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Kalikantzari

 

 

illustration de Maria Theiopoulou

(extraite de son livre 

"Mylonas et les Kalikantzari)

Les Kalikantzari

Kalikantzari, quelles créatures se cachent derrière ce nom mystérieux ?

        Ce sont des esprits démoniaques. Ils sont décrit comme étant noirâtres, très laids et très maigres. Extrêmement grands ou parfois très petits, selon les légendes, ils ressemblent à des nains aux visages sombres et aux cheveux longs et raides. Leurs ongles sont crochus, sales et d’une longueur égale à la taille de leurs mains. Leurs pieds sont de travers et quand ils marchent, ils semblent boiter. Ils portent des chaussures faites d’une semelle en bois ou en fer, ressemblant ainsi à des pieds de bouc. Ces esprits, habillés de vieilles guenilles et même parfois nus, portent un bonnet en poil de cochon sauvage.

D’où viennent-ils ?

        Les récits relatant les exploits des Kalikantzari remontent à des temps très éloignés.

        Les Anciens croyaient que les âmes trouvaient la porte de l’Hadès ouverte, en profitaient pour monter dans le monde d’en haut et courraient partout sans contrôles ni interdits.

        Beaucoup plus tard, les Byzantins fêtaient la Douzaine en musique, chansons et mascarades. Les hommes, le visage masqué, en profitaient pour commettre toutes les vilenies possibles en faisant preuve de beaucoup d’audace et sans éprouver la moindre honte. Ils importunaient les gens sur les routes, envahissaient les maisons et chamboulaient les ménagères. A ceux qui avaient fermé portes et fenêtres, ils réclamaient des saucisses et des gâteaux afin de les épargner. Cependant, ils trouvaient toujours un moyen pour pénétrer dans les maisons même s’il fallait pour cela passer par la cheminée. Cela durait douze jours jusqu’à l’Épiphanie où avec la grande bénédiction tout s’arrêtait et les hommes se calmaient.

        Au fil des années, des croyances restées vivaces et de l’imagination populaire sont nées des créatures forcenées que l’on appelle les Kalikantzari.

        Selon la tradition, de Noël à l’Épiphanie, on les voit apparaître dans les campagnes, sur les routes et dans les maisons. Ils surgissent des entrailles de la terre où, durant l’année entière, en jalousant le monde d’en haut, ils emploient tous leurs efforts pour tenter de scier les colonnes en bois qui soutiennent la terre afin qu’elle s’effondre. Et au moment où ils touchent au but, Noël arrive, le Christ naît, et miraculeusement le bois se reconstitue, alors, fous de colère, ils s’enfuient et envahissent la terre pour tyranniser les gens.

images extraites du livre de Vasso Psaraki, Le grenadier de Noël

Que font-ils ?

        Ils se livrent à toutes sortes de folies. Ainsi, les Kalikantzari courent les chemins, grimpent sur les toits et entraînent les humains qui ont commis l’imprudence de sortir en pleine nuit et les obligent à danser jusqu’à l’épuisement. Si par malheur, ils réussissent à s’introduire dans une maison par la cheminée, au cours de danses diaboliques, ils cassent la vaisselle et gâtent les plats préparés. Voilà pourquoi, les humains calfeutrent les conduits de cheminée et y font également brûler de l’encens parce que les Kalikantzari n’en supportent pas l’odeur.

        On accuse les Kalikantzari de provoquer tous les maux survenant dans la maison pendant cette période. Sorte de Père Fouettard, les mères menacent les enfants désobéissants de laisser entrer les Kalikantzari pour qu’ils les emmènent avec eux.

        Par exemple, on peut raconter l’histoire rapportée par une femme. À la veille d’un Noël, alors qu’elle avait achevé la préparation de ses gâteaux, elle s’aperçut que la nuit était tombée. Elle avait été abusée par la lune car selon le dicton « Avec la lune de janvier, la nuit,  il fait presque jour ». Elle courût tout de même réveiller ses enfants afin qu’ils aillent porter les gâteaux à cuire chez le boulanger. Les enfants se levèrent et se mirent en route mais l’aurore tarda à se lever et soudain au détour d’un croisement, ils entendirent des rires et des voix. En un instant, les Kalikantzari envahirent la rue, s’emparèrent des moules et renversèrent leur contenu sur le sol en dansant diaboliquement. À l’heure du chant du coq, les Kalikantzari épuisés abandonnèrent les plats sur les toits des maisons et s’enfuirent en tirant leurs langues rouges comme les flammes de l’enfer et en agitant leurs queues comme des soufflets. Les enfants évanouis n’avaient aucune force pour se relever, on les secoua et les aspergea d’eau bénite. Ils reprirent leurs esprits et racontèrent leur malheureuse rencontre avec les Kalikantzari. Après leur récit, plus personne n’osa s’aventurer au dehors à la nuit tombée, durant cette Douzaine de jours.

Comment les empêcher d’agir ?

        Chaque région de Grèce possède ses propres méthodes afin de se protéger des Kalikantzari. Ici, on suspend aux portes des passoires, ainsi, les Kalikantzari attirés vont commencer à compter les trous, et absorbés par leur tâche, la nuit s’écoulera et le jour se lèvera sans qu’ils n’aient eu le temps de commettre leurs forfaits. Là, les maîtresses de maison tentent d’amadouer les Kalikantzari en accrochant dans la cheminée, la veille de Noël, une saucisse puis la veille de l’Épiphanie elles disposent sur les toits, des gâteaux qu’elles ont spécialement préparé pour les Kalikantzari. Ailleurs, les maîtresses de maison laissent à l’intention des Kalikantzari une assiette pleine de gâteaux et de miel, dans l’espoir qu’ils restent coller dans le miel. En d’autres endroits, les habitants brûlent de vieilles chaussures dans les cheminées, une épaisse fumée se dégage qui tient éloigner les Kalikantzari de la maison ou bien encore, les hommes jettent du sel dans les flammes qui en crépitant effrayera les Kalikantzari.

(Sources : Mme Kontou, Mme Anastassia Lykou-Rossi ainsi que Mme Georgia Tarsouli)


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Dernière modification : 05/01/2017