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Jeux Panhelléniques

 

 

Jeux Panhelléniques

Le culte rendu aux dieux s’exprimait notamment par d’importantes manifestations religieuses appelées fêtes. Les fêtes de l’antiquité, organisées pour commémorer quelque grande tradition mythique, comprenaient des processions, des sacrifices, des jeux athlétiques et des concours artistiques. Chaque ville organisait de nombreuses fêtes à caractère local, mais les Grecs honoraient tous ensemble leurs plus grands dieux dans le cadre de quatre grandes fêtes. Celles-ci, appelées jeux Panhelléniques, étaient les jeux Olympiques, Pythiques, Isthmiques et Néméens. Au début seuls les grecs d’origine et de condition libre pouvaient participer à ces Jeux. La conquête romaine fit perdre aux jeux grecs leur véritable signification, toutefois l’olympisme perdura jusqu’à l’avènement de l’empire chrétien (IV. siècle ap. J.C.).

La compétition n’était pas appréciée pour la seule performance des athlètes. Le concept de Jeux Panhelléniques a permis aux grecs si divisés de trouver une certaine unité grâce à un idéal commun. Une unité morale a ainsi perduré durant de longues années, l’unité de civilisation a été fortifiée par un esprit de compétition engageant le prestige des athlètes et de leurs cités par le biais de concours athlétiques ainsi que des joutes musicales, poétiques, rhétoriques ou philosophiques. Le sport qui contribuait au rayonnement des cités, était également associé aux activités de l’esprit dans le programme d’éducation du citoyen, l’éphébie. Ce terme vient de celui d’éphebos qui désigne le jeune homme, ce cycle d’étude était en effet destiné aux jeunes aristocrates mais à l’époque hellénistique les jeunes filles fréquentent la palestre à l’instar des garçons. L’éphébie, sorte de service militaire sanctionné par un concours final vise pourtant à l’élitisme et à l’hellénisation. Elle représente jusqu’au IV siècle ap. J.C. un enseignement supérieur de gymnastique où le sport, complété par de la philosophie, rhétorique et musique reprend les prérogatives de l’époque homérique. L’enseignement était assuré par des grammatistes et des citharistes qui enseignaient les lettres et la musique, le pédotribe quant à lui assurait la formation dans la palestre les corps des futurs soldats. Par cet enseignement complet, le jeune grec atteignait l’équilibre entre la beauté et l’esprit, idéal qui tendra à disparaître dès l’époque hellénistique.

Le chef du gymnase est choisi parmi les citoyens les plus riches et les plus influents. On compte sur lui pour construire les gymnases, payer les frais d’entretien et le traitement des professeurs. Le collège de Diogène à Athènes reste exceptionnel car l’éphébie est normalement assumée par l’état, des fondations privées aidant au financement des dépenses les plus lourdes, comme l’huile nécessaire aux exercices athlétiques. Chaque mois à dates fixes les éphèbes s’affrontent en public. Si les athlètes appartenaient généralement à de grandes familles, seules capables d’assurer les dépenses nécessaires à une préparation intense et coûteuse, bientôt les villes entretinrent elles-mêmes de jeunes champions de condition modeste : ce fut la première manifestation du sport étatisé.

Avec cet enseignement sportif de haut niveau se développe un professionnalisme sportif manifeste lors des Jeux Panhelléniques où les villes servent de «sponsors», achetant des athlètes à l’étranger, et où les athlètes réunis en corporations, accompagnés de leur entraîneur privé, surveillés dans leur régime alimentaire, sont rémunérés, acquérant s’ils gagnent des privilèges exceptionnels : dispense de l’impôt, maisons…

Au fil des siècles, la belle pureté originelle se dévoya et à partir du IV siècle av. J.C., la qualité des concurrents baissa tandis que les hommes de haut rang cédaient peu à peu la place à des mercenaires, l’idéal désintéressé disparut.

Ces jeux ne pouvaient se concevoir que dans un monde en paix. Les pèlerins et les athlètes ne pouvaient traverser pour accéder aux lieux sacrés des cités en guerre, c’est pourquoi des théores parcouraient 6 mois à l’avance le pays afin d’annoncer les jeux et une trêve s’instituait.

Les athlètes qui avaient remporté au moins une victoire à chacun de ces jeux recevaient le titre de périodoniké : vainqueur aux quatre grands jeux. L’un des plus célèbres périodoniké est Milon de Crotone, il fut périodoniké six fois, il gagna six victoires olympiques consécutives en lutte (de 552 à 532 v. J.C.) et remporta en outre six fois cette épreuve aux jeux Isthmiques, dix fois aux jeux Pythiques et neuf fois aux jeux Néméens, palmarès ahurissant et jamais inégalé jusqu’à nos jours.

Jeux Pythiques

Les jeux Pythiques se déroulaient à Delphes tous les quatre ans, ils étaient les plus importants après ceux d’Olympie.

Après son arrivée sur le mont Olympe, le premier soin d’Apollon fut de fonder un oracle, afin de révéler aux hommes les décisions et les désirs de son père, Zeus. Il quitta donc l’Olympe et après avoir visité plusieurs sites, il s’arrêta près de la ville de Krissa au pied du Mont Parnasse, montagne sauvage et boisée. Il traça les limites de son sanctuaire, qui devait devenir par la suite l’un des lieux sacrés les plus importants de la Grèce. Selon la tradition, la région appartenait à la déesse Gé, qui avait le don de prophétiser. Son sanctuaire était gardé par le serpent Python que dut tuer Apollon pour prendre la place de Gé, d’où le surnom de Pythios attribué au dieu et de Pythia attribué à la prêtresse de l’oracle. Après cela, Apollon se rendit à Tempé pour laver la souillure de son crime. C’est pour commémorer cet événement qu’avaient lieu à Delphes, tous les huit ans, des fêtes lyriques appelées Pythia.

A partir de 582 av. J.C., le conseil de l’amphictyonie qui gouvernait le sanctuaire de Delphes, une importante ligue religieuse des Etats grecs, décida qu’ils se dérouleraient tous les quatre ans en commémoration de la victoire en 590 av. J.C. des cités de la ligue dans la guerre contre Krissa après que cette ville eut exigé de prélever un droit de péage sur les pèlerins se rendant au sanctuaire de Delphes. Dès lors, au concours de composition poétique qui permettait de récompenser le meilleur hymne à Apollon accompagné à la cithare, s’ajoutèrent des épreuves athlétiques, gymniques et équestres (courses de chars) mais aussi des concours dramatiques. Toutes les villes grecques participaient à ces jeux, qui jouissaient d’une grande renommée. Selon la tradition le premier vainqueur de ces jeux fût le Crétois Chrysothemis. Ils se sont très certainement achevés en 394 ap. J.C.

Les jeux Pythiques duraient six à huit jours. Le programme commençait par des processions et des sacrifices, suivis de manifestations artistiques comprenant des concours de cithare, de flûte, de dithyrambe et de drame. Les jeux athlétiques étaient copiés sur les jeux Olympiques et comportaient les mêmes épreuves. Le vainqueur recevait une couronne de laurier cueilli sur le laurier sacré de la vallée de Tempé, et jouissaient d’honneurs et de privilèges. Il avait le droit de dresser une statue à son effigie dans l’enceinte sacrée de Delphes, à l’intérieur ou à l’extérieur du temple d’Apollon.

Les jeux commençaient et finissaient par une cérémonie religieuse. Les jeux musicaux et dramatiques avaient lieu dans le théâtre de Delphes, les épreuves d’athlétisme dans le stade et les épreuves équestres à l’hippodrome. Selon les récits d’auteurs antiques, les jeux se déroulaient comme suit : le 1er jour les jeux musicaux, les 2e, 3e et 4e jours les jeux athlétiques, les 5e et 6e jours les épreuves équestres. Durant les jeux, la consommation d’alcool était interdite pour les concurrents. Les épreuves d’athlétisme étaient constituées de la course de stade (stadion), course de fond (dolichos), course en armes (hoplitodromos) et le pentathlon (course de stade, saut en longueur, lancer du disque et du javelot et lutte).

Le stade de Delphes était installé sur une esplanade artificielle entourée d’un bois de pins. Sa construction remonte à la fin du IVe siècle av. J.C.. Au IIIe siècle av. J.C., il comportait des gradins sur trois côtés, au Sud les gradins de terre étaient soutenus par un mur en remblai et au Nord ils étaient incorporés à la roche, l’extrémité occidentale formait un hémicycle, une tribune d’honneur était aménagée dans la partie Nord. Au IIe siècle av. J.C., Hérode Atticus le dota de gradins en pierre et d’une porte monumentale. Il pouvait accueillir 7000 spectateurs. La largeur était de 25,50m et la longueur initiale de la piste était de 178,35m elle fût raccourcie à 177,41m (soit 600 pieds romains) à l’époque romaine.

Le gymnase fût construit vers 330 av. J.C. sur des installations préexistantes. Les athlètes s’y entraînaient avant les épreuves publiques du stade. Le gymnase était également le lieu où se formait, tant au plan physique qu’intellectuel la jeunesse de la ville.

Sur la terrasse supérieure se trouvait une longue galerie couverte, le xyste, large de 7m, adossée au mur de soutènement, et une piste, la paradromis, qui lui était parallèle. Cette piste découverte était destinée à l’entraînement à la course, tout comme le xyste, qui protégeait les athlètes du soleil ou des intempéries. La terrasse inférieure supportait la palestre, affectée aux lutteurs, qui comprenait également des salles de repos ainsi que le loutron, un établissement de bains disposé autour d’une piscine circulaire.

Jeux Isthmiques

Ces jeux, organisés en l’honneur de Poséidon, avaient lieu dans le sanctuaire d’Isthmia, à Corinthe tous les quatre ans puis à partir de 581 av. J.C. tous les deux ans. La tradition veut qu’ils aient été institués par le héros athénien Thésée, qui voulait se mesurer à Héraclès, fondateur des Jeux Olympiques. Cependant, d’après Pausanias, ils auraient été dédiés à l’origine à un héros local, Mélicerte-Palémon, fils du roi Athamas. Il semble que cette version ait été présentée par les Corinthiens, qui administraient le sanctuaire et préféraient que le héros honoré fût un de leurs citoyens. Le mythe mentionnant Thésée comme fondateur des jeux était une invention des Athéniens, qui essayèrent de cette manière de supplanter Corinthe, leur éternelle rivale.

Les jeux Isthmiques furent réorganisés en 582 av. J.C. sur le modèle des jeux Olympiques. Ils prirent tout de suite un caractère panhellénique et une trêve y était observée entre les cités participantes (« libations isthmiques »). Outre les jeux athlétiques, ils comprirent, à partir du Ve siècle av. J.C., des concours de musique, de déclamation et de peinture. Les lauréats recevaient une couronne de pin, à l’exception d’une brève période, où, sous l’influence des jeux Néméens, on leur attribuait une couronne de céleri. Les épreuves d’athlétisme étaient constituées de la course de stade (stadion), course de fond (dolichos), course en armes (hoplitodromos) et le pentathlon (course de stade, saut en longueur (halma), lancer du disque (diskobolia) et du javelot (akontismos) et lutte).

Ces jeux, très appréciés par les Athéniens alors que les Lacédémoniens s’en tenaient le plus souvent à l’écart furent supprimés vers 130 ap. J.C.

Les spectateurs prenaient place sur de larges degrés sans siège sauf à la proedria (places d’honneur) où prenaient place les délégués ou théores. Le stade en marbre blanc laisse encore apparaître les couloirs et les 16 rainures gravées dans la pierre qui servaient de ligne de départ pour les athlètes. Aux alentours du temple de Poséidon, les athlètes vainqueurs aux jeux Isthmiques avaient le droit de dresser leur statue.

Jeux Néméens

Les jeux Néméens, célébrés à Némée en l’honneur de Zeus Néméen et d’Héraclès qui aurait étouffé de ses mains le lion du village de Némée au cours de ses douze travaux, furent tout d’abord organisés par la ville de Cléonae, puis par Argos. Leur fondation avait ses racines dans une légende locale se rapportant au roi de Némée Lycurgue. Un oracle avait prédit à celui-ci que son fils nouveau-né Opheltès deviendrait grand et fort à condition de ne pas toucher le sol avant qu’il ne sache marcher. Mais un jour, sa nourrice Hypsipylé oublia les instructions du roi et posa l’enfant par terre, sur des branches de céleri sauvage. Un énorme serpent qui passait par là le mordit et il mourut. Les fêtes funéraires organisées en l’honneur du jeune Opheltès furent ainsi à l’origine des jeux Néméens auraient été fondées en 1251 av. J.C. sur les conseils du devin Amphiaraos.

Fêtes funéraires, les «Néméa» qui avaient lieu tous les deux ans en juillet, furent instituées jeux panhelléniques en 573 av. J.C. Puis à partir du IVe siècle av. J.C., ils se déroulaient même plus souvent dans la cité argienne que dans le sanctuaire de Némée. Le site de Némée redevint prospère avec le retour des jeux vers 350 av. J.C. et resta important pendant plusieurs siècles. Les juges, qui portaient des vêtements noirs en signe de deuil, remettaient aux vainqueurs des couronnes de céleri sauvage qui était considérée comme la plante des morts.

Inspirés des jeux Olympiques, ils comportaient des exercices gymniques, des courses de chars et de chevaux, ils s’enrichirent plus tard de concours musicaux. Les épreuves athlétiques comprenaient la course du stade (stadion), la course de fond (dolichos), course en armes (hoplitodromos) où les coureurs portaient casque et bouclier sur une distance de 4 stades (contre 2 à Olympie), la lutte, le pangrate, le pugilat, le pentathlon (course de stade, saut en longueur, lancer du disque et du javelot et lutte) et le saut. Les athlètes concouraient sous trois catégories : les hommes, les adolescents et les enfants.

Au cours des premiers jeux, les vainqueurs connus sont : Eteocle pour le stade, Polynikis pour la lutte, Tudeus pour le combat, Amfiaraos pour le saut, Adrastos pour l’hippisme, Parthenopaios pour le tir et Laodokis pour le javelot.

Les jeux se déroulaient dans le territoire sacré du temple de Zeus Néméen sur lequel se trouvait un hippodrome et un stade.

Le stade d’une capacité de 40000 spectateurs avait une largeur de 22m à chaque extrémité et 27m au centre et une longueur de 177m. La ligne de départ marquée par des pierres supportait le mécanisme en bois qui servait à donner le signal de départ aux concurrents. Treize couloirs de courses étaient prévus. Les concurrents, les entraîneurs et les juges entraient dans le stade par un bâtiment orné d’une colonnade sur trois de ses côtés intérieurs. C’est là aussi que les athlètes se préparaient pour la compétition avant d’accéder au stade par un passage voûté long de 36m et large de 2,10m. Le nom des vainqueurs et de jeunes athlètes étaient gravés sur les murs.


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Dernière modification : 11/02/2015