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Premier ministre 10/02/2016

 

 

Extraits du discours du Premier ministre devant le conseil des ministres

10 février 2016

 

Mesdames et Messieurs les ministres,

 

Je veux entrer directement dans le vif du sujet.

Le pays, comme vous le savez tous, se trouve à un tournant historique.

Nous sommes confrontés à de grands défis paneuropéens, voire même à l’échelle mondiale, que nous nous devons de relever.

Des défis, à caractère historique, qui influenceront les développements internationaux durant des décennies.

Nous devons faire montre d’une vigilance constante, d’efficacité, de patience et de détermination pour nous élever à la hauteur des circonstances et faire face de la meilleure façon possible pour le pays, mais surtout pour le peuple grec.

L’Europe est prise dans un tourbillon de crises multiples et parallèles.

La crise économique, dont la Chine est l’épicentre à l’heure actuelle, provoque de nouvelles turbulences sur les marchés financiers qui affectent l’Europe. L’image de toutes les places financières dans le monde ces derniers jours le démontre.

La crise migratoire se trouve, également, en ce moment à son apogée.

Il s’agit du plus grand déplacement de populations après la Seconde Guerre Mondiale. Un déplacement qui passe par notre pays, la vague de la crise se brise sur nos îles, les îles de la mer Égée du Nord-est.

La majorité de notre peuple, la majorité de la population insulaire, les forces des gardes-côtes, de l’armée et de la police, ces derniers temps donnent des leçons d’humanité au monde entier.

Et dans une Europe qui se montre confuse et ébahie devant un problème qui semble la dépasser.

Ses contradictions internes, et, surtout, la présence importante de xénophobes et de forces d’extrême droite, au sein même de gouvernements de pays membres de l’UE, contrarient la gestion de la crise et conduisent à des palinodies, à la chasse aux sorcières, voire même à des politiques de frontières fermées dans plusieurs pays qui refusent de respecter leurs obligations européennes et contournent leurs obligations.

Je tiens encore à saisir l’occasion de souligner que la Grèce jusqu’à la semaine prochaine, pour le Sommet Européen du 18 février, aura tenu ses engagements avec la création des Centres d’Accueil, avec la participation précieuse et les conseils aussi de l’armée grecque.

Nous attendons de nos partenaires, cependant, qu’ils remplissent à leur tour leurs obligations, parce que l’Europe ne peut pas être à la carte, les Accords ne peuvent pas être à la carte. Ils nous lient tous.

Ces deux crises, économique et migratoire, sont couplées à une crise de sécurité tant en Europe Centrale et Orientale qu’au Moyen Orient.

Il en résulte une auto-alimentation de l’instabilité et de l’incertitude et la création d’un cercle vicieux qui doit être enfin rompu. Mais pour cela il faut de la clairvoyance et du courage politique.

Nous, nous l’avons en nous, c’est pour cette raison que nous progressons pas à pas, de sorte que notre pays se transforme de part du problème en part de la solution.

Et tout cela démarre avec le grand changement que nous avons apporté, dernièrement, dans la politique étrangère du pays.

Le nouveau dogme de la politique étrangère multidimensionnelle et active, que nous avons appliqué, porte déjà ses fruits.

La Grèce assume le rôle qu’elle mérite et ne se limite pas à attendre l’aide de l’Europe.

De pays qui se considérait comme petit et faible dans l’environnement géopolitique international et européen, se transforme, malgré ses difficultés financières, en un pays carrefour des évolutions, dans la région critique et fragile de la Méditerranée du Sud-est.

Elle se transforme en ce qu’elle aurait toujours dû être, en raison de sa position géographique : un pont entre l’Occident et l’Orient.

Avec le développement des relations triangulaires Grèce-Chypre, avec l’Egypte et Israël, le rôle énergétique, de production, de transit et géopolitique de notre pays est réévalué.

Avec l’amélioration de nos relations avec la Palestine, nous assumons la part de responsabilité qui nous incombe dans le combat mondial pour la paix et la justice.

Avec la récente visite officielle en Iran nous ouvrons une nouvelle page dans nos relations internationales.

Les résultats de notre travail ne vont pas tarder à se voir.

Parce que nous avons franchi des étapes importantes pour l’approfondissement de nos relations économiques dans plusieurs domaines, des transports et de l’énergie jusqu’aux nouvelles technologies, la recherche, les produits pétroliers et la transformation

Nous avons ouvert devant tous les européens, une porte à une économie qui dans les années à venir va se développer à des rythmes élevés.

Dans le cadre, d’ailleurs, de ce voyage des accords importants en terme d’investissements et de développement ont été conclus dans les domaines des transports, de l’énergie mais aussi dans les produits agricoles.

Et je pense que c’est exactement dans cette direction que nous avons l’intention de continuer en tant que gouvernement et je suis certain que, bientôt, l’image du pays, internationalement, va changer.

Dans le même cadre, d’ailleurs, de politique étrangère active, multidimensionnelle et pacifique, nous voyons le rôle de la Grèce dans la question de Chypre, où de nouveau une fenêtre d’espoir s’est ouverte pour une possible solution, courant 2016.

Notre objectif stratégique, réside dans l’obtention d’une solution juste sur la base des résolutions de l’ONU et, naturellement, la restauration de nos relations avec la Turquie.

Parce que nous savons bien que, de la tension constante avec le pays voisin, peu ont à y gagner et surtout pas nos peuples. D’un autre côté, cependant, nous n’oublions pas que le problème chypriote est un problème d’occupation de la partie Nord de Chypre et, par conséquent, nous luttons pour une solution juste qui commencera à partir du retrait des troupes d’occupation de l’île.

Sur le plan intérieur, nous nous trouvons également à un point stratégique. Je suis conscient de l’épuisement de nos concitoyens après six années consécutives de stricte austérité.

Cependant, pour la première fois depuis ces 6 dernières années, bien que nous ayons encore devant nous un cap difficile à passer, mais après cela, la lumière se profile à l’horizon.

Voilà pourquoi nous cherchons à ce que la première évaluation du programme soit réalisée sans retard, sans obstruction et sans aucune tactique de la part des créanciers.

Nous avons préparé le terrain pour cela : Les recettes de l’année 2015, malgré les difficultés rencontrées par l’économie grecque, prouvent que quelque chose est en train de changer dans le pays, puisqu’elle a réussi à dépasser les objectifs du budget de 2 milliards d’euros sur une base de trésorerie. Nous avons réussi à absorber pour la première fois la quasi-totalité des 77% des programmes du CESRN. Pour la première fois dans l’histoire du pays nous sommes les premiers de l’UE pour l’absorption, là où nous étions souvent derniers. Alors que dans le même temps, nous respectons à la lettre l’Accord, en ayant, cependant, comme première priorité la protection des couches sociales les plus vulnérables.

Et ceci, est déjà reconnu par la majorité des forces politiques mais aussi par les états de la zone euro.

Ce qui reste, est que cela soit reconnu par l’ensemble des institutions, pas seulement européennes, qui supervisent le programme du pays, de sorte à ce que la Grèce sorte immédiatement de la stagnation économique, que s’ouvre, comme prévu dans l’Accord, la discussion sur l’allégement de la dette et que nous passions rapidement à une nouvelle période de croissance économique et de récupération du terrain perdu, le terrain perdu les années précédentes.

Les conditions sont réunies, il suffit que toutes les parties adoptent une attitude constructive et une attitude coopérative.

Le grand problème qui se présente à nous et déterminera largement le succès de la première évaluation est l’Assurance.

En ce qui concerne notre obligation d’économiser 1,25% du PIB, pour 2015 et 2016, nous avons couvert le terrain nécessaire. Ce qu’il reste à faire pour le couvrir est d’augmenter les cotisations, une petite augmentation des cotisations patronales de 1%, ce qui a déjà fait l’objet d’un accord avec les partenaires sociaux et les organisations patronales.

Cette proposition est compatible à la lettre avec l’Accord et il est certain que cela sera accepté par les institutions, je le répète cela respecte à la lettre l’Accord.

Il s’agit cependant d’un détail comparé à la grande réforme de l’Assurance qui est nécessaire pour sauver à long terme notre système d’assurance.

Nous avons donc soumis à un dialogue élargi notre proposition pour la réforme de l’assurance qui assurera la viabilité du système d’assurance. Il ne s’agit pas d’une obligation liée à l’Accord mais d’une obligation de notre gouvernement et des forces politiques vis-à-vis des générations futures. Nous acceptons la critique constructive, nous attendons des propositions et sommes ouverts aux améliorations. Cependant notre proposition répond à une logique : elle protège les plus faibles avec l’institution de la retraite nationale, elle rend plus équitable la distribution des droits et des obligations.

Nous luttons pour ne pas faire de coupe dans les retraites pour la 12ème fois consécutive en 5 ans. Nous luttons pour protéger les revenus des plus faibles et des agriculteurs, et en particulier les revenus liés aux subventions et en même temps leur assurer une retraite décente.

Par la discussion nous entendons résoudre le problème qui a surgi avec les agriculteurs. Nous trouverons une solution par le dialogue. Parce qu’il y a un potentiel important d’améliorations tant en ce qui concerne la question de leurs cotisations, de la transition des dispositions que, plus généralement, les questions qui concernent le besoin de protection de leurs revenus, en particulier pour ceux dont c’est l’occupation principale.

Je vous rappellerais que nous avons été réélus il y a quatre mois avec un mandat clair du peuple grec : mettre en œuvre l’Accord signé en juillet en respectant, toutefois, des lignes rouges et en protégeant les couches sociales les plus vulnérables.

Et c’est ce que nous avons l’intention de faire et le faire quotidiennement :

Nous ne couperons pas les retraites pour la 12ème fois.

Nous protégerons la résidence principale.

Nous ne libèrerons pas les licenciements mais nous ferons au contraire le maximum pour réguler le marché du travail sur le modèle des autres pays de l’UE. Nous donnerons au monde du travail la possibilité de se réorganiser.

Nous continuerons notre programme gouvernemental de protection des faibles, le dit Programme Parallèle.

Et naturellement, nous mettrons un terme à la corruption, l’interdépendance, l’évasion fiscale et nous contrôlerons les listes d’évadés fiscaux. Nous mettrons un terme à l’anarchie dans le paysage de la radio-télévision.

Les jours qui viennent seront difficiles. Le gouvernement cependant est déterminé.

Le pays, cependant, a tourné la page.


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Dernière modification : 15/02/2016