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Premier ministre - Daily Sabah

 

 

Pour une nouvelle ère de coopération

Les temps sont difficiles pour la paix et la stabilité dans notre région. Ils appellent à un nouveau niveau de communication et de contact entre les pays qui ont les capacités et la volonté de les garantir en se basant sur la confiance et en visant l’objectif de collaboration (là où cela est possible, pas seulement là où cela est nécessaire) sur la base du droit international.

Ma visite en Turquie le 18 novembre, à l’invitation du Premier ministre Ahmet Davutoglu, peut être une importante occasion dans cette direction, en particulier dans le contexte de la crise des réfugiés et des migrants à laquelle nous sommes confrontés. Cela nous permettra de discuter de notre coopération face aux importants défis à multiples facettes de notre région.

- Défis de sécurité : Ces derniers jours nous avons condamné ensemble les odieux attentats terroristes à Paris, comme nous l’avons fait précédemment pour les attentats à Istanbul, Londres, Ankara, Madrid, Suruç et Mossoul. Comme nous avons condamné les bombes à Damas, les attaques aux armes chimiques en Irak et les exécutions de l’État en Libye. Face au faux dilemme entre dictatures militaires et violent fondamentalisme islamique, notre choix est clair : nous rejetons les deux.

Nous devons rester unis et déterminés contre les forces qui utilisent la terreur pour renforcer leur pouvoir. Dans le même temps, nous devons renouveler nos efforts pour la paix, la stabilité et la réconciliation en Syrie, Irak, Libye et Ukraine, ainsi que nos initiatives pour la résolution des conflits et le développement en Afrique. Soit seuls, soit en tant que membres des Nations Unies, de l’OSCE et de l’OTAN, nous ne pouvons fonder notre engagement avec notre région sur des formes et des actions qui ont indéniablement échoué par le passé. La guerre ne peut pas conduire à des solutions, elle ne peut pas, non plus, ouvrir la voie à la démocratie. Des actions qui réellement tendent dans cette direction, doivent être examinées et décidées conjointement par les acteurs qui connaissent le mieux les dynamiques de la région. Voilà pourquoi nous devons approfondir notre dialogue bilatéral, régional et multilatéral et la coordination sur ces questions.

Dans le même temps, nous devons reconnaître l’importance pour notre région et nos relations bilatérales de parvenir à une solution juste et viable de la question Chypriote sur la base des décisions des Nations Unies : Un état membre libre, uni qui assure la sécurité et la prospérité de toutes ses communautés : Chypriotes grecs, Chypriotes turcs et autres communautés – sans arrangements post-coloniaux anachroniques. Dans ces efforts, nous ne devons pas perdre l’espoir et l’élan construit sur l’île.

Enfin, la sécurité dans notre région ne peut être assurée sans la sécurité dans la mer Egée. Cela ne peut être accompli sous la menace d’une guerre, ou avec une augmentation des violations de l’espace aérien grec. Une des premières étapes de ce gouvernement, en accord avec la Turquie, consiste à relancer le dialogue sur les mesures de renforcement de la confiance. Nous devons étendre ce dialogue et travailler sur les discussions exploratoires sur le plateau continental. Seulement en assurant de bonnes relations de voisinage sur la base du droit international, nous pouvons construire des fondations solides pour notre future coopération.

- La crise des réfugiés et de la migration : Il est clair que sans la paix en Syrie et en Irak et la stabilité en Afghanistan, il n’y a aucune perspective de retour des ressortissants de ces pays dans leurs foyers et mettre un terme à la crise des réfugiés et de la migration à laquelle nous sommes confrontés. Il est, donc, impératif que nous travaillions ensemble sur la façon dont nous pouvons gérer ces flux humainement et efficacement. La Turquie, conjointement avec le Liban et la Jordanie, ont assumé un énorme fardeau social et économique pour soutenir des millions de réfugiés et d’immigrés durant toutes ces années. Dans le même temps, les 650.000 personnes qui ont traversé les frontières gréco-turques ces derniers mois ont créé une situation insoutenable en Grèce et en Europe, en général. Les personnes et les autorités grecques, en dépit des grands défis économiques, font tout leur possible pour gérer ces flux et apporter un soutien aux personnes dans le besoin. Dans ce contexte, il est très important que nous avancions vers un accord substantiel entre l’UE et la Turquie sur la gestion de ces flux dans le pays, sur le soutien aux réfugiés ainsi que sur un solide mécanisme de réinstallation pour l’entrée légale des réfugiés dans des pays tiers. Un élément essentiel de cet accord, cependant, vise à renforcer la coopération gréco-turque. Nous devons parler davantage sur la manière de lutter contre les réseaux de trafiquants, pour la mise en œuvre de notre accord bilatéral de réadmission et sur la façon de coordonner et coopérer sur les questions de migration, de police et de garde-côtes.

- Développement économique : La Grèce et la Turquie ont un rôle crucial à jouer pour relier trois continents, avec la création de nouveaux réseaux dans l’énergie, les transports, le tourisme, la culture et le commerce, particulièrement au moment où la connectivité est plus importante que jamais pour surmonter la crise économique actuelle et éviter celles à venir. Notre Conseil bilatéral de Haut Niveau de Coopération est un important outil à cet égard. Pour notre quatrième réunion à venir, nous devons nous concentrer sur quelques mais substantiels et avancés accords dans les domaines précités.

Le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE est particulièrement important dans ce contexte plus large, y compris aussi pour la promotion des réformes démocratiques. La Grèce soutient ce processus, en reconnaissant ses avantages mutuels pour l’UE et la Turquie ainsi que son importance pour les relations bilatérales et la région.

 

Article du Premier ministre M. Alexis Tsipras paru dans le journal Daily Sabah le 17 novembre 2015


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Dernière modification : 19/11/2015