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Premier ministre 10/05/2016

 

 

Extraits de la communication du Premier ministre lors du Conseil des ministres

Athènes - 10 mai 2016

 

Mesdames, Messieurs les ministres,

 

Aujourd’hui est un jour important. Il est important car après six années de coupes continues, de mauvaises nouvelles et de dure austérité, nous avons enfin de bonnes nouvelles.

Bonnes nouvelles non seulement sur l’avenir du pays et de l’économie mais surtout de bonnes nouvelles pour la société grecque qui a le droit après la période de récession d’envisager à nouveau l’avenir avec optimisme.

Lors de l’Eurogroupe de lundi et après six années de réunions où la Grèce était assise sur le banc des accusés, un changement fondamental de cette image a été scellé.

Un changement qui n’intervient pas soudainement. Il s’est accompli, petit à petit, depuis un moment et a à voir avec la place internationale du pays.

Avec son parcours européen, mais aussi avec les alliés qui se tiennent désormais à ses côtés dans toute l’Europe.

Aujourd’hui, la Grèce n’est plus seule et isolée, mais trouve un appui solide et une assistance auprès d’un certain nombre de forces politiques et de gouvernements, qui ont maintenant compris que ce pays et ce peuple ont désormais le droit de tourner la page.

Nous avons le droit de sortir du cercle vicieux de la récession et des prêts, afin de rembourser les dettes anciennes. Je vous rappelle aussi les derniers rapports rendus publics qui prouvent que les prêts ont essentiellement servi à rembourser les dettes anciennes et n’étaient pas alloués à l’économie réelle.

Une conviction s’est forgée également au sein de l’opinion publique européenne que ce peuple et ce pays qui ont tant souffert toutes ces années et injustement à cause des choix faits par les précédents gouvernements, ont droit à un retour sur le chemin du redressement.

Ce changement d’attitude, cependant, cette grande transformation, tant au sein de l’opinion publique que surtout – parce que c’est là que se prennent les décisions et au niveau des gouvernements - n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein, n’est pas tombé du ciel, n’est pas un cadeau de la divine providence.

C’est le résultat d’un effort acharné, d’un travail méthodique lors des négociations, de nos initiatives diplomatiques, mais aussi de nos interventions politiques.

A tous les échelons : Lors des Sommets, des Réunions des ministres des Finances, au Parlement Européen, lors des négociations politiques et techniques.

Parce que notre gouvernement s’est retrouvé au centre d’un conflit politique qui dépassait non seulement la Grèce mais l’Europe elle-même.

Il s’est retrouvé au centre d’un conflit, qui concerne la gestion des dettes publiques dans les pays de l’Union Européenne et de la zone euro.

Et il a livré une bataille politique et de négociations avec sang-froid, avec détermination mais aussi avec prudence et habilité.

Et je dois dire que les efforts et le travail que l’équipe de négociations a fournis sont, à bien des égards, un effort méritoire et du travail. Et c’est un travail dont on récolte aujourd’hui les fruits.

La décision de lundi de l’Eurogroupe, au-delà qu’elle justifie ces efforts, des efforts de nombreux mois, prouve quelque chose d’autre : que la Grèce peut réussir sans se plier sans cesse à des exigences déraisonnables.

L’évaluation se termine sans l’adoption de mesures supplémentaires à celles convenues en août dernier.

De notre côté, nous avons respecté nos engagements, tant vis-à-vis de nos créanciers, que cependant et surtout – cela a une grande importance – vis-à-vis du peuple grec, parce que nous avons mis en œuvre l’accord, en utilisant, cependant, chaque possibilité de flexibilité afin de préserver la protection sociale.

Nous avons fait une grande réforme de l’assurance, sans entraîner aucune baisse, pas même d’un euro, dans les retraites principales et en réussissant à sauver la grande majorité des complémentaires.

Nous avons respecté nos engagements envers le monde agricole.

Nous avons protégé la résidence principale.

Nous avons donné accès au système de soins à environ 2,5 millions de nos concitoyens non assurés.

Nous avons garanti le caractère public des infrastructures du pays et principalement de l’Électricité et de l’Entreprise Gestionnaire du Transport d’Électricité.

Nous avons, donc, respecté l’accord en gardant la société debout. Et cela a une grande importance.

Ainsi, la voie s’ouvre maintenant pour le versement d’une grande tranche d’aide qui aura des effets bénéfiques pour l’économie grecque.

Une part importante sera utilisée pour le remboursement des obligations publiques échues.

Et ainsi nous fermons un autre chapitre de notre effort pour un retour du pays à la croissance.

En même temps, nous avons pour la première fois une feuille de route spécifique écrite pour l’allégement, la réduction de la dette publique.

Une feuille de route qui détaille précisément, les étapes claires qui seront spécifiées au niveau technique d’ici le 24 mai, date à laquelle l’Eurogroupe se réunira de nouveau. Il s’agira d’étapes qui conduiront à un réel allégement des emprunts du pays.

De cette manière, l’espace budgétaire nécessaire est mis en place, non seulement pour le redressement de l’économie que nous visons mais aussi pour l’élargissement de la protection sociale qui constitue notre priorité et notre choix.

Je veux, cependant, dire aujourd’hui que nous avons le droit d’être heureux mais nous avons le devoir de garder les pieds sur terre.

Parce que nous savons bien que le pays et l’économie grecque entrent dans une nouvelle phase qui sera encore plus exigeante.

Nous avons besoin d’un plan, de détermination pour rompre avec les conceptions et les mentalités établies et les intérêts de toute sorte. Nous avons besoin de courage mais aussi d’efficacité afin que l’économie prenne définitivement la voie de la relance.

Nous avons ajouté au mécanisme d'adaptation budgétaire, institution en usage en Grèce comme dans toute l’Europe, des garanties concrètes pour son application automatique en cas d’écart avec les objectifs de l’Accord, tel que cela avait été déjà conclu par les précédents gouvernements grecs. Il ne s’agit donc pas de nouvelles mesures ou d’un nouveau mémorandum comme décrié.

La correction ne sera pas nécessaire parce que pour la première fois en six années de crise nous avons un programme qui peut être atteint, nous devons nous tenir à ce mécanisme.

Nous avons un programme d’adaptation budgétaire graduel et des objectifs raisonnables d’excédent primaire qui ne réclame, ne réclamera pas de nouvelles charges budgétaires.

Et ceci n’est pas un vœu ni une estimation.

Les données de l’Eurostat le confirment ainsi que les prévisions de la Commission.

Et cela s’est déjà confirmé au cours de l’année la plus difficile, l’année qui a vu deux élections, un référendum et naturellement les contrôles de capitaux. Cela s’est confirmé pour 2015 quand l’économie grecque a réussi, conformément aux données de Eurostat publiées récemment, à réaliser un excédent supérieur de 1% par rapport à l’objectif.

Cela veut dire que l’économie atteindra, sans nouvelle mesure, son objectif aussi en 2016. Et quand en 2015 on se trouve déjà à 2% plus haut que l’objectif de 2016, cela veut dire qu’en 2016 et bien entendu dans la perspective d’un retour à des rythmes positifs de croissance, on a déjà atteint l’objectif.

Par conséquent, la mise en œuvre de ce mécanisme est exclue jusqu’au 1er mai 2017 et pour tout 2017.

La même chose se produira en mai 2018, en mai 2019 et puisque déjà au second semestre 2016 nous entrerons dans une trajectoire positive de croissance, tandis que Eurostat prévoit pour 2017 une croissance de 2,7%.

Les recettes de l’état augmentent, tandis que le mécanisme de contrôle et le système fiscal sont déjà en cours de reconstruction.

Et la décision que nous attendons de l’Eurogroupe le 24 mai, en particulier avec la feuille de route écrite et non de simples promesses, avec des actions précises pour l’allégement de la dette, agira comme un déclencheur.

Que la Grèce tourne la page. Elle laisse derrière elle six années de récession. Elle laisse derrière elle six années de ténèbres et voit enfin au bout du tunnel la lumière de la croissance.

Nous devons maintenant planifier nos prochaines actions, la reconstruction productive, la reconstruction de l’économie. Nous devons intensifier nos efforts afin de retourner sur les marchés plus tôt, de sortir au plus vite du système de tutelle sous lequel vit le pays depuis 2010.

Et dans le même temps, nous devons nous concentrer sur les grands problèmes auxquels sont confrontés nos concitoyens, sur le quotidien des citoyens, libérés de la préoccupation quotidienne des négociations intensives.

Nous avons beaucoup à faire : améliorer l’environnement des investissements, renforcer la protection sociale et réaliser les grandes réformes nécessaires dans le domaine de la santé, de l’éducation et du travail. Pour parvenir à la croissance qui ne repose pas sur l’anéantissement du travail et l’immunité des oligarques mais sera une croissance avec un caractère social.

Parce que pour nous la croissance doit avant tout profiter à la majorité sociale et non à quelques privilégiés telle qu’utilisée lors des précédentes années de croissance où aucune structure sociale n’a été conçue, capable de protéger les citoyens durant les années précédentes, années de crise.

Et bien sur, nous devons avoir à l’esprit que notre gouvernement sera à bien des égards plus utile durant les années de croissance. Parce que, bien entendu, c’est un exemple de justice sociale que de partager équitablement le fardeau mais s’en est un encore plus grand que de partager la richesse produite équitablement, des gains justes.

Par conséquent, l’objectif principal dorénavant est que de cette richesse produite ressortent richesse, croissance, baisse du chômage et emplois.

Et je suis convaincu que nous pouvons réussir en mobilisant les forces productives et vivantes de la société grecque.

Nous devons tous nous orienter vers les grands et réels changements dont le pays et le peuple grec ont besoin.

Nous devons attirer petits, moyens et grands investisseurs.

Investissements sont synonymes d’emplois.

Nous devons rapidement achever les grands projets.

Nous devons poursuivre et intensifier le programme de lutte contre le chômage encore plus rapidement et avec plus d’efficacité.

Nous devons combattre le travail au noir et non assuré.

Nous devons livrer bataille pour les négociations collectives.

Et bien sur, nous devons rester déterminés dans la grande lutte que nous avons entreprise contre l’interrelation et la corruption. Véritable abcès du pays.

En vertu des nouvelles conditions de stabilité politique et d’optimisme qui ressortent des décisions de l’Eurogroupe, je suis certain que tous ensemble nous allons donner le meilleur de nous-mêmes pour réussir. Et surtout, je suis certain que la grande majorité du peuple grec avec plus d’optimisme, les citoyens, nous tous, les Grecques et les Grecs nous donneront le meilleur de nous pour ramener la Grèce sur la voie du redressement et de la croissance.

Après six années de souffrance, notre peuple le mérite. Le pays le mérite.


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Dernière modification : 12/05/2016