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Berceau de la Démocratie

 

 

Les textes et les photographies sont la propriété du ministère grec de la Culture. 

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ATHÈNES

Le Berceau de la Démocratie

 

Prologue

Les premières graines de la démocratie commencèrent à germer dans l’Athènes antique à la fin du VI siècle av. J.C. Clisthène, un chef politique visionnaire, issu d’une société mure sur le plan politique, construisit les premières structures démocratiques et posa les fondations de la Démocratie, régime qui se fonde sur l’autorité du Peuple, c’est-à-dire le corps des citoyens libres. Les principes de base du régime démocratique se sont révélés être la liberté individuelle et l’isonomie (l’égalité devant la loi).

Les réformes démocratiques de Clisthène donnèrent au peuple athénien un pouvoir effectif. Chaque citoyen athénien libre jouait un rôle important dans le gouvernement de la cité-Etat, un fait qui conduisit à l’instauration de la véritable démocratie au V siècle av. J.C. Dès lors qu’ils furent tournés vers la mer et qu’ils eurent construit une flotte puissante, les Athéniens étaient prêts à vaincre les Perses, puis à créer les grandes œuvres d’art et de culture dont le couronnement est le Parthénon qui s’élève sur le Rocher Sacré de l’Acropole.

Si les 2500 ans qui suivirent ont apporté de nombreux compléments à la notion de Démocratie, les idées qui furent exprimées alors ont continué à éclairer notre route et à inspirer nos quêtes : ce n’est pas un hasard si le nom Démocratie a été adopté par toutes les langues européennes.

Aujourd’hui, 25 siècles plus tard, à une époque où les peuples de l’Europe marchent ensemble dans la voie du parachèvement de l’Union européenne, il est indéniable que seule la pleine acceptation des valeurs démocratiques apporte une chance de réussite à la coopération efficace entre les pays, dans le respect des identités culturelles.

                                                            Professeur Evanghelos Vénizelos

                                                               Ancien ministre de la Culture

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Introduction

L’héritage le plus remarquable que l’Antiquité classique grecque a transmis au monde c’est la démocratie effective, «le gouvernement par le peuple», le régime qui respecte la liberté et la dignité humaines, les droits et les nobles ambitions de chaque individu.

Ce régime a été adopté et consolidé par des hommes publics illustres, politiciens, philosophes et orateurs de l’ancienne Athènes comme Thémistocle, Périclès, Platon et Démosthène. Toutefois, c’est à Clisthène qu’il faut attribuer les faits révolutionnaires débouchant sur les réformes radicales qui jetèrent les bases de la démocratie, une personnalité historique assez mystérieuse, connue à partir de quelques rares mentions chez les auteurs antiques.

La démocratie est née et s’est épanouie sur l’Agora antique d’Athènes, le cœur de la vie publique de la cité. Il s’agit de l’espace dégagé situé au N.O. de l’Acropole qui, à partir du VIe siècle av. J.C., fut progressivement bordé par des édifices publics qui abritaient la Boulè (le Conseil), les archives de l’État, les tribunaux, les bâtiments administratifs de l’armée et la Monnaie.

La Boulè (le Conseil), l’Assemblée du peuple (Ekklésia) et les tribunaux assuraient le parfait fonctionnement du fameux régime athénien, selon lequel chaque citoyen, conformément au principe de l’égalité devant la loi, l’«isonomie», participait activement à l’administration de la cité, soit comme membre de l’Assemblée du peuple, soit comme membre du Conseil (bouleute), soit comme juré dans les tribunaux.  

Cette exposition a pour but de montrer sommairement, grâce à des documents iconographiques et à des textes, l’histoire et l’évolution de la démocratie athénienne à travers les trouvailles provenant des fouilles de l’Agora. Plus précisément, sont exposés des maquettes et des dessins des bâtiments qui abritaient les principaux organes du régime démocratique athénien (Boulè, Assemblée du peuple, tribunaux), ainsi que des copies d’objets qui aidaient au bon fonctionnement du régime klérôtèrion pour le tirage au sort des bouleutes et des juges, jetons de vote et jetons de présence, clepsydre (horloge hydraulique) pour mesurer le temps de parole des orateurs. Est également montrée la fameuse stèle de la Démocratie sur laquelle est gravé le décret des Athéniens défendant la démocratie contre les éventuels candidats à la tyrannie, c’est-à-dire contre les dictateurs. Outre le contenu de ce décret, la stèle est également intéressante pour le symbolisme du relief qui en décore la partie haute et qui montre, sous une forme personnifiée, le Démos trônant s’apprêtant à être couronné par la Démocratie.

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La naissance de la Démocratie à Athènes dans l’antiquité

La naissance et l’établissement de la démocratie à Athènes ne se sont pas faits en une seule fois ; c’est le résultat d’un long processus avec différentes étapes. Cette évolution s’étale sur deux siècles environ, du VIIe jusqu’à la fin du VIe av. J.C. Dès le VIIIe siècle av. J.C., la cité disposait de richesses et le pouvoir politique était entre les mains de quelques riches citoyens, tandis que les hommes du peuple, les simples citoyens, vivaient misérablement et dans l’oppression, et devenaient esclaves des grands propriétaires fonciers lorsqu’ils ne pouvaient pas payer leurs dettes. Cette situation avait provoqué à plusieurs reprises des confrontations et des conflits entre les riches et les familles les plus pauvres, ainsi qu’une tension plus généralisée qui avait inéluctablement débouché sur une révolte et sur des exils (640-30 av. J.C.). Pour affronter la crise, Dracon fut désigné pour codifier des lois, une législation connue par sa sévérité dans les dispositions et dans les punitions, mais qui toutefois ne parvint pas à résoudre le problème.

Solon, descendant d’une famille noble et archonte en 594/3 av. J.C., fut appelé pour calmer cette situation explosive. Il rédigea donc sa fameuse législation puis il s’auto-exila pour ne pas céder aux pressions pour la transformer. Il abolit les dettes et libéra les Athéniens qui étaient devenus esclaves, mais refusa de diminuer le pouvoir politique de l’aristocratie. Les réformes de Solon constituent un pas décisif vers la démocratie ; il a redistribué le pouvoir politique et des droits furent donnés à la classe inférieure. En dépit de cette réforme, de nouveaux conflits politiques entre familles de puissants éclatèrent et conduisirent au bord de la guerre civile. À ce moment, Pisistrate, descendant d’une famille aristocratique, s’empara du pouvoir par la force et établit la tyrannie. Il gouverna de 545 av. J.C. jusqu’à sa mort, en 527 av. J.C. ; ses fils, Hippias et Hipparche, lui succédèrent. Bien que certains aristocrates aient été forcés à l’exil, le gouvernement des Pisistratides pour les grands travaux publics effectués à Athènes et pour la transformation de la cité en un grand centre culturel.


Fragment d'une inscription sur marbre avec une liste d'archontes éponymes (magistrat donnant son nom à l'année) 

(vers 425 av. J.-C.)

Athènes - Musée de l'Agora (l 4120)


Le meurtre d’Hipparche par Harmodios et Aristogiton redonna courage aux Athéniens qui souhaitaient abolir la tyrannie. Les tyrannoctones («assassins du tyran») furent adorés comme des héros et des statues les  représentant furent érigées en leur honneur sur l’Agora. Pourtant, il fallut encore quatre années de luttes pour que les Alcméonides, avec l’aide des Spartiates commandés par le roi Cléomène, parviennent à chasser définitivement les tyrans (511/10 av. J.C.).

Toutefois, c’est Clisthène (508/07 av. J.C.) qui accomplit les réformes démocratiques décisives. Il donna des droits politiques aux descendants d’émigrés et réorganisa le corps politique. Anciens et nouveaux citoyens furent inscrits dans les registres des dèmes (subdivision politique et territoriale équivalant à peu près par la taille à un canton) où ils résidaient à ce moment précis. Il répartit les citoyens athéniens en dix tribus (remplaçant les quatre antérieures), ces nouvelles tribus regroupant des citoyens appartenant à différentes régions, ceci afin de limiter le pouvoir des familles nobles et de faciliter l’intégration des nouveaux citoyens. Les réformes de Clisthène donnèrent au démos (peuple) athénien un véritable pouvoir ; elles ont assuré l’égalité des citoyens devant la loi et ouvert la voie à la vraie démocratie du Ve siècle av. J.C.

Lorsque les Athéniens se tournèrent vers la mer et la création d’une puissante marine, ils furent capables d’affronter victorieusement les Perses et par la suite, de créer les très grands monuments d’art et de civilisation dont le plus important est le Parthénon construit sur l’Acropole.

La route vers la Démocratie

Première codification des lois

624 av. J.C.- Dracon

Réformes importantes pour la Démocratie

594-593 av. J.C.- Solon

Période de tyrannie

546-527 av. J.C.- Pisistrate

Réorganisation déterminative de la structure politique

508-507 av. J.C.- Clisthène

 



1. L'Acropole

2. Théâtre de Dionysos

3. L'Odéon de Périclès

4. L'Odéon d'Hérode Atticus

5. La Pnyx

6. L'Aréopage


7. L'Agora Antique

8. L'Agora Romaine

9. La Bibliothèque d'Hadrien

10. Le Temple de Zeus Olympien

11. Monument de Philopappos

12. La muraille d'Athènes Ancienne


 

Maquette d'Athènes dans l'antiquité 

(IIe siècle ap. J.-C.) 

(I. Travlos)

Athènes - Centre d'Etudes de l'Acropole


La stèle de la Démocratie

Stèle de marbre dont le couronnement est en forme de naïskos (petit temple). Le relief sculpté en haut de la stèle représente la Démocratie s’apprêtant à couronner le Démos (le Peuple) assis sur un trône. Sur la partie principale de la stèle est gravée une loi qui fut votée par l’assemblée de peuple athénien en 336 av. J.C., sur proposition d’Eucrate, fils d’Aristotimos, provenant du Pirée : elle vise à empêcher toute tentative éventuelle d’instauration d’une tyrannie, c’est-à-dire d’une dictature. Cette loi fut votée après la bataille de Chéronée, au cours de laquelle les Athéniens et leurs alliés furent battus par Philippe le roi de Macédoine. Deux copies de la loi furent gravées sur des stèles que l’on exposa l’une sur la Pnyx, l’autre sur l’Aréopage, mais cette loi fut rapidement abrogée lorsque les Macédoniens s’emparèrent d’Athènes en 322 av. J.C. et les stèles furent arrachées. Une seule fut préservée et retrouvée dans les remblais de l’édifice péristyle (un tribunal) mis au jour sous le portique d’Attale ; elle est exposée aujourd’hui au musée de l’Agora antique.


Stèle avec fronton sculpté et une représentation de Demos personnifié assis sur un trône couronné par la Démocratie.

Au corps de la Stèle un décret inscrit d'une loi contre l'instauration d'une tyrannie.

(vers 337 av. J.-C.)

 

Athènes - Musée de l'Agora 

(l 6524)

 


 

 


La stèle de la Démocratie

détail de la représentation sculptée



La stèle de la Démocratie

détail du décret inscrit


 

L’Agora Antique

L’Agora Antique d’Athènes, située sur un terrain plat et dégagé au Nord-Ouest de l’Acropole, était le centre de la vie publique de la cité : lieu des rassemblements politiques des fêtes religieuses, des concours théâtraux et sportifs, des rencontres, et enfin, lieu des échanges commerciaux.

Une voie large de 10m coupait cet espace en diagonale du N-O au S-E : la voie des Panathénées. Cette route était en usage depuis l’époque préhistorique, mais ce nom vient de la procession qui l’empruntait, entre le Céramique et l’Acropole, au moment de la fête la plus prestigieuse de la cité, les Panathénées, célébrées en l’honneur de la déesse Athéna. Les premiers bâtiments à caractère politique et religieux furent construits à la fin du VIe et au début du Ve siècle av. J.C. sur le côté Ouest de l’Agora. Tous ces édifices furent détruits lors de l’invasion perse de 480 av. J.C., à la suite de quoi, certains bâtiments furent restaurés et d’autres construits, soit immédiatement soit plus tard, dans le courant du Ve et au IVe siècle av. J.C.

Les édifices les plus importants des Ve et IVe siècles av. J.C. sont : sur le côté Ouest de l’Agora, du Sud vers le Nord : la Tholos (à l’angle S.O. de la place), où siégeaient les prytanes, le nouveau Bouleutérion où se réunissait la Boulè des 500, le Métrôon, et en face le Monument des héros éponymes (IVe siècle av. J.C.), les temples d’Apollon Patrôos, de Zeus Phratrios et d’Athéna Phratreia, le Portique de Zeus Eleuthérios, bâtiment à caractère politique et religieux, le Portique royal, siège de l’archonte-roi et le plus splendide, le Temple d’Hiphaïstos (le «Thésion»), édifié sur la colline du Kolonos Agoraios. Au centre du côté Nord de l’Agora s’élevait le Portique Poecile («orné de Peintures»), qui accueillait des rassemblements à caractère politique et éducatif. Sur le côté Nord-Est de l’Agora, à l’emplacement du portique construit plus tard par le roi Attale, un bâtiment carré avec une cour péristyle abritait des tribunaux (IVe siècle av. J.C.). Sur le côté sud, le Portique du Sud I, un bâtiment à fonction administrative, la Fontaine du S.O. et la Monnaie, qui cessa son activité au 1er siècle av. J.C.



1. Temple d'Héphaïstos

2. La Tholos

3. L'ancien Bouleutérion

4. Le nouveau Bouleutérion

5. Le portique de Zeus Éleuthérios

6. Le portique royal

7. Le portique Poecile (aux peintures)

8. L'autel des Douze dieux

9. L'Orchestra


10. La voie des Panathénées

11. Salle de tribunal

12. La Monnaie

13. La fontaine du Sud-est

14. Le portique du Sud I

15. L'Héliée

16. Le monument des Héros Éponymes

17. Le Stratégéion


 

 

Maquette d'Athènes dans l'Antiquité

(vers 400 av. J.-C.)

Athènes - 

Musée de l'Agora Antique


L’Agora reçut une forme monumentale au IIe siècle av. J.C. lorsqu’elle fut bordée au Sud et à l’Est par de grands portiques, et notamment le plus important d’entre eux, le portique d’Attale, construit au milieu du IIe siècle, étaient des lieux voués au commerce et aux rassemblements politiques et associatifs, mais aussi des lieux de promenade et de délassement. Tout particulièrement durant les mois d’hiver et d’été, car ils offraient une protection contre la pluie et l’ardeur du soleil. D’autres bâtiments furent ajoutés à l’époque romaine, comme l’Odéon d’Agrippa, le temple d’Arès, les temples S-E et S-O, la bibliothèque de Pantainos, etc.

Après le passage des Perses en 480 av. J.C., l’Agora antique fut ravagée à plusieurs reprises : par les Romains en 86 av. J.C., par les Hérules en 267, par les Slaves en 580 puis elle fut abandonnée. Au Ve siècle, on y construisit l’église des Saints Apôtres.

Le site fut fouillé au XIXe siècle par la Société archéologique grecque et par l’Institut archéologique allemand. L’École américaine d’Études classiques y conduit des fouilles systématiques depuis 1931 (avec quelques périodes d’interruption).

L’ancien Bouleutérion

Il fut construit au début du Ve siècle av. J.C., après la réforme de Clisthène, pour abriter la Boulè des 500 nouvellement constituée par 50 bouleutes venant de chacune des dix tribus dans lesquelles Clisthène, le fondateur de la démocratie athénienne, avait réparti les citoyens athéniens pour des raisons politiques et administratives. Bien que les vestiges conservés sous le Métrôon hellénistique soient peu spectaculaires, ils fournissent suffisamment d’éléments pour autoriser une restitution de la forme du bâtiment. C’était un édifice rectangulaire, ou plus vraisemblablement carré (env. 23 m de côté) avec des piliers intérieurs. Il se composait d’un vestibule et d’un espace principal équipé de banquettes en bois sur trois côtés. C’est là que se réunissait chaque jour, sauf en période de fête, la Boulè des 500 afin de préparer les projets de loi qui étaient soumis à l’approbation de l’Assemblée du peuple.


Maquette de l'ancien Bouleutérion

(vers 500 av. J.-C.)

Athènes - Musée de l'Agora Antique


L’édifice abritait également la statue de la Mère des Dieux, œuvre de Phidias selon certains, ou plutôt de son élève Agoracritos selon d’autres sources. Une copie miniature de cette statue, datant de l’époque romaine, est exposée au Musée de l’Agora. C’est là également qu’étaient conservées les archives de l’Etat, les décrets et autres documents publics, écrits sur des papyrus ou sur des tablettes en bois blanchies, comme nous l’apprennent des auteurs anciens. Le besoin sans cesse accru d’espace pour les archives conduisit, semble-t-il, à la construction du nouveau Bouleutérion, à l’Ouest de l’ancien (415-416 av. J.C.). On continua à utiliser l’ancien Bouleutérion, mais seulement pour y conserver les archives, et il fut connu sous son nouveau nom de Métrôon (Sanctuaire de la Mère des Dieux). En effet, juste au Nord de l’ancien Bouleutérion, se trouvait, à ce qu’il semble, un petit temple d’époque archaïque consacré à la Mère des Dieux, une divinité importée de Phrygie ; ce petit édifice fut détruit par les Perses, il ne fut jamais reconstruit, mais le culte de la déesse fut transféré par la suite dans le Métrôon hellénistique.

La Tholos

Cet édifice circulaire (17m de diamètre) fut construit dans l’angle S-O de l’Agora, près du Bouleutérion, entre 470 et 465 av. J.C., au-dessus des vestiges d’un bâtiment plus ancien détruit par les Perses. La porte d’entrée était à l’Est et était peut-être encadrée de fenêtres. A l’intérieur, six colonnes soutenaient le toit conique couvert de tuiles en forme de losanges (pointes de diamant). A l’origine, le sol était en terre battue ; sous Auguste, il fut remplacé par une mosaïque de marbre, et au IIe siècle ap. J.C., par un dallage de marbre. La tholos fut détruite par les Hérules, en 267 ap. J.C.


Maquette de la Tholos

(vers 470-465 av. J.C.)

Athènes - Musée de l'Agora Antique


C’était le siège des prytanes et un édifice réservé aux cultes liés à la vie publique. Les prytanes étaient les 50 bouleutes choisis dans chacune des tribus qui exerçaient l’administration à tour de rôle pendant 36 jours, soit 1/10 de l’année ; ils étaient alors nourris dans la tholos aux frais de l’Etat. Le chef des Prytanes et 17 d’entre eux environ étaient de garde, à l’intérieur du bâtiment, 24 heures sur 24, prêts à intervenir en cas de danger ou de problème, à l’intérieur ou à l’extérieur de la cité.

C’est dans la tholos qu’étaient conservés les étalons des poids et mesures à partir desquels on contrôlait ceux qui étaient utilisés sur l’Agora. Deux petites pièces, du côté Nord du bâtiment, servaient de cuisine et de cellier. A l’origine, les Prytanes recevaient pour se nourrir du fromage, des poireaux, des olives et du vin ; à la fin du Ve siècle av. J.C., ils recevaient en plus du poisson et de la viande.

Le monument des héros Éponymes

Base allongée, longue de 16,64m pour une largeur de 1,87m, où étaient placées les statues en bronze des héros mythiques qui donnèrent leurs noms aux dix tribus entre lesquelles Clisthène répartit les citoyens de l’ancienne Athènes à des fins administratives et politiques. Aux deux extrémités de la base s’élevait un trépied en bronze. On rencontre des mentions de ce monument chez Aristophane et d’autres auteurs aux alentours de 420 av. J.-C., cependant, on ignore à quel endroit précis il se trouvait au Ve siècle av. J.-C. : les vestiges qui sont conservés à 14m à l’Est du Métrôon sont datés d’environ 330 av. J.-C.

Outre son caractère honorifique ce monument avait aussi une fonction pratique : sur ses côtés, on affichait les projets de lois, les catalogues d’éphèbes, de conscrits, les annonces de procès, etc.

Autour de la base s’élevait une clôture basse composée de piliers en pierre sur lesquels étaient fixées des planches en bois.


Maquette du monument des Héros Éponymes 

(IVe siècle av. J.C.)

Athènes - Musée de l'Agora Antique


Les Tribunaux

Dans l’Antiquité, Athènes était fameuse pour ses nombreux tribunaux, devant lesquels étaient portés de nombreuses causes, publiques et privées. Les tribunaux jouaient également un rôle important dans l’administration de la cité, car ils contrôlaient et interprétaient les lois et les décrets. Les plus petits tribunaux comprenaient 201 juges, mais on connaît l’existence de tribunaux bien plus grands, réunissant 1000, 1500 voire 2000 membres. Socrates fut jugé par un tribunal de 501 juges.

Dans la Constitution des Athéniens, Aristote décrit un ensemble des tribunaux tel qu’il existait au IVe siècle av. J.-C. ; pour sa part, Pausanias, un voyageur du IIe siècle ap. J.-C., évoque une série de tribunaux dispersés dans la ville. L’identification de ces tribunaux est délicate, car ils ne sont pas mentionnés par référence à leur emplacement, mais tous ensemble.

D’après les sources, peu de choses étaient, semble-t-il, nécessaires au fonctionnement des tribunaux : il fallait que les bâtiments fussent suffisamment castes pour accueillir les nombreux juges, les uns étaient couverts, les autres non, ils devaient être équipés de bancs en bois. Les grands portiques comme le Poecile ou le Portique royal étaient également utilisés comme tribunaux.

Apparemment, les tribunaux les plus importants se trouvaient sur l’Agora :

> Dans l’angle Sud-Ouest de l’Agora, au contact de l’extrémité occidentale du Portique sud, se trouve un grand bâtiment carré (enclos) daté du VIe siècle av. J.-C. Certains chercheurs l’ont identifié avec le plus important de tous les tribunaux, l’Héliée, qui réunissait des citoyens âgés de plus de 30 ans désignés, comme tous les juges, par tirage au sort. Le tirage au sort se faisait avec des klèrôtèria.

> L’Héliée était, avec l’ancien Bouleutérion, l’une des plus anciennes constructions de l’Agora : un mur de clôture délimitait un espace à l’air libre presque carré (26,50m x 31m) avec l’entrée principale au centre du côté Nord.

> Dans l’angle Nord-Est de l’Agora, à l’emplacement qui fut par la suite occupé par le portique d’Attale, il existait au Ve siècle av. J.-C. Un autre ensemble de tribunaux, qui fut remplacé au IVe siècle av. J.-C. Par un bâtiment carré à cour péristyle. En témoigne la découverte de jetons de vote qui se trouvaient dans une urne originale, faite de tuiles en forme de pi.


Urne faite de tuiles trouvée dans un tribunal

(IVe siècle av. J.C.) sous le portique d'Attale


 

Les jetons de vote se présentaient comme des disques en bronze transpercés de part en part par une tige. La tige pleine était utilisée pour les acquittements, la tige creuse pour les condamnations. Sur le disque était gravée l’inscription «jeton de vote de la cité», ou bien «E», initiale du nom de la tribu ou indication de la section du tribunal. Les juges recevaient les jetons de vote et en tenaient un dans chaque main, entre le pouce et l’index, pour qu’on ne voit pas s’il s’agissait de la tige creuse ou pleine. Ensuite, ils jetaient le jeton correspondant à leur vote dans une urne en bronze et l’autre dans une boîte en bois.

 


Jetons de vote des juges 

(avec tige pleine pour acquittement et creuse pour condamnation)

(diam. 0,065m) (IVe siècle av. J.C.)

Athènes - Musée de l'Agora (B 1056, B 1057)

 



Pinakion

Carte d'identité en bronze du juge, Demophanes de Kiphissia (IVe siècle av. J.C.) (l. 0,102m)

Athènes - Musée de l'Agora (B 822)


La clepsydre était un autre objet en relation avec les tribunaux : il s’agit d’une sorte d’horloge hydraulique avec laquelle on mesurait le temps de parole des avocats et de l’accusé. Cette horloge était composée de deux vases en terre cuite, ouverts, munis de deux anses. Près du bord en haut se trouvait une ouverture qui permettait de vérifier que l’on remplissait toujours le vase avec la même quantité d’eau et une autre ouverture-évacuation se trouvait en bas, près du fond, que l’on obstruait avec un bouchon quelconque. Au début de la plaidoirie, on enlevait le bouchon, et l’eau commençait à s’écouler.


Horloge hydraulique (clepsydre) d'après un original en terre cuite de la fin du Ve siècle av. J.C.

(ht 0.172m) 

Athènes - Musée de l'Agora (P 2084)

 


La clepsydre dont une copie est exposée ici a été découverte dans le secteur S-O de l’Agora et elle porte l’inscription «Antiochidos» (de la tribu Antiochide), ce qui signifie qu’elle appartenait à cette tribu, ainsi que deux «XX», ce qui signifie que sa contenance est de deux chous (le chous est une mesure de capacité) soit environ 6,50l. Cette clepsydre se vidait en 6mn. L’orateur habile suivait constamment l’impulsion donnée par l’écoulement de l’eau, estimait le temps de parole qui lui restait, et réglait la durée de son discours de manière à terminer avec la dernière goutte.

Les élections à Athènes dans l’antiquité

A Athènes, durant la période de gloire de la démocratie athénienne, au Ve siècle av. J.-C., les archontes et les magistrats de l’Etat étaient tous sans exception élus pour un mandat d’un an. Des élections avaient donc lieu tous les ans, généralement en été, vers le mois de juin. A ces élections ne prenaient part que les hommes, citoyens athéniens, âgés de 25 ans et plus ; les métèques, les esclaves de même que les femmes n’avaient pas le droit de vote. Le système était majoritaire ; on votait pour des individus, non pour des partis ou pour des listes. Il existait différents modes de scrutin :

Le vote public à main levée. C’est à main levée qu’étaient élus les stratèges et les trésoriers, c’est-à-dire les magistrats qui avaient des responsabilités accrues et dont la charge exigeait des capacités particulières et des garanties d’honnêteté.


Symbola (jetons) en terre cuite pour l'exercice d'une charge publique

(450-425 av. J.C.) (ht 0,03m)

Athènes - Musée de l'Agora (MC 820-822)


Le scrutin secret, qui se faisait avec des galets ou des fèves, que l’on jetait dans des vases en terre cuite servant d’urnes. Le mode d’élection le plus fréquent, ou plutôt celui qui permettait de choisir les archontes et d’autres dignitaires de l’Etat, était le tirage au sort qui se faisait avec une sorte de machine, le klèrôtèrion.

Au Musée de l’Agora, est exposée la partie inférieure d’un klèrôtèrion en marbre, dont une copie est présentée ici.

Le klèrôtèrion (appareil pour les tirages au sort)

Cet appareil était utilisé pour le choix des bouleutes et des juges dans l’Athènes antique.

Sur la face avant se trouvaient des fentes disposées en colonnes et en lignes. Dans ces fentes étaient placées des plaquettes avec les noms des candidats. En haut et à gauche de la face avant était fixé un tuyau qui s’évasait en entonnoir à son sommet. Dans cet entonnoir on plaçait un nombre de billes égal au nombre de fentes sur une colonne. Les billes blanches signifiaient que l’on était retenu, les billes noires ajourné. Les billes étaient libérées une à une par un mécanisme quelconque et elles tombaient du haut du tuyau dans une boîte. Si la première bille était blanche, était désigné le candidat dont le nom se trouvait inséré dans la fente supérieure de la première stèle, mais quelquefois, c’étaient tous les candidats dont les noms étaient placés dans les fentes de la première ligne qui étaient retenus. Si la bille était noire, le candidat était écarté. La deuxième bille décidait du sort du deuxième candidat, et ainsi de suite.

Les noms des personnes écartées étaient retirés, ceux des personnes qui avaient été ainsi élues restaient sur le klèrôtèrion qui, dans ce cas, faisait office de tableau d’annonce des résultats.


Fragment d'un klèrôtèrion en marbre 

(IIIe siècle av. J.C.)

Athènes - Musée de l'Agora (I 3967)



Restitution d'un Klèrôtèrion

(appareil pour les tirages au sort)

Athènes - Musée de l'Agora


L’Assemblée du peuple

L’organe essentiel de la démocratie athénienne était l’Assemblée du peuple, à laquelle participaient tous les citoyens athéniens de sexe masculin exerçant ainsi un pouvoir direct. Ils avaient le droit de discuter et de voter des projets de lois de tous les sujets. A l’origine il y avait 10 assemblées par an, mais plus tard, au IVe siècle av. J.-C., l’assemblée du peuple se réunissait 40 fois dans l’année. Indépendamment du nombre de participants, chaque assemblée était censée équivaloir à l’ensemble des citoyens athéniens ; c’est seulement dans le cas d’un vote d’ostracisme qu’était requise la présence d’au moins 6000 citoyens.

Les décisions, les décrets pouvaient concerner tout aussi bien des questions sans grande portée (petites dépenses, offrande d’un sacrifice) que des sujets très importants (mandats d’exécution délivrés à la Boulè, aux archontes et ambassadeurs, aux stratèges qui menaient des opérations de guerre, renvois devant les tribunaux, etc) : selon les cas, ces décrets de l’Assemblée du peuple sont donc les équivalents de lois constitutionnelles, de lois ordinaires, d’ordonnances présidentielles ou de simples règlements administratifs.

L’Assemblée du Peuple se réunissait sur la Pnyx, la colline rocheuse au Sud-Ouest de l’Agora.

L’ostracisme

Pour la défense de la Démocratie fut mis au point dans l’Athènes du Ve siècle av. J.-C. un type de vote particulier appelé l’ostracisme. Ce nom vient des «ostraka», c’est-à-dire des morceaux cassés de vases ou de tuiles qui étaient utilisés comme moyens de vote. Ce système fut mis au point par Clisthène., le fondateur du régime démocratique athénien ; le but de l’ostracisme était d’exiler les hommes politiques ou les citoyens qui devenaient dangereusement influents, afin de protéger la démocratie contre les aspirants à la tyrannie, c’est-à-dire contre les dictateurs.

La procédure avait lieu une fois par an, et on exilait un seul homme politique. Pour que le résultat du vote d’ostracisme fût valide, il fallait qu’au moins 6000 personnes aient pris part au vote. Celui sur le nom duquel s’était porté le plus grand nombre de votes était exilé de la cité pour dix ans, sans pour autant perdre sa fortune ni ses droits politiques. Immédiatement après le décompte des votes, les ostraka étaient jetés sur la route, dans un fossé ou une cavité ; sur l’Agora, on en a retrouvé environ 1200, mais bien plus au Céramique [le cimetière d’Athènes].

L’ostracisme fut utilisé pour la première fois en 487 av. J.-C. spécifiquement contre les meneurs du camp favorable aux Perses. Vers 480 av. J.-C., on eut souvent recours à cette procédure, moins fréquemment plus tard ; finalement elle fut abolie à la fin du Ve siècle av. J.-C., car elle était devenue une simple méthode d’élimination des rivaux en politique. Les noms écrits sur les ostraka sont ceux de généraux et d’hommes politiques célèbres dans l’antiquité : Aristide, Thémistocle, Cimon et même Périclès, ce chef politique important, créateur du siècle d’or.



Ostrakon, issu d'un vote d'ostracisme, 

portant le nom de Thémistocle

(480-472 av. J.C.) dim. max. : 0,10m

Athènes - Musée de l'Agora (P9950)



Ostrakon, issu d'un vote d'ostracisme, 

portant le nom de Cimon

(461 av. J.C.) dim. max. : 0,106m

Athènes - Musée de l'Agora (P18555)



Ostrakon, issu d'un vote d'ostracisme, 

portant le nom d'Aristide

(482 av. J.C.) dim. max. : 0,125 m

Athènes - Musée de l'Agora (P9973)



Ostrakon, issu d'un vote d'ostracisme, 

portant le nom de Périclès

(milieu du Ve siècle) dim. max. : 0,028m

Athènes - Musée de l'Agora (P16755)



Ostrakon, issu d'un vote d'ostracisme, 

portant le nom de Thémistocle

(482 av. J.C.) dim. max. : 0,10m

Athènes - Musée de l'Agora (P AO 22)


Ostrakon, issu d'un vote d'ostracisme, 

portant le nom d'Alcibiade

(417-415 av. J.C.) dim. max. : 0,078m

Athènes - Musée de l'Agora (P27683)


La Pnyx

Pour les réunions de l’Assemblée du peuple, l’organe essentiel de la démocratie athénienne après la réforme de Clisthène, il fallait un endroit approprié. C’est vers 500 av. J.-C. que fut aménagée à cette fin la pente rocheuse entre la colline du Mouséion (aujourd’hui colline de Philopappos) et la colline des Nymphes, en exploitant la déclivité naturelle du terrain. Les citoyens étaient assis sur la pente, tandis que la tribune de l’orateur était au Nord (phase I). Avec l’accroissement de la cité et l’augmentation des charges de l’Assemblée du peuple, il fallut mieux aménager l’espace, de façon à accueillir davantage de gens. A la fin du Ve siècle av. J.-C., l’orientation fut inversée. Un mur de soutènement semi-circulaire fut construit dans la partie Nord du site et l’on créa ainsi une sorte de théâtre tourné vers le Sud, où devait se trouver la tribune de l’orateur. Deux escaliers menaient du Nord-Est vers l’ensemble des gradins (phase II). Par la suite, vers 330 av. J.-C., sans doute sous l’archontat de Lycurgue, une troisième modification intervint : l’espace des gradins fut élargi par la construction d’un deuxième mur de soutènement imposant, parallèle au premier, bâti avec de gigantesques blocs de pierre. Les deux escaliers furent supprimés et remplacés par un escalier monumental au centre de l’arc dessiné par les rangées de gradins.


Restitution graphique de la Pnyx selon les trois états successifs du bâtiment :

Phase I : vers 500 av. J.C.

Phase II : 404-403 av. J.C.

Phase III : IVe siècle av. J.C.

(Dessin I. Travlos)

Athènes - Musée de l'Agora Antique


La Pnyx était le lieu par excellence où fonctionnait et était mis en pratique le régime démocratique athénien, la démocratie directe. C’est là que furent prises des décisions bouleversantes, non seulement pour l’histoire de la Grèce, mais pour celle du monde entier ; par exemple, la réforme de Clisthène, la décision de résister aux Perses, la décision de construire le brillant ensemble architectural de l’Acropole, la déclaration de la guerre du Péloponnèse, etc. Dans sa première phase, la Pnyx vit des personnalités telles que Miltiade, Thémistocle, Aristide, Périclès, etc haranguer les foules. A la tribune de la deuxième phase de la Pnyx, ce sont les orateurs Démosthène, Isocrate, etc qui prononcèrent des discours importants.


Maquette de la Pnyx

Phase I 

(vers 500 av. J.C.)

Athènes - 

Musée de l'Agora Antique



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Dernière modification : 11/02/2015