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La Tribune
Le plan de
privatisations grec presque au point mort
L'accord du 21
juillet prévoit que la Grèce procède à 50 milliards d'euros de
privatisations d'ici 2013. Pour l'heure, peu de projets concrets
avancent. L'idée de créer une structure de défaisance sous contrôle
européen fait son chemin.
Faut-il
hâter le plan de privatisation grec et mettre en oeuvre une formule
plus radicale que celle qui a été adoptée le 21 juillet dernier ?
L'idée fait son chemin à Athènes où l'on est bien obligé de
constater que le processus de privatisation censé ramener 50 milliards
d'euros dans les caisses de l'Etat d'ici 2013 peine à se mettre en
place. Les obstacles sont à la fois politiques et techniques.
L'administration
tarde notamment à mettre en oeuvre les processus requis, notamment
concernant le portefeuille immobilier et foncier de l'Etat, évalué
voici deux ans à plus de 270 milliards d'euros. « Le gouvernement
avait prévu de réaliser 5 milliards d'euro de privatisation d'ici la
fin 2011, montant qui vient d'être revu à 4 milliards, lesquels ne
seront probablement pas atteints », confirme Michael Massourakis, Chief
Economist d'Alpha Bank. Des projets très en vue comme la privatisation
de l'ancien aéroport d'Athènes, comprenant quelque 6 millions de mètres
carrés de terrain au bord de la mer, «le plus bel ensemble foncier de
tout le bassin méditerranéen» insiste Michael Massouris, sont paralysés.
Du
coup, le projet Eureca, concocté par le groupe de conseil et dont la
Tribune avait révélé les grandes lignes, revient sur le devant de la
scène. Il consiste à placer un certain nombre d'actifs publics grecs
dans une structure de defeasance, gérée sous le contrôle de l'Union
Européenne. Pour ne pas perdre de longs mois en processus d'évaluation
de ces actifs, une valeur de 125 milliards d'euros y serait appliquée,
somme immédiatement mise à disposition d'Athènes pour diminuer le
fardeau de sa dette qui reviendrait ainsi à moins de 90% du PIB.
La
vente des actifs s'étalerait sur une dizaine d'années et une vingtaine
de milliards d'euros de fonds structurels européens seraient investis
immédiatemment pour les restructurer et en augmenter la valeur. Pour
Stefanos Manos, ancien ministre des finances, seule la mise en oeuvre de
ce plan, dans des délais très rapides, permettrait de déserrer l'étreinte
sur la Grèce et de lui laisser le temps de procéder aux ajustements
structurels dont elle a besoin. «Le gouvernement grec devrait prendre
une décision très vite sur ce plan» dit-il, cela coûterait beaucoup
moins cher au pays qu'une restructuration trop rapide de l'économie et
qu'une recapitalisation massive du secteur bancaire, que l'on ne
pourrait pas éviter si l'on fixait à 6O% le taux de dépréciation des
obligations grecques».
Pour
l'heure, aucune décision n'est prise, mais le plan Eureca fait l'objet
de discussions. Il aurait déjà été amendé sur un point sensible
pour les grecs: le gouvernement disposerait du droit de retirer de la
structure de defeasance tout actif qu'il souhaiterait récupérer, en le
payant à sa valeur de marché...
François Roche
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