Le Pirée,
30 décembre 2002
Dans l’éditorial
du journal Le Figaro du 27 décembre 2002, ayant pour titre
« La Grèce et les bateaux poubelles », l’éditorialiste M.
Jean-Marc Gonin prétend que « sous pavillon grec naviguèrent
longtemps les pires rafiots rouillés que l’on pouvait croiser dans les
ports du monde ». Cette allégation est aujourd’hui erronée
puisque :
La moyenne
d’âge de la flotte des pétroliers transportant du fioul lourd battant
pavillon grec est de 12 ans, tandis que pour la France elle est de 20 ans
et pour le reste du monde de 13 ans.
62% de la
flotte des pétroliers battant pavillon grec est à double coque, tandis
que pour la flotte mondiale elle représente seulement 35%.
En 2002,
les armateurs grecs ont commandé 235 nouveaux bateaux qui sont déjà en
construction.
La marine
grecque sert une navigation de qualité et applique toutes les directives
internationales et les règlements européens. Il est à noter que les
contrôles des bateaux réalisés sur la base du Paris MOU dans les ports
grecs ont atteint 29,5% tandis que dans les ports français ils se
chiffrent à 9%, l’obligation de contrôles s’élevant à 25%.
La
protestation concernant l’interdiction de passage dans la Zone
Économique Exclusive française du bateau grec « Kriti Filoxenia »
a été faite parce que ce navire est européen (grec), il a été
construit en 1986, il est donc âgé de 16 ans et est à double fond,
classifié catégorie CAP 1 avec enregistrement à la Lloyd’s Register
of Shipping, avec un certificat conforme de navigabilité. Un tel bateau
ne peut-être qualifié de « bateau poubelle » et c’est
pourquoi l’ordre d’éloignement qui lui a été intimé hors des
règles des conventions et du droit international en vigueur, a été
qualifié par le ministère grec de la Marine Marchande de
« exagéré ». Je dois également faire remarquer que si des
bateaux capables de naviguer sont exclus des ports français ou
européens, sur la base du nombre des navires à double coque disponibles,
il est certain que d’importantes pénuries de pétrole pour l’industrie
vont survenir vu que le commerce extérieur de l’U.E. est réalisé à
90% par voies maritimes.
La Grèce,
le 6 décembre 2002, après le catastrophique naufrage du
« Prestige » a approuvé et voté le Projet de Conclusions du
Conseil des Ministres du Transport de l’U.E. Sous sa présidence
européenne, la Grèce va promouvoir des décisions pour le renforcement
de la sécurité maritime et la protection de l’environnement. Ces
décisions doivent être prises conjointement par tous les états-membres
et non séparément.
Cordialement
Georges
Anomeritis
Ministre
de la Marine Marchande