Les secteurs de l’Économie  

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La monnaie et la Banque 

Jusqu’en 2000, la Grèce avait pour unité de valeur la drachme. L’intégration de la Grèce dans la zone Euro, comme douzième membre, a été approuvée le 19 juin 2000 lors du Conseil de l’Union Européenne de Santa Maria de Feira. Les onze autres membres (Autriche, Belgique, Finlande, France, Allemagne, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal et Espagne) avaient déjà adopté l’euro comme monnaie nationale, d’une manière scripturale bien sûr, dès le 1er janvier 1999. Le taux de conversion irrévocable de la drachme vis-à-vis de l’euro est fixé à 340,75 drachmes. L’euro a commencé à circuler en Grèce et dans les autres onze pays, le 1er janvier 2001.

La Banque de Grèce 

La Banque de Grèce a vu le jour conformément au protocole de Genève du 15 septembre 1927 et a ouvert ses portes le 14 mai 1928. C’est la Société des Nations qui est à l’origine de la création d’une banque centrale, dans le but de soutenir les efforts du gouvernement grec visant à surmonter les problèmes économiques et budgétaires graves. Dans une très large mesure, on pourrait faire remonter les difficultés économiques aux déplacements des populations grecques, qui, en 1922, quittèrent l’Asie mineure pour aller chercher refuge en Grèce centrale, où elles s’installèrent en masse. De fait, entre 1922 et la création de la nouvelle banque (1927), la Grèce a connu une augmentation des dépenses publiques (de plus du double), une inflation galopante (atteignant une moyenne de 20% par an), un déficit commercial de dix fois supérieur, tandis que la drachme perdait plus de 100% de sa valeur par rapport à la Livre Sterling. 

Jusqu’à l’établissement de la Banque de Grèce, les fonctions bancaires centralisées avaient été largement assumées par la principale banque commerciale du pays, la Banque nationale de Grèce. Fondée en 1841, elle avait acquis le monopole des émissions de billets. La Banque de Grèce commença à être opérationnelle en mai 1928, avec un personnel de 500 employés (comparé à 3 086, en janvier 2002). Ensuite, la Banque a ouvert un certain nombre de filiales et d’agences, avec pour principales fonctions l’approvisionnement local en monnaie ainsi que le déboursement ou la collecte de fonds pour le compte de l’État. Le 4 avril 1938, la Banque fut transférée dans ses locaux actuels.  

La Banque de Grèce est un membre du Système Européen des Banques Centrales (ESCB) composé de la Banque Centrale Européenne et des Banques Centrales Nationales de tous les Etats-membres de l'Union Européenne. Depuis le 1er janvier 2001, elle fait partie du Système Euro qui est composé de la Banque Centrale Européenne et des Banques Centrales Nationales des Etats-membres de la zone euro. 

La Banque de Grèce

L’organe directeur de la Banque est le conseil général, chargé des affaires administratives et financières liées au fonctionnement général de la banque. Pour les questions d’ordre monétaire ou de politiques de taux de change, l’autorité revient au gouverneur, qui consulte un comité interne sur les questions monétaires et/ ou de crédit. Le conseil général est responsable devant l’Assemblée générale (AG) des actionnaires. Certains pouvoirs spécifiques sont réservés à l’AG ; plus particulièrement, elle a le pouvoir d’approuver le rapport annuel et les comptes de la banque, de nommer les membres du conseil, ou encore de faire des propositions d’amendements des statuts, qui seront ultérieurement ratifiées par le Parlement, sous forme de loi. Tout actionnaire détenant, au minimum, 25% du capital de la banque est habilité à assister à l’Assemblée générale où il peut exercer son droit de vote. 

Le conseil général se compose du gouverneur, de ses adjoints et de neuf conseillers exécutifs. Le gouverneur et ses adjoints sont désignés par le président de la République de Grèce, sur proposition du Conseil général et après approbation du gouvernement, pour un mandat renouvelable de trois ans. Les neuf conseillers sont élus en Assemblée générale, également pour un mandat de trois ans, renouvelable. 

Le ministre des Finances est habilité à désigner un commissaire gouvernemental, qui n’a pas le droit de vote. Il assiste à l’AG et aux réunions du Conseil général et peut exercer son droit de veto sur les décisions, s’il les considère contraires aux statuts ou à tout autre texte de loi. Cependant, l’arbitre final, en cas de rejet par veto de la part du représentant gouvernemental, est une commission de trois personnes, nommée pour statuer en la matière. Cette commission comprend un représentant choisi par le gouvernement, un autre par la banque et, enfin, un troisième désigné à la fois par la banque et par le gouvernement, ou, s’ils ne parviennent à aucun compromis, par le président de la Cour suprême.   

Les autres tâches de la banque de Grèce concernant la politique de la valeur monétaire et du taux de change sont les suivantes :

·        Elle détient et gère les réserves étrangères officielles du pays

·        Elle imprime les billets de banque, lesquels ont le statut du cours légal

·        Elle exerce la supervision prudente des institutions de crédit et des autres institutions financières

·        Elle promeut et surveille le bon déroulement des paiements et la sécurité des échanges financiers.

·        Elle agit comme trésorier et agent fiscal pour le gouvernement

Le statut de la Banque de Grèce a été modifié d’après les décisions de l’Assemblée Générale des actionnaires, le 22.12.1997 et le 25.04.2000, (ratifiées respectivement par les lois 2609/98 et 2832/00) à cause des exigences du Traité de l’UE. Le statut actuel est le suivant :

·        Il est énoncé explicitement que l’objectif primordial de la Banque est d’assurer la stabilité des prix.

·        Il sauvegarde l’indépendance de la Banque et établit sa responsabilité auprès de l’Assemblé Nationale.

·        Il crée une nouvelle instance au sein de la Banque de Grèce : Le Conseil de la Politique Monétaire.

·        Il reconnaît l’intégration légale de la Banque dans la zone Euro, avec l’adoption de l’euro comme la seule unité de valeur en Grèce, le 1er janvier 2002. Dans ce contexte, la Banque de Grèce contribue à l’implémentation de la politique monétaire dans la zone Euro, comme elle était formulée par la politique du taux de change.

La réforme financière et le système bancaire 

Jusqu’au milieu des années 1980, le fonctionnement du système bancaire était conditionné par des contrôles et des règlements sélectifs qui ont abouti à de mauvaises répartitions et à de graves dysfonctionnements du système financier. Par conséquent, la Banque de Grèce n’était plus en position de poursuivre une politique monétaire efficace, laquelle s’avéra plus difficile encore, en raison de la forte augmentation de la dette publique qui s’y ajouta. Le secteur public est parvenu à répondre à ses besoins de financements soit directement par la banque de Grèce, soit par des banques commerciales, obligées d’investir une partie de leur capitaux en fonds d’État. En outre, le refinancement, par la Banque de Grèce, d’institutions spécialisées dans le crédit n’a fait qu’enfler la base monétaire, annihilant ainsi toute l’efficacité de la politique monétaire. D’où la nécessité impérieuse d’instaurer un système financier moderne, flexible et orienté sur le marché.  

La première étape vers la déréglementation du système financier a été la suppression du Comité des devises (Loi 1266/1982), structure gouvernementale chargée de l’élaboration et de l’application de la politique monétaire, ainsi que de la répartition des tâches au sein de la Banque de Grèce. Plus précisément, cette loi a renforcé le rôle de la Banque de Grèce dans la conduite de sa politique monétaire et a fixé un plafond pour le financement du gouvernement central par la Banque centrale (10% des dépenses budgétaires annuelles). Depuis 1982, les autorités monétaires ont entrepris une série de mesures destinées à simplifier la structure des taux d’intérêt, ce qui apparaissait comme une condition préalable à leur libéralisation progressive. Ces mesures ont permis à la Banque de Grèce de procéder, tout au long de la période 1985-1990, à une libéralisation approfondie des taux d’intérêt, à l’élimination du système de réserves et/ou remboursements, ainsi qu’à la mise en place de nombreux contrôles des crédits et de règlements spécifiques. Dès que la Grèce est entrée dans la zone euro, la Banque Centrale de Grèce est devenue indépendante. En effet, elle a rejoint le Système Européen des Banques Centrales. Dorénavant, le gouvernement grec ne peut pas utiliser la Banque centrale et la politique monétaire pour stabiliser l'économie.     

Greek Credit System (end of 2001)

  Institutions Branches Asset% Grants% Deposits%
Greek commercial Banks 21 2.734 79,4 82,1 82,8
Foreign Banks 21 188 9,6 9,4 7,8
Associate Banks 15 56 0,4 0,7 0,4
Specialised Credit Organisations 4 156 10,6 7,8 8,9
Total 61 3.134 100,0 100,0 100,0

Par ailleurs, les institutions de crédit et les sociétés financières spécialisées ont également été autorisées à offrir de nouveaux produits, tels que le crédit-bail, l’affacturage (factoring), la confiscation et le capital risque. Qui plus est, les entreprises ont désormais pu effectuer des emprunts en devises étrangères, en Grèce ou à l’étranger, sans pour cela avoir besoin de l’accord préalable de la Banque de Grèce. C’est également pendant cette période que s’est produite la libéralisation des investissements directs en provenance et à destination de l’UE. De même, la Bourse d’Athènes est repartie sur de nouvelles bases et s’est lancée dans de nouvelles activités.   

Year

Buyer

Acquisition

1998

Peiraios Bank

Macedonias-Thraces Bank, Credit Lyonnais Grèce, Chios Bank

Eurobank

Athinon Bank, Crete Bank

Egnatia Bank

Kentrikis Ellados Bank

National Bank

EKTE

1999

Peiraios Bank

Nat. Westminster (Greek network)

Alpha Pisteos

Ionian Bank

Telesis Stockholders

Doriki Bank

Eurobank

Ergasias Bank

2001

Eurobank-Ergasias

Telesis Investment Bank

Marfin AEPEY

Peiraios Prime

Peiraios Bank

ETBA

(Source : Bank of Greece)

En 1992, le contrôle du marché des changes, en ce qui concerne les transactions courantes, fut supprimé, tandis que la libéralisation complète des mouvements de capitaux eut lieu en mai 1994, après la suppression des dernières restrictions par rapport aux mouvements de capitaux à court terme. Les banques furent autorisées à utiliser de nouveaux produits financiers tels que les contrats à terme (futures), les options et les échanges, afin de se couvrir contre les risques pouvant provenir des emprunts étrangers et de la libéralisation du marché des devises. Diverses mesures ont également été prises pour promouvoir la modernisation du marché des capitaux. 

Finalement, avec l’élimination des contraintes de fonctionnement au sein du système financier et avec l’apparition de ces nouveaux produits et services financiers, la libéralisation a présenté de nombreux avantages structurels. Elle a été, avant tout, étroitement liée aux progrès considérables des institutions financières en termes d’efficacité, tandis que d’autres facteurs, tels que les grandes avancées technologiques, ont probablement joué un certain rôle.    

La Banque Nationale de Grèce

Le nombre des institutions financières (sans compter les compagnies d’assurances) a fortement augmenté au cours des dix dernières années, même si cette tendance s’est surtout confirmée ces dernières années, après l’accélération, puis l’achèvement du processus de libéralisation. La prolifération des institutions de placements collectifs (fonds communs de placements et autres sociétés d’investissement) et des sociétés de courtage a été encore plus spectaculaire. En conséquence, tant l’investissement que l’emploi dans le secteur financier ont connu un véritable essor. Entre 2000 et 2001, sept nouvelles institutions de crédit ont été fondées. De 1998 jusqu'à 2001, beaucoup de rachats et d'incorporations ont eu lieu.

Seven most profitable greek commercial banks in 2000

 

Gross profit

Net income

National

622.518.119 298.014.472

Alpha credit

360.505.809 115.018.752

Commercial

291.671.306 115.049.909

Eurobank-Ergasias

280.640.000 107.140.000

Agricultural

249.660.503 83.948.175

Piraeus

104.698.716 63.692.521

General

42.074.181 1.882.642

Notes : investment and mortgage banks are not included. The Agricultural bank is included because its charter has been amended to define it as a universal bank, even though it is wholly owned by the Greek state and continues to have an administrative role as the conduit for Common Agricultural Policy subsidies and the monitoring of the cooperative movement.

L’amélioration rapide et récente des systèmes d’informations et de télécommunications, de pair avec la libéralisation des marchés financiers et des mouvements de capitaux ont non seulement permis l’introduction de nouveaux produits financiers, souvent très complexes, mais aussi la suppression des frontières géographiques entre les secteurs et les marchés. Enfin, la libéralisation des mouvements de capitaux a permis de renforcer la mobilité du capital transfrontalier. Cependant, bien que l’on ne puisse pas encore affirmer que des conditions compétitives satisfaisantes aient été instaurées dans le système bancaire grec, les changements financiers de la dernière décennie et la libéralisation du secteur bancaire n’en ont pas moins entraîné des changements radicaux en ce qui concerne le contrôle des institutions de crédit en Grèce et la conduite de la politique monétaire depuis l'entrée dans la zone euro.   

Concernant les banques publiques et privées en Grèce, il semble que les dernières augmentent leurs bénéfices avec une vitesse supérieure à la normale. Des résultats préliminaires de l’enquête industrielle annuelle effectuée par la compagnie de recherche économique et commerciale ICAP, montrent que l’année 1995 était une année indigente pour les banques du secteur public. Les dépôts dans les 19 banques commerciales ont augmenté de 14,1% et les prêts de 28,3%. Pourtant les bénéfices nets ont augmenté de 1,7% seulement et ils ont atteint la somme de 183,6 milliards de drachmes tandis qu’en 1994, ils étaient de 180,5 milliards de drachmes. Les banques Nationale et Commerciale, qui sont des banques importantes et contrôlées par l’Etat, ont subi une chute brutale de leur rentabilité. Au contraire, Alpha Credit et Eurobank-Ergasias, qui sont des banques privées, ont réalisé des bénéfices importants. De plus, elles étaient respectivement en première et en troisième place en ce qui concerne les bénéfices. En 2000, la Banque Nationale de Grèce était en première place et la Banque Commerciale de Grèce en seconde.

Les banques de l’Etat emploient beaucoup de personnel et elles sont improductives, comme il était montré par les chiffres pour la rentabilité de chaque salarié. Un grand nombre de dettes sans performance affecte aussi négativement la rentabilité des banques de l’Etat. La Banque Nationale a commencé sa réhabilitation en effaçant 118 milliards de drachmes de ce type de dettes, au début de l’année 1997.

 

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Dernière modification : Friday 20 April 2012