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Les instances locales de gouvernement Par N. K. Chlepas Les instances
locales de gouvernement,
en Grèce, sont une tradition dont on retrouve des traces dès la fin du Moyen
Age. Pendant les années d’occupation étrangère, les "mécanismes
communautaires"
grecs contribuèrent de manière significative à la survie de cette nation. Au
début du XIXème siècle, les communes grecques, que les occupants
ottomans avaient tolérées, et auxquelles ils avaient, jusqu’à un certain
point, apporté leur soutien, avaient atteint un haut degré d’autonomie. Dans
la plupart des cas, ces communes étaient des entités quasi démocratiques,
qui, chaque année, organisaient des élections législatives pour choisir le
dirigeant de leur communauté. Le
rôle des communes, au sein des nations occupées de l’Empire ottoman, était
de guider et de responsabiliser politiquement les habitants. Elles devinrent,
par inadvertance, un obstacle majeur à la création d’un État grec unifié,
pendant la première république grecque de 1821-1832. Le gouverneur Jean
Capodistria tenta, mais en vain, d’unir la Grèce. Dans un pays habitué à de
nombreux centres de pouvoir, aucune collectivité n’aurait accepté le régime
d’un seul gouvernement national. Les régents de Bavière furent les seuls à
abolir avec succès ces milliers de communes historiques et à les unifier en
750 dèmes (communes). Ces nouveaux dèmes avaient des responsabilités
restreintes, comparées à celles des anciennes communes, et devaient régler
les affaires d’État dans leur juridiction. Autre changement, le territoire de
cet État nouveau-né fut divisé selon le modèle français en dix préfectures.
Le roi nommait les préfets qui avaient comme responsabilité la gestion des
municipalités. Députés contre
maires Bien
que les dèmes n’aient jamais réussi à obtenir un part importante du pouvoir
administratif, ils n’en eurent pas moins une importance politique. De 1833 à
1843, sous un régime de monarchie absolue, les dèmes jouèrent un rôle clé
dans le système politique du pays, surtout après l’introduction du suffrage
universel en 1864. Les maires devinrent si puissants que les députés
n’osaient plus priver les circonscriptions de leurs élément constitutifs. En
1912, un homme politique novateur, Élefthérios Vénizélos, dans une tentative
d’opposition au clientélisme et à la corruption, mais aussi pour suivre un
courant idéologique qui exigeait le retour "aux
racines de l’hellénisme",
ordonna la renaissance des communes. C’est ainsi que les parlementaires purent
échapper au pouvoir des maires. Les instances locales de gouvernement furent
fractionnées en 6 000 unités : des dèmes (villes et agglomérations
de plus de 10 000 habitants) et des communes (petites villes et villages).
Ces dernières dépendaient des aides gouvernementales. Vénizélos avait
originellement prévu de municipaliser les préfectures, dépossédant ainsi les
institutions locales de leur noyau dur, au plus haut niveau. Pour des raisons
politiques et par manque de ressources, ces plans ne devinrent jamais réalité,
malgré les constitutions républicaines de 1925 et 1927, qui prévoyaient au
moins deux niveaux de gouvernement local. Au cours des décennies suivantes, les
communes perdirent graduellement de leur compétence. La plupart étaient trop
petites et excessivement dépendantes des aides du gouvernement central pour
leur survie. Les préfectures et les divers organes locaux contrôlés par l’État
remplacèrent l’administration locale dans l’accomplissement de ses
principales missions. Décentralisation À
partir des années 1950, le soi-disant système de décentralisation se renforça
substantiellement. D’après la loi grecque, il y a décentralisation quand le
gouvernement central crée des unités administratives décentralisées et
qu’il leur permet de prendre des décisions concernant les affaires publiques
dans leur district. Ces unités décentralisées sont différentes des
municipalités parce que leurs dirigeants, contrairement aux maires, sont nommés
par le gouvernement. Les municipalités étaient plus désireuses de remettre la
gestion de certaines de leurs sphères de compétence aux préfets, non liés au
pouvoir central et fidèles politiquement, plutôt qu’aux maires.
Le
gouvernement local devint une plate-forme de protestation, utile aux partis
d’opposition, et un fournisseur de services de base. Par ailleurs, les
municipalités étaient soumises à de nombreux contrôles de la part des
bureaucraties centrale et régionale. La Troisième République La
chute de la junte militaire en 1974 marqua le début d’un effort général
pour essayer de réformer l’État autoritaire. La constitution de 1975
consolida le système de décentralisation (art. 101) : les organismes des
collectivités locales seront seuls responsables des affaires locales (art. 102)
: le gouvernement central, lui, sera chargé des affaires nationales dans des
domaines tels que la Défense, la politique monétaire et le développement
industriel. En dépit de ces changements, les collectivités locales étaient à
peine différentes de ce qu’elles avaient été sous l’ère précédant la
dictature. Les collectivités locales grecques étaient toujours caractérisées
par des responsabilités limitées, de faibles ressources financières et une
forte influence du politique. Les temps de la réforme L’année
1980 fut le point de départ de plusieurs réformes. Les municipalités se
virent accorder le pouvoir de veiller au développement économique et social au
niveau local, et l’autorisation de créer des entreprises à but lucratif. La
gestion des eaux et des égouts fut confiée à des sociétés crées à ces
seules fins, et connues sous le nom d’Entreprises municipales des eaux et égouts.
D’autres missions, comme les transports urbains, les crèches et la gestion
des écoles, autrefois sous responsabilité gouvernementale, passèrent aux
mains des collectivités locales. De nouvelles institutions intercommunales
furent créées et le pouvoir discrétionnaire des municipalités se vit élargi
par l’abolition des contrôles que la préfecture et l’État effectuaient. Néanmoins,
les revenus de ces municipalités restèrent inadaptés à leurs tâches, tant
et si bien qu’elles demeurèrent dépendantes des subventions
gouvernementales. L’impôt sur le revenu, l’impôt foncier et la vignette
automobile devinrent un seul impôt. Ces sources de revenus, collectées par les
services de l’État, sont maintenant réparties entre l’État central et les
municipalités. En ce qui concerne les municipalités, les recettes sont
distribuées selon des critères spécifiques: celui qui prévaut, pour la répartition,
est le nombre d’habitants par commune. Bien que ce nouveau système ait
renforcé les collectivités municipales, il n’a pas rendu obsolète
l’ancien système de subventions. Certaines de ces subventions étaient libres
et d’autres étaient liées à des objectifs précis. La distribution des
subventions gouvernementales entre les municipalités a pour objectif de réduire
les disparités entre zones riches et zones défavorisées. La municipalisation
des préfectures Il
y a plus de cent ans que des efforts sont entrepris pour l’élection d’une
unité administrative, au suffrage direct, aux côtés du préfet. En 1887, un
homme politique éclairé, Charilaos Tricoupis, établit des conseils préfectoraux,
porteurs de liberté pour les provinces. Ce fut un premier jalon posé vers la démocratisation
de tout le système administratif. Trois ans plus tard, le parti d’opposition
qui avait pris le pouvoir abolissait ces conseils. Plusieurs lois, ayant pour
but la transformation des préfectures en unités de gouvernement local, furent
votées en 1887, 1899 et 1923, mais aucune ne fut appliquée. En 1982, on établit
un conseil préfectoral élu indirectement ; cependant, les préfectures
demeurèrent des institutions décentralisées de l’État. De nouvelles
tentatives de municipalisation en 1984 et 1990 échouèrent. Le système de décentralisation
du pays s’orienta vers un découpage du territoire en 13 régions, qui furent
crées en 1987. En
octobre 1994, les conseils préfectoraux et les préfets étaient élus
directement par la population. Dans la plupart des cas, chaque ancienne préfecture
décentralisée est devenue une unité locale de gouvernement. Dans l’agglomération
d’Athènes, cependant, on a créé une préfecture d’ordre supérieur - comprenant
Athènes et le Pirée -, qui s’est vue, par la suite, divisée en deux départements
préfectoraux. Des préfectures d’ordre supérieur ont également été
ouvertes en Macédoine Orientale et en Thrace (l’une des régions les plus défavorisées
du pays), où cinq anciennes préfectures sont devenues des départements préfectoraux.
D’autres préfectures municipalisées ont été divisées en provinces, dites "éparchies"
pour des raisons géographiques : ces provinces sont sensées assurer des
services de qualité égale pour les populations insulaires (où se trouvent la
plupart des éparchies) et montagnardes. Dans chaque province, un membre du
conseil préfectoral (appelé eparchos)
devenait la tête de l’unité d’administration locale, tandis que le comité
des membres du conseil constituait le "conseil
provincial"
local. Toutes ces personnes étaient élues par les citoyens de la province, qui
constituait une circonscription spéciale. En 1997, le projet Kapodistria a
apporté certains changements. Les dèmes et les
communes étaient traditionnellement les plus petites cellules du système politique
grec et étaient vues comme la pierre angulaire de la démocratie. La municipalisation des préfectures a ajouté un niveau supplémentaire de
participation politique : les communautés locales pouvaient gérer leurs
propres affaires. Les conseils des dèmes, des communes et des préfectures,
ainsi que les maires et les préfets étaient élus directement par les citoyens de
leurs districts. Leur mandat était de quatre ans, à compter du 1er janvier
suivant les élections (qui se déroulent toujours le premier dimanche suivant
le 10 octobre). Les partis politiques des zones urbaines sont autorisés à
faire connaître publiquement les candidats qu’ils soutiennent. Dans les agglomérations
(Athènes, Le Pirée, et Salonique), des politiciens de haut rang utilisent
souvent leur carrière locale comme tremplin pour leurs ambitions politiques. Les instances locales de gouvernement Division administrative de la Grèce En 2009, le gouvernement de M. Papandréou, dans sa volonté de modernisation du système administratif a entrepris un vaste programme de réforme de l'organisation administrative du pays, appelé Kallikratis. Le programme Kallikratis a été voté par le Parlement grec en mai 2010 et il entre en vigueur le 1er janvier 2011. Présentation du programme Kallikratis |
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