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Jeunes et politique

 

 

Attitudes des jeunes Grecs et politiques de la jeunesse

Par Georges Ntouskas

 

Résultats d’un sondage récent

À la fin de l’année 1997, à la demande du Secrétariat général à la Nouvelle génération, un sondage a été effectué sur l’attitude et l’opinion des jeunes Grecs par rapport aux problèmes politiques et sociaux de leur pays. Ce sondage a été réalisé chez les jeunes de 15 à 29 ans.

Actuellement, la grande majorité des jeunes, pratiquement sept sur dix (66%), continuent à vivre dans leur famille, même après leur entrée dans la vie active. La famille demeure la valeur fondamentale la plus ancrée dans la culture grecque et neuf jeunes sur dix pensent qu’elle représente l’aspect le plus important de la vie.

Par ailleurs, sept jeunes Grecs sur dix se sentent satisfaits de leur vie, même s’ils considèrent qu’elle est plus difficile aujourd’hui qu’elle ne l’a été auparavant. C’est pourquoi, la plupart d’entre eux (65%) se sentent incertains face à l’avenir et redoutent notamment le chômage, la banalisation des drogues, le SIDA et d’autres maladies graves.

Les jeunes Grecs portent un regard critique sur leur société et réclament un "changement social radical", sans pour autant remettre en question ouvertement le système politique. La moitié des personnes interrogées s’estiment "satisfaites" du fonctionnement de la démocratie. Toutefois, on constate, surtout chez les plus jeunes une profonde distanciation vis à vis de la politique, qui se traduit par une indifférence et un certain rejet. Ce sont les plus de 23 ans qui s’intéressent à la politique. En règle générale, le rôle principal des partis politiques dans un système démocratique et la vie politique ont été reconnus. En revanche, les critiques portent sur la manière dont les partis fonctionnent.

Les trois caractéristiques que choisissent le plus souvent les jeunes gens pour définir leur génération sont, par ordre de préférence : "anxieuse", "indifférente" et "privilégiée". Ces trois adjectifs relèvent bien d’une forte prise de conscience par rapport à eux -même.

Les quatre centres d’intérêt majeur mentionnés par ces derniers sont, d’abord, le sport et l’athlétisme, puis, les vacances et les voyages, ensuite, les problèmes sociaux, tels que les droits de l’homme, la pauvreté et l’égalité des sexes et, enfin, la protection de l’environnement.

Les jeunes Grecs, en comparaison avec les mêmes groupes d’âge des autres pays européens, hésitent encore à adhérer à des organisations politiques ou sociales. Cette attitude peut s’expliquer, dans une certaine mesure, par le fait que les organisations non gouvernementales et le volontariat ont été mal implantés dans ce pays. Néanmoins, au cours de ces deux dernières années, de nouvelles formes d’organisation sociale ont vu le jour, ainsi que de nouvelles structures, dans le but d’encourager le volontariat. Ces mesures ont abouti à une augmentation du taux de participation des activités sociales organisées et, preuve en est, les jeunes ont davantage envie de consacrer de leur temps au bénévolat. En outre, malgré un faible pourcentage d’adhésion aux mouvements politiques de la jeunesse, ce sondage indique que 45% des jeunes continuent à croire dans l’utilité de ce type d’organisation, tandis qu’un tiers seulement pense le contraire.

Finalement, hormis une méfiance peu surprenante de la part des jeunes dans les institutions exclusivement politiques, une grande partie d’entre eux ont manifesté leur optimisme par rapport aux autres institutions de l’État, telles que la justice, le peuple et l’armée. C’est dans le domaine de l’éducation, sur lequel ils comptent pour réussir leur carrière, que les interrogés ont exprimé leur plus grande confiance. Ils se sont également montrés positifs vis à vis des institutions qui ont permis de représenter les jeunes lycéens au Parlement grec. En effet, durant une semaine, en tant que "jeunes députés", ils expriment leur point de vue et font des propositions sur tous les problèmes concernant particulièrement leur génération.

En d’autres termes, les jeunes Grecs seraient plus mûrs et moins insouciants que dans le passé. À notre époque, l’accent qui est mis sur l’individu va de pair avec un excès d’individualisme au sein de la société. Cette attitude est condamnée par les jeunes, qui souhaitent voir se mettre en place de nouvelles formes de soutien et d’entraide. Ceux-ci rejettent la politique et ses institutions en se fondant sur une évaluation critique, et non sur la logique selon laquelle tout le monde serait placé au même niveau. Par ailleurs, l’implication politique des jeunes de plus de trente-trois ans prouve également qu’ils ne rejettent pas complètement la politique, mais seulement certains de ses aspects contestables. Enfin, ce sondage prouve que la jeunesse grecque est tout à la fois réaliste et sceptique, sensible aux problèmes de société et pleine d’espoirs et de rêves en l’avenir.

Les politiques de la jeunesse

La Grèce dispose à l’heure actuelle, d’un système complexe d’activités et de politiques destinées à la jeunesse. Elles sont toutes basées sur le programme dénommé "La Grèce des moins de 30 ans : Priorité à la nouvelle génération". Les lignes fondamentales de ce projet portent sur les thèmes évoqués ci-après.

L’évolution de la réforme de l’éducation, qui comprend l’unification des collèges et des lycées, permettra, d’ici à l’an 2000, un accès renforcé à la formation universitaire, avec la création de soixante-dix nouveaux départements d’une capacité de 18 500 places. Désormais, la nouvelle capacité d’accueil des universités (85 000 places) sera largement suffisante pour les lycéens qui souhaiteraient suivre des Études supérieures. Trente programmes d’Études leur seront proposés au sein d’universités et de lycées technologiques.

Enfin, la réforme propose un système d’enseignement et de formation par correspondance.

Pour mettre un terme au fléau du chômage, problème le plus grave auquel ont fait face les jeunes jusqu’ici, une série de mesures sont actuellement entreprises. Elles se sont fixé deux priorités : les formations professionnelles et l’éducation à tout âge pour tout type de catégorie confondue à savoir, les diplômés des collèges, lycées et universités ainsi que les chômeurs. Il existe d’ailleurs un programme qui subventionne les entreprises qui recrutent ou forment des jeunes chômeurs, ainsi qu’un autre actuellement, permet aux jeunes diplômés en recherche d’emploi, d’accéder à des stages pratiques dans le secteur public. En outre, les chômeurs bénéficient de soins médicaux et pharmaceutiques gratuits. Étant donné que 50% de la population active exerce une profession libérale et les PME représentent la majorité des entreprises privées en Grèce, des moyens ont été mis en place pour soutenir les travailleurs indépendants et intégrer les jeunes au monde des affaires. Dans le contexte des réformes structurelles de l’Agriculture, une série d’aides ont été envisagées et prévoient des subventions financières, des prêts facilement remboursables, des exonérations fiscales et de nouvelles possibilités d’éducation et de formation.

Dès le début des années 1980, dans le cadre de la lutte contre la drogue, des centres de réhabilitation ont assuré des services indispensables. Ce combat qui s’est essentiellement concentré sur la prévention, l’information et la sensibilisation du problème, a débouché en 1994, sur la création de l’Organisme de lutte contre les stupéfiants (OKANA). Ce dernier vise à organiser, promouvoir, coordonner et appliquer le plan national de prévention contre la drogue. L’OKANA se doit aussi de donner des informations fiables pour sensibiliser le public au problème de la drogue. Parallèlement, cet organisme supervise un vaste programme de désintoxication à base de traitements à la méthadone et il coordonne le travail de centres spécialisés qui accompagnent les jeunes désintoxiqués tout au long de leur réinsertion dans la vie courante et dans le monde du travail. Les quatre-vingt-trois centres de prévention contre l’utilisation de la drogue, établis à travers toute la Grèce ont pour but d’informer et de soutenir les méthodes de protection mises en place dans les différentes localités. Des procédures préventives sont également défendues dans d’autres domaines de santé, comme l’abus du tabac et de l’alcool. Par ailleurs, toute une série d’activités ont trait au problème du SIDA et incluent à la fois des campagnes d’information dans les écoles, une formation efficace pour les enseignants afin qu’ils puissent tenir au courant les élèves du problème. En Grèce, le traitement des malades atteints du SIDA est gratuit, même pour ceux qui n’ont pas de sécurité sociale et surtout pour les jeunes.

Par ailleurs, un programme d’information utile concerne la prévention des accidents de la route. Il propose des stages de sensibilisation de la circulation pour les plus jeunes et des conseils pour les jeunes automobilistes et cyclomotoristes. au cours de la dernière décennie, en Grèce, des milliers d’immigrants économiques sont arrivés, accompagnés d’un grand nombre d’enfants abandonnés dans les grandes zones urbaines. L’État essaye de faire face à ce problème complexe, d’abord, par l’intermédiaire du recensement et ensuite de la recherche. À Athènes, un centre spécialisé chargé de l’attribution de logements et du soutien pour ces enfants fonctionne déjà et, parallèlement, des efforts sont réalisés pour briser la chaîne d’exploitation qui existe entre le pays d’origine des immigrants et la Grèce.

Dans le cadre de la Campagne de la jeunesse européenne contre le racisme, conduit à l’instigation du Conseil européen et de l’Année européenne contre le racisme, une vaste campagne a été lancée avec succès par l’union européenne au cours de ces dernières années. Des organisations non gouvernementales, la jeunesse engagée en politique et d’autres groupes sociaux militant contre le racisme et la xénophobie ont participé avec entrain à cette manifestation.

Dans le but d’encourager la participation massive des jeunes aux activités collectives, l’accent s’est porté sur les moyens de soutien au volontariat et de création d’un réseau d’organisations de la jeunesse, en fonction des objectifs et des intérêts de chacun, sans pour autant dépendre des institutions ou de l’État. Le point culminant de ces efforts fut la création, en 1998, du Conseil national des jeunes (ESYN) formé par les différentes organisations de jeunes, y compris les organisations politiques. Ce conseil a un rôle consultatif et administratif pour ce qui concerne la planification et l’exécution des politiques relatives aux problèmes des jeunes. Un effort considérable est également fourni au niveau régional, avec la création de conseils municipaux de la jeunesse dans environ trente municipalités. L’instauration au niveau régional et provincial, d’un cadre institutionnel doté de responsabilités définies et un soutien aux organisations est prévu à court terme.

Sur l’initiative du Parlement grec et de A. Samarakis, auteur grec, un regroupement annuel des lycéens a été lancé en 1997. Ceux-ci se réunissent une fois par an en juin au sein du "Parlement de la jeunesse", au Parlement grec. Ce rassemblement réunit trois cents élèves qui, se rencontrent soit en un seul et même groupe soit en comités tout comme au Parlement grec. Cet événement se tient pendant une semaine au cours de laquelle les jeunes soumettent et proposent leurs idées sur tous les sujets essentiels qui font la une de la politique grecque. Ensuite, les points de vue et les résolutions de ces jeunes parlementaires sont rassemblés et soumis au Parlement et au gouvernement.

La présentation générale que nous venons de faire sur les principales politiques de la jeunesse citées ci-dessus indique qu’une étape a été franchie avec la mise en place d’une série d’initiatives et de programmes. Malgré leur introduction tardive, ces mesures doivent permettre aux jeunes de relever les paris toujours plus importants auxquels ils font face. L’aptitude dont dispose chaque société pour protéger sa jeunesse contre les multiples formes d’exclusion sociale propres aux pays développés, permet de déterminer les perspectives de développement et de prospérité de cette société.


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Dernière modification : vendredi 18 décembre 2009