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Premier ministre 16/02/2016

 

 

 

Déclarations du Premier ministre Alexis Tsipras à l’issue de son entretien 

avec le Président du Conseil Européen Donald Tusk

 

 Athènes, 16/02/2016

Communiqué de Presse

Les discussions sont toujours constructives et significatives même lorsque nous nous trouvons dans des circonstances difficiles. Même si, ces derniers temps, nous sommes confrontés à des circonstances difficiles, mais c’est le défi que nous avons devant nous, nous devons répondre aux difficultés.

Nous avons eu l’occasion aujourd’hui, dans la perspective du Sommet, d’aborder également les questions dont nous traiterons au cours du prochain sommet.

Concernant la première question qui a une importance primordiale pour nous, il s’agit de la gestion des flux migratoires et des réfugiés.

Nous avons souligné qu’une réponse efficace à ce problème majeur constitue un défi international et européen et exige une approche européenne commune en respectant les principes du Droit international et de l’UE. En respectant la solidarité et la nécessité d’un partage équitable du fardeau. Notre position est fondée sur notre expérience de la gestion des flux énormes de réfugiés et de migrants et sur le poids disproportionné que le peuple grec a du jusqu’à aujourd’hui supporter. Un poids, que nous traitons avec humanité, avec un grand coût, mais en respectant cependant toujours nos obligations européennes et en montrant nos valeurs. Parce que l’UE qui s’est construite sur certaines valeurs, des valeurs fondatrices, est aujourd’hui invitée, en étant confrontée peut-être à la plus grande crise de réfugiés, la plus grande crise de déplacement de population depuis la Seconde Guerre Mondiale, à redécouvrir ces valeurs.

Nous avons souligné au Président Tusk l’importance d’intensifier les efforts pour résoudre le problème syrien et trouver une solution pour la paix, pour lutter efficacement contre le terrorisme, pour mettre fin aux attaques contre les civils et pour apporter une aide humanitaire aux centaines de milliers de citoyens syriens qui ont besoin d’aide.

Dans le même temps nous avons convenu de la nécessité d’accélérer les progrès dans l’application de l’ensemble des décisions que nous avons adoptées et qui concernent chaque étape de la gestion des flux de migrants et de réfugiés. Le soutien du Liban et de la Jordanie et la mise en œuvre du plan d’action UE-Turquie avec une réduction des flux depuis la Turquie. L’intensification des interventions contre les passeurs sur les côtes. La mise en place d’un mécanisme de relocalisation de la part du pays voisin, de la Turquie vers l’Europe.

Tout cela, de sorte à lutter efficacement contre le problème et principalement à ne pas s’habituer à l’idée de l’annonce quotidienne par la presse de naufrages et de personnes perdant la vie dans les eaux de la mer Égée.

En outre, nous avons convenu du renforcement de la Frontex et d’un soutien immédiat aux États en première ligne et aux États de la route des Balkans avec des équipements et du personnel. La mise à niveau des procédures d’identification et d’enregistrement en Grèce et l’accélération des procédures de retour des migrants dans leur pays d’origine. La réadmission des migrants en Turquie, également, sur la base de notre protocole de réadmission bilatéral et, bien sur, la relocalisation des réfugiés en Europe, à partir d’un mécanisme permanent et fiable de réinstallation.

Bien entendu, nous avons également discuté de la décision récente de l’OTAN, sur l’implication de l’OTAN dans la région, avec l’objectif principal d’aider les autorités turques à identifier les passeurs sur les côtes de la Turquie et dans les eaux territoriales turques, et nous avons insisté sur l’importance que revêt, également, la coopération avec Frontex et l’opération « Poséidon » dans ce contexte, en garantissant, de toute évidence, les droits souverains et les responsabilités de notre pays.

J’ai précisé au Président Tusk qu’au moment où l’Europe se trouve face à de nombreux défis cruciaux, au sein de l’Europe coexistent deux concepts pour son avenir. Le premier est une approche pro-européenne, indépendamment des importantes divergences dans l’économie, dans l’idéologie politique que peuvent avoir les instances de cette approche pro-européenne et la seconde une approche anti-européenne, qui considère que chaque allié peut régler seul ses problèmes. Voire, pire, que les problèmes concernent ceux qui y sont confrontés, il suffit que cela ne soit pas dans leur propre cour.

La Grèce appartient à la première famille, pourrait-on dire. Et son gouvernement a livré un intense combat pour affronter les grands défis qui se présentent à lui dans le sens d’une plus grande responsabilité partagée, de plus d’Europe. Un certain nombre de pays, principalement au sujet de la crise des réfugiés, prône l’approche qu’il faut moins d’Europe. Ces gouvernements n’hésitent pas ces derniers temps à s’élever également contre la Grèce. Ils proposent de régler le problème en fermant les frontières, en dressant des murs entre les pays européens. Nous pensons que cette approche du problème va conduire l’Europe dans une impasse. Les défis communs ne peuvent être résolus que par des actions concertées, une responsabilité partagée et non en essayant de rejeter les responsabilités, avec le célèbre « blame game », anglicisme auquel nous nous sommes habitués.

Nous nous trouvons dans une période particulièrement difficile pour l’Europe. Nous devons avancer ensemble. La Grèce a endossé une grande charge de responsabilité, peut-être disproportionnée par rapport à ses forces. Je dois dire qu’aujourd’hui nous sommes heureux d’annoncer que nous avons agi rapidement pour achever la construction des centres d’accueil dans les îles, ainsi que des centres de réinstallation sur le continent. Les ministères compétents l’ont déjà annoncé, le ministère de la Défense nationale qui a joué un rôle primordial ainsi que le ministère de la Politique d’Immigration. Et, bien entendu, nous sommes contents de ce que nous avons accompli mais cela ne suffit pas. La lutte sera quotidienne pour répondre à notre obligation de montrer le visage humain de l’Europe, vis-à-vis d’hommes qui ont besoin de notre aide et qui viennent dans notre pays fuyant la guerre et les conditions extrêmement désagréables auxquelles ils sont confrontés dans leur pays et qui sont contraints d’abandonner leurs maisons.

Bien sûr, nous avons également abordé la question principale du Conseil Européen les relations UE-Grande-Bretagne. J’ai informé le Président Tusk de notre volonté de contribuer de bonne foi afin de parvenir à un compromis équilibré qui satisfera les objectifs britanniques tout en préservant l’acquis de l’UE. Nous comprenons parfaitement le droit du peuple britannique de s’exprimer par référendum pour la suite de ses relations avec l’UE. Le compromis que nous trouverons, je l’espère, rapidement, devra garantir l’évolution durable de notre action avec le critère de répondre aux besoins et aux problèmes du citoyen Européen, mais aussi avec le respect des Principes fondamentaux de l’Union. Nous visons à améliorer le fonctionnement de l’Union, sans compromettre les principes fondamentaux de l’édifice européen et en mettant l’accent sur le renforcement de la dimension sociale de nos politiques. Et à la question de la Grande-Bretagne, comme sur la crise des réfugiés, nous devons répondre aux défis avec unité, en allant de l’avant tous ensemble. Ce n’est pas une période pour des sorties. Ce n’est pas une période pour des exits. C’est une période pour unir nos forces et faire face aux grands défis internationaux et régionaux qui se présentent devant nous et je veux espérer qu’avec cet état d’esprit, tous les partenaires de l’UE seront en mesure de contribuer à surmonter les trois crises parallèles : économique, migratoire et sécuritaire.

Jamais depuis sa création, l’UE n’a eu à affronter des crises aussi grandes et simultanées, et tant de fronts à la fois. C’est peut-être là que sera jugée la capacité de la direction actuelle, de répondre de manière constructive, créative, à ces crises parallèles, pour tourner la page vers l’avant.

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Dernière modification : 18/02/2016