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La Tribune
Le Premier
ministre socialiste de la Grèce lève la voix contre le FMI
La
Tribune.fr - 16/02/2011
En révélant le montant du
nouveau programme de privatisations de l'Etat grec, le FMI a soulevé de
nombreuses critiques à Athènes. Mais c'est le prix à payer pour faire
face à une hausse du poids de sa dette souveraine qui devrait représenter
plus de 150% du PIB cette année.
Le
Premier ministre grec, George Papandreou, n'a pas du tout apprécié que
des experts de la troïka - Commission européenne, Banque centrale
européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI), annoncent la
semaine dernière un programme de privatisations des entreprises
publiques grecques qui s'étalera d'ici 2015 et devrait rapporter 50
milliards d'euros. Ces derniers effectuaient leur troisième mission de
contrôle du déroulement des contreparties du plan d'aide de 110
milliards d'euros, consenti par les trois institutions, pour donner le
feu vert à l'octroi d'une nouvelle tranche.
Mardi,
selon la presse d'Athènes, le Premier ministre a tenu à rappeler que
"la Grèce ne vend pas sa terre" tout en précisant qu'en matière
de foncier, il s'agissait "d'exploitation du patrimoine
public" et qu'il ne fallait pas "confondre exploitation et
vente". Et pour marquer sa volonté politique, George Papandreou a
assuré que toute cession d'une part du foncier public devra faire au préalable
l'objet d'un vote positif du Parlement. Le parti socialiste (Pasok), sa
formation, y détient la majorité des sièges.
"Il
est clair qu'il y a un moment où un pays se cabre contre les
contraintes imposées par les créanciers, où le politique prend le
dessus sur la finance. La Grèce paiera ce qu'elle acceptera
politiquement de payer, et non ce qu'elle devra financièrement",
indique Maurice de Boisséson, chez Octo Finances.
Toutefois,
le ministre des Finances grec, George Papanconstantinou a entériné
l'annonce de la troïka. Mardi, dans le sillage des annonces du Premier
ministre, il rappelait qu'il n'y aurait pas de cession de foncier
public, citan notamment l'exemple de l'ancien aéroport, près d'Athènes,
pour lequel il était recherché un investisseur pour une concession de
30 à 50 ans.
Mais
le choc est rude pour une opinion grecque qui vit depuis plusieurs mois
sous un régime d'austérité économique, et à qui en novembre le
gouvernement avait annoncé un programme de privatisation de 7 milliards
d'euros. Car la marge de manœuvre est de plus en plus étroite pour
enrayer la spirale dépressive dans laquelle l'a entraîné le dérapage
des dépenses publiques ces dernières années.
Le redressement de la situation économique est en train de devenir de
plus en plus difficile, en particulier pour ramener le déficit public
sous la barre des 3% du PIB en 2014. En 2010, le gouvernement grec n'a
pas réussi à atteindre les objectifs qu'il s'était fixé. Selon les
chiffres de l'Office européen des statistiques (Eurostat), l'activité
s'est contractée de 1,4% au quatrième trimestre par rapport au troisième.
Sur un an, le recul atteint 6,6%. Selon les calculs de l'agence
Bloomberg, le PIB grec s'est contracté de 4,5% par rapport à 2009,
alors que le gouvernement visait - 4,2%. Et il devrait encore se
contracter de 3% en 2011, selon les prévisions de la Banque centrale
grecque.
La détérioration du climat social devrait également peser. En
novembre, le taux du chômage était officiellement de 13,9%. La Banque
centrale de Grèce dans son rapport annuel publié mardi prévoit la
poursuite de la récession en 2011. Elle indique que les revenus des
Grecs ont baissé en moyenne de 9% l'année dernière et l'inflation a
augmenté de 4,7%.
Seuls points positifs, souligne la banque centrale, la dévaluation
interne a rendu plus compétitif le coût du travail, qui a baissé de
3% en 2010, une tendance qui devrait s'accentuer de 2% cette année.
Dans le même ordre, George Papaconstantinou s'est félicité de la
reprise des exportations qui ont bondi mensuellement entre 20% et 40%
durant le dernier trimestre 2010. Sur l'ensemble de l'année, elles
progressent de 8% par rapport à 2009.
En
revanche, le fardeau de la dette souveraine va continuer à peser de
plus en plus. Il devrait représenter cette année plus de 150 % du PIB.
D'où les interrogations dans la communauté financière quant à la
capacité de la république hellénique à honorer ses échéances. «
La Grèce ne remboursera pas sa dette, tout le monde en est désormais
convaincu. La seule question est de savoir si elle restera dans la zone
euro. Pour qu'elle y reste, il faut que les Grecs acceptent la déflation
des prix et des salaires qui leur rendront leur compétitivité, et que
d'autre part la BCE accepte de financer massivement et très longtemps
les banques grecques puisque l'Etat grec n'en a plus les moyens. Ce sont
deux conditions très difficiles à satisfaire. Sortir de l'euro serait
plus confortable », assure Maurice de Boisséson.
Robert
Jules
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