité commune qu’ils ne s’éteignent pas.

Je terminerais en disant qu’aujourd’hui nous sommes tous ici témoins, nous sommes devenus des témoins, d’un processus de réinstallation organisée du pays d’accueil provisoire dans un pays d’accueil définitif, comme l’est le Luxembourg. Un processus, qui d’une manière coordonnée, doit s’accélérer. Il doit s’accélérer pour tous les réfugiés de guerre qui sont dans notre pays. Mais nous ne devons pas oublier que la Grèce n’est pas la porte d’entrée sur la route des flux migratoires. Elle en fait partie. La porte d’entrée est la Turquie voisine. Pour un moindre danger pour les vies humaines et une solution plus efficace, la coopération de l’U.E. avec la Turquie est nécessaire, de sorte à ce que l’identification et le processus de réinstallation commencent et soient réalisés sur les côtes turques et non sur les îles grecques, afin que cessent ce risque quotidien et ce drame quotidien des pertes en vies humaines en mer Égée. C'est-à-dire de passer d’un processus de réinstallation à un processus de relocalisation. Ceci doit être notre objectif. Que ce processus ait lieu directement de là-bas vers les pays d’accueil. Bien entendu, jusqu’à ce que nous atteignions ce stade de coopération avec la Turquie et jusqu’à ce que nous puissions réguler les flux – en espérant dans le même temps que nous aurons résolu le problème principal qu’est la guerre en Syrie – nous devons unir nos forces et coopérer pour que cesse la guerre en Syrie et que disparaisse l’obligation pour ces hommes de quitter leurs foyers. Jusque là, donc, nous devrons mieux nous organiser, tant pour l’hospitalité de ces personnes dans les pays d’accueil que pour une procédure coordonnée de réinstallation que nous commençons aujourd’hui. Un processus que nous devons organiser parfaitement, avec humanité, solidarité, afin de décourager ces hommes de prendre l’initiative de ce voyage dans de très mauvaises conditions, conditions hivernales, qui met en danger leurs vies mais engendre également perturbations et inquiétude dans les pays qu’ils traversent jusqu’à ce qu’ils arrivent à leur destination finale.

Nous lançons, donc, aujourd’hui un processus essentiel qui est fondé sur nos valeurs communes, les valeurs de l’U.E., qui sont la solidarité et le partage des responsabilités. Cette cérémonie revêt un caractère symbolique. Si cette procédure réussie, d’autres suivront dans les jours à venir afin d’atteindre très rapidement le chiffre, décidé par le Conseil, de 66.000 environ en ce qui concerne la Grèce.

page précédente

 

Envoyez un courrier électronique à grinfoamb.paris@wanadoo.fr pour toute question 

ou remarque concernant ce site Web 

Copyright ©Ambassade de Grèce - Bureau de Presse et de Communication, Paris, 1999

Conception : Georges Bounas - Réalisation : Marie Schoina

Dernière modification : 05/11/2015