Accueil Actualités Communiqués Politique Etrangère La Grèce en France Grèce Xenios Médias Olympisme Recherche Contactez-nous

Protection de l'environnement

 

 

La protection de l’environnement

 

Par N. Chlepas et E. Mertziou

 

    > Politique environnementale

    > Gestion et protection de la biodiversité

    > Régions côtières – Environnement maritime

    > La gestion des déchets

    > L'environnement atmosphérique

    > Ressources hydrauliques

    > Aménagement du territoire et planification urbaine - Dégradation esthétique

    > Éducation en matière d'environnement

 

* * * * * * * * * * * * * * * * *

 

Politique environnementale

Sur le plan national, la responsabilité en matière d’environnement incombe au ministère de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire et des Travaux publics. Créé en 1980, dans l’intention de concentrer toutes les responsabilités en une seule et même structure, ce ministère s’est développé, ces dix dernières années, plus rapidement qu’aucun autre. Certaines charges importantes demeurent toutefois du ressort de ministères tels que celui de l’Agriculture (notamment les forêts et la chasse) ou celui de l’Industrie, de la Recherche et des Technologies.

Récemment, un nouveau département appelé "Bureau du Réseau national d’information sur l’environnement et Agence européenne pour l’environnement (AEE)" a intégré la division de l’Aménagement environnemental. (Nous y ferons désormais référence sous le nom de Bureau).

Le Bureau s’est fixé deux objectifs fondamentaux :

> faire le lien entre le réseau national pour l’environnement et le réseau européen (EIONET) ;

> coordonner et assurer le bon fonctionnement du Bureau de Grèce de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE).

Le premier objectif du Bureau est soutenu par le Réseau national d’information écologique (EDPP), qui sera achevé en quatre ans. Un projet pilote de l’EDPP a déjà été mené à bien dans cinq préfectures et trois régions, tandis que l’Université d’Athènes - en collaboration avec le Bureau - réalise une étude de faisabilité sur l’élargissement de ce réseau, à échelle nationale.

Le deuxième objectif du Bureau a pu être atteint grâce à des moyens administratifs tels que les dotations en personnel et les allocations budgétaires. Récemment, le ministère de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire et des Travaux publics est entré en collaboration avec l’Université d’Athènes, afin que les activités du Bureau national bénéficient d’un soutien technique et scientifique.

Le programme environnemental de la Grèce pour la période 1994–2000 a pour but de surmonter les problèmes écologiques majeurs du pays et de créer les infrastructures nécessaires à la gestion efficace de l’environnement grec du XXIe siècle. Ce programme reflète aussi bien l’engagement du gouvernement grec que son effort à poursuivre une politique de développement durable, qui permettra de sauvegarder tant l’environnement que les ressources naturelles.

Le Programme opérationnel environnemental de la Grèce (POE) est cofinancé par la Grèce et par l’Union européenne. Les subventions nationales proviennent du budget de l’État et sont complétées par un impôt spécial sur le pétrole. Les recettes de cet impôt sont investies dans des projets ayant pour objectif d’améliorer l’environnement ou portant sur l’étude des problèmes écologiques. Quant aux subventions de l’UE, elles sont issues des Fonds structurels et du Fonds de cohésion. Le cadre légal du POE est constitué par la loi-cadre nationale 1650/86, en faveur de la protection de l’environnement, par les lois et les directives européennes et, enfin, par les obligations de la Grèce vis-à-vis des conventions et des accords internationaux en matière d’environnement.

En outre, le POE se fonde sur les principes suivants :

> Le principe de durabilité, qui comprend l’amélioration et la protection de l’environnement grec, tout en permettant aux secteurs de l’industrie, du tourisme et de l’agriculture de maintenir leurs efforts de développement ;

> Le principe des "pollueurs payeurs", qui prend en compte la responsabilité des principaux polluants et oblige les pollueurs à prendre des mesures de réparation ;

> Le principe de précaution, dont l’objectif consiste à prévenir, plutôt que guérir, un problème environnemental par le biais d’interventions techniques à la source, et non en fin de circuit ;

> Le principe de la responsabilité collective, qui reconnaît les responsabilités communes des autorités centrales, régionales et locales, par rapport aux problèmes liés à l’environnement.

Le POE est constitué de sept sous-programmes. Six d’entre eux représentent des zones d’actions environnementales correspondantes, tandis que le septième fournit une aide technique à des secteurs déterminés. Chaque sous-programme est ensuite divisé en programmes d’actions, dont le but est, après avoir analysé en profondeur l’état général de la Grèce, de résoudre les problèmes spécifiques liés à l’environnement. Toute une partie du travail du POE est consacrée à la mise au point du Réseau informatique pour l’environnement national, correspondant à la contribution grecque de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) faite au réseau européen (EIONET).

Depuis le sommet de la Terre en 1992, la Grèce a instauré une vaste politique de développement durable. De fait, le principe de durabilité a été intégré aux politiques de développement du pays et mis en pratique dans les secteurs de l’énergie, du tourisme, des transports, de l’agriculture et de l’industrie.

En outre, le ministère de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire et des Travaux publics a conçu un mécanisme de coordination en faveur du développement durable et pour la mise en pratique de l’Agenda 21. Les principaux objectifs de ce mécanisme sont, d’une part, de mobiliser l’intérêt et l’engagement de tous les ministères compétents et de l’ensemble du secteur public, et d’autre part, de favoriser la coopération parmi tous les groupes concernés. De plus, grâce à cette initiative, le ministère s’est lancée dans la préparation de rapports annuels sur le développement durable, qui sont soumis à la Commission des Nations Unies en vue d’une évaluation de l’état d’avancement des objectifs de l’Agenda 21.

Gestion et protection de la biodiversité

Environ 5 500 espèces végétales et 900 espèces animales ont été répertoriées en Grèce. Un grand nombre de ces espèces sont considérées comme rares et endémiques. Par le biais de conventions internationales, la Grèce s’est également engagée à respecter les sites protégés de son territoire. Le pays possède 10 parcs nationaux, 11 zones humides (Ramsar), 51 monuments naturels préservés, 300 biotopes et 113 grandes réserves d’oiseaux. De même, 265 zones ont sollicité leur intégration au réseau Natura 2000.

Les principaux problèmes écologiques rencontrés par la Grèce sont le résultat direct d’une activité humaine intense (tourisme, exploitation minière, agriculture, élevage, etc.). Les conséquences de ces activités se manifestent tant par la dégradation des biotopes que par la diminution des espèces végétales et animales.

Le manque d’infrastructures urbaines et de gestion de l’environnement ont sérieusement endommagé les précieux écosystèmes de la Grèce.

Depuis le sommet de la Terre, en 1992, la Grèce a mis en place une vaste politique de développement durable. Ses principaux moyens d’action, sur le plan environnemental, sont de fournir l’information et l’équipement nécessaires au contrôle, à la protection et à la gestion de la faune et de la flore.

Voici, plus précisément, les actions mises en œuvre, à travers le POE, pour gérer et protéger la biodiversité, ainsi que pour assurer un développement durable :

> le programme d’action du POE, dénommé "Gestion et protection de la biodiversité". Il a pour objectif d’apporter l’information et l’équipement nécessaire au contrôle, à la protection et à la gestion des espèces animales et végétales. Cela se traduira concrètement par les actions suivantes :

> établir une liste complète des espèces menacées ;

> mettre au point des programmes spécifiques de protection de ces espèces ;

> définir des méthodes de gestion appropriées pour certaines espèces animales, notamment l’élaboration d’un code de chasse ;

> faire l’inventaire des réserves piscicoles dans les zones sensibles ;

> instaurer des systèmes de gestion pour les réserves de poissons.

> le programme d’action "Infrastructures pour la gestion et la protection des biotopes au niveau national" : il s’agit de fournir tout l’équipement et les moyens techniques nécessaires à la protection, à la préservation et à la gestion des biotopes les plus importants en Grèce. La réalisation de ce programme se fondera sur les informations existantes, récoltées lors de l’évaluation de l’état de l’environnement.

Le golfe d’Ambracique, un lieu protégé par la Convention de Ramsar

> le programme d’action pour la mise en place d’un développement durable : il reflète l’existence d’une nouvelle mentalité au sein du programme environnemental grec. En effet, c’est la première fois que de telles sommes sont investies dans la protection des sites naturels. Ce projet est censé assurer la protection de cent biotopes grecs, inclus dans la liste Natura 2000 (25%). Les caractéristiques spécifiques de ce programme sont :

> la protection et la gestion des zones humides ;

> la protection et la gestion des écosystèmes forestiers ;

> la protection des biotopes, par le biais du développement des activités liées à l’écotourisme ;

> la mise en place de mesures contre l’érosion dans certaines zones.

> le programme d’action dit "Cadastre pour les régions écologiquement sensibles" a pour but d’établir un plan cadastral spécialement conçu pour ce type de régions. Il protège les zones forestières de la destruction ainsi que des modifications dans l’utilisation des terres, qui se font généralement au détriment de ces dernières. Ce programme sera mis en œuvre en se fondant sur le programme CORINE et il inclura également le cadastre de monuments et de sites archéologiques, portant sur environ 15 000 km2 de régions écologiquement sensibles.

Au sein du "Centre européen pour la conservation de la nature", la Grèce est représentée par le Centre des zones humides du biotope grec, qui a été désigné pour être le point focal national de conservation de la nature pour la Grèce et les pays du sud-est méditerranéen.

D’une part, le feu est l’un des plus graves problèmes auquel doit faire face l’écosystème des forêts grecques. L’absence de cadastre forestier contribue à favoriser l’installation et la construction illégales de bâtiments aux endroits calcinés. Cependant, de gros efforts ont été déployés depuis la récente expertise cadastrale du pays. D’après la Constitution grecque, le reboisement des forêts calcinées et des zones forestières est obligatoire, et toute modification dans l’usage de ces terres est interdite. L’établissement du cadastre des zones forestières est également censé les protéger des activités illégales. Les services forestiers ont ainsi obtenu l’infrastructure nécessaire (48 canadairs, 15 hélicoptères, 615 véhicules, 3 465 émetteurs-récepteurs, 2 450 extincteurs, etc.). Certes, le personnel qualifié demeure insuffisant et la loi laisse toujours à désirer, mais néanmoins, les autorités locales veillent à combler ces lacunes.

D’autre part, la désertification représente, en Grèce, un danger croissant, qui découle des caractéristiques topographiques du pays. En effet, l’érosion des sols rend la terre stérile et assèche la nappe phréatique.

Afin de combattre la désertification, la Grèce a ratifié la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. Ainsi, en étroite collaboration avec d’autres pays méditerranéens, des programmes régionaux et nationaux, conçus pour enrayer ce fléau, voient le jour. À cet égard, un comité national a été récemment créé et diverses réunions scientifiques et techniques ont eu lieu.

En octobre 1996, un congrès international portant sur "la désertification des régions méditerranéennes/ Résultats des recherches et lignes de conduite" s’est tenu en Crète. Il a été organisé par l’Union européenne et l’Institut national hellénique pour la recherche agricole, dans le but de promouvoir un échange d’information et d’élargir les coopérations internationales.

En mai 1997, un "pré-congrès" sur la protection des forêts s’est tenu à Athènes, en préparation du sommet de la Terre à venir (2002). À cette occasion, la Grèce s’est engagée à protéger 10% de ses forêts, devenant ainsi le 18ème pays au monde à soutenir l’objectif des 10% consacrés à la protection des forêts.

En outre, en novembre 1997, la Grèce a organisé à Athènes, en coopération avec les pays de l’OCDE, un atelier international sur "l’utilisation durable de l’eau à des fins agricoles".

Régions côtières – Environnement maritime

La Grèce accorde la priorité à la protection de l’environnement maritime et au développement durable des régions côtières et des îles. La côte grecque, d’une longueur de 15 021 km, est la plus étendue des pays du bassin méditerranéen. La côte est inégalement répartie entre la partie continentale du pays et les 3 000 îles grecques. La région côtière possède des écosystèmes divers et variés, abritant un grand nombre d’espèces menacées (comme la tortue de mer careta careta, le phoque moine, etc.).

La concentration des activités humaines exerce une véritable pression sur les régions côtières. Ces dernières années, le nombre de zones intactes et de conservation naturelle a diminué, tandis que le paysage côtier se modifiait. Parallèlement, les problèmes liés à la pollution sont apparus dans les mers et les baies fermées.

En avril 1996, un atelier international d'experts, spécialisé sur la politique du développement durable des régions côtières méditerranéennes, s’est réuni sur l’île de Santorin. Par la suite, le ministère grec de l'Environnement, de l’Aménagement du territoire et des Travaux publics a formé un comité pour analyser en profondeur les problèmes qui affectent les côtes et les îles grecques ; de même, le ministère a lancé un programme national de développement durable dans ces zones. Ce dernier devra déterminer à la fois les cibles principales de cette politique et les principes à appliquer pour l'aménagement des côtes. Enfin, il permettra de préparer le cadre légal de l'aménagement des régions côtières.

Le programme environnemental opérationnel grec pour la protection de l'environnement marin est destiné au développement de l'infrastructure nécessaire pour s'occuper des déversements de pétrole et des résidus chimiques. Plusieurs projets de nettoyage et de restauration ont été entrepris sur les îles de Kos, Évia, Céphalonie, Corfou, des Sporades du nord, des Cyclades, de Samos, Chios et Lesbos, dans les provinces crétoises de Réthimno et de Hania ainsi que le long de certaines régions côtières de Grèce continentale, telles que Pieira, Achaia, Ilia, Aitoloakarmania et Preveza.

En outre, le ministère de l'Environnement a instauré un réseau intégré, afin de contrôler la qualité de l'eau de mer.

Par ailleurs, la qualité de l'eau dans les zones de baignades a fait l’objet d’un contrôle sur une période de trois ans. Les résultats, présentés dans un rapport annuel, montrent que 97% des zones analysées répondent aujourd’hui aux exigences de la directive 76/160 de la CEE. Ainsi, un certain nombre de plages se sont vues attribuer le drapeau bleu de l'Union européenne.

La plage de Monolithi à Préveza

 

La qualité de l'eau de mer est généralement surveillée par le programme MED-POL. Ainsi, des stations de contrôle surveillent les baies fermées ainsi que la haute mer. Les résultats, présentés dans un rapport annuel, indiquent une faible pollution en haute mer, tandis que dans les baies, certains paramètres révèlent une pollution plus importante.

La Grèce accorde une attention toute particulière au Plan d'action méditerranéen (PAM), dont le centre de coordination est basé à Athènes, depuis 1982. Le PAM, qui fait partie du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement), a pour objectif de protéger le bassin méditerranéen des pollutions engendrées par les activités terrestres. Des mesures sont prises afin de réduire les pollutions nuisibles à l'environnement méditerranéen.

Enfin, le Programme Attique de gestion et de protection du littoral se consacre à la protection des écosystèmes côtiers de la région d’Attique et se charge de mettre en œuvre l'Organisation de la gestion du littoral.

La gestion des déchets

L’un des problèmes écologiques majeurs de la Grèce était, jusqu'à récemment, le manque de gestion des déchets solides et toxiques (ramassage, traitement, élimination).

Ces dernières années, la Grèce a mis en place des mesures strictes afin de résoudre ce problème, conformément aux directives européennes.

À l’heure actuelle, la manipulation des déchets fait l’objet d’un traitement plus spécifique qu’auparavant, via la création d'un système de permis concernant le transport des déchets solides. Une nouvelle législation a été introduite dans le but de réduire la pollution de l'atmosphère, engendrée par les usines d'incinération des déchets. De même, des mesures ont été prises pour limiter l’utilisation des métaux lourds dans l’épandage des boues agricoles. 

Par ailleurs, l'établissement d'un réseau intégré d’élimination des déchets a été programmé, conformément à la directive 91/156 de l'UE. D'autres mesures portent plus particulièrement sur la prévention et le recyclage de déchets tels que le papier, le verre et l'aluminium. Enfin, des programmes de réduction des matériaux d'emballage sont en cours, ainsi que des campagnes de sensibilisation auprès de la population. La responsabilité en matière de gestion des déchets est désormais de la compétence des autorités locales.

La gestion et le traitement des déchets liquides s'organisent à échelle nationale, par la construction d'usines de traitement des déchets au sein des communes de plus de 15 000 habitants. Toutefois, l’industrie lourde n’étant pas importante en Grèce, la pollution industrielle ne représente pas un problème majeur. En fait, ce type de pollution touche essentiellement les grands centres urbains. Par conséquent, les efforts fournis par la Grèce en matière d’environnement se concentrent sur :

> la mise en œuvre d’un programme national de gestion des déchets liquides urbains et industriels ;

> le développement de centres de soutien pour la mise en fonctionnement d’usines de traitement des déchets ;

> la création d’infrastructures de traitement des déchets (3ème phase) dans les régions sensibles ;

> l’adoption, dans certaines zones, de technologies novatrices, adaptées au traitement des déchets liquides et au recyclage des déchets traités ;

> la création d’infrastructures de traitement des déchets industriels.

Usine de traitement biologique des eaux usées, Psyttalia

De même, deux programmes sont en train de voir le jour, l'un pour l'utilisation des technologies propres au sein des industries, et l'autre pour le recyclage des déchets industriels.

En outre, la Grèce entreprend actuellement les mesures nécessaires à l'application de nouvelles directives concernant l'enfouissement des déchets. Elle met plus particulièrement l'accent sur le nettoyage des régions côtières et des eaux de baignade. Voici les actions spécifiques qui en découlent :

> la mise au point d'un programme national intégré pour la gestion des déchets ;

> la revalorisation des sites d'enfouissement des déchets existants ;

> la construction de nouveaux sites d’enfouissement ;

> la mise en place d’un programme de recyclage à long terme ;

> l’ouverture d’un centre de compostage ;

> la mise en œuvre de techniques novatrices pour le ramassage, le traitement et l’élimination des déchets ;

> le nettoyage du littoral, en insistant sur les zones touristiques ;

> la création d’un centre de transfert des déchets ;

> la construction de sites pour le ramassage et le traitement des déchets agricoles, dangereux et hospitaliers.

Il existe également un programme de gestion saine et holistique des déchets industriels solides, entre autres, appliqué à la vaste région de Thessalonique.

Le programme d'action "gestion des risques" a pour objectif de protéger l'être humain et son environnement naturel des accidents industriels. Une fois achevé, ce programme aura rempli les exigences de la directive SEVESO. Il a pour objectif de tenir informés les habitants des zones avoisinantes sur les plans d’action mis en œuvre pour gérer les dangers liés à l’environnement, lorsqu’ils surviennent.

La Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers des déchets dangereux et leur élimination a été signée en 1989 et ratifiée en 1994. Depuis, une législation nationale prévoit de gérer les déchets toxiques et dangereux, de fournir des moyens de transport destinés aux déchets dangereux ainsi que des permis spéciaux pour la destruction et le stockage de ces déchets. Cette législation adoptera des mesures permettant la création d’infrastructures destinées au stockage des résidus toxiques dans les ports. Le projet de l'Union européenne d’attribuer des "écolabels" européens a été lancé au niveau national, afin de réduire, autant que possible, les déchets de certains produits.

Les activités produisant des déchets dangereux et les installations nécessaires à la destruction de ces déchets exigent une étude d'impact environnemental et une autorisation spéciale. Les contrôles sont en place et la planification de la gestion des déchets hospitaliers a été menée à bien. En outre, les règlements concernant le ramassage et la destruction des batteries et des accumulateurs sont en cours d'introduction. par ailleurs, deux centres, actuellement en construction, sont destinés au stockage contrôlé des déchets solides toxiques et des boues. Enfin, la législation européenne sur le contrôle des mouvements transfrontaliers des déchets dangereux a également été adoptée.

La résolution ministérielle 72751/3054/85 sur les déchets toxiques et dangereux, conforme à la directive 78/319 de l'Union Européenne, prévoit des mesures préventives pour les déchets solides, ainsi que leur recyclage et leur revalorisation. Dans ce domaine, d'autres directives sont venues s’ajouter à la législation nationale.

L'environnement atmosphérique

Depuis vingt-cinq ans, la pollution atmosphérique, étroitement liée à l’urbanisation du pays, n’a jamais cessé d’être un problème pour la Grèce. L'Attique est la région la plus touchée, en raison de la forte densité de circulation qu’elle connaît et de la topographie, peu favorable à la dispersion de la pollution.

Depuis 1978, les mesures appliquées pour enrayer la pollution atmosphérique ont ciblé, avant tout, la réduction des taux élevés d'émissions de SO2 et de plomb.

Les mesures de réduction du SO2 comprenaient notamment l’interdiction de l'utilisation de pétrole brut dans le chauffage central et une diminution sensible de la quantité de souffre contenue tant dans le pétrole brut que dans le diesel. Ces mesures ont abouti à d'excellents résultats et, à présent, le problème du SO2 est désormais maîtrisé.

Il a d’ailleurs été possible de réduire la pollution de l’air grâce, en partie, à l'utilisation de l’essence sans plomb.

Outre les initiatives citées ci-dessus, la Grèce se dote également des infrastructures nécessaires à un meilleur diagnostic et à une meilleure approche du problème.

Les services en charge de l’environnement ont entrepris une série de mesures en ce qui concerne l'industrie, le chauffage central, la mise au point de carburants de meilleure qualité, le remplacement des vieilles voitures et, enfin, l'amélioration des conditions de circulation (à travers la construction du métro, par exemple).

En matière de pollution sonore, les régions les plus bruyantes de Grèce sont les zones urbaines, où sont concentrés 40% de la population grecque, 35% des industries et activités artisanales et 70% des services. Mais il existe également d’autres zones polluées par le bruit, telles que les grandes artères de circulation, les usines, les ports, les aéroports, les sites touristiques et les chantiers.

Par ailleurs, un programme d'action spécifique se centre, en priorité, sur les infrastructures de contrôle des conditions atmosphériques (y compris de celui des émissions de gaz). Voici les actions concrètes qui en découlent :

> la mise en point d’un réseau national de contrôle de l'environnement atmosphérique ;

> l’observation approfondie de la pollution de l’air ;

> la création d'un centre de contrôle de la pollution atmosphérique, chargé d’appliquer les mesures de rectification nécessaires à Athènes et sa région ;

> la création d’un centre de contrôle des paramètres météorologiques dans la région troposphérique d'Athènes ;

> le développement d’une poste mobile de télédétection des polluants atmosphériques, doté des équipements nécessaires ;

> l’établissement d'une connexion on-line du Centre opérationnel et du Réseau national au Centre national de météorologie ;

> la conception d'un système d'inventaire pour les émissions de COV (composé organique volatile) et pour les autres polluants non-conventionnels (avec Athènes pour zone d’application) ;

> la mise en place d'un inventaire des émissions d’origine industrielle (zone d'application à échelle nationale), d’une évaluation de l'impact des gaz à effets de serre sur le climat en Grèce et d'un réseau d'appréciation des variations climatiques ;

> l’installation de centres de surveillance globale de l’atmosphère, dits GAW (Global Atmospheric Watch) et de postes de contrôle du niveau de la mer ;

> l’élaboration d'un programme visant à répondre aux exigences du protocole de Montréal (et à apporter les amendements conséquents) ;

> l’amélioration du système de calibrage des instruments automatiques permettant de lutter contre la pollution de l'air ;

> la création d'un système de contrôle de la pollution de l'air au sein des musées ;

> la mise au point d'un réseau de contrôle de la pollution sonore urbaine ;

> l’évaluation et la cartographie de la pollution sonore liée à la circulation ;

> la délimitation des aires de pollution sonore pour les zones industrielles de la région d’Athènes et de Thessalonique ;

> la prise en compte de la pollution atmosphérique comme un problème "dynamique", qui évolue et se modifie avec le temps, exigeant, par conséquent, une vigilance accrue et des efforts à long terme.

Les objectifs du programme de réduction de la pollution sonore, appliqué aux principales villes grecques, pourront être atteints, notamment, à travers des contrôles ponctuels et répétés des taux d’émissions sonores produits par les véhicules/ motocyclettes ou par les grandes installations industrielles, ou grâce à l’installation de barrières de protection sonore le long des autoroutes, ou encore, par l'utilisation de matériels isolants et l’élaboration de produits dits "silencieux", particulièrement appréciés par les consommateurs.

Par ailleurs, le gouvernement grec est engagé dans le Programme d'action national sur les changements climatiques. En effet, il souhaite participer à l'effort mondial de protection de l'environnement. Ce programme d'action a pour but de réduire les émissions de CO2 et des gaz à effet de serre.

Ainsi, le premier programme hellénique de réduction des émissions de CO2 et des gaz à effet de serre a été soumis au secrétariat de l'UNFCCC, en mars 1995.

Ce programme visait à :

a) rationaliser la consommation d'énergie, c'est à dire parvenir à des économies d'énergie sans modifier le niveau de vie de la population ;

b) diversifier les moyens utilisés pour satisfaire la demande en énergie, en remplaçant les carburants traditionnels par d'autres types d'énergies, sans causer de déséquilibre majeur dans les fondements mêmes du système d‘approvisionnement en énergie.

Ces mesures sont appliquées soit à travers des politiques administratives, qui se concentrent sur les règlements nécessaires, soit à travers les politiques économiques, dont le but est de modifier le comportement des personnes impliquées.

Les interventions comprises dans ce programme se situent à la fois :

> au niveau de l'offre (modernisation du système de production d'électricité existant, développement d'un système de production TIP, introduction du gaz naturel dans le cadre du programme national d'énergie et exploitation des sources d'énergies renouvelables) ;

> au niveau de la demande (économies d'énergie dans les domaines intérieur, commercial et public ; interventions technologiques dans les secteurs industriel et du transport ainsi que sur le type de combustibles utilisés ; modernisation des véhicules, gestion et perfectionnement rationnels de l'ensemble du système de transport).

Ce programme a été conçu en réponse aux exigences de l'Union européenne. La Grèce doit en effet stabiliser ses émissions de CO2 pour l'année 2000, en prenant pour référence le niveau de 1990.

En mai 1996, un comité interministériel était établi sous la coordination du ministère de l'Environnement, de l'Aménagement du territoire et des Travaux publics, afin de répondre aux obligations de la Convention et de préparer les rencontres suivantes.

L'évaluation des résultats de l'Inventaire national des gaz à effets de serre ainsi qu’un rapport d'enquête préliminaire du programme national indiquent que les prédictions de ce dernier quant à ce type d’émissions étaient réalistes.

La Grèce participe régulièrement aux réunions du groupe ad hoc concernant le Mandat de Berlin et celles des autres corps subsidiaires de la Convention.

Afin de remplir les obligations de la Convention, des séances d’information sur les changements climatiques ont lieu régulièrement. En outre, des contributions financières sont apportées au Trust fund de la Convention pour permettre la participation des pays en voie de développement au GEF et aux banques régionales de développement, tandis que les pays en voie de développement reçoivent une aide technique.

Lac artificiel construit sur un ancien champ de mine

 

 

Ressources hydrauliques

En raison d'une mauvaise gestion du système de distribution des eaux, les ressources hydrauliques locales ne suffisent pas à satisfaire la demande en eau. Combler cette lacune représente donc une priorité.

De même, la gestion de la qualité et de la quantité des eaux dans les lacs et les deltas des rivières, où sont localisés de nombreux biotopes, est de toute première importance.

La gestion des ressources hydrauliques du pays a connu des progrès considérables ces dernières années, notamment depuis la création d'un nouveau cadre légal (L.1650/86-L.1739/87). En revanche, la répartition des responsabilités au sein des différents ministères et services publics soulève de sérieux problèmes.

Par ailleurs, les fleuves de Grèce (Axios, Strymon, Nestos, Evros) prennent leur source dans d'autres pays, tandis que deux des principaux lacs se trouvent sur des frontières. C’est pourquoi, la coopération entre la Grèce et ses pays voisins est de prime importance pour la gestion de l'eau douce.

Les déchets urbains, industriels et agricoles sont responsables de la pollution de l'eau douce. Ce facteur s’étend à toutes les régions grecques et il dépend à la fois des conditions locales existantes et de la disponibilité des installations de traitement des eaux usées.

L'objectif global du programme d'action actuel est de surveiller la qualité des eaux intérieures à travers la mise au point d'un réseau national destiné aux eaux de surface, souterraines et côtières. Ce programme est complété par le contrôle spécifique du degré de pollution des eaux.

Les actions entreprises consistent à :

> développer un réseau national de contrôle de la qualité de l'eau qui se compose de réseaux de contrôle pour les eaux de surface, les eaux souterraines, les rivières transfrontalières, l'eau potable et les eaux de baignades ;

> Ce réseau supervise également un laboratoire central chargé de l’étalonnage et de la coordination des laboratoires régionaux engagés dans ces activités ;

> mettre au point un système de contrôle pour les déchets industriels et urbains ;

> évaluer les régions sensibles en ce qui concerne le traitement des déchets liquides.

Aménagement du territoire et planification urbaine - Dégradation esthétique

L’inadéquation de l’aménagement du territoire datant de la période 1950-1980 a conduit à la dégradation progressive de l'environnement naturel et urbain de nombreuses régions du pays.

Le Plan d'action national en faveur des villes et du logement (1996-2000), conçu par la Grèce comme élément de participation à la Conférence internationale Habitat II des Nations Unies sur les établissements humains (Istanbul 1996), a deux objectifs principaux : créer des villes capables d'offrir des conditions de vie sûres, saines, équitables et durables, et garantir à tous un logement approprié.

Les actions nationales entreprises en faveur du développement des établissements humains sont les suivantes :

> appliquer un programme d’urbanisme visant à établir la planification urbaine des villes où elle fait défaut, et à améliorer les acquis des autres villes, en tenant compte des modifications survenues dans leur structure urbaine et leurs activités. Par ailleurs, l’accent est mis tout particulièrement sur l’aménagement des régions écologiquement sensibles, des côtes et des îles.

> mettre en œuvre des projets de protection de lieux historiques et traditionnels, en vue de l’amélioration des conditions urbaines de certaines villes grecques, des habitations traditionnelles et des sites touristiques. Il s’agit également de rehausser la qualité de vie et les conditions de travail de la population. Au sein de ce réseau, un programme spécial de "revalorisation urbaine des villes et des régions d’habitation" est en cours d'installation, mais il ne concerne ni Athènes, ni l’Attique, ni Thessalonique.

> utiliser d'autres programmes d’interventions spécifiques au niveau local et régional dans des secteurs tels que l'eau, l'air, les déchets, la circulation, le bruit, l'aménagement régional, le développement urbain, la législation et la sensibilisation à l'environnement.

Éducation en matière d'environnement

Le ministère de l'Environnement s’est centré sur la réorientation de l'éducation vers le développement durable. Dans ce contexte, sept centres d'Éducation à l’environnement ont vu le jour, permettant aux étudiants de participer à des programmes spéciaux pour l’environnement. Ces centres offrent également des formations en éducation environnementale aux employés, aux organisations communautaires, aux professeurs, etc.

Autour des projets pilotes spécifiques sur l’éducation à l’environnement, une coopération systématique s’est instaurée entre d'importants groupes écologistes, tels que le WWF, le musée Goulandri d'Histoire naturelle, Greenpeace, etc.

Deux ministères grecs ont signé avec les États-Unis un accord de coopération intergouvernementale concernant le réseau mondial GLOBE. Il concerne la création, au sein des écoles, de centres destinés à sensibiliser les enfants.

Dans son effort pour coopérer à de telles activités, la Grèce a organisé, en collaboration avec l'UNESCO, une conférence internationale sur "l'environnement et la société : éducation et sensibilisation du public au développement durable". Cette conférence s’est tenue à Thessalonique.

Par souci de brièveté, nous nous en tiendrons là, sans faire plus ample référence aux nombreux autres programmes, actions ou règlements existants dans le domaine de l’environnement en Grèce. Il n’en demeure pas moins que la Grèce a ouvertement adopté une politique fondée sur le respect de l'environnement, qu’elle s’attache à agir conformément aux lois européennes et, enfin, qu’elle participe aux accords internationaux sur la protection de l’environnement.

 

Haut de page

 


page précédente

 

 

Envoyez un courrier électronique à grinfoamb.paris@wanadoo.fr pour toute question 

ou remarque concernant ce site Web 

Copyright ©Ambassade de Grèce - Bureau de Presse et de Communication, Paris, 1999

Conception : Georges Bounas - Réalisation : Marie Schoina

Dernière modification : vendredi 18 décembre 2009