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Costumes traditionnels

 

 

Garde présidentielle Les Evzones


Tout en gardant sa fonction primitive de protection du corps, le costume -lié au milieu naturel- reste révélateur des traits généraux de l'organisation sociale et il apparaît comme signe du système des valeurs et de l'espace symbolique de ceux qui le portent.

Le monde hellénique a créé un style vestimentaire infiniment varié, que l'on qualifie de costume populaire, traditionnel ou national; la terminologie est imprécise et elle ne parvient pas à définir le phénomène: il s'agit d'habits qui reflètent l'histoire de ce pays par leur merveilleuse multiplicité de types et de formes. Leur évolution est soumise à une réalité géographique et aux données économiques, qui ont tracé la vie de l'hellénisme au cours des derniers siècles. Parallèlement, ils ont servi de moyen d'identification des groupes locaux et sociaux par l'application de règles esthétiques et sémiotiques, témoignées par la tradition orale et écrite.

Tout d'abord l'aspect géomorphologique de la Grèce -la mer pénètre profondément la péninsule montagneuse et le cinquième de la superficie est représenté par des îles- fait que ce pays connaît une pluralité de cultures locales, presque toutes perceptibles au niveau vestimentaire. L'éparpillement de la population, fractionnée dans une multitude de microsociétés, souvent isolées, et dont la perméabilité aux influences extérieures et aux innovations fut inégale, accentue la diversification des costumes. Remarquons que ce milieu naturel influence également les matériaux de confection et les techniques adéquates respectives.

La recherche des origines et l'analyse diachronique de la tradition vestimentaire sont difficiles.

Grèce Centrale et Péloponnèse

 Costume d'Amalia et foustanelle

Notons seulement que les costumes grecs demeurent fortement tributaires des habits byzantins, sans être toutefois imperméables aux influences étrangères. La domination turque favorisa une nouvelle infiltration de traits vestimentaires venant de l'Orient, tout autant qu'elle facilita la manifestation de modes -bijoux, broderies, etc.- communes à toute l'aire balkanique. Parallèlement les îles et les régions côtières, sous l'influence vénitienne, ont été plus sensibles aux innovations occidentales.

Thrace 

Metaxades (Evros) - costume féminin

Nea Vyssa - costume masculin

Un autre facteur important de création est le climat social et matériel. La politique de tolérance de la Sublime Porte -contrainte par la force des choses- à l'égard des peuples asservis, dès le milieu du 17e siècle, et l'essor économique et culturel de la Méditerranée Orientale du 18e siècle, ont certainement influencé l'évolution et l'épanouissement du costume en Grèce. Il est vraisemblable, que pendant cette période de prospérité et de profusion, s'amplifie la tendance à compléter les costumes, féminins surtout, d'ensembles de bijoux impressionnants, et à utiliser de précieuses étoffes et d'autres matériaux importés d'accès jadis relativement difficile pour l'ensemble de la population. Le développement des relations commerciales et la multiplication de colonies grecques autour de la Méditerranée et en Europe accroissent l'impact des nouvelles modes dans le pays et creusent un fossé entre le vêtement du milieu rural et celui des centres urbains et commerciaux.

L'aspect sémiotique du costume dépend des accessoires -tablier, ceinture, rubans décoratifs, etc.- des couleurs, des tissus, de la quantité et la qualité des broderies, etc.., Souvent le message est transmis par l'importance de la coiffure et s'exprime à travers les bijoux ou les motifs du décor brodé. Les codes ont souvent une valeur locale et leur symbolisme n'est pas toujours déchiffrable.

Dans les détails caractéristiques du costume réside d'abord la volonté d'identification régionale. Presque chaque commune a créé sa propre variante. Mais nous retrouvons souvent dans la même localité différents types de costumes. Ils expriment les différences de statut social, ils annoncent le degré de pouvoir ou de richesse. Nous avons encore les habits qui indiquent les étapes de la vie de l'individu. Ceci est particulièrement évident pour les costumes féminins: on peut distinguer par ses vêtements la jeune fille, la fiancée, la jeune mariée, la mère, la femme sans enfants, etc. Le vêtement marque les jours importants de l'année -grandes fêtes ou fêtes patronales- mais surtout les rites de passage: naissance, baptême, mariage, mort.

Il est évident que toutes les fonctions du costume sont mises en pratique autant qu'il constitue un moyen d'expression d'une société donnée. L'industrialisation, la facilité des communications, les guerres avec l'éveil des nationalités, l'exode rural et tous les changements que cela a entraîné, ont progressivement désagrégé le rôle du vêtement dans la société hellénique.

Costume de fête Desfinas (Arahova) Grèce Centrale - Leivadia

Après l'indépendance de la Grèce, les premières dynasties ont imposé comme habit de la Cour (féminin et masculin) une création hybride. Celle-ci a influencé les costumes des villes, qui ont changé de forme, ou plutôt se sont uniformisés. Avec le temps, le costume en milieu rural a subi la même évolution. Rares sont à présent les localités qui conservent leurs costumes traditionnels. Quelques autres ont sauvé ceux des fêtes ou des grandes cérémonies; ailleurs les costumes locaux sont associés aux évènements à caractère folklorique dont la pratique est liée aux aspirations nationales et aux tentatives d'échapper à l'uniformité de notre temps.

Péloponnèse  

Argolis

Epire, Ioannina

Eloignée de Constantinople et de l'administration centrale, l'Epire jouissait d’une autonomie relative pendant toute la période de l'occupation ottomane. Malgré son relief accidenté, peu propice à l'agriculture, elle est devenue, grâce aux activités artisanales de ses habitants et à sa position géographique, une importante province de l'Empire. Ioannina, sa capitale, avait connu un rayonnement culturel et économique dans toute l'aire balkanique. Son impacte était multiplié par l'existence de communes d'Epirotes florissantes installées dans toute l’Europe centrale et occidentale.

Pirpiri

Le costume de femme de milieu bourgeois évoque ce contexte historique; par son élégance il s'approche des modèles occidentaux -en plus, il est confectionné en tissus importés- par son décor brodé il rappelle la mode de l'orient et des Balkans, tandis que les précieux bijoux, qui font partie de l'habit d'apparat, évoquent la richesse des grandes familles de cette ville.

Le pirpiri, long manteau sans manches, était confectionné par des artisans brodeurs spécialisés, regroupés en associations. Le décor de ce manteau, travaillé selon les critères esthétiques des clientes, obéissait à un code sémiotique bien défini -fils d'or, d'argent ou de soie- destiné à signaler la classification sociale.

Epire, Zagori

Zagorochoria ou Zagori est le nom collectif de 46 villages épirotes, qui dotés de privilèges de la Sublime Porte, avaient développé, dès la fin du 17ème siècle, une économie florissante, basée sur le commerce. Les hommes, entrepreneurs et audacieux faisaient fortune à Constantinople et en Europe centrale, mais ils ne se détachaient pas de la Société locale. Ils revenaient régulièrement, pour visiter la famille, qui n'émigrait que rarement. Cette structure sociale est reflétée dans les costumes féminins de la région, qui combinent le «modernisme» et l'élément traditionnel. La robe est faite en tissu importé, tandis que la flocata, étroite veste sans manches, est confectionnée en bure de laine par des artisans spécialisés. Le décor floral, brodé en cordonnet rouge, qui couvre une grande surface de cette pièce, est remarquable. L'étendue de la broderie obéissait à un code local minutieusement respecté et elle définissait le statut social.

Epire - Zagori (costume féminin)  -  Ioannina (costume masculin)

Costume de fête de Zagori

Epire, Metsovo

Situé à une altitude d'environ 1000 m., le bourg de Metsovo, domine des passages entre l'Épire, la Thessalie et la Macédoine Occidentale; il est habité par une population de grecs d'origine valaque, qui étaient traditionnellement des bergers transhumants. Une importante fraction de la population exerçait des activités commerciales, qui dès le 18ème siècle ne se limitaient pas au périmètre des provinces grecques, et jouissait d'une grande aisance.

Le costume de mariage et de fêtes est un témoin de cette évolution. La robe confectionnée en étoffes importées est garnie de broderies élaborées par les artisans locaux, dans un style particulier. La flocata, longue veste sans manches, faite en général en bure de laine, est garnie de drap rouge; d'après la tradition, ce détail d'ornements est une distinction, la preuve d'un privilège accordé aux gens de Metsovo, par un sultan du 17ème siècle.

Le costume traditionnel, quotidien, de fêtes, de mariage, etc… est toujours porté à Metsovo.

Costume de fête de Metsovo

Crète, région de Sfakia, costume d'homme

Le costume crétois, porté encore aujourd'hui, est appelé vraka, d'après le pantalon homonyme. On retrouve la vraka, cette sorte de culotte bouffante, dans plusieurs régions côtières et dans les îles de la Méditerranée Orientale. De tous ces costumes, la vraka crétoise est le type le plus évolué et le plus compliqué. Le costume est fait en drap bleu par des tailleurs spécialisés appelés levendoraftides, tailleurs pour les braves. Le gilet sans manches ainsi que le veston peuvent être croisés ou simples avec des boutons de chaque côté. La ceinture entourant la taille doit avoir huit mètres de longueur; on y met le poignard. Accessoire indispensable est la chaîne d'argent qui pend du cou et à laquelle est attachée la montre.

Les bottes appelées stivania, sont blanches pour le marié, noires ou de couleur naturelle pour les autres classes d'âge. On noue autour de la tête un filet noir en soie, dont on laisse tomber les franges sur Ie front. Dans le passé, ce filet, soutenait, paraît-il, un bonnet en feutre de couleur rouge .

Le costume est complété par le capoto, cape en feutre bleu doublée de drap de couleur rouge et soutachée.

Crète - région de Anogeia

Îles Ioniennes – Leucade, costume de mariée

Leucade est une des îles de la Mer Ionienne qui faisaient partie de la Sérénissime République dé Venise. Elle est peu distante de la côte occidentale de la Grèce et a servi comme lieu de refuge à des vagues successives d'émigrants du continent pendant toute la période de l'occupation ottomane.

Si le costume masculin, confectionné en bure de laine, rappelle les modèles portés en Épire, le costume de la mariée, est d'inspiration occidentale. Les matériaux de confection -taffetas, tulle, galons d'or- sont également de provenance industrielle.

Il paraît que ce costume, ayant un caractère rituel, était indispensable pour la cérémonie du mariage. Si les moyens financiers d'une famille ne permettaient pas sa confection, la fiancée pouvait l'emprunter juste pour aller à l'église. La jeune mariée l'endossait encore les deux dimanches après son mariage, pour assister à la messe et rendre la visite rituelle à ses parents. Si la femme n'avait pas l'occasion de faire partie du cortège de mariage d'une proche parente, le costume devenait une pièce souvenir.

Les bijoux d'or, bouquet de fleurs ornées de perles et de pierres précieuses, épinglés sur le fez de la mariée, indiquait par sa valeur le statut social de sa famille, tandis que les pendants d'oreilles, cadeau du fiancé. pour le jour du mariage, témoignaient de la fortune de ce dernier.

Corfou, costume de mariée

Ce costume tel qu'il est conservé, évoque le passé historique de cette île. En fait, par sa composition jupon-jupe, chemise courte, plastron-veste), par le choix des tissus de provenance industrielle et par la coupe, il rappelle l'influence occidentale prédominante sur l'île depuis l'époque où elle faisait partie de la République de Venise, tandis que la technique de la décoration (broderies avec un cordonnet de fils d'or) et surtout les motifs, tel que l'aigle, témoignent de racines gréco-byzantines.

La coiffure est celle que la femme portait dès son mariage. Les cheveux sont enroulés en couronne autour de bourrelets et décorés de rubans rouges. On y fixe des fleurs, des petits miroirs et des plumes, ayant tous un but symbolique. On y superpose, au moment de la première danse suivant la cérémonie du mariage, la bolia, fichu en dentelle blanche.

Corfou - Costumes de fêtes

Dans cette société de maraîchers et de cultivateurs d'oliviers, le degré de richesse ou le statut social étaient indiqués par la qualité et la quantité des bijoux de la femme, dont la plupart faisait partie de la dot, mais lorsqu'ils étaient acquis après le mariage, ils témoignaient de la réussite de l'époux. Ce costume est porté aujourd'hui à l'occasion de festivités à caractère folklorique.

Attique, Megara, Salamina, costumes de mariée

Les costumes de ces deux localités avoisinantes, se ressemblent. La pièce caractéristique est la robe, plissée, très ample, faite en tissu de coton, teint bleu ou vert foncé et glacé. On y superpose les gilets à manches, en velours ou en drap, richement décorés de broderies en fils d'or. Mise à part sa fonction symbolique, le tablier est plus décoratif que fonctionnel. Il est à remarquer que le même type de costume se retrouve sur l'île de Skyros et en Eubée, au bourg de Kymi; il représente une variante vestimentaire peu commune dans la Grèce continentale, influencé par des modèles importés. Dans chacune de ces localités, la coiffure est différente, ainsi que les bijoux. D'habitude on endossait le costume complet pour la première fois, le jour du mariage, et par la suite pendant quelques années à l'occasion de grandes fêtes, de baptêmes, etc...

Costume de fête de Salamina

Megara, costume du dimanche

Il est porté par les jeunes filles et les femmes mariées, jusqu'au jour du mariage de leur premier enfant. La pièce importante est le kaplamas, sorte de longue robe avec un décolleté profond, ouverte devant. Les deux bords de la robe sont relevés de part et d'autre de l'ouverture si la femme qui l'endosse est encore jeune, si elle n'assume pas une période de deuil ou lorsqu'elle n'assiste pas à un office religieux.

Les costumes de Mégara sont portés à l'occasion de fêtes ou d'évènements à caractère folklorique.

Thessalie, Trikeri

Ce costume est encore porté occasionnellement dans le bourg de Trikéri, situé à l'extrême pointe du Pélion. L'agglomération a été créée, sur ce promontoire rocheux, par les habitants d'une petite île située à l'entrée du golfe de Volos, qui cherchaient refuge contre les invasions des pirates qui sillonnaient la Mer Egée. L'agriculture et l'élevage étaient des activités au niveau de subsistance, tandis que l'argent provenait avant tout des activités maritimes. Il est important de noter que, jusqu'à une date récente, leur seul moyen de communication était la voie maritime.

Le costume d'apparat des femmes de Trikeri est une adaptation locale d'un modèle qu’on retrouve dans les îles voisines de la Mer Égée, surtout à Skyros. Deux pièces du vêtement sont caractéristiques : la chemise-tunique, en tissu de lin et fin voile de soie, dont les broderies expriment les classes d'âge et le statut social, et la robe sans manches, ample et plissée qui descend jusqu'aux genoux. Les boucles de ceinture, en argent repoussé, sont entre toutes, les plus volumineuses portées en Grèce. Le tablier est un carré de soie imprimée. Chaque femme en possède plusieurs de différentes couleurs, chacun approprié à un évènement particulier.

Mariée de Trikeri

Thessalie

 

Îles de la mer Egée, Skopelos

 

Skopelos fait partie de l'Archipel des Sporades Septentrionales. Dès l'Antiquité, les vins de cette île étaient réputés dans toute la Méditerranée Orientale. Dès le 17ème siècle et jusqu'au début du 20e ses habitants entretenaient une activité maritime et commerciale importante. La prospérité des deux bourgs de l'île qui se partageaient une population de 7 000 âmes et dont il ne reste que 4 500, était remarquable.

Le costume de fête de ces deux localités, ainsi que d' Alonissos, île voisine, est un exemple unique dans les modes vestimentaires en Grèce. La robe en satin noir, extrêmement ample, sans corsage, est soutenue par des bretelles. Elle est décorée en bas d'une large bande brodée aux motifs floraux. Plusieurs jupons superposés donnent à la robe un volume important. Un court boléro à manches longues complète le costume, et laisse apparaître la chemise brodée, en fin voile de soie. La coiffure qui convient à cet habit, surtout quand il est porté à l'occasion du mariage, est très compliquée et spectaculaire. Son montage était confié à des coiffeuses spécialisées.

L'ensemble rappelle la mode en vigueur pendant la Renaissance.

Skopelos (costume féminin) - Hydra (costume masculin)

Îles de la mer Egée

Rhodes ville d'Ebona

Macédoine, Roumlouki, Gida, costume de mariée

Roumlouki, du mot turc qui signifie lieu des Grecs, s'appelait la plaine d'Aliakmon au nord de Salonique, qui est considérée comme le noyau du royaume d'Alexandre le Grand. On y retrouve une cinquantaine de villages, habités par une population grecque de paysans qui pratique l'agriculture et l'élevage.

Les conditions modestes de la vie quotidienne contrastent avec un goût de luxe particulier, qu'on peut observer dans ces villages, dans la confection du costume des femmes, qui se distingue surtout par la coiffure, le castouli, de forme unique qui rappelle le casque antique.

La tradition orale veut que l'origine de cette coiffure remonte à l'époque d'Alexandre le Grand. On raconte qu'au cours d'une bataille, les hommes s'étaient montrés lâches par contre les femmes transportaient courageusement des vivres pour l'armée. A la fin du combat, Alexandre, pour punir les premiers, leur donna l'ordre d'enlever leurs casques et de les poser sur la tête des femmes dignes de cet honneur. Même la large ceinture ornée devant de paillettes d'argent imite, paraît-il, la cuirasse des soldats recouverts de lamelles métalliques.

Village de Gida

Imathia - Roumlouki

Le manteau molletonné, sur lequel se superpose un deuxième aux bords rabattus et brodés de fils d'argent, le gilet, orné lui aussi de broderies d'argent, constituent le cadeau du fiancé, et ils sont portés pour la première fois lors de la cérémonie du mariage. La femme avait le droit de porter cet ensemble pour "les jours de fête pendant les quatre mois suivant son mariage. Après cette période, elle ne portait plus le manteau molletonné ni la coiffure chargée de fleurs et de franges.

Macédoine, Verria, Naoussa, Siatista

La richesse et la variété des costumes en milieu rural de Macédoine est remarquable; différents d'un village à l'autre, ils sont l'expression de plusieurs influences assimilées par le milieu hellénique de façon à exprimer ses propres critères esthétiques. Par contre dans les bourgs, centres commerciaux surtout, nous retrouvons une mode, qui appelée « bourgeoise » s'est répandue à travers toute la Grèce, au détriment des styles locaux, dès le milieu du 19ème siècle. Tel est l'exemple des costumes de ces trois villes, qui s'identifient seulement grâce aux accessoires, aux détails décoratifs et aux bijoux, caractéristiques pour chacun d'entre eux, ainsi que la coiffure.

Costume de fête de Naoussa

Costume de fête et de mariée de Verria

 

Costumes des Sarakatsans

Bergers depuis qu'ils ont franchi le seuil de l'histoire, sans posséder ni prairies, ni alpages, élevés sous la tente ou la hutte en paille, nomades infatigables, tels étaient les Sarakatsans. Répartis en plusieurs lignages on les retrouvait jusqu'au début de ce siècle dans l'Europe du sud-est et une partie de l'Asie Mineure. Après le tracé de frontières rigoureuses entre les nations balkaniques, la majorité des Sarakatsans se replia dans l'aire hellénique puisqu'ils se sentaient Grecs.

Le costume sarakatsan est porté occasionnellement encore aujourd'hui; malgré les variations qu'on observe entre les costumes des groupes locaux, dans leur ensemble, ils sont facilement identifiés et ils révèlent l'unité sociale des Sarakatsans à travers leur dispersion géographique.

La femme était chargée de confectionner les vêtements. Traditionnellement ils n'achetaient que les souliers à pompons, les tsarouhia et les bijoux.

La pièce caractéristique du costume masculin est la foustanella –courte jupe qui est une variante de ce type du vêtement répandu dans les balkans de l’ouest. La mode vestimentaire féminine obéit à un code traditionnel. La jupe plissée, les jambières et les mitaines tricotées sont des pièces communes pour tous les costumes des Sarakatsanes. Par contre, la coupe des gilets, le type du plastron et les motifs des broderies présentent des variations d’un groupe à l’autre. On constate néanmoins une étroite unité de l’expression géométrique dans toutes les broderies sarakatsanes.

Un symbolisme profond détermine le type et la forme de la décoration des pièces du costume et spécialement ceux du tablier de la femme, qui reflète les étapes de la vie de celle-ci, indique le statut social de sa famille, ou souligne les saisons de l’année et les différentes fêtes. Le groupe impose immanquablement à la femme, qui prépare dès sa jeunesse, vingt à quarante tabliers, de porter celui qui correspond à son état physique et moral, au comportement de son époux, aux joies et aux malheurs.

Texte : Madame Yvonne de Siké

Photos : Madame Nia Stratou et Lycée des Femmes Grecques


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Dernière modification : 11/02/2015