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Premier ministre 24/02/2016

 

 

Extrait du discours du Premier ministre Alexis Tsipras devant le Parlement

24 février 2016

 

Je suis contraint de commencer mon intervention une nouvelle fois non par le sujet à l’ordre du jour mais par la grande question du moment qui est la crise des réfugiés et les difficultés et l’incapacité à gérer cette crise dont fait preuve l’ensemble de l’Europe, l’Union Européenne.

Parce que nous devons admettre que, jusqu’à présent, la gestion de la crise par l’Europe est décevante. Et aujourd’hui, il semble maintenant clair que certains ne comprennent pas que nos règles communes soit s’appliquent à tous soit n’existent pas.

Certains ne comprennent pas que nos accords communs sont respectés par tous sinon il n’y a pas d’accords.

Nous ne pouvons pas oublier – personne en Europe ne peut oublier et personne en Grèce ne peut oublier – que la Grèce, cet été, se trouvait dans la situation, au nom des règles communes et au nom du principe, que les accords devaient être respectés.

Nous ne pouvons oublier ce qui nous a été répété inlassablement – pacta sunt servanda – et, soudainement, aujourd’hui, voir que la pression pour la mise en œuvre des accords passés et le respect des règles ne concernent que certains. Certains ne sont pas concernés.

A mon avis – et je le dis sans détours – il est advenu quelque chose de pire. Et c’est une honte pour le fonctionnement de l’Europe – que les Chefs d’état prennent des décisions lors d’un Conseil Européen et, plus tard, ces mêmes décisions soient annulées par des réunions en petit comité ou par certaines ententes entre les chefs de la police de certains états. Et qui mieux est, non seulement d’états membres de l’Union Européenne mais aussi d’états non membres de l’Union Européenne qui se trouvent sur la route des Balkans.

De même, je ne peux pas taire le fait qu’il est inacceptable qu’un pays comme l’Autriche, ayant des liens historiques avec l’Europe, convoque une assemblée sur les réfugiés, sans la participation des pays directement intéressés, au sujet d’une question pour laquelle il peut exister des divergences de vues, et qui de l’avis général ne peut être résolue sans une grande concertation. Un plus grand consensus et une coopération entre les états-membres de l’Union et particulièrement ceux directement concernés.

Je veux, donc, parler non un langage dur mais un langage responsable, comme parlerait – je l’imagine – tout homme politique Européen, chef d’état ou chef de gouvernement qui respecte le processus européen mais aussi les droits souverains de son pays.

Je veux dire que la Grèce ne peut qu’exiger à partir de maintenant de ses partenaires qu’ils se comportent de façon responsable, comme nous le faisons face à une crise qui fait supporter à un petit pays un fardeau disproportionné.

Nous devons, donc, exiger l’application, sans plus tarder et sans exceptions, de l’ensemble des décisions adoptées. A partir de maintenant, deux poids deux mesures ne peuvent plus être acceptés. Ou nous appartenons à une Union avec des principes communs que nous respectons tous, ou bien chacun fait comme il l’entend indifférent aux conséquences.

Nous ne sommes pas prêts à tolérer la seconde option. Je veux clarifier, du haut de la Tribune de l’Assemblée, que la Grèce ne consentira, à partir de maintenant, à un aucun accord tant que la répartition obligatoire des charges et des responsabilités entre les états-membres ne sera pas réglée.

De notre côté, il n’y a aucun doute que nous avons fait et ferons tout ce qui est en notre pouvoir afin d’apporter aide substantielle, chaleur, humanité, sécurité à des populations traquées et déracinées.

Et nous serons les premiers, comme nous le sommes aujourd’hui, à mettre en application nos engagements tant vis-à-vis des valeurs humaines et des réfugiés que vis-à-vis de nos partenaires.

Ce qui est totalement exclu c’est que notre pays devienne un entrepôt permanent d’âmes et dans le même temps de continuer à agir, vis-à-vis de l’Europe et dans les Conseils Européens, comme si de rien n’était.

Il est exclu que nous acceptions que des pays, vont non seulement construire des clôtures et des murs mais en même temps refusent d’héberger ne serait-ce qu’un seul réfugié, refusent d’endosser une part du fardeau. Il est exclu que nous permettions que cela continue.

Et certainement, avant mon départ pour le Conseil Européen du 7 mars, je demanderais la convocation du Conseil des Dirigeants Politiques ainsi que des autres forces et autres dirigeants politiques qui en feront la demande afin de réunir le plus grand consensus possible et la convergence en ce qui concerne la position du pays lors du Conseil.

Et bien sûr, lors de cette rencontre, sous l’égide du Président de la République, je demanderais un accord commun afin que la Grèce, lors du Conseil, exige une décision sur la répartition proportionnelle obligatoire entre tous les pays de l’Union des réfugiés par relocalisation et resettlement.

Si certains pensent pouvoir élever des murs et déverser tout le fardeau sur un pays dont la position géographique l’a conduite à une impossibilité objective, ils doivent savoir que cela n’est pas acceptable et que la Grèce va réagir. Je pense que c’est le seul moyen – en trouvant, bien sûr, des alliés, parce qu’il y a des pays, nous ne sommes pas isolés, des forces et des gouvernements qui se tiennent à nos côtés dans cette demande juste – non seulement pour éviter des développements désagréables pour la Grèce mais des développements désagréables pour l’Europe. Évitons le retour de l’Europe dans des temps sombres que nous considérions comme révolus.

Parce que vous le savez, la xénophobie, le racisme, les murs, la montée des néo-nazis et du populisme de droite sont une réalité en Europe, qui préfigurent des évolutions qui se révéleront désagréables pour l’avenir. Et nous ne pouvons pas ignorer le fait que cet obscurantisme vient de l’Europe du Nord et du Centre européen mais aussi du Sud et de notre pays. Nous devons, je crois, tous ensemble, tous ceux qui reconnaissent la nécessité de soutenir les valeurs démocratiques, de livrer bataille afin de mettre un terme à cette invasion et d’éclairer l’obscurité que certains créent.

Je veux, cependant, ajouter que dans ce climat de crise généralisée pan-européenne et de menace de contrôles aux frontières et de murs entre les frontières de pays de l’UE, notre pays doit affronter aussi les conséquences de la crise économique, et les difficultés et mener un grand combat pour sortir de ces impasses, en achevant un accord difficile. Donc, je veux être clair sur un point, je respecte totalement le droit de tous les citoyens à se défendre et faire valoir leurs droits.


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Dernière modification : 26/02/2016