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Un aliment ancien se
réapproprie le devant de la scène
Le trahana peut être considéré comme la plus ancienne
soupe instantanée !!!
| Les origines de cette brillante invention sont difficiles à
déterminer, on rencontre différentes variantes du trahana de l’Iran
jusqu’à la Hongrie, du Caucase à la Syrie. Quelques historiens pensent
qu’il ressemble à la bouillie servie aux soldats Grecs et Romains. D’autres
trouvent des similitudes avec le tractae, un agent épaississant dont il
est fait mention dans un livre de recettes de Apicius datant du 1er
siècle, tandis que des experts en linguistique sont remontés à la
racine du mot tarkhaneh en Perse médiévale et soutiennent que les tribus
nomades turques à l’est en transportaient dans leur sacoche, puis l’ont
disséminé à travers les Balkans. A l’opposé au Moyen Orient, les
Arabes consommaient du kishk, un plat fait à partir de boulghour depuis
le 9e siècle. Peu importe son origine, toutes les hypothèses
sont vraisemblables. Selon la manière dont il est préparé, les
petits grains ont un goût unique, aussi bons consommés seuls ou bien
agrémentés avec du bouillon, des légumes ou de la viande pour apporter
un petit quelque chose de plus et vous attire vers une seconde
portion ! Plat idéal en hiver, on peut y ajouter aussi quelques
morceaux de feta, des croûtons de pain… |

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Préparé avec du lait ou du yaourt dans lequel on verse du
blé concassé puis porté à ébullition, par la suite on laisse la
préparation sécher au soleil jusqu’à ce qu’elle devienne dure comme
de la pierre, puis on l’émiette. Le trahana combine les bienfaits du
pain et des produits laitiers dans une forme extrêmement compacte. Non
seulement il a une durée de vie quasiment infinie mais il est léger
comme une plume, idéal pour les voyages. Il est très facile à
préparer, il suffit d’ajouter de l’eau, de cuire quelques minutes et
vous obtenez une bouillie épaisse ou une soupe nourrissante que vous
soyez dans votre cuisine ou dans les montagnes à garder vos
moutons !
Consommé sous forme de soupe, il était jusqu’à peu, un aliment
rustique associé au monde rural, absent des tables urbaines et des
restaurants. Dans la redécouverte des produits traditionnels menée par
les chefs et les cuisiniers réputés, il a trouvé très récemment ses
lettres de noblesse dans la gastronomie grecque, il est de plus en plus
utilisé en cuisine où les chefs se le sont appropriés pour
confectionner de nombreux plats qui sont au menu des meilleures tables d’Athènes
entre autres. |
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En Grèce, il existe quatre variétés de trahana –
aigre, doux, maigre (pour la période du Carême) et xinohondros
(littéralement aigre-gros) spécialité de Crète, Cythère et Lesvos. En
Crète, de nombreux foyers ruraux possèdent encore une pierre à moudre
manuelle dont ils se servent pour écraser les grains de blé
grossièrement, tel que le faisaient déjà leurs ancêtres minoens au 2e
siècle av. J.C., on appelle ce blé concassé hondros, on y ajoute du
lait de chèvre et on met à bouillir puis on laisse refroidir, le
mélange devient compact, on fait des boules creusées qu’on laisse
sécher au soleil puis réduit en grosses miettes.
En Macédoine orientale et en Thrace, on ajoute au
trahana maigre des épices et des poivrons rouges pour le rendre plus
piquant.
Le trahana aigre est fait avec de la farine ou de la
semoule et du yaourt ou du babeurre, le trahana doux quant à lui est
fabriqué avec du blé concassé et du lait, le trahana maigre est fait
sans lait ni yaourt.
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