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Le site antique d'Olympie

   

Dans le bois sacré d’Olympie, appelé Altis (voir le plan), la vie apparaît dès l’aube des temps préhistoriques (2300-2100 av. J.-C.). De monumentales habitations voûtées aux fondations de pierre se dressent à côté de tombes, dont l’une –celle de Pélops – devient un centre de culte.

Puis, peu à peu, du VIIIe siècle à la fin de l’époque romaine, le sanctuaire boisé d’Olympie voit s’organiser le complexe d’installations sportives et de lieux de culte le plus significatif du monde antique.

Il ne reste actuellement des innombrables ex-voto qui ornementaient le site qu’une quantité réduite, exposée dans le Musée archéologique d’Olympie ; sur le terrain même, quelques restaurations seulement ont été tentées pour des monuments de grande taille, comme le temple d’Héra, la palestre et le passage couvert menant au stade. Il n’en reste pas moins que le visiteur est encore aujourd’hui saisi de respect devant la beauté, la richesse et la splendeur du paysage et des bâtisses qui l’agrémentaient.

L’Altis était entourée d’une enceinte, qui séparait les temples et les édifices religieux des bâtiments à usage profane.

L’Altis était orné de nombreux temples, autels et statues, et en son centre s'élevait le plus important d’entre eux, le temple de Zeus. Il avait été construit par l’architecte éléen Libon, grâce au butin fait par les Éléens dans leurs guerres contre Pisa et la Triphylie. C’est un temple périptère, de style dorique, long de 64,12 mètres, large de 27,68 mètres, avec six colonnes en façade, treize sur les longs côtés, et un plan tripartite parfaitement classique. Le bâtiment, accessible à l'est par une rampe, était en calcaire coquillier local et recouvert de stuc blanc, hormis les métopes, les frontons et les sculptures, qui sont en marbre. Dans chaque fronton se logeait un ensemble de statues en marbre d'une exceptionnelle qualité qui sont en grande partie conservées. Il devait sa renommée à la statue chryséléphantine du dieu qui siégeait à l’intérieur, sur un trône, situé au fond de la nef centrale de la cella, haute de 12 mètres, l’une sept merveilles du monde, réalisée en huit ans par le grand sculpteur Phidias, celui qui avait réalisé la statue gigantesque d'Athéna qui ornait l'Acropole d'Athènes. La statue de Zeus rutilait d'or et d'ivoire ce qui fit dire à un certain Philo de Byzantium (il s'agit de la colonie grecque où, par la suite, fut fondée Constantinople) que si la nature avait crée les éléphants ce n'était que pour permettre à Phidias de réaliser cette statue.  


L'Atelier de Phidias, où fut sculptée la statue chryséléphantine de Zeus. À l'époque paléochrétienne, une basilique fut dressée sur le même emplacement.


En dehors du temple de Zeus Olympien, un autre temple important de l'Altis, le temple d'Héra, était celui consacré à la femme du dieu, Héra, construit dès 650 av. J.-C.. Le temple, également périptère, de style dorique, avait primitivement un soubassement et des orthostates (c'est-à-dire les bases des murs) en calcaire, la partie supérieure des murs en brique crue, l'entablement et les colonnes en bois, le toit en tuile, les acrotères en terre cuite; selon Pausanias les colonnes en bois seront remplacées peu à peu par des colonnes en pierre. L'autel d'Héra se trouvait à l'est du temple. C’est dans la cella de ce temple qu’a été découverte, en 1877, la fameuse statue de l’Hermès de Praxitèle.


Le temple d'Héra est l'un des plus anciens exemples 

de ce type de construction en Grèce


À part ces édifices, le bois sacré contenait en outre les bâtiments suivants :

Le Mètrôon, est élevé au pied de la terrasse des trésors, temple dorique périptère (6 x 11 colonnes; 10,62 mètres x 20,67 mètres) datant du début du Ive siècle av. J.-C.. Le Métrôon est consacré à Cybèle, mère des dieux, avant d'être affecté, plus tard, au culte de Rome et d'Auguste.

Au nord-ouest de ce dernier, le Prytanée des Éléens, résidence des magistrats, construit en plusieurs étapes à partir du VIe siècle av. J.-C.. En son centre, se dressait l’autel de la déesse Hestia, où brûlait un feu perpétuel, et dans la cour à colonnade située à l’ouest, s’ouvraient des salles réservées aux officiels. Il renfermait l'Hestiatorion où était célébré le banquet offert aux vainqueurs des Jeux. 

Le Philippeion était un magnifique édifice circulaire en marbre, entouré de colonnes ioniques et couvert d’un toit conique qui se terminait par un grand acrotère à palmette. Sa construction fut entamée par Philippe II de Macédoine, après sa victoire à Chéronée, en 338 av. J.-C., en souvenir de ses victoires tant militaires que sportives. Il avait déjà remporté à l'époque plusieurs courses de chars. Il est probable que son fils Alexandre le Grand a supervisé l'achèvement de ce monument qui était décoré de statues représentant les membres de la famille royale de Macédoine. Le mur de l'Altis a été dessiné de sorte que le Philippeion soit intégré dans les limites du site sacré, ce qui souligne l'évidence, pour les Macédoniens, d'appartenir au monde grec.

Sur une terrasse située au nord, au pied du mont Kronion, s'alignait une rangée de petits édifices votifs en forme de temple consacrés par des Etats-cités ou de riches fidèles et désignés traditionnellement sous le nom de Trésors. De l'est vers l'ouest, trésors de Géla, de Mégare, de Métaponte, de Sélinonte, d'une cité non identifiée, de Cyrène, de Sybaris et d'Epidamne, auxquels s'ajouteront au Ve siècle, ceux de Byzance, de Syracuse et de Sicyone. Comme on peut le constater, ce sont surtout des villes coloniales qui ont dédié ces trésors, particulièrement soucieuses, sans doute, de manifester ainsi leur fidélité à l'hellénisme et aussi leur prospérité.  Les ruines des Trésors qui ont été mises au jour ont révélé une façade de style dorique.


La Palestre (IIIe siècle av. J.-C.) comprenait une cour centrale carrée, cernée de colonnades doriques. Elle était entourée de bains, vestiaires, parloirs destinés aux athlètes et à leurs entraîneurs.


Les autres édifices que l’on trouve en dehors de l’enceinte de l’Altis sont :

La palestre (IIIe siècle av. J.-C.), bâtiment à peu près carré (66,35 x 66,75 mètres) dont les pièces couvertes s'articulaient autour d'une cour péristyle, il comprenait aussi des installations de bain. Les lutteurs, les pugilistes et pancracistes s'entraînaient dans ce bâtiment situé à côté de Thermès, sur le fleuve Kladéos.

Au nord, la palestre était reliée au Gymnase, (environ 120x 220 mètres) espace découvert entouré de portiques sur ses quatre côtés. C’est là que se faisaient les entraînements sur piste, quand le temps le permettait. Il fut aménagé au IIe siècle av. J.-C., mais la porte monumentale aux colonnes corinthiennes qui le réunit à la palestre remonte plutôt à la fin de ce siècle.  


Le Gymnase (IIe siècle av. J-C.) vaste espace en plein air, entouré de portiques, il accueillait les athlètes qui s'entraînaient à la course et au pentathlon. Il n'en reste actuellement que les portiques sud et est.


Le Bouleutérion est construit au sud de l'altis, siège du conseil olympique, où les concurrents venaient prêter serment, avant les Jeux, de respecter les règlements en vigueur, sous peine de devoir verser une amende. Les parjures durent être assez nombreux, car nous savons par Pausanias qu'il y avait au pied de la terrasse des trésors, toute une série de statues en bronze, les Zanes, qui avaient été sculptées grâce au produit des amendes infligées aux athlètes fraudeurs ! Il servait également d'Hôtel de Ville, c'est là qu’étaient conservées les archives.

Le fameux stade, qui s’étend à l’est des Trésors, fut le plus grand de son temps avec ses 212,54 mètres de long et ses 28,50 mètres de large, et sa piste de 192,27 m (600 pieds d'Héraklès), il avait une capacité de 45 000 spectateurs, des dalles rainurées (appelées cippes) marquaient la ligne de départ. On accède au stade par un passage voûté doté d’un propylée hellénistique et datant de l’époque romaine.  


L'ancien stade d'Olympie.

vue côté départ.

La borne de virage (terma), la ligne de départ (valvis) et la place réservée aux Juges apparaissent au premier plan.

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L'entrée, appelée Crypte, par où les athlètes pénétraient sur le stade.


Au sud du stade se trouvait l’hippodrome, il atteignait une longueur totale de quatre stades (soit environ 780 mètres); il n'a malheureusement guère laissé de traces car il a été emporté par les crues du fleuve Alphée.  

Il y avait encore la villa et l’arc de Néron, 

l’atelier de Phidias qui fut transformé en basilique paléochrétienne au Ve siècle,

le Théokoléon, résidence des prêtres, 

et le Léonidaion, construit vers 330 par un architecte et mécène naxien, Léonidas, hôtellerie destinée aux visiteurs de marque, comportait 80 chambres. Monument à peu près carré (80,20 x 73,50 mètres) entouré d'une colonnade ionique, il sera quelque peu retouché plus tard pour servir de résidence aux dignitaires romains. 

 


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Dernière modification : 04/12/2012