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UNESCO - 05/11/2015

 

 

Discours du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Yannis Amanatidis à la 38e Assemblée générale de l’Unesco 

 

(Paris, 5 novembre 2015)

Monsieur le président,
Madame la Directrice générale,
Eminences,
Chers collègues,
Mesdames et messieurs,

Soixante-dix ans depuis la fondation de l’Unesco et un an avant la célébration du 2 400e anniversaire depuis la naissance d’Aristote, la Grèce aspire à sa participation au prochain Conseil exécutif de l’Organisation. Après avoir dressé le bilan des exploits passés et récents, permettez-moi de présenter le contour de notre vision et de notre perspective pour l’Unesco, dans cette « nouvelle époque des contraintes » que traverse d’ores et déjà l’humanité.

Le changement climatique mondial et les catastrophes naturelles, les turbulences économiques, les tensions accrues, résultat des manifestations nationalistes et extrémistes, la famine, l’inégalité, l’analphabétisme, la xénophobie combinés à la crise culturelle et humanitaire actuelle en Irak et en Syrie, mettent à l’épreuve la résistance du système international existant. Dans cet environnement mondial en constante évolution, il est de notre devoir de renforcer davantage le rôle important de l’Unesco sur la scène internationale.

Plus particulièrement, la crise des réfugiés qui perdure, constitue un défi majeur qui influe sur l’ensemble de la communauté internationale. La Grèce considère la protection des réfugiés et de la vie humaine comme un élément fondamental de notre civilisation et de notre système de valeurs commun.

Les Grecs ont accueilli les réfugiés et ont fait preuve de leur solidarité de différentes manières.
Nous sommes déterminés à continuer de faire preuve d’humanité à l’égard des centaines de milliers de réfugiés.

Nous pensons que la seule façon de gérer la crise des réfugiés est de lutter contre les causes profondes, les guerres et les conflits, et de promouvoir le développement durable. Nous devons intensifier nos efforts en vue de résoudre les conflits en Syrie et en Irak ainsi que de lutter contre l’extrémisme religieux et culturel. A cette fin, la Grèce a pris l’initiative d’organiser et d’accueillir en octobre dernier, la Conférence internationale placée sous le thème « Pluralisme religieux et culturel et Coexistence pacifique au Moyen-Orient ».

L’Unesco peut devenir un acteur jouant un rôle éminent dans la désescalade des crises internationales, dans la lutte contre les défis mondiaux et la promotion d’un développement équilibré et durable. A notre opinion, l’Unesco possède un avantage comparatif par rapport aux autres acteurs internationaux car elle dispose d’importantes ressources pour renforcer l’éducation, les sciences et la culture.

Monsieur le Président,

Au cours de la dernière décennie, la montée des attaques délibérées contre le patrimoine culturel a été liée à la stratégie des extrémistes qui consiste à utiliser la destruction de la civilisation comme une arme et un moyen pour réécrire l’histoire en faisant disparaître des siècles entières de présence des civilisations anciennes.

Cette stratégie est liée à l’utilisation de nouvelles technologies et moyens de communication en vue de diffuser la haine au-delà des frontières des champs de bataille existants.

La persécution des personnes pour des motifs culturels ou religieux, combinée à la destruction délibérée du patrimoine culturel, peut être décrite comme un « nettoyage culturel ». La résolution 2199/2015 du Conseil de Sécurité des Nations Unies constitue sans aucun doute une étape historique dans la reconnaissance de la relation directe entre d’une part la destruction et le pillage du patrimoine culturel, particulièrement par l’EI, et d’autre part le financement du terrorisme.

La Grèce exerce la Présidence du Comité intergouvernemental de l’Unesco pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé qui est l’organe chargé de surveiller l’application du Deuxième protocole de la Convention de la Haye de 1954.

Dans ce cadre, et suite à l’adoption de la Résolution 2199 du Conseil de sécurité de l’ONU, le Comité, conjointement avec la Directrice générale de l’Unesco, a fait trois déclarations successives condamnant avec la plus grande fermeté la destruction délibérée du patrimoine culturel en Syrie et en Irak.

En outre, la Grèce exerce la Présidence du sous-comité de la Convention concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels.

Les lignes directrices dudit Comité, pour lesquelles nous avons œuvré d’arrache-pied, ont établi de nouvelles modèles pour la préservation du patrimoine culturel : un certificat pour chaque bien culturel ainsi que l’obligation pesant sur tout possesseur de biens culturels de prouver que leur détention est légale.

En mai dernier, lors de la réunion de l’Assemblée générale portant sur la Convention citée-ci-dessus, 130 Etats ont adopté la Déclaration intitulée «STOP ILLICIT TRAFFICKING», suite à une initiative de la Grèce.

Le patrimoine culturel, immatériel ou matériel, constitue l’épine dorsale de la diversité culturelle laquelle alimente à son tour le dialogue interculturel. Nous félicitons de nouveau l’Unesco pour ses efforts louables en faveur de la sauvegarde permanente du patrimoine culturel mondial. Force est de signaler tout particulièrement la décision du Comité d’inscrire le « Papyrus de Derveni », le plus ancien livre en Europe, sur le registre international de la Mémoire du Monde. En outre, la promotion de l’interconnexion des monuments et des besoins réels en matière d’éducation, de recherche, d’ affaires ou de loisirs des populations locales, pourrait devenir un parcours stratégique pour l’avenir.

Les gouvernements deviennent de plus en plus conscients du fait que la croissance économique et les relations commerciales ne suffisent pas à elles seules pour renforcer la paix et la stabilité et que les échanges culturels et intellectuels entre les sociétés qui ont de différentes traditions culturelles mettent en valeur la dimension morale de la politique.

Nous pensons que les politiques de l’Unesco en faveur du dialogue interculturel constituent un moyen fondamental de diffusion du plein respect des droits de l’homme, de la démocratie et de l’Etat de droit. « 2010, année internationale du rapprochement des cultures des Nations Unies » a offert l’occasion de signaler clairement notre conviction qu’invoquer la « particularité culturelle » ne peut d’aucune manière justifier la violation de ces valeurs fondamentales. Le plein respect de la diversité culturelle est d’une importance vitale.

En proclamant ces principes, l’Unesco, en tant qu’organisation internationale spécialisée, doit en effet assumer le rôle de la surveillance stratégique du « dialogue des cultures » à travers le monde.

Je vous remercie de votre attention.

 

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Dernière modification : 12/11/2015