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Pâques en Grèce

 

 

GREEK ORTHODOX EASTER   

(Greek News Agenda 21/04/08)

Considered the most important holiday on the Greek calendar, the celebration of Orthodox Easter (Pascha, Greek: Πάσχα) is unique in almost every corner of Greece. Special traditions mark not only the mourning of Christ’s Crucifixion and the celebration of Resurrection, but also the passage from winter to spring.

The uniqueness in celebrating Easter the traditional Greek way lies more in the week leading up to the event (Holy Week) rather than the actual religious holiday.

The word "Pascha" derives from the Jewish "Pasah" which means "Passover". Jewish people celebrated "Pasah" to commemorate their liberation from the Egyptians and the passage of the Red sea.While in the ancient Greek years, Easter time coincided with the month of Anthesterion (the flowering month), a celebration of spring and the rebirth of vegetation. (plus...)


Les Fêtes de Pâques en Grèce

(sources : Tribune hellénique)

 

On célèbre les fêtes de Pâques depuis la nuit des temps. Le peuple juif commença à fêter Pâques en souvenir de sa fuite vers l’Egypte. Les premiers chrétiens continuèrent à célébrer ce jour saint et gardèrent le nom de « Pâques » en souvenir de la résurrection, symbole du passage de la mort à la vie. Ils conservèrent ainsi certaines coutumes juives : l’agneau pascal et la tradition des œufs peints en rouge. Célébration de la Résurrection du Christ, de la victoire de la vie sur la mort, qui coïncide de manière significative avec cette éternelle renaissance de la nature qu’est le printemps, Pâques est, pour les Orthodoxes, la fête religieuse la plus importante et la plus émouvante, un des moments les plus forts en Grèce.

Lundi pur

Après avoir festoyé pendant toute la période du carnaval, la période du Carême orthodoxe débute le jour de la Kathari Deftera, littéralement « Lundi pur ». Ce premier jour de Carême est appelé Lundi pur.

La célébration des fêtes pascales débute le samedi précédent la Semaine sainte, le jour de la Saint Lazare. A cette occasion, dans quelques villages, les enfants font du porte à porte en chantant des kalanda et ramassent de l’argent et des œufs. Le lendemain, les fidèles se rendent à l’église où leur est donné une croix bénie faite de rameaux qu’ils placeront près des icônes de la famille afin qu’elle les protège toute l’année. Le lundi suivant débute la Semaine sainte, Megali Evdomada, qui se déroule au rythme des cérémonies religieuses relatant scrupuleusement les évènements importants de la condamnation à mort du Christ jusqu'à sa Résurrection, destinées à préparer les fidèles à vivre la Victoire de la vie sur la mort, la Purification (catharsis) du monde ancien, et à accueillir la Lumière Nouvelle. Les Grecs assistent massivement aux cérémonies religieuses.

Le déroulement de la Semaine sainte

Le Lundi saint est consacré au nettoyage de la maison. On se prépare aux festivités prévues à la fin de la semaine.

Le Mardi saint, on assiste aux vêpres où se déroule la sainte-onction. Comme le Christ qui bénit le pain, l’huile et le blé, les trois éléments fondamentaux et vitaux, le prêtre bénit à son tour les fidèles avec de l’huile sainte.

Le Mercredi saint, les femmes confectionnent des biscuits secs, koulouria, ainsi que la brioche nationale, tsoureki, à l’occasion des fêtes pascales.

Le Jeudi saint correspond, dans les évangiles, au dernier repas pris par Jésus avec ses disciples avant son arrestation, jour du procès du Christ par Ponce-Pilate et de sa mise en croix. A cette occasion, le pain et le vin furent bénis. Le prêtre lit des extraits des douze évangiles et pendant l’office, il simule le parcours du Christ portant sa croix, effectuant ce trajet autour de l’église. Après la messe du jeudi soir, les femmes et les jeunes filles pieuses se rendent à l’église pour préparer, en vue de l’enterrement du Christ, un cercueil en forme de lit à baldaquin en bois, décoré d’une multitude de fleurs, «l’épitaphe», devant lequel les fidèles viendront s’incliner.

C’est aussi le jour où la maison est décorée avec soin et les œufs sont teint en rouge. En Grèce, les œufs teints en rouge font partie intégrante de la tradition pascale et ont gardé leur importance ; ils sont présents dans tous les foyers. On place souvent au centre des brioches, tsourékia, un œuf peint en rouge. Dans certains villages, on accroche aux portes des maisons un voile rouge, symbole des vêtements du Christ. 

On offre aux enfants une lambada, cierge de couleur décoré en général d’un petit jouet, avec laquelle ils recevront la Lumière en annonçant la Résurrection du Christ.

Une paire de chaussures et une tenue neuve sont également les cadeaux traditionnels des parrains à leurs filleuls.

Le Vendredi saint, jour de deuil, les chrétiens commémorent la passion et la mort du Christ par « l’adoration de la croix ». Ce jour est celui du jeûne austère : personne ne mange de mets sucrés et le repas se compose de lentilles et de vinaigre, dont la signification respective sont les larmes du Christ et le vinaigre qui servait à humecter ses lèvres asséchées. On n’utilise ni marteau, ni clou ou aiguille, en souvenir du martyr du Christ. Après la messe de 11 heures, le Christ est descendu de la croix par le prêtre et il sera enveloppé dans un linceul. Le prêtre le portera sur son dos et pendant un rituel le tournera trois fois autour de l’autel. Les croyants grecs se prosterneront alors devant l’épitaphe et recevront la bénédiction en même temps que quelques brins de fleurs qu’ils conserveront tout au long de l’année en guise de porte-bonheur.

La Descente de Croix

milieu du XVIIIe s.

La Passion du Christ : le Christ mort soutenu par trois anges

Domenikos Theotokopoulos (El Greco) 1566

Le vendredi soir après l’office, chaque église sort son épitaphe, précédé de la croix de laquelle on a descendu le Christ, et entame une procession accompagnée par une fanfare qui joue un chant funèbre que l’on pourrait assimiler à une sorte de reconstitution symbolique de l’enterrement du Christ, laquelle sera suivie par une multitude de fidèles dans un recueillement intense. 

Tout au long de la procession, les fidèles jettent des fleurs et parfument l’épitaphe, tout en tenant dans leurs mains des cierges de couleur jaune-orange et en psalmodiant pendant toute la durée de la procession.

Le Samedi saint, à l’obscurité se substitut la lumière, c’est la grande messe de la Résurrection. La sainte Lumière arrive de Jérusalem par avion et est accueillie par l’archevêque de Grèce pour être ensuite distribuée dans toutes les églises de Grèce continentale et insulaire, les prêtres l’utiliseront lors de la messe de Résurrection

A minuit, le pope allume un cierge et apporte la Lumière en annonçant la Résurrection du Christ : « Christos anesti » (le Christ est ressuscité) et les fidèles massés devant l’église lui répondent : « Alithos anesti » ( en vérité, il est ressuscité) et les cloches carillonnent sans relâche. On bénit aussi l’eau qui devient à son tour eau nouvelle. Le cierge du pope sert lui-même à allumer les lambades (cierges pascaux) de couleur blanche des fidèles et les autres lumières de l’église, célébrant ainsi la sortie des ténèbres et le retour de la «Lumière» qui symbolise «la Vie éternelle, le renouveau, le pardon universel et la Rédemption». Les fidèles s’embrassent et un feu d’artifice clôture la célébration. Après l’office, tard le soir, les fidèles rentrent chez eux avec leurs cierges allumés. Avant de pénétrer dans leur demeure, ils tracent une croix à l’aide de la flamme de la bougie sur le linteau de la porte d’entrée puis allument la mèche d’une veilleuse espérant qu’elle restera allumée tout le reste de l’année. Enfin, on se retrouve à table autour de la mayiritsa, soupe d’entrailles d’agneau et de laitues, plat pascal par excellence. Au cours du souper après la sainte messe de samedi soir, les convives choisissent un oeuf pour le "tsougrisma". Une tradition qui consiste à tenir son oeuf en le laissant dépasser, et à le heurter sur celui d'un autre convive en réussissant à ne pas briser son extrémité. Celui qui réussit à garder son œuf intact aura de la chance toute l'année.

le "tsougrisma"

Le Dimanche pascal se déroule dans une ambiance bonne enfant, les familles se retrouvent autour de l’agneau pascal entier rôti à la broche. Le kokoretsi (abats d’agneau enveloppé dans un boyau), les koulouria et le tsoureki accompagnent ce méchoui des grands jours. 

Dès le matin, dans les jardins, les cours ou sur les trottoirs les hommes s’activent et se relaient mutuellement autour de l’agneau, tournant inlassablement la broche du barbecue en trinquant un verre de vin à la main.

En fin de journée, les fidèles assistent à l’office de la «seconde résurrection» : celle d’une résurrection symbolique de l’amour humain.

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Dernière modification : 22/02/2017