Garde Présidentielle - Les Evzones

 

Garde présidentielle - Uniforme d'Euzone (à gauche) et d'officier (à droite)

Les Evzones avec leur tenue traditionnelle sont devenus un emblème de la Grèce. Leur origine remonte à l’Antiquité, le nom evzone fait son apparition pour la première fois dans les épopées d’Homère. Ce mot désignait de grands soldats très bien entraînés, aux capacités d’adaptation remarquables. Près de 2.000 années plus tard, les evzones serviront leur patrie durant la Guerre d’Indépendance de la Grèce contre l’empire Ottoman et deviendront la figure incontournable du soulèvement national. 

Au 20e siècle, ils se distingueront par leur courage durant les conflits balkaniques et les deux guerres mondiales. Après la Seconde Guerre Mondiale, les régiments d’Evzones furent réorganisés et refondus en unités d’infanterie modernes dans le cadre de la modernisation des Forces armées du pays.

La Garde Présidentielle (les Evzones) a été fondée le 12 décembre 1868 en tant que force de combat et de cérémonie, elle est, depuis lors, cantonnée dans la même caserne située à proximité de l’actuel Palais Présidentiel (ancien Palais Royal) rue Hérode Atticus et a été nommée en l’honneur de Georges Tzavellas, chef d’armes de Souli et héros de la guerre d’Indépendance de 1821.

Aujourd’hui, les Evzones forment l’unité d’élite qui veille sur le Parlement et le Palais présidentiel et assure la garde d’honneur au Président de la République et aux Chefs d’État étrangers. Une de leurs missions est d’assurer la garde 24h/24 du Tombeau du Soldat Inconnu qui se trouve place Syntagma devant le Parlement. La relève de la garde est un ballet savamment chorégraphié dont on ne soupçonne pas la difficulté, en effet l’uniforme des evzones pèse une vingtaine de kilos. 

Enfin, les Evzones, chaque dimanche en fin d’après-midi, montent en haut du rocher sacré de l’Acropole pour amener le drapeau national.

 

L’uniforme des Evzones, tel que nous le connaissons aujourd’hui, était déjà porté par des gens d’armes et des klephtes (bandits-rebelles), comme en témoignent des tableaux de la période de l’occupation ottomane (1453-1821). Après la révolution de 1821, la tenue de l’Evzone s’impose officiellement en tant qu’uniforme national de tous les chefs d’armes et combattants de la révolution.

Pour devenir evzone, le soldat doit mesurer plus de 1m87 et supporter la formation et les conditions difficiles notamment météorologiques ainsi que l’immobilité et le silence imposé.

 Si les evzones sont importunés durant leur garde par quelqu’un ou ont un problème, le garde tape discrètement son arme sur le sol appelant ainsi son supérieur. Toute communication orale étant proscrite, le garde répond aux questions de son chef par des clignements d’yeux (1 pour oui, 2 pour non et 3 pour je ne sais pas).

L’habillement fait aussi partie du cérémonial, des gestes ancestraux toujours accomplis avec son binôme, chacun aidant l’autre à revêtir les différentes pièces de l’uniforme en silence puisque dès qu’un Evzone commence à enfiler l’uniforme il est soumis au silence. Les binômes une fois constitués resteront ensemble jusqu’à la fin de leur service.

La confection d’un seul uniforme, intégralement fait à la main, nécessite 80 jours de travail aux couturiers et aux cordonniers. Il existe deux types d’uniforme, celui de l’officier et celui du soldat (l’evzone), et il en existe une version d’été et une d’hiver.  

Les couleurs de cet uniforme ont aussi leur signification, le rouge symbolise le sang versé à travers les siècles, le blanc évoque la pureté des intentions de ces soldats et la lutte du peuple grec.

L’uniforme est principalement composé d’un béret –fario- de feutre rouge, au gland de soie noire; d’une chemise, blanche, aux manches très évasées; d’un gilet, arborant des broderies faites à la main qui obéissent à un rare savoir-faire. Ces broderies aux fils blancs ou dorés reproduisent divers motifs de grande importance traditionnelle et ethnographique; d’une jupe, la fustanelle, coupée dans 30 mètres de tissu blanc aux 400 plis symbolisant les 400 années d’occupation ottomane; d’une ceinture de galons frangés aux cordons bleu ciel et blancs, les couleurs du drapeau national; de hauts-de-chausse, long pantalon rouge pour les officiers et collants en laine blanche pour les Evzones; d’un ceinturon à cartouchière et de fixe-chaussettes, noirs pour les Evzones, bleus pour les officiers. Les officiers portent les stavalia (bottines) rouges et le sabre de 1821.

Le sabre était un élément indispensable de l’armement des combattants grecs de 1821. Il s’agit d’une arme à lame allongée et courbée, de type oriental, au tranchant concave et à la pointe recourbée. La poignée est constituée de deux pièces de bois, dont l’extrémité inférieure est courbée, la surface est plane vers l’extérieur et l’intérieur. Le Garde le porte suspendu sur le flanc gauche grâce à une bandoulière en soie tissée, à  l’extrémité de laquelle est fixé un pompon en soie rouge qui symbolise le sang versé par les Grecs sur l’autel de la Liberté. 

Autre élément caractéristique de cet uniforme, les chaussures, appelées les tsarouchia, ces sabots si reconnaissables avec leurs pompons noirs. Ils pèsent plus d’un kilo et demi chacun, leurs semelles sont équipées d’une soixantaine de clous et d’un fer à cheval au talon afin d’éviter les glissades. Les pompons avaient quant à eux une double fonction, la littérature populaire rapporte qu’ils dissimulaient un objet tranchant utilisé durant les corps à corps pour neutraliser l’ennemi plus rapidement et étant en laine ils permettent de garder les pieds au chaud en hiver.


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Dernière modification : 11/02/2015