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Les Médias

 

Les médias en Grèce

 

Par S. Papathanasopoulos

 

 

Les médias grecs se sont développés de manière disproportionnée par rapport à leur public et cette tendance demeure d’actualité. En effet, l’essor des médias semble incarner une tradition en Grèce, étant donné le nombre considérable de journaux, de chaînes de télévision, de magazines et de stations de radio pour un marché aussi restreint. L’expansion des médias dans les années 1985-1990 est due à la déréglementation de l’audiovisuel et à la naissance de chaînes privées. Puis, de 1985 à 1990, le marché de la presse écrite connut une croissance accélérée de même que le secteur de la radio (grâce à la libéralisation des fréquences). En outre, les chaînes privées locales et nationales se sont multipliées. Quant au secteur des magazines, il a su refaire surface.

Comme pour la plupart des autres pays, le paysage médiatique grec s’est vu fortement influencé par l’histoire politique nationale.

En Grèce comme ailleurs, la législation gouvernementale a joué un rôle décisif dans le secteur des médias. Les réglementations nécessaires ont été prévues pour le secteur médiatique, mais elles ont malheureusement fourni un soutien financier duquel plusieurs entreprises sont devenues dépendantes. Évoquons, par ailleurs, les alliances historiques qui ont toujours relié les journaux aux partis politiques.

D’un point de vue général, la presse s’est développée parallèlement à l’essor politique de l’État grec. Autrefois, chaque parti possédait son propre journal et, dans certains cas, le chef du parti en était même l’éditeur. Au fur et à mesure de la séparation des partis et des journaux, les périodiques se sont forgé leur propre identité. Sous la dictature militaire (1967-1974), certains journaux furent contraints de cesser leurs activités. La censure et le contrôle, lourds de conséquences, faisaient partie du quotidien, mais depuis la chute de la dictature en 1974, la presse a connu une véritable révolution. Tout d’abord, le rôle de la publicité s’est révélé capital pour les recettes des médias. La presse purement engagée a perdu de son influence et les journaux à grand tirage ont envahi le marché. Depuis le milieu des années 1980, les entrepreneurs et les armateurs sont devenus les nouveaux magnats de la presse, et seuls quelques éditeurs contrôlent le marché. Cependant, comme dans d’autres pays, si les journaux n’ont rien perdu de leur couleur politique, ils s’apparentent davantage à une entreprise, de par leur fonctionnement, qu’à un moyen d’expression politique pour un parti.

Entreprise de Radio et de Télévision grecques

Le paysage audiovisuel grec s’est considérablement transformé vers la fin des années 1980. Il est passé de deux chaînes de télévision publiques et de quatre stations de radio publiques à 145 chaînes de télévision privées et 1 200 stations de radio privées. En outre, la commercialisation est apparue dans l’audiovisuel ; la publicité, les programmes importés et la politique se développent et, comme à l’étranger, les éditeurs et les autres intérêts commerciaux envahissent le paysage audiovisuel. Depuis le milieu des années 1990, l’État s’efforce de contrôler le secteur en fonction des besoins de l’industrie et d’harmoniser les conditions d’exploitation du secteur dans le respect des réglementations de l’Union européenne. Celles-ci sont prévues par la directive Télévision Sans Frontières, particulièrement en ce qui concerne le temps de publicité, les quotas relatifs aux programmes, la protection des mineurs et la question de la propriété des médias.

Bien que l’évolution des médias grecs ne réponde pas entièrement aux besoins de l’industrie, le paysage médiatique s’est néanmoins adapté aux tendances récentes. Notons que les médias grecs, nés il y a tout juste vingt-trois ans, ont évolué très rapidement.

La presse

Les journaux

Malgré le niveau élevé d’alphabétisme, le nombre de lecteurs demeure faible. Depuis l’arrivée des chaînes de radio et de télévision privées et des magazines, la publicité-presse et le nombre de lecteurs ont diminué. Une enquête récente, réalisée en 1993 par l’institut de recherche MRB Hellas, révèle que 69% des personnes interrogées s’informent quotidiennement grâce à la télévision, 11% grâce à la radio et 17% grâce à la presse (du matin et du soir).

Vers la fin des années 1990, on dénombrait quelque 280 quotidiens locaux, régionaux et nationaux. Toutefois, les 17 principaux quotidiens nationaux proviennent d’Athènes.

En effet, dans un pays où la moitié de la population réside dans les grandes villes, il n’est pas surprenant d’apprendre que la presse athénienne domine le marché. En outre, la plupart des journaux athéniens sont membres de la prestigieuse Association des éditeurs de quotidiens d’Athènes.

Bien que les habitants de certaines régions préfèrent lire également la presse locale, plus de la moitié des quotidiens circulent à Athènes et la presse athénienne est devenue nationale.

La circulation des journaux du dimanche se développe, surtout à Athènes où presque tous les quotidiens proposent une édition dominicale spéciale. La plupart des journaux du dimanche contiennent davantage de pages ou offrent un supplément afin de cibler un lectorat plus large, et particulièrement les jeunes.

Cependant, la demande du public reste limitée (83 personnes sur 1 000 ont acheté un quotidien en 1996) et, avec l’arrivée des chaînes de radio et de télévision privées, le nombre de lecteurs est en déclin. Pour lutter contre ce phénomène, la presse grecque a tenté de s’adapter en améliorant les périodiques existants et/ou en publiant de nouveaux journaux. En 1989, les 25 quotidiens existants circulaient à raison de 1,27 million d’exemplaires tandis qu’en 1997, les 22 titres quotidiens représentaient une circulation moyenne de 680 000 exemplaires. Depuis 1993, la plupart des journaux athéniens tentent d’augmenter leurs ventes en proposant un système de cadeaux publicitaires, notamment des livres, des voyages gratuits, des maisons ainsi que d’autres biens de consommation. Pour gagner ces cadeaux, les lecteurs doivent collectionner des coupons (ou des bons). Cette méthode est efficace mais elle est de moins en moins pratiquée. Toutefois, l’effondrement des ventes, en particulier de la presse quotidienne, risque de contraindre les éditeurs à revoir leurs techniques de promotion des ventes. Enfin, les kiosques restent le principal moyen de distribution tandis que la livraison des journaux à domicile est quasiment inexistante.

Les magazines

Avec plus de 500 titres de presse générale et spécialisée, le marché des magazines est très diversifié.

Il existe environ 30 titres principaux de magazines, dont la plupart sont des mensuels. Alors que la circulation de magazines hebdomadaires d’intérêt général a décliné, les mensuels gagnent l’intérêt des lecteurs. Les magazines de télévision sont au nombre de neuf. Les magazines les plus répandus sont ceux qui concernent les émissions et les jeux télévisés permettant de gagner de l’argent. En 1995-1996, le marché de la presse s’est enrichi de nouveaux titres. Cette croissance s’est également traduite par l’augmentation des recettes de la publicité. Cependant, le secteur des magazines fait actuellement l’objet d’une restructuration pour faire face à la compétitivité du nouvel environnement médiatique.

Au cours des cinq dernières années, le secteur des magazines a connu les transformations suivantes :

D’une part, les anciens magazines hebdomadaires généraux et d’informations sont aujourd’hui dépassés. Ils représentaient autrefois le gros des ventes de magazines. Aujourd’hui, ce sont les journaux du dimanche qui attirent les lecteurs.

D’autre part, on constate une augmentation du nombre de magazines spécialisés, très populaires auprès des jeunes lecteurs. On assiste ainsi à un accroissement des ventes de nouveaux magazines consacrés à la musique, à l’informatique, aux sports, au monde de l’entreprise et de la finance, à l’automobile et aux deux roues, à la technologie, à l’histoire, à l’ameublement et à la décoration.

Enfin, ce secteur atteint ses ventes maximales avec les magazines de télévision. Si, certes, la capacité du marché à accueillir de nouveaux titres est discutable, on observe une augmentation de la presse populaire, notamment de la presse à scandales.

En 1995-1996, on a assisté à l’accroissement du nombre de magazines mensuels traitant à la fois de la vie des jeunes, de la politique et des questions sociales.

D’ailleurs, depuis 1995, la plupart des nouveaux magazines ont pour pratique d’offrir des CD afin d’augmenter leurs ventes. Ces CD comportent d’anciens titres.

Les plus grands tirages reviennent aux magazines de télévision, suivis des mensuels féminins et de ceux d’intérêt général ou de société. Cependant, le total des ventes du secteur des magazines est resté stable.

L’audiovisuel

L’audiovisuel grec a une relation symbiotique avec l’histoire politique du pays ; en effet, la radio et la télévision sont apparues en période de dictature, trouble période de l’histoire de la Grèce moderne. La radio est née vers la fin des années 1930, sous la dictature de Metaxas, et la télévision vers la seconde moitié des années 1960, lorsque les Colonels étaient au pouvoir (1967-1974). La radio et la télévision étaient alors considérées comme ''les armes de l’État''. Par ailleurs, avant la déréglementation du secteur, le débat sur l’audiovisuel en Grèce s’est centré sur le contrôle du gouvernement et sur son ingérence dans les programmes d’information télévisuels. Cette question est désormais inscrite dans la vie politique de la période postérieure à la dictature. Depuis le retour au régime parlementaire, les partis opposés s’accusent mutuellement d’abus de contrôle sur le paysage audiovisuel public.

En Grèce, comme dans la plupart des pays européens, le paysage audiovisuel est, à l’origine, un monopole de l’État. Cette situation était inévitable, étant donné les circonstances historiques dans lesquelles la radio et la télévision ont vu le jour. Cependant, le monopole de l’État s’est prolongé après le retour au régime parlementaire en 1974. En vertu de la Constitution de 1975, ''la radio et la télévision seront sous le contrôle direct de l’État''. En effet, bien que ''contrôle direct'' ne signifiait pas nécessairement ''monopole de l’État'', il se justifiait néanmoins par le nombre limité de fréquences disponibles, ou par la nécessité de diffuser dans un pays montagneux doté de nombreuses îles.

Entreprise de Radio et de Télévision grecques

 

Ainsi, l’État devint le seul acteur de la diffusion radiotélévisée. La manipulation gouvernementale des journaux télévisés illustre bien le rôle de l’État puisqu’il a toujours renforcé la position et la politique du gouvernement.

Par conséquent, la censure gouvernementale était monnaie courante et le contrôle de l’État, plus important que partout ailleurs. Le paysage audiovisuel public grec se caractérisait par une réorganisation de la direction des chaînes à chaque transfert de pouvoir politique. Cela eut pour conséquence que les journaux se fassent l’écho des prises de position du gouvernement dans plusieurs domaines. Ainsi, il n’était pas surprenant que les postes à responsabilité changent fréquemment de mains. Ce phénomène est l’une des caractéristiques du monopole de l’audiovisuel qui perdure encore aujourd’hui. Il n’est donc pas étonnant que les diverses propositions relatives à la structure du paysage audiovisuel public aient été soit partiellement adoptées, soit totalement négligées par la plupart des gouvernements.

La libéralisation du paysage audiovisuel grec

À l’image des autres pays européens, la libéralisation du paysage audiovisuel grec va au-delà de la suppression de certaines règles et réglementations. Elle résulte davantage des forces internationales que nationales. En tant que membre de l’UE, la Grèce est également influencée par les politiques et les réglementations européennes (telles que la directive Télévision Sans Frontières) ainsi que par l’environnement politique européen. La libéralisation du paysage audiovisuel européen a eu lieu dans les années 1980. De ce fait, le gouvernement grec a dû faire pression pour obtenir la levée des obstacles dans ce secteur. Par exemple, lorsque la chaîne publique (ERT) a traduit le maire de Thessalonique en justice pour gestion illégale d’une chaîne de télévision, elle a perdu le procès. En effet, le tribunal a jugé que le monopole de ERT était contraire au Traité de Rome.

Les locaux principaux de l’entreprise de Radio et de Télévision grecques

 

En Grèce, comme dans la plupart des pays européens, la libéralisation de l’audiovisuel a commencé avec la radio. Après les élections municipales de 1986, les maires d’Athènes, de Thessalonique et du Pirée ont annoncé leur intention de lancer des stations de radio et des chaînes de télévision dans leurs villes respectives ; ''Athena 9.84 FM'', ''Kanali 1 FM'' et ''Thessalonique 100'' ont vu alors le jour, rapidement suivies par d’autres stations locales.

Avant la libéralisation de facto, le gouvernement avait tenté de désamorcer la situation en annonçant son intention de libéraliser les fréquences radio. En vertu de la Loi 1730/ 1987, les radios locales pouvaient donc dépendre : (i) des municipalités ou des collectivités locales ou (ii) des entreprises dont les actionnaires étaient des citoyens grecs. Cette situation s’est traduite par une hausse du nombre de stations de radio dans les villes et, bien sûr, par la création de stations purement commerciales.

La libéralisation de la télévision fut très similaire à celle de la radio. En janvier 1988, le maire de Thessalonique commença à retransmettre des programmes reçus par satellite par des chaînes étrangères en les distribuant aux fréquences UHF de la ville. Quelques mois plus tard, le maire d’Athènes annonçait son intention de faire la même chose. Le maire du Pirée alla plus loin en proposant une chaîne de télévision payante par voie terrestre. C’est ainsi que la chaîne publique ERT commença à retransmettre, ''à titre expérimental'', des chaînes par satellite par le biais de fréquences UHF dans les grandes agglomérations grecques.

Le gouvernement prit conscience que cette expérience de la télévision par satellite ne durerait pas éternellement aussi, alors que les élections législatives de 1989 approchaient, il annonça son intention de libéraliser le secteur de la télévision. Peu de temps avant les élections législatives de juin 1989, le gouvernement créa un comité parlementaire destiné à évaluer les possibilités de la télévision privée en Grèce. Parallèlement, de nombreux intérêts privés (principalement des éditeurs et des hommes d’affaires) se disputaient les licences d’exploitation auprès du gouvernement.

Une coalition entre les Conservateurs et la gauche annonça sa décision de restructurer le secteur de l’audiovisuel. En effet, la nouvelle loi 1860/ 1989 autorisait la diffusion des chaînes de télévision ''non-publiques'' et permit de créer le Conseil national de l’Audiovisuel grec, organisme de contrôle destiné à superviser le secteur audiovisuel.

La première chaîne privée fut Mega, détenue par Teletypos, un groupe rassemblant les éditeurs les plus puissants de Grèce. Elle fut rapidement suivie par Antenna TV, détenue par un armateur également propriétaire d’Antenna Radio. Ainsi, au fur et à mesure, les émetteurs se sont multipliés dans tout le pays, diffusant, pour la plupart, de façon non-réglementaire.

ALPHA TV

 

Les espoirs de réorganiser le paysage audiovisuel récemment libéralisé se sont renforcés en juillet 1993, lorsque le parti conservateur au pouvoir annonça ses décisions relatives aux licences d’exploitation télévisuelles. Les octrois de licences furent pour le moins controversés. Des licences nationales furent octroyées à ''Mega'', ''Antenna TV'', ''New Channel'', ''Nea Teleorasis'', ''Star (Kanali 29) '' et ''Channel Seven X''. Des licences locales furent octroyées à ''Tele City'', ''Tele Tora'' et ''Super Hellas'' pour la région de l’Attique (Athènes), à ''TV-100'' pour la Macédoine et à ''Macedonia TV'' pour Thessalonique. Le gouvernement annonça également que le service public ERT serait autorisé à rediffuser par voie terrestre les chaînes par satellite ''CNN'', ''Euronews'', ''Eurosport'' et ''TV 5 Europe'', mais qu’il excluait ''Skai TV'' et ''902 TV'' pour des raisons politiques. En effet, leurs stations de radio respectives furent très critiques à l’égard du gouvernement conservateur et de sa politique.

Les élections du 10 octobre 1993 assurèrent au PASOK une majorité confortable au sein du nouveau Parlement. La nouvelle administration annonça son intention de réétudier la réglementation audiovisuelle et, bien sûr, l’octroi des licences. L’une de ses premières mesures porta sur l’octroi de licences d’exploitation officielles à Skai TV et 902 TV, exclues par le gouvernement précédent.

La seconde vague de mesures consista à modifier la loi relative à l’organisme de contrôle. Par ailleurs, en juillet 1994, le gouvernement décida de créer un ministère de la Presse et des Médias. En juillet 1995, le gouvernement adopta une nouvelle loi relative aux médias dont le titre exact était le suivant : ''Du statut juridique des chaînes de télévision privées et des radios locales, règlement des questions liées au marché électronique et autres décisions'' (Loi 2328/ 1995). Notons que cette loi fut pratiquement adoptée à l’unanimité, exception faite du parti Communiste. Avec cette loi, le gouvernement a tenté d’instaurer un nouveau cadre d’activité pour la télévision privée, les radios locales et le secteur de la publicité. La nouvelle loi sur les médias représentait une tentative d’évaluation de la situation et de réorganisation du secteur en instaurant une série de principes professionnels. En bref, cette loi traçait les lignes directrices pour la télévision privée, pour les radios locales ainsi que pour les transactions du marché des médias et de la publicité.

La chaîne STAR

La chaîne STAR

 

En outre, la loi définit les critères préalables concernant l’octroi et le renouvellement des licences accordées aux chaînes de télévision privées. La loi de 1995 prend également en compte la directive européenne ''Télévision Sans Frontières'', ainsi que les articles relatifs à la protection de la liberté individuelle, de la vie privée et de l’enfant. Enfin, la loi prévoit également un contrôle du bon usage de la langue grecque.

De par la loi, les radios locales sont également soumises à des critères semblables à ceux des chaînes privées (nature et fonction, critères à respecter pour l’octroi de licences, programmation et publicités).

Par ailleurs, la loi de 1995 crée un cadre d’activité pour ce qui est de la publicité dans le domaine public. Elle met également en œuvre une série de mesures destinées à défendre le producteur audiovisuel et elle crée un cadre pour les sociétés d’enquêtes médiatiques privées.

En outre, l’une des dispositions importantes de cette loi concerne les règles de transparence relatives aux relations entre les médias, les agences de publicité et les annonceurs. Signalons également qu’un article porte sur le règlement des questions concernant la presse. Enfin, la loi charge le Conseil national de l’audiovisuel de superviser le secteur dans son ensemble.

En 1997-1998, le gouvernement a achevé le processus d’obtention de licence officielle pour les stations intéressées. D’après ''la carte des fréquences'' établie par une décision commune du ministère de la Presse et des Médias et du ministère des Transports et des Communications, six licences seront distribuées à des chaînes privées, diffusées au niveau national, et trois autres licences iront aux trois chaînes publiques. Quatre licences d’exploitation TV seront octroyées aux chaînes locales de la région d’Athènes (Attique) ; 58 licences seront attribuées à des chaînes privées régionales et 53 licences iront à des chaînes locales dans le reste du pays (à l’exception de l’Attique). L’État a indiqué qu’il favoriserait les chaînes diffusant des programmes de qualité et qui respectent la déontologie de l’audiovisuel. Le ministère demande également aux chaînes candidates de fournir des garanties sur les droits d’auteurs ainsi que sur leurs conditions financières.

Par ailleurs, les autorités grecques ont attaqué en justice les chaînes n’ayant pas payé leurs droits d’auteurs aux organismes compétents, faisant ainsi fermer 19 stations locales (6 à Athènes et 13 à Thessalonique) en 1997-1998. Pour la même raison, plusieurs autres chaînes ont été poursuivies en justice par le gouvernement. Notons que le problème du piratage concernait surtout les chaînes locales qui ne possédaient pas de licence de diffusion.

Le Conseil National de la Radio et de la Télévision

Après une longue période d'attente, la loi 2683/2000 relative au Ethniko Symvoulio Radiotileorassis (Conseil National de la Radio et de la Télévision, voir IRIS 2001- 1 : 9) a été mise en application avec la nomination par le ministre de la Presse et des Médias des sept membres qui forment le nouveau collège du CNRT. Les nouveaux membres ont été choisis unanimement par la Diaskepsi ton Proedron (Conférence des Présidents), un organe spécial du Parlement grec (présidé par son Président), où sont représentés tous les partis politiques, chargé de l'organisation des travaux du parlement et du contrôle des autorités indépendantes.

Au poste de président fut nommé M. Ioannis Laskaridis, ancien vice-président de l'Arios Pagos (Cour Suprême en matière civile), et au poste du vice-président M. Dimitris Charalambis, professeur à l'Université d'Athènes, département de la Communication et des Médias. Les autres cinq postes ont été confiés à deux journalistes, deux juristes (dont un est professeur à l'université) et un professeur à l'Université d'Athènes, département des lettres.

Ce nouveau mode de nomination des membres du CNRT n'est qu'une des innovations du régime juridique du Conseil, introduites tant par la récente modification de la Constitution Hellénique (6 avril 2001) que par la loi précitée.

La Constitution proclame que le Conseil constitue une" autorité indépendante" dont les membres sont nommés pour un mandat précis et jouissent d'une indépendance personnelle et fonctionnelle (article 101A). Le CNRT acquiert désormais une relation étroite avec le Parlement, sous le contrôle duquel il fonctionne. Le Conseil est seul compétent pour contrôler des entreprises audiovisuelles et infliger des amendes (article 15, paragraphe 2). Par ailleurs, la loi 2683/2000 lui accorde le pouvoir d'attribution de licences d'émettre ainsi que celui d'édiction de toute décision de caractère non réglementaire, compétence exercée à ce jour par le ministre de la Presse et des Médias. Toutefois, le même texte prive expressément le Conseil de tout pouvoir réglementaire et consultatif, ce qui pourrait constituer un obstacle significatif au déploiement des pouvoirs régulateurs dont dispose ce type d'autorités au niveau européen (article 10 paragraphe 1).

On signale le rôle prépondérant du Conseil dans l'application de la récente loi 3021/2002 (du 19 juin 2002) "sur les restrictions dans la conclusion de contrats publics par des personnes participant à des entreprises des médias"; il édicte en la matière le "certificat de transparence", après avoir examiné (à travers ses registres spéciaux) que la partie privée concluant un contrat public ne possède aucune des qualités incompatibles fixées par la loi (notamment participation à une entreprise audiovisuelle).

Radio : la situation actuelle

Comme ce fut le cas pour la télévision, le secteur de la radio fut libéralisé avec l’apparition des stations locales privées et municipales. Aujourd’hui, le secteur de la radio est dominé par les stations privées. Près de 1 200 stations de radio diffusent régulièrement leurs programmes dans tout le pays. Les stations les plus importantes se situent à Athènes et disposent d’un réseau de stations locales. En général, chacune des cinquante-deux régions administratives du pays possède deux ou trois stations de radio commerciales locales, et les grandes villes en ont davantage ; la plupart des stations ne possèdent pourtant pas de licence d’exploitation. Il y a trois ans, le gouvernement a invité les radios d’Athènes et de Thessalonique à poser leurs candidatures pour l’obtention d’une licence.

En Grèce, il existe trois catégories de stations de radio : publiques, municipales et privées, dont la grande majorité sont privées et locales (retransmises via les fréquences FM). Les stations de radio publiques et municipales ont d’ailleurs connu une forte chute de leur taux d’écoute et une diminution des recettes de la publicité.

Dans leur programmation, la plupart des stations de radio mêlent informations, actualité, musique, musique grecque, musique d’ambiance, programmes sportifs, rock, musique des années cinquante et soixante, etc. Il n’existe qu’une seule station de radio de musique classique ; il s’agit du troisième programme de la radio publique (ERA 3). Ce sont les radios d’information et de musique d’ambiance qui obtiennent les taux d’écoute les plus élevés.

D’après une enquête récente réalisée par ALKO, il apparaît que les grecs écoutent la radio pendant près de 4 heures par jour, les plus fidèles étant les 25-54 ans.

La télévision

Vers la fin des années 1980, l’essor de la télévision commerciale s’est traduit par la présence de 140 supports télévisés nationaux et locaux, auxquels s’ajoutent les trois chaînes de télévision nationales du service public ERT. Les forces du marché ont créé un environnement médiatique surchargé. Cependant, les programmes importés et les productions nationales se sont multipliés grâce aux augmentations massives des recettes de la publicité à la télévision. Alors que la structure de contrôle de la télévision grecque est restée floue, la prédominance des deux réseaux privés (Mega et Antenna TV) s’est rapidement imposée.

La chaîne MEGA

Mega et Antenna TV représentent 60% des parts de marché et 65% des dépenses publicitaires à la télévision ; à titre de comparaison, après avoir perdu des parts de marché, ERT ne détenait plus que 8% des parts de marché, avec seulement 7% des dépenses publicitaires. Ce n’est que récemment que les défis lancés par Skai TV et Star Channel ont fait chuter l’indice d’écoute de Mega et d’Antenna. En 1995-1996, pour la première fois depuis la déréglementation de l’audiovisuel, le cumul des parts mensuelles des deux premières stations privées (Mega et Antenna) n’a pas dépassé 50%, variant entre 48% et 50%. Star a composé et conservé une programmation stable, obtenant entre 14% et 16% des parts de marché. La chaîne diffusait des séries et des films étrangers ainsi que des programmes d’information ou des émissions traitant de sujets de société. Skai diffusait principalement des journaux d’information, relativement peu de films grecs et étrangers et quelques émissions sportives. Ses parts de marché sont restées stables, comprises entre 11% et 14% en 1995-1996.

Mega et Antenna ont toutes deux pour cible le grand public. L’essentiel de leur programmation se compose de sitcoms (comédies de situation), d’émissions satiriques, de jeux télévisés, de feuilletons, de films, de téléfilms, ainsi que d’émissions populaires. Parallèlement au succès croissant des programmes d’animation et de loisirs des chaînes privées, notons que les programmes éducatifs et les documentaires attirent de moins en moins de téléspectateurs.

La chaîne Mega, née fin 1989, quelques semaines avant Antenna, a toujours gardé à son actif le taux d’écoute le plus élevé. Mega et Antenna qui, au départ, se contentaient d’importer des programmes de qualité médiocre, ont rapidement su améliorer leur niveau de production locale et interne. Aux heures de grande écoute, les programmes grecs sont désormais plus nombreux que les programmes importés, alors que les autres tranches horaires restent dominées par des programmes étrangers.

FilmNet, premier et unique service de télévision payante, fut lancé en octobre 1994. Proposant de nombreux films à succès et des matchs de la ligue de football en direct, FilmNet remporte un succès considérable. En 1995-1996, FilmNet comptait 110 000 abonnés. En janvier 1996, le réseau a acquis les droits exclusifs de retransmission du championnat grec de football pour cinq ans et, en août 1996, la chaîne a lancé deux nouveaux services de programmes payants, Super Sport et Kids TV, diffusés sur une fréquence louée auprès du service public. Avec le lancement des nouvelles chaînes, FilmNet a pour but d’accroître le nombre de ses abonnés.

La chaîne ANTENNA

Kids TV diffuse ses programmes pour enfants tous les jours de 9h à 15h. Supersport reprend ensuite l’antenne pour y diffuser des matchs internationaux et nationaux de football et de basket-ball mais aussi d’autres sports un peu moins populaires en Grèce, tels que le tennis, le rugby, le base-ball, le snooker et les courses de motos. De même, on peut y suivre les programmes de la chaîne sportive américaine ESPN. L’objectif de Supersport est d’attirer un nombre toujours croissant de fans de sports au niveau national.

En Grèce, la télévision par câble est pratiquement inexistante, mais la situation devrait bientôt changer. La loi 1995 prévoyait que le monopole de l’État sur l’installation de câbles soit partagé entre l’organisme des télécommunications (OTE) et le service de diffusion de l’État (ERT), mais elle prévoyait également un certain nombre de concessions au service public, ainsi que la participation du secteur privé. L’amendement prévu de la Directive 51 de l’Union européenne mettra fin au monopole de l’État concernant l’installation de câbles. Dans la perspective d’une concurrence éventuelle et, par le biais de projets pilotes dans la région d’Athènes, l’OTE prévoit de mettre en place ses propres systèmes de télévision par câble, en commençant par DBS.

En ce qui concerne la télévision par satellite, ERT et Antenna possèdent leurs propres programmes par satellites, destinés aux Grecs résidant à l’étranger. En Grèce, les chaînes par satellite, telles que CNN, Euronews, MTV et TV 5 sont diffusées via les fréquences terrestres par l’ERT et MCM à travers la chaîne privée, Seven X. Cependant, depuis l’apparition des chaînes privées qui occupent les fréquences, les chaînes par satellite rassemblent peu de téléspectateurs.

En 1998, les ministères de la Presse et des Transports ont élaboré une politique commune. Premièrement, le gouvernement est chargé d’empêcher toute situation de monopole dans le secteur de l’audiovisuel, garantissant un accès équitable à tous les intérêts présents dans le domaine numérique. Pour ce faire, les ministres ont annoncé la décision du gouvernement de créer une plate-forme numérique nationale, regroupant non seulement la télévision, mais également la radio et les services multimédias.

Deuxièmement, la plate-forme numérique nationale sera une coentreprise rassemblant toutes les parties intéressées (grecques et étrangères), tandis que l’OTE (Organisme publique des télécommunications) et le service public ERT détiendront également des parts de l’entreprise, s’élevant à 50% au maximum. La participation des deux entreprises publiques permettra non seulement d’éviter toute situation de monopole, mais aussi d’assurer le fonctionnement de la plate-forme numérique.

La première mesure du gouvernement consistera à mettre en place le cadre de contrôle nécessaire. L’OTE a été chargée de produire une étude de faisabilité pour le début de l’an 2000. De leur côté, la Commission nationale des télécommunications et le Conseil national de l’audiovisuel, organismes de contrôle compétents, auront pour mission d’informer le gouvernement des amendements nécessaires à apporter à la loi sur les médias.

La chaîne ANTENNA

 

Le gouvernement est responsable de la protection des droits des consommateurs. C’est la raison pour laquelle il a décidé que les services de télévision numérique doivent utiliser un décodeur numérique compatible commun. Ainsi, le gouvernement espère que les consommateurs ne seront pas dupés lors de l’achat de décodeurs différents.

Le gouvernement prévoit également de :

> couvrir 100% du territoire grec avec sa plate-forme numérique ;

> proposer des programmes aux Grecs résidant à l’étranger, ainsi que des programmes grecs sous-titrés ou doublés ;

> développer la technologie numérique nationale.

Les conséquences de la déréglementation audiovisuelle

Vers un choix et une consommation télévisuels plus larges

Les téléspectateurs grecs ont réservé un bon accueil aux nouvelles chaînes de TV privées. D’après AGB Hellas, les grecs passent de plus en plus de temps devant le petit écran et les ventes de téléviseurs ont augmenté. En 1996, plus de 40% des foyers possédaient deux téléviseurs ou plus. La place centrale accordée à la télévision se confirme par le choix de l’emplacement du poste à la maison : pour 79% des foyers, il est installé dans le salon ou dans la salle à manger, lieu de réunion familiale. Chez 16% des foyers, le téléviseur principal se trouve dans la chambre des adultes, et seulement 6% des postes principaux sont placés dans d’autres pièces de la maison. En outre, des postes supplémentaires sont généralement installés dans la chambre à coucher des adultes (dans 50% des cas) et dans la chambre des enfants (dans 21% des cas). Par ailleurs, 9% de ces postes sont installés dans la cuisine et seulement 8% dans le salon. La diversité des emplacements choisis pour les postes secondaires confirme les habitudes télévisuelles, qui varient considérablement d’une famille à l’autre.

AGB Hellas note également que c’est en hiver que les Grecs passent le plus de temps devant le petit écran, soit environ 4 heures par jour. En été, ce temps n’est plus que de deux heures et demie. En automne et au printemps, il varie entre une heure et demie et trois heures. Ces chiffres quotidiens ont légèrement augmenté au cours de la saison télévisuelle de 1996.

D’après un récent rapport intitulé Un an de télévision en Europe (1996) et publié par la société française de sondage Mediametri, les téléspectateurs grecs se placent en dixième position par rapport aux téléspectateurs du monde entier. En fait, d’après AGB Hellas, en hiver, trois Grecs sur quatre regardent la télévision au moins une minute par jour.

La programmation

Les chaînes qui enregistrent un bon indice aux heures de grande écoute proposent surtout des programmes locaux, principalement des jeux, des journaux télévisés et des sitcoms, à l’exception des téléfilms étrangers, qui passent après 21h30.

Sept ans après la déréglementation, on peut constater :

> une normalisation du genre sur les chaînes privées ; en effet, Mega, Antenna et Skai diffusent surtout des émissions de variétés ;

> une reprise des programmes à succès, notamment le feuilleton Lampsi (''L’aura'') qui demeure toutefois une exception, car la plupart des programmes ne sont pas diffusés plus de deux années consécutives, faute d’audience suffisante ;

> une augmentation du nombre de téléspectateurs grâce, d’une part, à l’émergence de nouvelles chaînes de télévision et, d’autre part, à la variété croissante des programmes proposés, ainsi qu’à l’allongement du temps passé chez soi ;

> une prédominance de programmes d’informations, de films et de séries, comme le montre une analyse de la télévision grecque, effectuée entre 1994 et 1996. C’est le cas pour les deux chaînes principales (Mega et Antenna), sur lesquelles ces programmes constituent au moins 75% du temps d’antenne. En outre, Mega et Antenna proposent des programmes de divertissement. Cependant, il y eut au cours de la période 1995-1996, une augmentation des journaux télévisés en raison des nombreux événements politiques (la chute du Premier ministre de l’époque Andréas Papandréou, l’élection de Costas Simitis et les événements de la mer Égée). En fait, une sorte de télévision événementielle émergea, changeant la donne de la programmation et de la planification à moyen terme pour les chaînes de télévision ;

> la production télévisuelle a considérablement augmenté au cours des quatre dernières années. Par exemple, entre 1991 et 1992, 36 nouveaux programmes virent le jour sur les chaînes de télévision privées (Antenna et Mega), passant à 48 en 1992-93. Puis, en 1994-95, avec l’arrivée de Skai et de Star, le nombre de nouvelles productions est passé à 61 programmes. En 1995-96, cependant, le nombre de programmes a légèrement chuté avec seulement 45 nouveaux programmes nationaux.

La chaîne MEGA

 

Comme partout ailleurs, les chaînes commerciales grecques réservent aux annonceurs des espaces publicitaires.

En ce qui concerne la qualité générale de l’image, les avis sont partagés. Il convient d’abord de souligner qu’il y a eu une véritable démocratisation de la production télévisuelle, libérée de l’ingérence politique. Le petit écran bénéficie également d’un plus grand professionnalisme. Malgré tout, certains critiques de télévision estiment cependant que les chaînes privées ne présentent que des versions embellies des journaux à scandales.

Le déclin du service public

Depuis la loi de 1987, le service public se compose de :

> deux chaînes nationales (Elliniki Teleorasi 1 et 2 - ET1, ET2), basées à Athènes ;

> une troisième chaîne, ET 3, basée à Thessalonique et qui diffuse principalement dans le nord de la Grèce mais aussi dans d’autres régions du pays ;

> la radio hellénique (ERA), qui diffuse quatre programmes radiophoniques nationaux (ERA 1 à 4) et qui émet à partir d’Athènes, par le biais de 17 stations relais. Il existe également un cinquième programme, ''la Voix de la Grèce'', qui diffuse des émissions régionales et des programmes destinés aux Grecs de l’étranger. ERA 1 est la radio d’information du service public ; ERA 2 diffuse principalement des émissions de variété ; ERA 3 est une station de musique classique de qualité et ERA 4/ Sports est consacrée aux sports et à la musique ;

> Enfin, ERA publie également son magazine hebdomadaire des programmes de TV/ radio ''Radioteleorasis''.

L’apparition de stations privées s’est révélée désastreuse pour le service public, tant pour la radio que pour la télévision. En ce qui concerne le petit écran, l’indice d’écoute des chaînes ERT a chuté (passant de 9,08% pour ET 1 et 5,6% pour ET 2 en 1992 à respectivement 3,86% et 3,58% en 1996), ce qui s’est traduit par des pertes considérables en termes de publicité (en 1996, les parts de marché de ERT relatives à la publicité représentaient 7% de la publicité TV totale). En effet, les trois chaînes d’ERT ont connu une chute constante de leurs parts de marché depuis l’arrivée de chaînes privées, fin 1989. Quelques autres chaînes publiques ont également pâti de l’introduction de la télévision privée et ERT a ainsi accumulé une dette de 135 millions de dollars. Ses détracteurs prétendent que l’entreprise ERT souffre d’un excédent de personnel et qu’elle est trop bureaucratique.

Toutefois, ERT prévoit d’introduire des réformes radicales et l’a démontré en octobre 1997, en réévaluant sa technique d’approche du public grec. D’une part, la première chaîne ET 1 s’est transformée en chaîne d’intérêt général, particulièrement orientée sur les divertissements et, d’autre part, ET 2 a adopté le nom de NET (Nea Elliniki Teleorasi - Nouvelle Télévision hellénique), devenant ainsi une chaîne d’information qui diffuse aussi bien des journaux télévisés que des débats, ou des documentaires.

La programmation de NET se divise en quatre tranches horaires principales : la matinée, consacrée aux documentaires de la BBC ; l’après-midi consacré aux bulletins d’informations (d’une demi-heure chacun) et aux documentaires ; la fin de journée, plus axée sur le divertissement, la culture, les animaux, l’environnement et la jeunesse, mais également sur les programmes sportifs et artistiques et, enfin, la première partie de soirée consacrée aux informations et aux débats télévisés, puis, la deuxième partie, avec le journal d’informations de la nuit, qui met l’accent sur les informations internationales et diffuse un bulletin de 3 minutes toutes les heures.

ET 1 est devenue une chaîne de divertissements de qualité et elle a déjà produit six nouvelles séries télévisées grecques dans lesquelles figurent des acteurs et des réalisateurs grecs célèbres. Le ''nouveau visage'' de la télévision publique semble avoir profité d’un bon accueil auprès des téléspectateurs grecs (ET 1 et NET ont notamment vu leurs parts de marché totales s’accroître de 1,5%).

En d’autres termes, les chaînes d’ERT ont adopté un nouveau profil : ET1 est la chaîne des divertissements, NET la chaîne d’informations et ET 3 la chaîne régionale culturelle.

Les projets de gestion d’ERT consistent à être compétitifs, à accroître le nombre de téléspectateurs et à investir dans la nouvelle ère numérique. Premièrement, ERT a l’intention de réduire les coûts du travail en proposant des plans de retraite volontaires. La situation financière d’ERT a été soutenue par un accroissement de 25% du prix de la redevance. Tous les foyers paient désormais 12 000 drachmes par an pour la redevance. En 1997, la redevance a ainsi rapporté 45 milliards de Drachmes à ERT et la publicité lui a rapporté 2,3 milliards de Drachmes. En 1997, ses frais d’exploitation s’élevaient à 16 milliards de drachmes.

ERT a de grands projets pour l’avenir. Son objectif est de conquérir un plus grand nombre de téléspectateurs et d’investir dans le numérique. Son image publique semble s’être améliorée au cours de ces dernières années. ET 1 a pour objectif de concurrencer les chaînes privées, tandis que NET se veut la chaîne prestigieuse du service public. Alors que nous entrons dans l’ère du numérique, ERT souhaite collaborer avec l’OTE et les autres intérêts privés pour créer un réseau numérique grec.

Le contrôle de l’audiovisuel

Le Conseil national de l’audiovisuel, créé en 1989, a pour mission de superviser le secteur audiovisuel et d’agir en tant qu’''organisme de contrôle'' entre le gouvernement et les diffuseurs. Très peu actif à sa création, le Conseil national de l’audiovisuel n’avait au départ qu’un rôle de conseiller auprès du gouvernement. D’un autre côté, au cours des trois premières années, on lui doit la rédaction de trois codes sur les conditions d’activité des stations de télévision et de radio. Le premier concernait les pratiques publicitaires, le second se rapportait à la déontologie journalistique et le troisième à la programmation.

En 1993, dès le deuxième mandat du Conseil national de l’audiovisuel, les Socialistes introduisirent une nouvelle loi qui fit passer le nombre de membres du directoire du Conseil de 19 à 9. Cependant, la nomination des membres du conseil d’administration fait toujours l’objet de controverse. En effet, la loi stipule que quatre membres doivent être nommés par le parti au pouvoir, quatre autres par les partis de l’opposition et, enfin, que le président est nommé par le président du Parlement.

Pour son troisième mandat (1997-2000), le Conseil est chargé d’examiner les candidatures des stations de radio et de télévision sollicitant une licence officielle de diffusion. Toutefois, ces licences sont accordées aux stations privées selon le bon vouloir du ministère de la Presse et des Médias.

La publicité

Dans les années 1990, la publicité a été l’une des industries les plus prospères en Grèce. Près de 60% des dépenses liées à la publicité sont destinées à la télévision. Au cours de cette décennie, les parts de marché de la presse (journaux et magazines) ont chuté tandis que la situation reste variable pour la radio.

Après la déréglementation, le coût de la publicité à la télévision grecque a si fortement diminué que son augmentation a dépassé les 100%, fin 1995. Par ailleurs, les dépenses publicitaires totales ont connu une forte ascension. Les annonceurs craignaient que le boom de la publicité ne crée un encombrement des programmes aux heures de grande écoute. En effet, le nombre moyen de spots publicitaires quotidiens sur les chaînes privées n’a cessé d’augmenter entre 1992 et 1995. Le nombre croissant de spots publicitaires a également permis de désengorger le flux des programmes télévisés, grâce à l’introduction d’un nombre amplement suffisant de spots publicitaires sur le petit écran.

Un an après l’introduction de la loi de 1995 sur les médias, il semble que la nouvelle législation sur la transparence dans le secteur publicitaire ait eu des répercussions diverses sur l’industrie de la publicité. Plusieurs agences médiatiques, qui étaient responsables d’achats publicitaires, ont d’ailleurs été contraintes de cesser leurs activités. Les autres se concentrent sur les services spécialisés et les projets à petite échelle. Certains échecs professionnels se sont inévitablement traduits par une réduction des profits des agences et désormais, parmi les entreprises qui appartiennent à des réseaux internationaux, par une tendance à fusionner. De manière générale, les dépenses publicitaires totales ont diminué de 30,9% et les dépenses liées à la télévision ne représentant plus que 46,7%. Toutefois, ces chiffres peuvent être trompeurs. En effet, les dépenses publicitaires étaient de 25% à 30% plus élevées que les dépenses réelles, en raison d’une évaluation du ''temps libre d’antenne'' supprimé par la loi de 1995. Cela signifie que les budgets de 1996 sont restés stables, car les chaînes principales n’ont pas augmenté leurs taux et la loi n’était pas nuisible aux grandes agences publicitaires.

Le secteur du multimédia

Les éditeurs et les autres chefs d’entreprises ont fait leur entrée sur le petit écran. En effet, en vertu de la Loi 1860/ 1989, les candidats les plus aptes à diriger une chaîne de télévision étaient les éditeurs ou ceux dont l’expérience médiatique le permettait, ou encore les municipalités locales. Étant donné que les municipalités n’avaient ni l’expérience, ni les ressources pour créer et gérer leurs propres chaînes de télévision, la loi a indirectement favorisé les éditeurs.

La loi de 1995 sur les médias a tenté de résoudre la question de la concentration ; plus précisément, elle distingue les activités monomédias des activités multimédias. En ce qui concerne les monomédias, une personne ou une entreprise ne peut participer à plus d’une chaîne de télévision locale, qu’il soit le patron, un actionnaire, un membre du conseil ou un directeur. Dans le cadre des multimédias, en revanche, une personne peut posséder une station de radio et une chaîne télévision à condition qu’aucun quotidien ne lui appartienne ou alors détenir un quotidien et une chaîne de télévision, mais pas une station de radio en même temps, etc. Notons qu’en termes de capital, aucun actionnaire ne peut détenir plus de 25% du capital autorisé d’une chaîne de télévision. Le montant total des actions détenues par les acteurs du quatrième pouvoir (la presse) ne peut pas dépasser le capital autorisé. Les parts du capital détenu à l’étranger ne peuvent dépasser 25% du capital autorisé.

Tableau : l’évolution générale des productions grecques (1991-1995)

Année télévisuelle

Nouvelles productions

1991-1992

36

1992-1993

48

1993-1994

49

1994-1995

61

1995-1996

45

(Source : EMS, 1996)

Tableau : Principales stations de radio émettant dans la région d’Athènes

Nom

Statut

Nature des programmes

Klik FM

Privé

Musique

Aegeo FM

Privé

Musique

Ellada FM

Privé

Informations et musique

Jer. Groovy

Privé

Musique

ERA-1

Public

Informations et musique

Galaxy FM

Privé

Musique

Lampsi FM

Privé

Musique

Rodon FM

Privé

Musique

Flash

Privé

Informations

Capital Gold

Privé

Musique

Radio Gold

Privé

Musique

Rock FM

Privé

Musique

Antenna FM

Privé

Informations et musique

Athina FM

Municipal

Informations et musique

Cool FM

Privé

Musique

Radio Athina

Privé

Informations et musique

Melodia 100 FM

Privé

Musique

Skai

Privé

Informations

ERA Sport

Public

Sports et musique

NITRO FM

Privé

Musique

ERA-2

Public

Informations et musique

Planet FM

Privé

Informations

ERA-3

Public

Musique

Kiss FM

Privé

Musique

Sports FM

Privé

Sports

Love FM

Privé

Musique

 

Tableau : Typologie des programmations des chaînes de télévision

(Pourcentage des parts de marché)

Typologies

Mega

Antenna

Star

Skai

ET1-ET2

Total

100

100

100

100

100

Séries

15,8

17,1

22,1

2,9

14,6

Films

21,5

17,6

29,1

10,8

15,1

Divertissement

8,8

7,9

8,3

3,9

1,1

Arts/ Culture

0,7

0,9

0,7

0,4

13,3

Informations

42,7

46,6

28,8

70,1

33,4

Programmes pour enfants

6,3

6,0

6,8

0,1

11,3

Sports

4,2

3,4

2,8

11,2

7,5

Autre

0,1

0,4

1,4

0,5

3,7

(Source : AGB Hellas, 1996, les chiffres couvrent la période du 2 octobre 1995 au 2 juin 1996)

Tableau : Classement des dix radios enregistrant les meilleurs taux d’écoute à Athènes

Stations de radio

Taux d’écoute (en %)

SKAI FM

21,2

LAMPSI FM

17,7

MELODIA FM

14,3

JERONYMO GROOVY

8,0

FLASH FM

8,0

KISS FM

7,4

GALAXY FM

6,8

PLANET FM

5,7

SFERA FM

5,7

NITRO FM

4,4

(Source : ALKO, enquête réalisée à Athènes et sa région du 4 au 24/02/1997

auprès d’une population âgée de 12 à 70 ans)

Tableau : Taux d’écoute radiophonique quotidien, par genre de programme dans la région d’Athènes

Genre

Taux d’écoute (en %)

Informations

57,6%

Musique grecque

47,1%

Musique étrangère

47%

Sports

5,5%

(Source : ALKO, Novembre-Décembre)

L’évolution des parts de marché (en %) des chaînes de télévision 1989-1996

Chaînes

1989*

1990

1993

1996

ET1

37,3

19,7

7,9

4,8

ET2

24,3

8,7

5,3

3,5

Mega

-

30,6

33,2

23,4

Antenna TV

-

18,5

30,9

22,9

Star

-

-

-

14,4

Skai

-

-

-

13,7

Satellite/ vidéo

24,5

11,1

4,3

3,1

Autres

13,5

12,5

18,4

14,2

* avant la privatisation de la TV

(Source : AGB Hellas)

 

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Dernière modification : Monday 02 February 2009