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Discours 10/11/06

 

 

Ministère de la Culture

Bureau de Presse

Athènes, le 10 novembre 2006

 

Discours du ministre de la Culture M. Georges Voulgarakis

lors de la cérémonie de restitution d’un fragment de la frise du temple Erechteion

(voir le détail de la cérémonie)

Mesdames, Messieurs,

La revendication de la forme à son apogée est liée à la recherche de l’entier. Pour cela c’est un honneur exceptionnel de vous présenter aujourd’hui, un fragment de la frise du temple Erechteion, qui retrouve sa place après environ un siècle.

L’Erechteion, splendide temple de l’Acropole, constitue l’un des chefs d’œuvre de style ionique. L’élément le plus célèbre est la «protection des Korês», les Caryatides, les six fameuses statues de femmes. Le temple, malgré l’outrage du temps, a retrouvé toute sa splendeur après des travaux systématiques de restauration archéologique.

Les pertes sont cependant esthétiques, immenses, comme une Caryatide, et moins importantes – mais extrêmement symboliques – comme celles que nous comblons aujourd’hui. Je veux souligner ici, que la restitution même du plus petit fragment du Parthénon et du site de l’Acropole dans son ensemble, est pour nous précieuse.

Le fragment que nous recevons aujourd’hui se trouvait durant toutes ces années en Suède. Madame Birgit Wiger Angner le restitue officiellement aujourd’hui à la Grèce, après l’avoir hérité de son père en 1972, qui l’avait reçu en cadeau d’un parent l’ayant acquis au cours d’un voyage à Athènes en 1895.

La décision de Madame Wiger Angner d’accomplir ce geste exceptionnellement important coïncide avec l’effort mondial qui est mené pour le retour des biens culturels dans leurs pays d’origine. Il est cependant lié, par excellence, à la promotion de la campagne pour le retour et la réunification des Frises du Parthénon.

Et cette demande, comme je l’ai souligné à de nombreuses reprises, dépasse nos frontières nationales et revêt une dimension mondiale.

Il est intéressant de noter que Madame Wiger Angner avait pris connaissance dans la presse suédoise de l’organisation, en mai 2003, d’une journée d’information au Musée des antiquités de Méditerranée de Stockholm, ayant pour thème le retour des Frises du Parthénon. Cette journée a été réalisée à l’occasion de la fondation du Comité suédois qui promeut la question de leur retour. Madame Wiger Angner est entrée en contact avec le Comité, mais aussi avec le Musée des antiquités de Méditerranée de Stockholm, auquel elle a remis le fragment en 2005. Son voeu était que le fragment retrouve le site auquel il appartenait, pour inciter tous les musées exposant des éléments sculpturaux du Parthénon à suivre son exemple.

Le fragment fait parti d’un groupe architectural de l’entablement de l’Erechteion. Les éléments de l’entablement étaient à l’origine au nombre de 28.

Trois de ces éléments se trouvent au British Muséum et un à la Glyptothèque de Munich, tandis que sur le monument, dix sont intacts mais trois ont des fragments manquants.

En novembre 2005, la directrice du Musée des antiquités de Méditerranée de Stockholm Madame Houby Nielsen, accompagnée de la donatrice du fragment, a été conviée dans notre pays, dans le cadre de la rencontre, qui a eu lieu à Athènes, des représentants des Comités Internationaux pour le retour des Frises du Parthénon. Durant sa visite, la procédure et le délai du retour du fragment en Grèce ont fait l’objet d’une discussion, afin d’être installé dans le Nouveau Musée de l’Acropole. La directrice du Musée des antiquités de la Méditerranée de Stockholm s’était engagée à ce que le retour se réalise courant 2006.

Aujourd’hui, donc, où j’ai l’honneur de le recevoir officiellement, je veux remercier publiquement Madame Wiger Angner pour sa précieuse contribution. Je veux la féliciter parce que sa décision de transmettre la propriété du fragment au ministère de la Culture de Grèce, a une importance symbolique immense. Elle justifie les efforts qui sont fournis au niveau international pour le retour des Frises du Parthénon, suggérant et laissant présager des actions analogues. Le geste de Madame Wiger Angner envoie aujourd’hui un message à tous les musées du monde qui détiennent des éléments sculpturaux du Parthénon: répondre à la dette morale envers la cohésion culturelle et spirituelle de l’Europe Unie.

Mesdames, Messieurs,

En septembre dernier, l’Université d’Heidelberg a restitué à la Grèce, après environ un siècle et demi, le premier des fragments disséminés des Frises du Parthénon. Cette action, a montré la voie pour la restauration de l’unité du monument qui constitue un symbole de la culture mondiale. Le retour du fragment de l’Erechteion aujourd’hui, nous permet de croire encore davantage sur la dynamique de l’avenir et sur les perspectives optimistes pour la préservation et la protection de nos trésors culturels. Elle renforce notre foi dans l’assentiment, la collaboration et l’entraide mutuelle de tous les organismes culturels européens.

Mon optimisme se fonde, principalement, sur la cohésion forgée de la conscience des pays de l’Union Européenne, mais aussi sur les réactions œcuméniques pour le rapatriement des trésors culturels pillés.

Mesdames, Messieurs,

Le Ministère de la Culture de Grèce définit régulièrement et efficacement sa stratégie pour la préservation et la protection de son héritage culturel.

Nous restructurons nos services. La commission de conseils juridiques qui a été constituée au ministère de la Culture, a préparé le cadre légal pour la protection maximale de la Grèce contre les phénomènes de trafic d’antiquités. En même temps, elle proposera le remaniement des services du ministère de la Culture, de sorte à ce qu’il existe au sein du ministère de la Culture une Direction du Trafic d’antiquités, chargé du recensement, de la documentation et de la revendication des antiquités grecques, qui ont été enlevées illégalement de notre pays. Nous avons déjà mis en œuvre, et nous allons signer directement des accords bilatéraux de collaboration avec l’Italie et la Chine, pour la protection de nos trésors culturels, et la répression du trafic d’antiquités. Parallèlement, nous allons signer des mémorandums d’application de la convention de l’UNESCO avec les Etats-Unis et la Suisse.

Nous souhaitons et recherchons la collaboration des grands musées, qui adoptent en toute sincérité l’esprit de l’époque, sur la base des règles éthiques et légales. Nous oeuvrons avec vision, méthode et détermination, et nous avons récolté en un laps de temps record les premiers fruits.

Le succès des négociations avec le musée Getty de Los Angeles qui se poursuivent, le retentissement exceptionnel qu’a eu notre collaboration avec l’Université d’Heidelberg, le retour aujourd’hui du fragment de l’Erechteion, représentent seulement un début.

Nous considérons qu’il est de notre devoir de faire davantage. Nous sommes décidés à définir les bases et à défendre par tous les moyens légaux la protection de notre héritage culturel, qui est en même temps mondial. Le ministère de la Culture ne se calme pas. Nos objectifs sont grands, parce que nos responsabilités sont encore plus grandes.

Permettez-moi ici, de remercier encore une fois les journalistes grecs et étrangers pour le soutien qu’ils nous apportent et leur contribution indispensable dans notre effort national.

Mesdames, Messieurs,

Je veux exprimer mes remerciements à tous ceux qui ont travaillé pour le résultat d’aujourd’hui : Le Comité Suédois qui promeut la question de la restitution des Frises du Parthénon, mais également notre pays ami la Suède pour son soutien chaleureux à notre demande, la Directrice du Musée des antiquités de Méditerranée de Stockholm Madame Houby Nielsen pour sa médiation et son aide ainsi que notre ambassade en Suède.

Je remercie, également, tous ceux qui ont œuvré au ministère de la Culture, les Éphores de l’Acropole, et principalement l’Éphore honoraire des Antiquités Madame Alkisti Horemi, qui ont contribué avec détermination au retour du fragment de l’Erechteion.

Pour finir, j’exprime au nom de tous les citoyens grecs la gratitude et nos plus chaleureux remerciements à Madame Wiger Angner, pour sa décision de transférer la propriété du fragment au ministère de la Culture de Grèce. Son geste offre encore à l’opinion publique internationale un stimulus de sensibilisation pour le destin d’un monument unique de l’héritage culturel mondial, le Parthénon, et plus largement l’Acropole d’Athènes.

Madame Wiger Angner, à partir d’aujourd’hui votre geste non seulement honorera la Culture Grecque, mais invitera la communauté internationale à vous imiter.

Je vous remercie beaucoup


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