Accueil Actualités Communiqués Politique Etrangère La Grèce en France Grèce Xenios Médias Olympisme Recherche Contactez-nous

Art en Capital 2011

 

Abadie-Lalayiannis J.- Douceur ensoleillée 

Art en Capital

 

Grand Palais - Paris

 

www.artencapital.net

 

Abadie-Lalayiannis J. - Réveil à l'aurore 

Andréopoulos V.- Composition avec table

22 - 27 novembre 2011

 

20 artistes Grecs regroupés pour l’exposition 

Art en Capital

Pour la seconde année, la Grèce dispose d’un pavillon au Salon des Indépendants dans le cadre d’Art en Capital au Grand Palais. Cette année comme la précédente, le choix des artistes est éclectique. La sélection s’est attachée à démontrer l’affinité des artistes avec la culture visuelle française et européenne, en privilégiant la qualité des œuvres. Cependant, on peut discerner des tendances comme le paysage, le portrait, la poésie visuelle, la sculpture et la photo, ainsi que la peinture sur papier.  

Les 19 artistes qui participent sont les suivants : 

Julie ABADIE-LALAYIANNIS, Vangelis ANDREOPOULOS, Maria ARGYRACOPOULOU, Catherine COUNINIOTI, Tania DIMITRACOPOULOU, Marilia FOTOPOULOU, Rania KAPELIARI, Spyros LYTRAS, Klio MAKRI, Petros MATZAKOS, Lisa MERLIN-VASSILATOU, Ermioni PAPADOPOULOU, Vassiliki PERKA, Margarita PETROVA, Antonia PREVENA, Marianna TRONTSIOU, Manolis TSAGARAKIS, Titi VASSILIOU-CHALASTANI, Alexis VEROUCAS, Maria DAMIRI.

Inauguration de l’exposition

mardi 22 novembre 2011

de 17h à 22h30 en présence des artistes.

  Tous les jours de 11h00 à 20h00 

Deux nocturnes auront lieu,

jeudi 24 novembre et samedi 26 novembre jusqu’à 22h

 

Andréopoulos V.- Composition avec table, tronc d'arbre

Couninioti C. - Paysages confrontés

Couninioti C. - Terre polluée-Terre violée 

Dimitracopoulou T. - Les Amis

Dimitracopoulou T., Souk

Papadopoulou E.- Navigations imaginaires 

Papadopoulou E.- Navigations imaginaires 

Argyracopoulou M. - Scènes urbaines

Fotopoulou M. - Bibelots assortis

Petrova M.- Pilow 

Tsagarakis M. - L' Internationale

Vassiliou-Chalastani T.- 2. Narration géométrique

Vassiliou-Chalastani T. - 1. Narration géométrique 

L’exposition au pavillon grec est organisée par l’historienne et critique d’art Emmy VAROUXAKI  

 

Perka V.- Jeune femme, sculpture

Note critique des œuvres des artistes Grecs du Salon des Indépendants

 

L’année 2011 est reconnue mondialement comme la continuation de l’année de la biodiversité. Le rapport homme nature est une de ses orientations. Les artistes Grecs relèvent ce défi au naturel et métaphoriquement, puisque nature et vie tiennent l’une à l’autre.

Si l’affinité morphologique entre les œuvres a disparu depuis longtemps, puisque l’autosuffisance d’un artiste est de toute façon diminuée par le voisinage des œuvres d’un autre, il existe néanmoins un esprit du temps qui intensifie l’engagement des artistes à l’égard des problèmes actuels. L’instabilité et l’anxiété de nos sociétés portent les artistes à des expressions allégoriques et significatives, dictées par les événements qui s’enchevêtrent. Ainsi les portraits en méga-échelles d’Alexis Veroucas et Petros Matzakos, ainsi que le groupage kafkaïen de Spyros Lytras mettent en avant, sur scène, le corps comme métaphore du paysage.

En parallèle, les objets du quotidien, présentés dans un arrangement métaphysique et géométrique par Vangelis Andréopoulos, montrent une réalité déconstruite et recomposée, se réappropriant des clichés de l’art moderne, empruntés aussi bien à l’expressionisme qu’à l’illustration.

Les paysages extra-terrestres de Catherine Couninioti donnent l’impression d’une réalité dématérialisée. Sensible au problème écologique de la planète, elle utilise des collages de détritus et des débris inutilisables. Ainsi, la matière devient symbole de la narration, qui occupe le reste du tableau. Paysage emblématique ou planète, dont le volume et les couleurs effervescentes engendrent une symbolique révélatrice des dangers universels. Il s’agit d’un art spirituel réveillé par une réelle émotion poétique, chargé en même temps d’une force psychique permettant la rencontre avec le spectateur avisé. Les résultats nocifs des systèmes économiques de notre temps, de la politique corrompue et de la stupidité des médias engendrent tous les dangers de notre vie actuelle. La peinture de Catherine Couninioti révèle sans heurter en soulignant les points sensibles.

Plus classiques, les marines de Lisa Merlin-Vassilatou, Tania Dimitracopoulou, Maria Argyracopoulou, Ermioni Papadopoulou, restent fidèles à la représentation du monde visuel de leur pays, tout en montrant du talent pictural et de l’émotion envers un monde encore épargné par les catastrophes et l’anéantissement. Un monde clément à l’image d’un Dieu bon, qui n’a pas détourné son visage à qui veut vivre le quotidien avec innocence et autosuffisance. Esprit méditerranéen, esprit universel, esprit stoïque.

Aux antipodes du paysage à l’huile, voici les paysages routiers de Manolis Tsagarakis. Image du pare-brise des autobus, qui parcourent de longs trajets, ironisant avec des symboles comme la purification, l’hymne de l’Internationale, les jeunes mariés, enfin une cible mortelle. Un écran de rêve qui fait clin d’œil aux road movies ou à la télévision omniprésente dans notre vie. Rêve de gosse, qui pense sans perversion au monde qui l’entoure en signalant des faits divers et des habitudes prosaïques et personnelles dans un contexte purement ludique.

Une obsession pour le monde géométrique et le temps qui s’arrête anime les dessins à l’encre de Titi Vassiliou-Chalastani. Ses enchevêtrements en noir et blanc avec quelques pointes de couleur se serrent et s’entrecroisent dans une surface où règne le horror vacui. Cette habitude chère aux peintres des fresques minoennes ou mycéniennes se retrouve dans les ornements art déco des années 20-30. Le geste géométrique évoque aussi les peintres russes de l’avant-garde, comme K. Malevitch, L. Popova etc. Serait-ce un travail d’érudition ? Absolument pas. Il s’agit plutôt d’une recherche de maîtrise de soi et de démarcation de l’être et du non être. En même temps une aspiration à l’harmonie, la justesse et l’ordre.

Rania Capeliari crée des collages peaufinés à la peinture, évoquant le passé, la mémoire, les images d’enfance et aussi le temps qui passe, le manque, la perte des personnes aimés, les photos, les objets fétiches, les surfaces grattées, les ruines et les vestiges. Œuvre pour le moins romantique et évocatrice des songes et souvenirs, elle appelle à la concentration sur des lectures complexes, enrichie par la présence des poupées et fillettes, figées dans leurs robes d’un autre temps. Un art poétique évocateur d’images du subconscient.

Un groupe de jeunes femmes dont, Margarita Petrova, Antonia Prévéna, Marilia Photopoulou, Marianna Trontsiou représentent la poésie visuelle. Peintres ou objectualistes, elles misent sur la féminité et ses accessoires, ses symboles, son monde extérieur et intérieur chargé d’image toute faite d’idoles, assortiment d’objets, d’étoffes, et de senteurs. Les animaux complètent ces images félines, interprétant vice, aliénations, cruauté et charme. Á ce groupe appartient aussi la peintre Maria Damiri, qui traite le monde de la mer comme un paysage onirique plein de couleurs, une synthèse fantaisiste évoquant la contemplation des paysages marins et ses animaux, qui animent des surfaces chargées des riches coloris.

Un monde féminin mais plus graphique chargé des couleurs chaleureuses et courbes voluptueuses est présenté par la grande dame des foulards Hermès, Julie Abadie-Lalayiannis, créatrice depuis plusieurs décennies des cartons inspirés aussi par la Grèce.

 

Perka V., Jeune homme, sculpture

Damiri M., Retour de pêche

Damiri M., Retour de pêche

Kapeliari R., Ma ville à travers le temps

Lytras S., The Cage 

Prevena A., L'oeuf jaune

Veroucas A., Salomi

Matzakos P., Anthony

Matzakos P., John

Merlin-Vassilatou L., Le nuage

Merlin-Vassilatou L., Nuances

Julie Abadie-Lalayiannis est venue très jeune de sa Grèce natale à Paris, où elle a fait ses études d’art et a réussi dans la mode auprès de la grande maison parisienne, dessinant plus de 30 carrés Hermès. L’amour de la peinture la pousse à créer dans ses ateliers de Paris et d’Athènes des figures de baigneuses, de coquillages et de plages dans des compositions en deux dimensions chères aux peintres des vases anciens.

Les deux femmes sculpteurs de l’exposition sont des céramistes.

Klio Makri organise des groupes des personnages de petite dimension qui vivent comme des acteurs d’un théâtre imaginaire, en composant une mise en scène animée de gestes et de situations. Pourtant, le modelage est expressionniste et donne à ces scènes de genre une dimension d’inquiétude, de gaucherie et de mal-être. Ce regroupement n’est pas inoffensif. Il génère de faits de société, proche de l’insatisfaction et de la révolte.

Les personnages en terre cuite de Vassiliki Perka ont un aspect naturaliste et naïf. Animaux à la taille réelle, jeunes gens debout, bien formés et proches des spectateurs. On dirait des compagnons, qui attendent, silencieux, comme des bons génies, au creux d’un mur ou derrière une porte, appelant à la sérénité, à la contemplation ironique d’un sort trop prévu et pourtant, jamais accepté totalement. Une très belle exécution, un tour de main impeccable sur le moulage de la terre cuite.

Emmy VAROUXAKI

Paris, 17 octobre 2011


page précédente

 

Envoyez un courrier électronique à grinfoamb.paris@wanadoo.fr pour toute question 

ou remarque concernant ce site Web 

Copyright ©Ambassade de Grèce - Bureau de Presse et de Communication, Paris, 1999

Conception : Georges Bounas - Réalisation : Marie Schoina

Dernière modification : vendredi 18 novembre 2011