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Importance de l'adhésion pour la Grèce Le 1er juillet 1981 est une date historique pour la Grèce qui inaugure une ère nouvelle dans l’histoire politique du pays. Les deux décennies suivantes seront difficiles, dans la mesure où les efforts de la Grèce traverseront divers moments d’incertitude et de doute. Cependant, la période 1981 - 2002 a montré que le pays sait faire preuve de sa capacité d’aller de l’avant lorsque les conditions politiques nécessaires sont réunies et qu’il est animé d’idéaux. La signature du Traité d’Adhésion a mis en route un long processus d’adaptation de la Grèce aux procédures communautaires et à son nouvel environnement, un environnement fort de défis politiques et culturels mais aussi riche d’expectatives. Pour pouvoir emprunter cette voie, la Grèce devait résoudre des problèmes structurels qui étaient autant d’obstacles pour passer à un développement durable et surmonter les obstacles entravant son avenir. La Grèce a bénéficié de l’appui de l’UE dans ses efforts. La contribution financière de l’UE, telle qu’elle se réalisa par le biais des Programmes Intégrés Méditerranéens (un succès d’Andréas Papandréou) et des trois Cadres Communautaires d’Appui, a eu des répercussions très positives sur le pays, transformant le paysage grec par de grands et petits travaux d’infrastructures. La Grèce, pour sa part, depuis son adhésion à la CE/UE et jusqu’à ce jour, œuvre dans le sens de l’élargissement et de l’intégration - approfondissement de la Communauté. Elle s’efforce sans cesse de promouvoir la réduction du “déficit démocratique” et l’extension de tous les mécanismes, de toutes les réglementations et des politiques qui établissent, à un niveau communautaire, les contrats sociaux et la paix sociale (cf. intervention relative de M. Costas Simitis au Congrès de l’EKEM en septembre 1991 sur le thème: “La Grèce dans la Communauté européenne: le défi de l’adaptation”. In recueil de Loukas Tsoukalis, La Grèce et la CEE, le défi de l’adaptation, Ed. Papazissis, 1993). La Grèce de l’année 2003 n’a plus rien à voir avec la Grèce de la pauvreté, du sous-développement, de l’inflation galopante et de l’instabilité économique. D’après les rapports de l’OCDE, le revenu/habitant est particulièrement élevé et se classe entre le 25e et le 29e rang mondial). La Grèce n’est plus un pays exportateur de main d’œuvre mais au contraire, pour la première fois de son histoire, elle importe des ressources humaines et accueille des immigrants. La Grèce du XXIe siècle mise sur une stratégie de compétitivité nationale, une stratégie de mise en valeur de ses atouts comparatifs que sont l’agriculture, le tourisme, le patrimoine culturel, les petites et moyennes entreprises et l’artisanat, mais aussi des secteurs créés par la Société de l’Information. Cette politique implique l’ensemble de la société grecque et évolue parallèlement à l’Etat fonctionnel et social. Dans la Grèce du nouveau millénaire, l’Etat et les pouvoirs publics jouent un rôle très important mais très différent par rapport à celui du passé. C’est aujourd’hui un Etat qui développe l’adaptation de l’économie et de la société, veille à la concurrence sur les marchés, renforce l’innovation et la recherche, investit en ressources humaines, protège les intérêts des travailleurs et les droits des citoyens, et s’intéresse au sort des chômeurs tout en misant sur la jeunesse. L’économie grecque participe désormais sur pied d’égalité à l’Union Economique et Monétaire, puisqu’elle a réussi, ces dernières années, à se transformer au niveau de l’économie et du développement. La politique économique de stabilité, de développement et de cohésion sociale poursuivie par le gouvernement de Costas Simitis a permis à l’économie grecque de se placer sur une orbite de croissance élevée, doublée d’un faible taux d’inflation et d’un équilibre budgétaire et macroéconomique. La Grèce constitue actuellement, comme l’a souligné le Président de la Commission Romano Prodi, un brillant exemple pour l’Europe que nous voulons créer. L’opinion publique unie tend vers des buts ambitieux, qu’elle est déterminée à atteindre par le biais de processus consensuel. Les trois précédentes présidences de la Grèce furent particulièrement utiles pour l’adaptation du pays au milieu communautaire. La Grèce a exercé pour la première fois la Présidence de la CE lors du second semestre de 1983. Elle a pris le relais, en juillet 1983, dans des circonstances extrêmement difficiles aussi bien au plan national qu’international, mais également communautaire. La Guerre froide battait encore son plein, et le cas du jumbo sud-coréen abattu par les Soviétiques au-dessus de l’île Sakhaline est révélateur de la complexité et des difficultés de la situation politique sur le Vieux Continent. La CE traversait à l’époque une phase très critique, confrontée entre autres aux problèmes budgétaires (contribution britannique, financement de la CE), à la réalisation du 3e élargissement, aux étapes institutionnelles vers l’Union Européenne, la révision de la Politique Agricole, la nécessité de nouvelles politiques, l’amélioration du fonctionnement des Fonds structurels etc. La Grèce, à ce moment là, entamait la première phase de son adaptation au nouveau régime de ses relations avec la CEE et s’efforçait, par le biais d’un mémorandum soumis par le gouvernement, de situer le dialogue Grèce-CEE dans un nouveau cadre. C’est donc dans ces conditions d’adaptation politique et économique de l’espace grecque et de circonstances communautaires cruciales que la Grèce reçut en juillet 1983 le flambeau de la Présidence des mains de l’Allemagne fédérale. Etant donné le regain du climat de guerre froide, les rapports est-ouest se trouvaient dans un état de crise quasi permanent. De ce fait, le gouvernement grec s’efforça de s’orienter vers une politique extérieure pluridimensionnelle, susceptible de renforcer la position négociatrice du pays concernant certains problèmes concrets tels que le problème chypriote et la question de la mer Egée. Parmi les principaux résultats de la Présidence grecque de 1983, on peut citer: l’adoption du budget additionnel 1983, le progrès substantiel des négociations pour le 3e élargissement, le lancement des négociations avec les pays ACP en vue de l’accord Lomé III et, enfin, la signature de l’accord de coopération entre la CEE et les pays des Andes. Au plan de la Coopération Politique européenne, le principal souci de la Présidence grecque fut d’exprimer au mieux les positions des 10 sur les affaires internationales, en définissant et en avançant des politiques communes. Fut également mise en place la politique des consommateurs suivie par le Conseil des Consommateurs et le commissaire chargé des consommateurs. La deuxième Présidence grecque (1 juillet - 31 décembre 1988) coïncide avec une phase de transition dans l’évolution de la Communauté européenne. A l’intérieur de la CE, les problèmes directs et pressants qui avaient découlé de l’élargissement à l’Espagne et au Portugal ainsi que la mise en application problématique des règlements budgétaires ont été résolus par la révision du Traité de Rome et l’adoption de l’Acte Unique Européen. Le climat au sein de la CE était nettement meilleur dans la mesure où mûrissait en son sein de nouvelles propositions concernant le processus d’unification européenne. Cette période s’identifie pleinement avec la personnalité et les idées de Jacques Delors. Sur la scène internationale, les bouleversements qui se produisaient étaient déterminants pour l’avenir de l’Europe et le rôle que devait jouer la CE fut extrêmement important. Par ailleurs, il est à souligner que la Grèce, qui prenait la Présidence de la CE avait entre-temps réorienté sa politique vis-à-vis de la Communauté. Ayant dépassé ses hésitations initiales, elle reconnaissait que la perspective européenne était l’unique voie pour le pays. Ceci apparut clairement durant la Conférence Intergouvernementale sur la négociation de l’Acte Unique, où la Grèce se présenta avec des buts concrets sur l’ensemble des grandes questions communautaires. La deuxième Présidence grecque prit des initiatives pour discuter des grandes questions qui concernaient le futur rôle de la Communauté et le contenu du processus d’unification européenne. Ce qui caractérisait l’esprit de l’époque, c’était les initiatives sur le rôle international de la CE, l’espace unique communautaire, la protection de l’environnement, mais également des débats plus généraux sur les rapports est-ouest. Ce qui est particulièrement intéressant en la matière et mérite d’être retenu, c’est le fait que la politique grecque vis-à-vis des questions européennes avait évolué et s’était transformée, sa réserve initiale à l’égard de la CE ayant désormais cédé la place à un esprit pro-européen mettant en relief les notions de solidarité, de cohésion, et de développement équilibré de la Communauté. La deuxième Présidence grecque s’acheva dans le cadre imposant du Palais des Chevaliers à Rhodes, où l’on posa les fondations de l’adoption de la Charte Sociale de la CE. En janvier 1994, la Grèce accédait pour la troisième fois à la présidence de l’union européenne. Cette présidence fut totalement différente des précédentes. Le processus d’intégration de l’UE était assez avancé. Le Traité de Maastricht venait d’entrer en vigueur, et se présentaient des difficultés extrêmement complexes au niveau du processus d’unification européenne. La Grèce était appelée à appliquer le Traité pour l’Union Européenne en coordonnant sa présidence à trois niveaux. Le premier concernait les ministres, le deuxième les secrétaires généraux et le troisième concernait les fonctionnaires. L’idée d’unification européenne fut le moteur de la Présidence. En effet, sans négliger les priorités nationales, la Présidence grecque donna à son programme une orientation fortement européenne, ce qui se manifesta clairement dans la manière dont ont été menées les négociations et l’achèvement du chapitre de l’élargissement. Le Conseil Européen au sommet de Corfou, les 24-25 juin 1994, prit des décisions qui s’identifient en grande partie avec les réponses dynamiques et efficaces de l’UE face aux problèmes quotidiens des citoyens, de l’emploi, et de la sécurité intérieure et extérieure, de sorte à assurer un fonctionnement plus transparent et plus démocratique. On peut dire également qu’elles apportent une réponse quant à la capacité d’un petit Etat membre à avancer et réaliser en six mois non seulement le 4ème élargissement de l’Union mais aussi la mise en route de nouveaux développements dans les relations extérieures de l’UE (cf. intervention de Th. Pangalos au colloque du 12-9-1994 de l’EKEM et l’EKEME sur le thème du bilan de la 3e Présidence grecque. Vol, La 3e Présidence grecque de la CE/UE - Un bilan, Ed. A. Sakkoula, 1995). Les efforts pour l’élargissement de l’UE aboutirent à Corfou avec l’intégration de l’Autriche, la Finlande et la Suède, et la signature des Actes d’Adhésion relatifs. Pendant la 3e Présidence grecque, la Grèce a fait avancer la perspective d’un élargissement de l’UE vers le sud et l’est de l’Europe afin d’assurer la stabilité, le développement et la coopération avec l’Europe du sud-est également. Pour citer un certain nombre d’orientations concrètes fixées pendant le
sommet de Corfou, nous soulignons six secteurs importants:
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