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Hélène Taptas

 

 

Hélène Taptas

 

Exposition du 13 au 24 novembre 2010

Vernissage le samedi 13 novembre de 15h à 19h

 

Galerie Etienne de Causans

25 rue de Seine - 75006 Paris

 

 

«Ceci n’est pas un paysage»

Sur toutes les toiles d’Hélène Taptas, on découvre la même image: une vaste étendue coupée en deux à l’horizontal, deux entités à la fois autonomes et antithétiques, on pourrait dire complémentaires, traitées de manière similaire: coups de pinceau amples, camaïeux veloutés aux tons tendres, issus de deux-trois couleurs qui s’entrepénètrent en douceur, une certaine qualité de matière mate, enveloppante mais sans opacité, répandue avec parcimonie. «Ça, c’est moi» dit-elle. «C’est tout ce que je peux faire, c’est comme une signature, un sceau». 

Cette signature, c’ est un paysage ou plutôt le théâtre où s’épanouit et se dévoile un coeur. Paysage intérieur en somme, paysage mental où se trouve cachée, piégée, la parole du peintre.

En observant ces images, on est étonné de découvrir tout ce qu’on peut faire avec des principes apparemment simples. 

Le nombre infini de variations du trait, la richesse des dégradations chromatiques, le subtil traitement de la pâte qui, sans jamais imposer sa suprématie, se diversifie, répandant un sentiment doux et délicat. Une attente mélancolique se dégage de cet horizon à jamais lointain qui, avec le temps, nous devient familier et nous invite à nicher notre propre rêverie. «Pendant des années, je n’ai peint que des paysages, mais je ne me considère pas comme une paysagiste» déclare l’artiste. «Il ne s’agit pas de paysages réels. La nature ne m’intéresse pas en tant que telle, pas plus que ce qui l’ habite. Le rocher, l’arbre, les autres éléments naturels qu’on peut rencontrer sur mes toiles acquièrent aussitôt un sens symbolique. Je ne peux m’en servir que comme des métaphores. Si j’ai fait toujours ce genre d’images, c’est parce qu’elles me permettent d’y projeter mes humeurs, y enterrer mes sentiments. Pendant longtemps, cet état des choses est resté stationnaire. Il est pourtant venu un moment où je me suis sentie trop seule dans mon paysage et où j’ai éprouvé le besoin d’ une présence. Surprise, je me suis mise à introduire des choses inimaginables jusqu’alors: une maison, par exemple.

Une maison dans le paysage, c’est comme une histoire...

L’élément humain est donc entré timidement dans mon tableau: un petit bonhomme qui court à ras bord de l’horizon traînant un nuage. "Ça pourrait avoir une connotation surréaliste mais je ne veux pas m’appesantir sur ce fait. C’est comme un songe, une vision infime. Ailleurs, un homme tient un ballon, allusion peut-être à une enfance à jamais révolue. J’ ai toujours été fascinée par ces personnages qui, l’air rêveur, traînent des ballons comme des grands bouquets multicolores... Quand je me mets à peindre, tout d’abord je marque la ligne de l’horizon, c’ est primordial, ça me rassure. C’est à partir de là que le dialogue s’installe entre terre et ciel. Tantôt c’est l’un qui l’emporte, tantôt l'autre. Le paysage qu’au début j’avais mis à plat et à distance, est aujourd’hui nanti d’une perspective fuyante qui creuse l’espace. Est-ce la réalité de la maison qui a commandé ce changement? Souvent, c’est la couleur qui me guide et c’est impossible de prévoir où elle va me conduire. Je commence dans les tonalités bleutées et tout préconise une marine mais, surprise, c’est un champ de blé que je finis par peindre. Pour éviter la cacophonie de contrastes heurtés, je n’utilise que trois couleurs à la fois: le bleu, la sépia, le noir-et-blanc, l’ocre, le jaune de Naples, le carmin: des gammes qui correspondent à mes états d’âme, celles qui conviennent à la spécificité de mon paysage...» Ce paysage métaphysique d’Hélène Taptas, qui ne cesse de se répéter, de revenir vers nous, renouvelant ses fines et insinuantes métamorphoses, cet horizon redondant et tenace à soleil bas, qui évoque l’heure insaisissable entre chien et loup, d’avant ou d’après l’orage, malgré son air infiniment discret, s’impose et marque un temps d’arrêt dans le tumulte de notre ordinaire. Simple et mystérieux, il révèle le tempérament secret de son créateur dont les humeurs arrivent jusqu’à nous comme les variations d’une musique douce mais tenace prompte à accompagner notre solitude.

Eurydice Trichon- Milsani

 

Hélène Taptas est née à Constantinople.

Elle a étudié les arts graphiques à l’Ecole Supérieure des Arts Modernes à Paris et travaillé comme graphiste dans des compagnies de publicité (AXE PUBLICITE, SYNODIS, SYNERGIE).

En tant que travailleur indépendant elle peignait des peintures murales, des illustrations de livres etc. Pendant son séjour à New York elle a décoré des stands d’expositions. De retour en Grèce, elle s’est consacrée entièrement à la peinture. 

Ses oeuvres ont été présentées dans plusieurs expositions:

 

Expositions collectives:

· ATELIER MURAL (Paris 1974), grand succès et excellentes critiques

· Galerie ORAISMA (Athènes 1988)

· Galerie FOKILOIDOU 3 (Athènes 1999)

· Musée BENAKI (Athènes 2000)

· Ile de Paros (2005)

· Centre Culturel de Kalamata (2006)

· Galerie GAIA (Pirée 2010)

Expositions individuelles :

· Galerie ARENA (Athènes 1980)

· Galerie SKOUFA (Athènes 1998)

· Galerie SKOUFA (Athènes 2005)

· Galerie PERIPLANISSI (Athènes 2008)

· Galerie ETIENNE DE CAUSANS (Paris 2010)

Elle a collaboré avec la céramiste Christina Morali, et a présenté son travail aux galeries:

· CATS & MARBLES (Athènes 2005)

· LA MAISON D’ EXPOSITIONS (Ile de Tinos 2007)

· Galerie ACROPRORO (Ile de Spetsai 2007)

htaptas@ath.forthnet.gr


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Dernière modification : lundi 18 octobre 2010