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L'industrie des télécommunications a changé radicalement, en juillet 1992, avec la loi sur le marché libre. Cette réforme législative fut non seulement le premier pas de la Grèce vers l'application des lois européennes, mais également le début de la restructuration du secteur des télécommunications, financée par la Commission européenne, depuis janvier 1991. Aujourd'hui, le paysage des télécommunications en Grèce peut être décrit ainsi : La nouvelle structure repose maintenant sur la stricte séparation entre le régulateur et l’opérateur. Les compétences du régulateur sont partagées entre le ministère des Transports et des Communications (MTC) et la Commission Nationale des Télécommunications (CNT), entité administrative composée de sept membres et nommée par le gouvernement, mais qui jouit d'une certaine indépendance. Le MTC est exclusivement chargé des domaines suivants : élaboration des politiques, propositions de lois, attribution des fréquences radio, numérotage et attribution des licences. La CNT, quant à elle, est chargée de la surveillance des entreprises de télécoms. Elle s'assure que ces entreprises respectent la législation et les termes de leur licence et peut les sanctionner le cas échéant. De plus, la CNT fait office de conseiller auprès du gouvernement pour les questions de télécommunications. Elle peut arbitrer à la fois les litiges entre l'État et les entreprises de télécoms et les conflits entre entreprises. Selon la loi sur les télécommunications, toute société spécialisée peut se lancer librement dans une activité de télécommunications, soit en obtenant une licence accordée par le MTC, soit en soumettant une simple déclaration à la CNT. Parmi les opérateurs en activité, l’OTE (organisme des télécommunications helléniques) domine toujours un marché grec encore peu ouvert. Lorsque l’OTE a fait son entrée à la Bourse d'Athènes en 1996, ce fut la première et la plus importante privatisation en Grèce. Après une seconde cession de 12,4% de son capital, l'État détenait 80% du capital actions, qui s'élève à 1 083,5 millions d'ECU. Les 20% restants sont détenus par de nombreux investisseurs institutionnels privés. D'après la loi, la part du capital avec droit de vote de l'État ne peut être inférieure à 75% et ses droits d'actionnaire sont supervisés par le ministère des Finances.
Avec la nouvelle législation, l’OTE a été privé de son monopole sur l'ensemble des services de télécommunications. D'après les termes de sa licence spéciale, accordée en décembre 1995 et renouvelable pour 25 ans, l’OTE est limité aux droits d'installer, de contrôler et d'exploiter le réseau public déjà existant et de fournir un service de téléphonie publique jusqu'au 1er janvier 2001 - grâce à la dérogation triennale spéciale accordée à la Grèce par la Commission européenne, dans le cadre de la libéralisation totale du réseau. En retour, l’OTE doit fournir l'accès au réseau public et aux services, ainsi que la location de lignes aux particuliers et aux autres opérateurs téléphoniques. Il doit également mettre à disposition des numéros d'appel d'urgence et des installations spéciales pour les personnes handicapées. Enfin, l’OTE est tenu de développer la téléphonie mobile et d'autres services libéralisés, comme la télévision par satellite ou par câble. Dans ce cadre, l’OTE fournit de nombreux et nouveaux services, tels que la transmission de données, l’ISDN, les téléphones à cartes, les équipements pour terminaux et services Infonet. Très bientôt, l’OTE pourra fournir des services de transmission à large bande et des systèmes de messagerie comme l'IPM ou l'EDI. Le capital de l'OTE s'élève à 4 324 millions d'ECU. Pendant la période 1993-1996, l'entreprise a investi 2 130 millions d'ECU en Grèce. Son chiffre d'affaires et ses bénéfices nets s'élèvent respectivement à 2 164 et 796,5 millions d'ECU. L’OTE, dont la direction est entièrement grecque, emploie 22 900 personnes et est implanté sur 100% du territoire (îles et continent), par l'intermédiaire de 15 succursales contrôlant 400 points de ventes. Fin 1996, les taux d'accessibilité et de pénétration étaient respectivement de 50,9% et 61,6%. En ce qui concerne la modernisation de l'infrastructure de l’OTE, notons que, fin 1996, le réseau principal était numérisé à 65%, la commutation à 43% et le LAN à 2%. À la fin du premier semestre 1997, 5,35 millions de lignes avaient été mises en service, pour une capacité totale de 5,98 millions. Selon les estimations de l'OTE, les lignes se répartissent approximativement de la manière suivante : 60% sont utilisées par des particuliers, 30% par des professionnels et les 10% restants par le secteur public et par diverses administrations. Environ 15% de la totalité des lignes sont utilisées par particuliers comme deuxième et troisième lignes. En outre, l’OTE intervient, par l'intermédiaire de multiples filiales, contrôlées à différents degrés, dans de nombreux domaines : COSMOTE (69,9%), téléphonie mobile à la norme DCS 1800 ; OTE-SAT (95%), communications par satellite ; MARITEL (79%), communications maritimes ; ELLTELKA (50%), construction et entretien de deux câbles sous-marins reliant la Grèce à la France ; OTE-NET (98%), connexion et accès à Internet ; HELLASCOM (58,6%), partenariats internationaux et projets à l'étranger, en association avec les principales industries grecques de télécommunications ; OTE-CONSULTING (95%), consulting ; F.C.E. CENTERS (99,9%), achat/vente de devises ; OTE-LEASING (99,9%). OTE participe également aux systèmes d'exploitation et aux organisations internationales (globales et régionales) de télécommunications par satellite, tels que INTELSAT, INMARSAT, EUTELSAT et ICO GLOBAL COMMUNICATIONS. L’OTE a également élargi ses activités à l'étranger. À la mi-1997, il a acquis 20% de Telecom Serbia et la possibilité d'en acquérir encore 4%, ainsi que 90% de Armenian TO. De même, l’OTE a investi, à travers sa filiale HELLASCOM, 19 millions d'ECU dans un projet en Lituanie, pour l'installation d'un réseau de 570 km de fibres optiques et de 46 000 lignes numériques. Un autre chantier est prévu en Ukraine ; ce projet de 20 millions d'ECU, consiste en l'installation d'un réseau téléphonique d'environ 150 000 abonnés. Enfin, l’OTE, toujours par l'intermédiaire de HELLASCOM, participe à la mise en place d'un système de cartes téléphoniques en Jordanie, projet de 11,5 millions d'ECU. Il existe trois opérateurs différents de téléphonie mobile : Panafon, Telestet et Cosmote. Seuls les deux premiers sont opérationnels. Ils se sont établis début 1992 et ont obtenu leur licence en septembre 1992, pour 106 millions d'ECU, après une procédure d’offre publique internationale. Ces deux entreprises peuvent donc proposer des services GSM sur la bande des 900 MHZ, toutes sortes de services PCM et assimilés et, enfin, utiliser le réseau pour 20 ans, avec un droit d'exclusivité les huit premières années (jusqu'au 30 septembre 2000). Panafon et Telestet sont opérationnels depuis 1993. Panafon est détenue conjointement par l'opérateur britannique de téléphonie mobile Vodaphone (35%), France Telecom (35%), Intracom, leader grec des équipements de télécommunications (10%) et Data Holdings (10%). Son capital actions se monte à 81,5 millions d'ECU, ses investissements locaux pour la période 1993-1997 s'élèvent à 455,4 millions d'ECU. Pour 1996, son chiffre d'affaires et ses bénéfices nets atteignent respectivement 241,4 et 53,5 millions d'ECU. La direction de l'entreprise est grecque et emploie 560 personnes (et 4 000 autres indirectement). Elle contrôle trois filiales (basées à Athènes, Thessalonique et Patras) et six fournisseurs indépendants, ainsi que les 1 100 points de vente qui en dépendent. Panafon propose 74 services, dont 10 en exclusivité. Fin 1997, 75% du territoire (îles et continent) et 95% de la population étaient couverts. Les parts de marché de Panafon sont de 55%, avec un demi-million d'abonnés. Elle est certifiée ISO 9001, depuis avril 1996. Telestet est un consortium qui inclue l'italien Stet Mobile Holding N.V. (75%), l'américain Nynex (20%) et la compagnie d'assurances grecque Interamerican (5%). La plupart des membres de la direction sont de nationalité grecque et la société compte environ 500 employés. Elle opère à travers ses huit filiales de vente directe, ses quatre fournisseurs de services indépendants et leurs revendeurs. Telestet propose 30 services différents, dont 8 en exclusivité. Aujourd'hui, son capital actions s'élève à 115,6 millions d'ECU. Ses investissements pour la période 1993-1997 se montent à 382,1 millions d'ECU. Pour l'année 1996, son chiffre d'affaires et ses bénéfices nets atteignent respectivement 176,6 et 9,5 millions d'ECU. Fin 1997, Telestet couvrait 85% du territoire (îles et continent) et 95% de la population. Son réseau était également connecté à 78 autres, dans 50 pays. Ses parts de marché sont de 47%, avec 410 000 abonnés.
Cosmote, a vu le jour en octobre 1996. Ses actionnaires principaux sont : OTE (69,99%), OTE-Consulting (0,01%) et le norvégien Telenor Invest A.S. (30%). Cosmote fournit en exclusivité des services de télécommunications personnelles à la norme PCN en DCS-1800. Sa direction est de nationalité grecque et emploie 200 personnes. Elle opère par l'intermédiaire d'une filiale (basée à Thessalonique), de cinq fournisseurs indépendants et de leurs revendeurs. Cosmote propose tous les services de télécommunications classiques, selon les spécifications de l'ETSI Phase II. Actuellement, son capital actions s'élève à 159,2 millions d'ECU et ses investissements locaux à 63,7 millions d'ECU. Outre les entreprises mentionnées ci-dessus, de nombreux fournisseurs d'accès, revendeurs et distributeurs de services de télécommunications ont pénétré le marché. Depuis son ouverture en 1992, environ 7 000 emplois auraient été créés. En ce qui concerne la fabrication des équipements de télécommunications et des systèmes télématiques, le leader local est Intracom S.A., cotée à la bourse d'Athènes depuis 1990. Ses actionnaires principaux sont deux industriels grecs qui se partagent 61,7% du capital, le suédois Ericsson (13,4%) et divers investisseurs (24,9%). Sa direction est exclusivement grecque et le Groupe emploie environ 5 000 personnes, dont 1 561 sont des scientifiques hautement qualifiés et des spécialistes. Aujourd'hui, son capital actions est de 115,6 millions d'ECU, ses avoirs totaux s’élèvent à 247,4 millions d'ECU, son chiffre d'affaires et ses bénéfices nets représentent respectivement 242 et 33 millions d'ECU. Les produits d'Intracom incluent entre autres des commutateurs numériques, des systèmes de gestion de réseaux, des systèmes de communication sécurisés, équipements pour terminaux et systèmes de gestion de l'énergie. Intracom est certifiée ISO 9001, AQAP-110 et AQAP-150. En 1996, ses exportations ont atteint 28,2% de ses ventes totales. C'est l'une des 15 entreprises grecques majeures en termes d'avoirs et de chiffre d'affaires, la cinquième en termes de profits pour les cinq dernières années et la première pour les investissements de Recherche et Développement. Enfin, Intracom S.A. opère à travers des joint-ventures ou des filiales dans de nombreux pays étrangers, tels que la Russie, la Moldavie, la Roumanie, la Bulgarie, l'Albanie, Chypre et les États-Unis. Elle est classée 70ème dans le classement international des 200 entreprises au développement le plus rapide. En résumé, la Grèce possède un secteur des télécommunications dynamique et s'affirme comme un véritable centre d'activités dans le secteur des Balkans et de la mer Noire. |
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