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Lundi Pur

 

 

Après avoir festoyé pendant toute la période du carnaval, la période du Carême orthodoxe débute le jour de la Kathari Deftera, littéralement « Lundi pur ». Ce premier jour de Carême est appelé Lundi pur parce que, jadis, les ménagères passaient la matinée à laver les ustensiles de cuisine et à nettoyer leur cuisine après les préparations des repas de carnaval. Le jour du Lundi pur marque la préparation à une période de jeûne qui durera 40 jours. A cette occasion, les amis se regroupent pour se rendre à la campagne, à la montagne ou au bord de la mer, et là, on dresse la table pour déguster salades fraîches, oignons frais, radis, poulpe grillé ou en ragoût, olives, taramosalata, dolmades (feuilles de vigne farcies), haricots blancs, pommes de terre bouillies, le traditionnel lagana (pain plat sans levain, cuit uniquement ce jour-là). 

traditionnel lagana

Le ciel s’emplit ce jour là de cerf-volants multicolores que petits et grands prendront plaisir à faire voler, les adultes fêtent l’événement un verre de vin à la main.

Dans de nombreuses communes, les mairies organisent de grandes réunions où l’on déguste une traditionnelle soupe aux haricots blancs cuisinée dans de gigantesques marmites accompagnée du lagana et de quelques olives et d’une tranche de halva. Et comme partout en Grèce, le vin coule à flots.

Les Orthodoxes pratiquants entament alors une période de jeûne qui durera les 40 jours du Carême et se prolongera le temps de la Semaine sainte, soit un total de 47 jours. Ce jeûne appelé nistia obéit à des règles très strictes. On ne consomme aucun produit d’origine animale (viandes, volailles, poissons) parce qu’ils contiennent du sang, ou dérivés de l’animal (œufs, lait, fromages). Ceci a donné lieu à l’élaboration d’une cuisine maigre mais variée, et aux saveurs exquises comprenant surtout des féculents (lentilles, haricots blancs), des légumes de toutes sortes, des mollusques et des crustacés (poulpes, sèches, calamars, crevettes…). Il faut cependant insister sur le fait que cette nistia est exempte de tout esprit d’exagération, d’intolérance ou de prosélytisme, et que chacun est libre d’adapter plus ou moins souplement ces règles à sa convenance. Jeûner ne relève en rien d’un esprit de privation ou de mortification, mais participe plutôt d’une volonté de s’élever au dessus des contingences matérielles qui peuplent notre quotidien, pour se consacrer plus librement au recueillement, à la prière et à la réflexion. Ce jeûne sera rompu à deux reprises, le jour de l’Annonciation, le 25 mars, qui de plus coïncide avec la commémoration du début de la insurrection contre les Turcs et le jour des Rameaux ; en raison de l’importance religieuse de ces fêtes, on consomme exceptionnellement du poisson.

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Un « chameau » traverse le village

Village de Kaina, municipalité de Apokoronou (Crète)

Une coutume, dont les origines remontent à la nuit des temps, se répète chaque année le jour du Lundi pur, dans le village de Kaina, municipalité de Apokoronou (Crète). Les villageois participent à la survivance de cette coutume, de bon matin ils participent à la préparation de la fabrication du chameau mais aussi des griffonnages. Les enfants se réunissent dans une maison et s’entraident pour préparer leurs costumes originaux.

La veille, les adultes qui aident à la fabrication du chameau, rassemblent les différents matériaux nécessaires. Aux alentours de 10h00 le matin, ils se rassemblent sur une place pour le préparer. Le Chameau est une coutume Dionysienne et a fait sa réapparition au 19e siècle. Il est fabriqué à l’aide d’un support en bois, deux paniers pour figurer les bosses, une « paletsa » (grande toile en nylon servant pour la récolte des olives) et le crâne d’un âne. Une ficelle passée dans une poulie fixée dans le palais permet d’actionner la mâchoire. Les yeux sont figurés par deux clémentines peintes et il est revêtu de peaux de lapins. Dans le corps du chameau prennent place trois personnes, une s’occupe de la tête, les deux autres à l’aide des deux paniers figurent les bosses.

Quand tout est prêt, le chameau entame son tour à travers les rues pour finir sur la place du village. Il est suivi par les villageois déguisés dont les costumes sont pour la plupart taillés dans des peaux de moutons. Les festivités se poursuivent jusque tard dans la nuit au son des musiques traditionnelles crétoises.

 

Le « bourani » de Tyrnavos

Le carnaval dans la région de Larissa s’achève le Lundi Pur avec la cérémonie du « bourani », les festivités du carnaval à Tyrnavos remontent à 1898.

Le Carnaval est célébré d’une façon originale et audacieuse. Après avoir fait l’objet de nombreuses interdictions par le passé, cette cérémonie a finalement été instaurée en 1980. Le « bourani » est un rituel phallique carnavalesque. Les habitants de Tyrnavos célèbrent chaque année la nature, fêtent la fertilité de la terre et la remercient pour ses fruits.

Dans la tradition ancestrale, seuls les hommes participaient à cette coutume. Le Lundi Pur, les habitants de Tyrnavos déguisés se rendaient au lieu-dit « Prophète Ilias ». Sur l’esplanade, ils posaient sur des tables différents mets et ils remplissaient de vin une grande bouteille en forme de phallus. Puis ils préparaient le « bourani » d’origine turque, sorte de bouillie, pour sa préparation il faut des épinards, des orties, de la farine, un peu de vinaigre mais pas d’huile.

La fête commençait avec les hommes qui tenaient entre leurs mains des phallus en bois ou en argile, symbole rituel principal. Depuis les années 1970, les femmes participent activement à tous les rituels de la cérémonie.

À Tyrnavos, les manifestations organisées pour le carnaval durent un mois et prennent fin en apothéose avec le « bourani ». Habitants et visiteurs se mêlent pour ne former qu’un seul groupe, dans un mélange de déguisements chatoyants, au rythme de la musique et de la danse, le vin et le raki coulant à profusion.

Le carnaval est une succession de riches représentations théâtrales et de manifestations culturelles, il s’achève par le défilé de chars du Lundi Pur.

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La guerre de la farine - Galaxidi  

Le carnaval est plein de couleur et de vie à Galaxidi. La coutume la plus typique de cette période se déroule le Lundi Pur où sur les places et dans les rues brûlent des feux de joie, les gens mangent en écoutant de la musique et en dansant. Et surtout, ce jour-là, a lieu la guerre de la farine, coutume qui a vu le jour en 1801. A cette période, malgré l’occupation ottomane, les habitants attendaient le carnaval pour s’amuser et danser en cercles. Un cercle pour les hommes, un cercle pour les femmes. Ils portaient des masques ou se barbouillaient le visage avec du charbon de bois. Plus tard, se sont ajoutés la farine, l’indigo, le cirage et l’ocre

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Vlahikos Gamos - Thiva 

Chaque Lundi Pur se déroule le «Vlahikos Gamos» («Mariage Paysan»). C’est une coutume qui date de 1830 et perdure jusqu’à nos jours, il semble que ce mariage soit une résurgence de la tradition dionysiaque des bergers du Pinde. Le spectacle est impressionnant, le cortège nuptial est en haut en couleurs et est accompagné par des tambours et des cornemuses… Les festivités commencent le «tsiknopempti» et s’achèvent le dernier week-end du Carnaval.

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La trata - Skyros

L’autre manifestation organisée le dernier dimanche du carnaval est la «trata» (chalutier), il s’agit d’une représentation de la vie maritime animée par les habitants, en majorité des pêcheurs, qui par le biais de la déclamation de vers décrivent de manière satirique la vie sociale en Grèce et les informations, déclenchant l’hilarité des spectateurs. Presque tous les skyriani vêtus du costume traditionnel se réunissent sur la place du village pour chanter et danser.

vidéo

 

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Messénie

Les fêtes du carnaval remontent aux premières années après la libération du joug ottoman et elles revêtent un fort caractère traditionnel. Le dernier dimanche, veille du Lundi Pur, appelé «Tirofagou» (mangeur de fromages) des groupes costumés défilent dans les rues accompagnés par des fanfares, feux de joie, costumes colorés, danses, musique et vin sont également à l’honneur. Le soir, les habitants allument des feux dans différents quartiers de la ville, autour desquels les gens dansent et font ripaille jusqu’au matin. Le Lundi Pur, le matin, des enfants simulent l’un des moments les plus importants de leur histoire la pendaison de Mère Skyrou par Ibrahim Pacha. Après cette reconstitution les habitants peuvent se pendre à cette fausse potence. Le soir, des défilés de majorettes et de chars ont lieu, grands et petits défilent eux-aussi déguisés, des groupes folkloriques et musicaux participent aux réjouissances.

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Lamia : La danse du chameau et le défilé de chars

Le chameau donne le ton au carnaval de Lamia, fabriqué avec différents matériaux mais décoré avec des tissus qu’apportent deux personnes continuellement. Le cortège démarre à Aghious Theodorous où le chameau est préparé, accompagné de danses et musique. Au défilé de chars le Dimanche de Carnaval il occupe la première place dans les rues principales de la ville. Le jour du Lundi Pur il reprend ses quartiers à Aghious Theodorous où il se lance dans une danse traditionnelle avant d’être sacrifiée par le premier danseur mettant ainsi un terme à la période du carnaval.

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Nea Magnisia (Lamia) : Mariage neomagnisiotikos  

Après 1929, les réfugiés d’Asie Mineure rencontrent les Roumeliotes et une nouvelle réalité se crée.

Le mariage neomagnisiotikos, chaque Lundi Pur, décrit magnifiquement, au moyen de dialogues, la plupart du temps, fantastiques et drôles cette nouvelle réalité. Il décrit l’accueil initialement hostile des habitants envers les réfugiés d’Asie Mineure, les mariages entre réfugiés et habitants, leur enracinement et leur intégration.

La période où le mariage se déroule, se situe dans la deuxième décennie après la catastrophe d’Asie Mineure. Les costumes qui sont utilisés cependant, ne correspondent pas à cette période, se sont des costumes traditionnels (Roumeliotes et d’Asie Mineure) pour symboliquement accentuer la différence.


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Dernière modification : 23/02/2017